LES PERLES DE SAGESSE DE SAI

NO. 11

ANIL KUMAR

29 janvier 2003



Mes chers frères et sœurs !

22 janvier 2003
Swami expliqua certaines choses au sujet du saint musicien Tyâgaraja.
Vous avez remarqué que Bhâgavan est allé ce matin-là à l'Académie de Musique. Le 22 janvier est un jour de célébration, dans le monde musical classique, car on commémore la vie et les œuvres d'un grand chanteur céleste ainsi qu'un grand fidèle de Dieu, appelé Tyâgaraja. Ce saint est très célèbre pour ses compositions classiques. C'était le fidèle par excellence. Aussi, les musiciens célèbrent-ils le 22 janvier comme jour consacré à la vénération de saint Tyâgaraja. Puisque Swami se trouvait à Prashanti Nilayam à cette date, tout le monde Le pria d'assister à la fonction préparée à l'Académie de musique inaugurée l'an dernier.
Dans Sa bonté infinie, Swami se rendit en ce lieu à 7.30 heures du matin et y resta jusqu'à 9.30 heures. Les étudiants et professeurs de tous les instituts étaient invités. La salle était pleine à craquer. Je parle de la belle construction dont la façade présente deux violons et des tablas à chaque coin. Swami prit place parmi les étudiants. Sur une petite estrade, une vingtaine d'étudiants, bien habillés, s'assirent ; ils étaient experts en chant classique. Derrière eux prirent place six autres étudiants joueurs de vîna. Ils commencèrent un récital de chants composés par Tyâgaraja. Ils interprétèrent une quinzaine de chants. A ma connaissance, Swami n'a jamais consacré autant de temps à aucun artiste adulte. C'était tout simplement une averse d'amour, certainement pas pour l'excellence des enfants, car il ne s'agit pas de musiciens hautement qualifiés. Comme ces étudiants de l'Académie de Musique offraient un programme pour la première fois, Swami s'assit patiemment et apprécia leurs performances. Ensuite, Il distribua du prasad. Je pensais qu'Il aurait fait un discours, mais il ne restait plus suffisamment de temps. Il revint au Mandir juste à temps pour l'arati.

Dans l'après-midi, Swami vint, comme d'habitude, vers nous et resta debout en face de nous.
- (Baba) " Anil Kumar, comment était la musique aujourd'hui ? "
- (A.K.) " Très belle, Swami ! "
- (Baba) " Comment le sais-tu ? "
- (A.K.) " Je l'ai entendue, Swami "
- (Baba) " Mais tu n'es pas expert en musique ! Comment sais-tu s'il s'agit d'une musique de bonne qualité ? " (rires)
- (A.K.) " Swami, je représente la masse de l'auditoire assemblée là ce matin. Je n'ai pas besoin d'être musicien professionnel ni professeur d'une académie musicale pour décider de la qualité. Je représente le public assis dans l'auditoire. " Swami rit de bon cœur.
- (Baba) " Très bien ! "
- (A.K.) " J'ai toutefois un désappointement. "
- (Baba) " Pourquoi ? Quel désappointement ? Je leur ai accordé deux heures ! "
- (A.K.) " Swami, nous attendions un discours divin. Nous n'avons pas eu la chance d'entendre Vos divines paroles ce matin. "
- (Baba) " Oh, c'est très bien ainsi ! Vous avez joui de la musique ; les enfants ont présenté leur programme ; cela suffit. "
Toutefois, ma prière profondément ressentie doit avoir provoqué, cet après-midi, une longue conversation au sujet de Tyâgaraja.
Le père de Tyâgaraja s'appelait Râmabrahman et sa mère Sîta. Le Seigneur Râma apparut en rêve au père et lui dit : l'un de Mes grands fidèles est sur le point de naître dans ta famille ". Le rêve devint réalité. Bhâgavan dit : " Toutes les compositions de Tyâgaraja sont nées de ses expériences personnelles ; ce ne sont pas des imageries poétiques. Son maître lui demanda un jour de donner un récital de musique à la cour du roi de Thanjavur. Entrant dans la salle d'audience, il se mit à chanter des louanges à tous les présents : " Tant de nobles personnes sont assemblées ici ; mes humbles hommages à chacune d'elles. " Ce chant est très populaire. Entendant ses paroles, tout le monde fut heureux et fut profondément touché par la délicatesse avec laquelle il improvisait et interprétait ce chant ". Son frère était très jaloux de lui. C'est un sentiment tout à fait commun, n'est-ce pas, il n'appartient pas à l'âge atomique ou technologique, mais est apparut dès l'origine de l'humanité. Donc, le frère de Tyâgaraja était très jaloux. Que fit-il ? Il jeta dans le fleuve Kauveri les statuettes de Râma, Lakshmana et Sîta que son frère aimait. Il les jeta, car il pensait qu'en vertu de sa profonde spiritualité, Tyâgaraja était devenu très célèbre et respecté par tout le monde. Tyâgaraja pleura pendant plusieurs jours la perte de ses statuettes sacrées. Un matin, tandis qu'il prenait un bain dans les eaux du Kauveri, son pied toucha quelque chose. Il se baissa et tira du sable les chères idoles de Râma, Lakshmana et Sîta. Il les emporta dans ses bras et rentra chez lui en composant un chant : " Revenez à la maison, Râma, Lakshmana, rentrons chez nous ; ô Seigneur, je T'ai perdu de vue durant tous ces longs jours. " Ces chants sont très célèbres dans le Sud de l'Inde. Un chant dit que le divin Râma est son père et Sîta sa mère. Tyâgaraja avait une dévotion de cette intensité.

23 janvier 2003
Tout-à-coup, Swami se mit à parler des années de Sa jeunesse, il y a 50 ans.
- (Baba) " Anil Kumar, le sais-tu ? Je suis allé dans l'Himalaya "
- (A.K.) " Vraiment, Swami ? "
- (Baba) " Oui ! "
- (A.K.) " Y êtes-Vous allé seul ? "
- (Baba) " Non, 200 personnes M'ont accompagné. "
- (A.K.) " Comment la nourriture était-elle préparée, Swami ? "
- (Baba) " Il y avait toujours un groupe partant en éclaireur et cuisinant pour nous. "
- (A.K.) " Oh, c'est magnifique ! "
Il paraît que Ishvaramma accompagnait Swami dans ce voyage au Nord de l'Inde. Ils visitèrent des centres de pèlerinages tels que Prâyag, Badrinath et Kedarnath ; ces centres sont situés dans la chaîne de l'Himalaya. Swami raconta qu'il y avait un Gouverneur nommé Ramakrishna Rao, un très petit homme, plus petit que Lui ; il parlait couramment treize langues ; c'était un grand érudit. Il organisa dans les moindres détails le voyage de Bhâgavan, Le fit loger dans sa résidence et Lui réserva une réception royale partout où Il allait.
- (A.K.) " Swami, ne fait-il pas très froid dans l'Himalaya ? "
- (Baba) " Très froid ! "
- (A.K.) " Portiez-Vous un manteau ou une cape ? "
- (Baba) " Pas du tout ! J'étais habillé d'une tunique. "
- (A.K.) " Et aux pieds, que portiez-Vous ? Aviez-vous des chaussures ? "
- (Baba) " Pas de chaussures. Je marchais pieds nus. "
- (A.K.) " Sur la glace ? "
- (Baba) " Oui, sur la glace. "
- (A.K.) " Oh, comme il doit être agréable de marcher sur la glace ! (rires) Nous pouvons l'imaginer. Pour combien de temps marchiez-Vous ainsi, Swami ? "
- (Baba) " Pour une distance de 18 kilomètres. "
- (A.K.) " Swami, faisiez-Vous marcher tout le monde à pieds nus sur la glace ? "
- (Baba) " Non, non, non ! Plusieurs mules portaient les gens et des personnes du lieu chargeaient également sur leur dos ceux qui ne pouvaient pas marcher. Moi, Je marchais. "
Ensuite, Swami dit que le Gouverneur Ramakrishna apporta des chaussures pour Lui et Le força à les porter, mais comme ces chaussures étaient neuves, elles Lui firent des ampoules aux pieds ; Il ne pouvait plus avancer d'un pas. Il enleva donc les chaussures et Ramakrishna, voyant les ampoules aux pieds de Swami, se mit à pleurer. La femme du Gouverneur appela celui-ci et lui dit : " Quelle bêtise as-tu commise ! N'as-tu pas un peu de bon sens ? Regarde l'état des pieds de Bhâgavan ! " Ainsi, le pauvre Gouverneur avait deux raisons de pleurer, l'une pour l'inconvénient qu'il avait causé à Swami, et l'autre pour les lourds reproches issus du front familial, de sa chère épouse (rire). Bhâgavan nous expliqua tout cela.
- (A.K.) " Swami, dans le livre intitulé Satyam, Sivam, Sundaram, il est écrit que certains sages qui vivent dans les grottes de l'Himalaya bénéficièrent de Votre darshan. Est-ce juste ? "
- (Baba) " Oui, oui. Dans l'Himalaya, il y a des vallées, beaucoup de tournants et de courbes ; vous devez passer par des sentiers étroits. Je fis marcher tout le monde derrière Moi. Je visitai ces grottes et donnai Mon darshan aux sages, Je leur parlai. Ils attendaient depuis longtemps Mon darshan. " Puis, Swami eut un rire soudain.
- (A.K.) " Qu'y a-t-il, Swami ? Que s'est-il passé ? "
- (Baba) " Oh ! J'ai visité aussi le Punjab. "
- (A.K.) " Vraiment ? "
- (Baba) " Tu le sais, les hommes du Punjab portent un turban et les femmes se couvrent la tête d'un pan de leur sari. Il y avait donc d'un côté une mer de turbans et de l'autre côté des têtes voilées par milliers, une très vaste assemblée. Il n'y avait même pas de place pour passer en voiture, car les gens étaient extrêmement serrés. "
- (A.K.) " Oh, Swami, que s'est-il passé ? "
- (Baba) " Quatre grands gaillards musclés, de ces Punjabis bien bâtis, ont soulevé Ma voiture et Mon porté ainsi tout droit jusqu'au dais, d'où Je pus faire un discours à la foule. "
Swami dit aussi que l'attachement à Bhâgavan devrait être aussi intense et intime que celui qu'avaient Ses compagnons de classe Ramesh et Suresh. Ils ne pouvaient pas supporter d'être séparés de Lui. Ils se réincarnèrent plus tard comme deux chiens, Jack et Jill, pour rester avec Swami. Et il paraît qu'ils sont nés encore une fois et sont actuellement deux sœurs appartenant à une famille royale ; leurs maris sont des fidèles de Bhâgavan et l'un d'eux est déjà ici. Je vous en prie, ne me poussez pas à révéler leurs noms. (rires).

Peu après, Bhâgavan expliqua aux étudiants comment on devrait suivre Ses instructions scrupuleusement. Il dit : " Il y a quelques mois, J'ai dit à un étudiant : reste ici, ne va pas chez toi. Ce garçon resta tranquillement ici. Puis, après quelques jours, Je lui dis : tu es un chauffard, ne roules pas en moto. Je lui donnai ce conseil, mais après quelques jours, le garçon partit ". Tandis qu'il roulait en moto, imprudemment, il eut un accident et fut hospitalisé. Bhâgavan se rendit à l'hôpital pour le voir ; ce garçon était en larmes et dit : " Swami, c'est ma faute. Vous m'avez averti de ne pas rouler en moto ; cette tragédie est due à mon imprudence ; je dois me blâmer pour cela ; toutefois, je suis heureux que Vous soyez venu ici me donner Votre darshan au dernier moment de ma vie. " Les mains jointes, il saisit les mains de Swami et mourut là, sur son lit d'hôpital.
Il se peut que nous ne comprenions pas immédiatement le sens des paroles de Swami, ni leurs implications immédiates, mais à mesure que le temps passe, nous verrons plus clairement pourquoi Bhâgavan parla ainsi ce jour-là.

Ensuite, le sujet glissa sur les nombreux artistes qui rendirent visite à Bhâgavan, il y a cinquante ans. Il mentionna le nom de divers artistes, danseurs, chanteurs, experts en musique instrumentale et vocale. Il cita leurs noms.
- (A.K.) " Swami, un certain Chaudayya, violoniste, est venu ici ? "
- (Baba) " Bien sûr ! Il a donné un récital. "
- (A.K.) " Et Dwaramvenkata Swamy, un autre violoniste, est venu lui aussi ? "
- (Baba) " Oui, il est venu, de même que Gaggayya, Nagayya l'acteur de cinéma et Ghantasala, un chanteur en langue télougou, très célèbre ; il resta deux mois auprès de Moi. Il Me suivait partout où J'allais ; mais il vint ici vers la fin de sa vie. "
- (A.K.) " Oh, Swami, j'ai entendu les paroles de Ghantasala. Avant sa performance musicale, il adressa quelques mots au public. " Lorsqu'il vint ici pour la première fois, il avait un cancer généralisé. Swami ne lui accorda aucun regard et il retourna dans sa chambre de l'East Prashanthi et se mit à pleurer : " ô Dieu, est-ce ainsi que Vous me traitez, moi qui suis connu du monde entier. Vous m'avez ignoré et insulté, Bhâgavan, je me sens humilié ; les gens riront de moi. L'avez-Vous fait intentionnellement ? " Il composa un chant en télougou. Un jour, après les bhajans, il était couché sur son lit, sans chemise, couvert seulement d'une serviette de bain. Il était très malade. Il gisait sur son lit et invoquait l'aide de Baba. Soudain, Ghantasala entendit un bruit, il leva la tête et vit la porte s'ouvrir et Bhâgavan entrer dans la chambre. Swami s'assit sur le lit et appliqua de la vibhuti sur le corps du musicien ; il lui dit : " N'aie pas peur, Ghantasala, Je te connais depuis tes dix dernières vies ; Je te certifie que ton nom sera commémoré dans le Sud de l'Inde, aussi longtemps que brilleront le soleil, la lune et les étoiles. On se souviendra de toi comme du meilleur chanteur. " Puis Bhâgavan quitta la pièce. Ghantasala composa immédiatement un autre chant en télougou " Oh ! Quel jour splendide ! Bhâgavan est venu, le visage souriant ; je ne pouvais Vous voir, ô Seigneur, parce que les larmes me barraient la vue... "
Je voulus mentionner encore une autre personne, Madame Subbalakshmi, une très grande cantatrice ; elle reçut la plus haute reconnaissance nationale. Elle fut l'unique cantatrice autorisée à donner un récital de musique classique indienne, à New York, lors des sessions des nations Unies. A la fin du concert, tous les chefs de Gouvernements lui adressèrent une ovation. Cette femme illustre est une fidèle de Baba. Lorsqu'elle chante, sa voix atteint les sommets.
- (Baba) " Oh ! Elle vient régulièrement ici. "
- (A.K.) " Swami, j'ai entendu ce qu'elle a déclaré, un jour. "
- (Baba) " Qu'a-t-elle dit ? "
- (A.K.) " Elle a dit, lors d'une assemblée publique, que partout où elle allait donner des concerts, elle offrait en don des sommes à des institutions ; pratiquement toutes les grandes institutions de charité ont reçu de sa part des sommes fabuleuses, par ses concerts. " Mais, ajouta-t-elle, il y a un lieu où l'on n'attend rien de ma part, où personne ne me demande de l'argent. J'ai rencontré là une grande personnalité qui a matérialisé un collier de 100 diamants et me l'a donné, c'est Bhâgavan Sri Sathya Sai Baba ". Entendant sa déclaration, le public applaudit chaleureusement. "

24 janvier 2003
Swami commença à parler de différents aspects et dit : " La personnalité est très importante. "
- (A.K.) " La personnalité, Swami ? Je suis muni d'une bonne personnalité ! " (rires)
- (Baba) " Il ne s'agit pas de ce type de personnalité. Je ne parle pas de la prestance, mais du comportement, des bonnes manières, de l'étiquette, de la courtoisie ou de la discipline. Tout cela constitue ce que vous appeler " personnalité ". Celle-ci est très importante. Un garçon a un bon comportement ; un homme a de bonnes manières. Vous devriez tenir compte des sentiments de la société dans laquelle vous vivez. "
Swami raconta ensuite ce qui s'était passé quelques minutes plus tôt. " Voyez ce garçon assis sous la véranda. Il est entré dans la chambre des interviews, sans faire attention, juste au moment où J'en sortais. Sa tête a heurté la Mienne. Le garçon est entré dans la chambre en pleurant et disant : " Je suis vraiment navré, Swami, je n'avais pas vu que Vous sortiez ! " Je lui ai répondu : " Mon garçon, il n'importe pas que ta tête heurte la Mienne ou que Ma tête heurte la tienne, il n'existe aucune différence entre nous. Nous pouvons marcher dos à dos, pas de problème. Mais pense aux fidèles qui se trouvent au-dehors ; ils penseront que tu n'as aucune manière, aucune discipline. On ne peut pas marcher simplement vers la chambre des interviews et heurter la tête de Swami. Les gens ne l'acceptent pas. Je connais l'amour que tu éprouves pour Moi et tu sais quel est Mon amour pour toi. Mais à part cela, tu devrais aussi tenir compte des sentiments de la société. "
Dans ce contexte, Bhâgavan dit ceci : " Mes enfants, Je ne veux rien de votre part, pour vous avoir donné une éducation gratuite pendant toutes vos études ; Je n'attends rien de vous, mais maintenez toujours intègres votre dignité et votre respect. N'acceptez aucun compromis sur ces deux aspects : la dignité et le respect. La dignité de votre institution et le respect de vous-mêmes. Cela vaut comme juste gratitude à M'exprimer, pour vous avoir donné tous les avantages de cette institution. Je vous répète souvent de ne pas Me dire " merci ", car Je ne suis pas un inconnu et que c'est Mon devoir de vous servir. Mais du point de vue de la société, vous devez être capables de dire " merci ". Au tréfonds de Mon cœur, Je sais que vous n'avez pas à le faire, mais la société, la culture, le lieu et les bonnes manières demandent que vous le fassiez. "

Ensuite, Swami mentionna un ancien étudiant qui rend service en tant que Directeur du Collège de Brindavan. Il s'appelle Sanjay Sahani. C'est le plus jeune directeur des instituts Sri Sathya Sai. Il a fait ses études dans ce collège. Swami parla de cet homme : " Voyez cet homme. Lorsqu'il vint de Delhi avec sa sœur, il refusa de s'asseoir à côté d'elle. Pourquoi ? Parce qu'ils étaient tous les deux jeunes et les gens ne pouvaient pas savoir qu'ils étaient frère et sœur ; ils pouvaient se méprendre sur leurs relations. Il voulut donc que sa sœur prenne place loin de lui, parmi les femmes et il se dirigea vers les hommes. Après son arrivée à Bangalore, il fit voyager sa sœur en voiture avec d'autres femmes et il voyagea avec un groupe d'hommes. Ils sont pourtant frère et sœur, mais les sentiments de la société doivent être pris en considération. Par exemple, un vieil homme peut se comporter librement avec une fillette, car la société les considérera comme grand-père et petite-fille, mais pour ce qui concerne les jeunes, hommes et femmes, même s'ils sont frères et sœurs, les autres ne comprendront pas leurs relations de la juste façon, à cause de l'âge ; ils devraient donc tenir compte de ce que les autres pourraient penser. Grâce à son caractère décidé et à sa discipline inflexible, aujourd'hui Sanjay Sahani est devenu Directeur du Collège de Bridavan. Il a mérité d'assumer cette position importante.
Ensuite, regardant les étudiants, Swami dit : " Votre habillement devrait être adéquat et en accord avec l'Institution qui vous a éduqués. Voyant votre comportement et votre façon de vous habiller, les gens devraient être en mesure de remarquer que vous appartenez à l'Institut d'Etudes supérieures Sri Sathya Sai. Il n'est pas nécessaire de l'expliquer ; votre aspect et votre comportement devraient en rendre témoignage. " Mes amis, il ne s'agit pas simplement de directives données aux étudiants. Ce message vaut pour tout les fidèles, jeunes et vieux, pour le présent comme dans l'avenir ; il doit être gravé dans l'esprit de tout un chacun.
Swami fit un commentaire : " Il est malheureux de voir que certaines personnes endossent des vêtements qui feraient peur même aux animaux (rires). Je ne veux pas que vous vous habilliez de cette façon sauvage. Si vous aimez chanter, faites-le à la maison ou au collège de musique, mais ne chantez pas dans les rues en vous rendant très vulgaires. Vos paroles doivent être douces, bonnes, acceptables. Ne parlez pas à haute voix dans la rue, comme le font les gens du peuple. "
Dans ce contexte, Swami ajouta : " Parfois, même les professeurs commettent des erreurs ", car nous aussi avons droit à notre part ! (rires). Swami cita l'exemple d'un précepteur du Mahabharata, une grande épopée de ce pays. Il y avait un précepteur nommé Drôna. Il enseignait l'art de l'archerie aux Pandavas et aux Kauravas. A la fin de sa formation, Arjuna demanda à Drôna : " Mon seigneur, j'ai terminé mes études à vos pieds de lotus. Je voudrais vous exprimer ma gratitude en vous offrant quelque chose. " A cela, Drônâcharya répondit : " Ecoute, Arjuna. Il y a plusieurs années, j'ai été insulté par un roi nommé Drupada. Je voudrais que tu le conduises ici, que tu le lies à ton char et que tu l'amènes en face de moi ; alors j'aurai pris ma revanche. " Pour obéir à son commandement, Arjuna alla chercher le roi Drupada et l'amena devant Drôna. Ce même Drôna mourut sur le champ de bataille, aussitôt qu'il entendit une nouvelle. Quelle était cette nouvelle ? " Ecoutez, Ashvattama est mort ! " Qui était cet Ashvattama ? C'était le fils de Drôna. Entendant annoncer que son fils était mort, Drôna rendit l'âme instantanément. Toutefois, la phrase n'était pas complète. En fait, on ne parlait pas du fils de Drôna, mais bien de l'éléphant Ashvattama. Comme Drôna n'avait entendu que la moitié de la phrase, il comprit que son fils était mort et perdit la vie. Il était à ce point en proie aux émotions ! Il perdait si facilement son équilibre mental ! Un précepteur ne peut pas être ainsi. Il était plein d'esprit de vengeance et avait un attachement viscéral pour son fils. C'est une faute chez un enseignant. "
- (A.K.) " Swami, je me pose une petite question. "
- (Baba) " Hum ! De quoi s'agit-il ? "
- (A.K.) " Si un maître veut qu'une telle chose soit faite, par exemple amener devant lui le roi Drupada qui l'avait insulté, que doit faire le disciple ? En principe, il est tenu à exprimer sa gratitude envers son maître, en comblant ses désirs ; comment peut-il se soustraire à son commandement ? "
Swami ne vous laisse jamais avoir le dernier mot (rires) ; Il répondit immédiatement ceci :
- (Baba) " Non, au lieu de faire ce que voulait son guru, Arjuna aurait dû plaider les mains jointes : Sire, comment puis-je attaquer le roi Drupada votre ennemi ? Il ne m'a rien fait, je n'ai subi de sa part aucun dommage. Serais-je justifié d'aller le prendre, de le lier et le tirer dans les rues ? Est-ce de ma part un acte justifiable, mon seigneur ? "
- (A.K.) " C'est juste, Swami. Je corrige mon point de vue. " Swami ajouta une affirmation dont tout le monde devrait se souvenir.
- (Baba) " Vous pouvez interroger ou contredire tout le monde, vous pouvez expliquer votre position et votre point de vue à n'importe qui, mère, père, enseignant, etc. mais si Dieu commande, vous devez obéir, c'est tout. Pas question de chercher le pourquoi, de raisonner sur l'ordre reçu ; il doit être exécuté sur le champ. En ce qui concerne les ordres divins, il n'y a pas d'alternative. "

Ensuite, lançant un regard sur les étudiants de l'Académie de Musique, notre Bhâgavan le Miséricordieux fit les remarques suivantes : " Combien d'étudiants de l'Académie de musique y a-t-il ici ? Levez-vous. " Quelques garçons se levèrent et Swami leur dit ceci : " Ecoutez ! Il ne suffit pas d'étudier la musique. Vous devez également étudier les langues, comme l'anglais par exemple. Vous devriez apprendre aussi d'autres matières, comme la physique, la chimie, les sciences politiques, l'histoire, l'économie, etc. Vous devriez obtenir des diplômes similaires à ceux des autres étudiants, car vous ne pourrez pas vivre seulement de musique ; vous ne gagnerez pas votre vie par la musique, pendant toute votre vie. Donc, étudiez aussi d'autres matières. " Swami appela les professeurs et les fit asseoir. " Veillez à ce que ces enfants apprennent d'autres matières avec les étudiants de notre Institut. "
Quelle attention ! Quelle vue sympathique ! Je ne peux même pas l'imaginer. Puis, se tournant vers les étudiants musiciens, Swami dit : " Je connais votre situation. Certains d'entre vous ne pouvaient pas continuer leurs études, car ils sont très pauvres. Je sais que l'un ou l'autre a des parents âgés, vivant de leur retraite, ce qui n'est pas grand chose. Je vous en conjure, mes enfants, ne contraignez pas vos parents, ne les épuisez pas par vos requêtes. Je me charge à présent de vous assurer un enseignement. Vous bénéficiez déjà de l'instruction gratuite, vous avez seulement à payer pour votre nourriture ; mais dans votre cas, pour vous étudiants musiciens, Je couvrirai toutes vos dépenses de nourriture et de logement ; Je vous donnerai même de l'argent de poche pour payer le blanchisseur, le barbier et pour toutes vos petites dépenses personnelles. " Puis, s'adressant à tous les étudiants, Baba continua : " Veillez à plaire à vos parents ; rendez service à votre mère et à votre père ; soyez courtois envers vos professeurs. C'est votre devoir. Swami est en vous. "
Après cela, Swami s'adressa au vice-recteur de l'université : " Que leur avez-vous dit ce matin ? "
- (Vice-recteur) " J'ai dit aux étudiants de penser constamment que Swami est à leurs côtés, en tout lieu, à tout moment ; ainsi ils seront très attentifs à leurs paroles et leurs attitudes. "
- (Baba) " C'est faux ! (rires) Pourquoi leur dire que Swami est à leurs côtés ? C'est tout à fait faux ! Swami est en eux, pas à leurs côtés ! Swami est en vous. "
Ceci est une affirmation magnifique, utile à tous les fidèles, dans le monde entier, afin qu'ils fassent l'expérience de la présence intérieure de Swami. Par ces mots, nous concluons la conversation du 24 janvier.

25 janvier 2003
Nous remontons à présent à d'autres épisodes de ce mois de janvier. Un personnage très important, le président d'un Club international, vint voir Swami. Baba le fit asseoir et attendre, comme Il a l'habitude de faire (rires). Je dis :
- (A.K.) " Swami, j'ai appris qu'un président de Société internationale se trouve ici. "
- (Baba) " Et alors ? N'importe qui doit attendre pour Me rencontrer. "
- (A.K.) " Très bien, Swami ; mais n'y a-t-il aucune possibilité de Vous rencontrer immédiatement ? "
- (Baba) " Les gens viennent à Moi pour des raisons variées, pour leurs projets d'affaires, pour leurs problèmes familiaux, pour voir leurs désirs satisfaits. Mais ceux qui viennent réellement pour Moi, Je les recevrai certainement dès leur arrivée ; Je leur accorderai sans aucun doute un entretien privé, pourvu qu'ils viennent ici pour Moi. Malheureusement, beaucoup de gens viennent ici pour leurs désirs et leur confort personnel. "
- (A.K.) " Swami, lorsque je lis le journal, j'éprouve une grande affliction ; il n'y a que troubles en tous lieux, tueries, massacres, violence. Cela me trouble profondément. Pourquoi tout cela, Swami ? "
- (Baba) " La violence existe en toute chose ; l'unique différence consiste en son intensité. Par exemple, un serpent est prêt à avaler une grenouille ; derrière le serpent se trouve le paon, prêt à le manger. Donc, la grenouille est menacée d'être avalée par le serpent et celui-ci vit sous la menace d'être avalé par le paon. C'est ainsi que la violence existe en tout lieu. Un être cherche à faire disparaître un autre. "
A ce point de la discussion, Swami fit une remarque merveilleuse, qui sera d'immense intérêt pour tout le monde ; Il dit : " Il est dommage que les gens actuels craignent la punition. Ils ont peur de tout ce qui fait mal. Si un individu déclare : " Je vais vous tuer ! ", les gens en ont peur. Si quelqu'un dit : " Je brûlerai votre maison ", les gens tremblent de peur en face de cette menace. Mais les gens ne sont pas effrayés de n'avoir pas pu faire certaines bonnes choses jusqu'à présent ; ils n'éprouvent aucune peur de n'avoir pas réalisé jusqu'à présent ce qu'ils auraient dû réaliser. C'est dommage que les gens ne répondent qu'aux menaces ! "

29 janvier 2003
Et voici ce qui s'est passé aujourd'hui, cet après-midi, il y a à peine une heure ou deux. Exactement en ce moment, dans un district de l'Andhra Pradesh appelé Kalappa et situé à environ deux heures de route d'ici, on célèbre un grand festival pour commémorer la vie et les œuvres de grands hommes et femmes nés en ce lieu. Quatre éminents personnages sont nés dans ce district de Kalappa. Le premier est un grand sage nommé Vîrabrahmendra Swami, qui prédit il y a des milliers d'années ce qui se passe aujourd'hui. Ces prophéties sont appelées Kâlajnâna (kâla - le temps - et jnâna - la connaissance), c'est-à-dire la connaissance de ce qui devrait arriver dans le futur. Cet homme est né en ce lieu. Ensuite, nous avons un grand musicien vocal nommé Annamacharya, dont les chants sont très populaires. Lui aussi est né dans ce district. Il y eut aussi un saint, nommé Vemana et deux poètes, Pothana et Pedanna, nés en ce lieu. Ainsi, pour commémorer cet événement, la région entière est en fête. Je fis à Swami une remarque à propos de cette circonstance et cela constitua la substance de toute la conversation de l'après-midi.
- (Baba) " Sais-tu qu'un poète nommé Vemana est né là-bas ? "
- (A.K.) " Oui Swami, je le sais. "
Swami commença ensuite à nous parler de ce Vemana. Il avait été élevé par son frère et sa belle-sœur ; il était orphelin de père et de mère et, par quelque mauvais sort, il était tombé en proie aux vices et aux mauvaises habitudes. Il vécut même dans la promiscuité ; la femme avec laquelle il vivait voulait que Vemana vole pour elle le collier de sa belle-sœur, un bijoux très précieux et de haut prix. Elle insistait pour que Vemana lui apporte ce collier et lui en fasse un présent. Ainsi, Vemana déroba littéralement le collier à sa belle-sœur et le donna à sa compagne. Celle-ci éprouva de la compréhension pour le jeune homme et lui dit : " Tu vois, si tu me l'avais demandé, je te l'aurais donné. Pourquoi l'as-tu volé de cette façon ? C'est très mal de ta part. " Puis elle ajouta : " Écoute, Vemana ! Je porte chaque jour ce collier, par habitude, mais je ne lui trouve rien de spécial. Pourquoi ta compagne a-t-elle mis les yeux sur lui ? Pourquoi pense-t-elle être extrêmement heureuse, si elle le possédait ? Je ne le comprends pas. Il est évident qu'elle veut s'emparer de mon collier, tu comprends. " Le jeune homme se repentit immédiatement ; cet incident suscita en lui le début d'une transformation intérieure. Son frère avait une fille unique et Vemana l'aimait intensément, plus que sa propre vie ; il la traitait comme sa propre fille et même plus. Soudain, cette fillette mourut. Vemana prit un portrait de cette enfant et se mit à errer en pleurant la mort de la petite. Sa belle-sœur remarqua son attitude et voulut lui donner une leçon. Elle prit le portrait, le déchira et le brûla. Vemana pleura avec encore plus d'insistance et demanda à sa belle-sœur : " Pourquoi as-tu fait cela ? J'aimais beaucoup le portrait de cette enfant bien-aimée. " Alors la belle-sœur lui expliqua ceci : " Ecoute, mon garçon. Après tout, tu ne fais qu'maginer la petite dans la photo et ainsi elle est vivante pour toi, même si son corps n'est plus. A la place de l'image de la fille de ton frère, tu pourrais regarder l'image de Dieu et pleurer pour Lui, au lieu de penser à la perte de l'enfant. "
A partir de ce moment, l'esprit de renoncement et le sens du détachement s'affirmèrent en lui ; il quitta la maison et mena une existence de yogi, de saint. Il composa un grand nombre de poèmes, connus par la plupart des habitants de l'Andhra Pradesh.

Ensuite, je posai à Swami la question suivante :
- (A.K.) " Swami, cette partie de l'Etat où nous sommes, y compris Chittor, Kalappa, Kurnool, Anantapur, est appelée " Rayalasîma ". Pour quelle raison ? "
- (Baba) " Parce qu'elle était gouvernée par un roi célèbre : Krishnadevaraya (qui régna de 1509 à 1529).
- (A.K.) " Swami, ce lieu est-il si important ? "
- (Baba) " Oui. A cette époque, les Etats tels que le Tamil Nadu, le Karnataka, etc. n'existaient pas. Le pays n'était pas subdivisé selon les groupes linguistiques et Krishnadevaraya dominait le pays entier. Ce fut un grand roi, protecteur de la littérature et des beaux-arts. Par exemple, il y a, tout près de Puttaparthi, un village appelé Karnatakapalli. Karnataka est en fait l'Etat qui porte ce nom, et pourtant ce village s'appelle ainsi ; cela signifie qu'il n'y avait alors qu'un seul royaume composite, gouverné par Krishnadevaraya.
- (A.K.) " Oh, Swami ! Quelle merveille ! Ce Krishnadevaraya protégeait la littérature et les arts et était lui-même un grand poète ; il gardait à sa cour huit grands érudits, c'est bien connu. "
- (Baba) " Il y avait deux frères, l'un nommé Bukkaraya, chargé de surveiller le lac artificiel de Bukkapatnam et l'autre nommé Chikkaraya, responsable du lac artificiel de Dharmavaram. Si le lac de Bukkapatnam n'était pas plein, celui de Dharmavaram ne recevait pas d'eau. Aussi, les deux frères prirent-ils une décision : nous ne nous verrons pas, nous ne viendrons pas face à face tant que les deux lacs ne seront pas pleins ; ceci au bénéfice du peuple. Donc, ils firent en sorte que les deux lacs soient remplis, ils retinrent les eaux dans les lacs et Bukkaraya se rendit à Dharmavaram, afin d'y rencontrer son frère Chikkaraya et lui exprimer sa gratitude ; au même moment, Chikkaraya se mit en route pour rencontrer Bukkaraya. Ils se rencontrèrent en un lieu et se remercièrent mutuellement, versant des larmes et se serrant dans les bras l'un de l'autre. Le lieu historique où ils se rencontrèrent est appelé Kanumukkala. Kanu est l'œil, mukkala signifie " rendre hommage ".
Swami nous expliqua le fondement historique de ces lieux. J'étais très heureux de l'entendre. Vous aurez certainement remarqué que les gens d'ici s'interpellent mutuellement par le mot anna, anna. Ce terme signifie " grand frère ". Tout le monde s'appelle ainsi ; même ma servante m'appelle anna (rires) ! le dhobi m'appelle anna. Ce terme anna est une forme respectueuse de salut.

Swami mentionna ensuite une histoire très intéressante au sujet d'un poète appelé Thenali Ramakrishna ; c'était un poète de la cour du roi Krishnadevaraya, un homme très intéressant, muni d'un fin sens de l'humour, à l'esprit amusant et retors. Swami relata deux épisodes de la vie de Thenali Ramakrishna. Il semble que les autres érudits de la cour nourrissaient une grande jalousie envers Thenali Ramakrishna, car il était très proche du roi. Cette sorte de jalousie subsiste à travers les âges ; elle n'est pas neuve ; elle existe depuis toujours. Donc, en face de toute la cour, ils défièrent Thenali Ramakrishna. Ils dirent : " Majesté, que ce poète nous explique pourquoi les paumes des mains n'ont pas de poils, alors que tout le reste du corps en est couvert. Voyons comment il expliquera ce fait ; nous lui lançons ce défi. " Thenali Ramakrishna se leva et dit : " ô Roi, je vais l'expliquer. Il n'y a aucun poil dans la paume de mes mains, car j'ai reçu sans cesse des dons de votre part et les poils n'ont pas eu le temps de croître (rires) " Le roi rit de bon cœur et dit : " Oh, je vois ! Mais comment expliquer que les autres n'ont pas de poils dans leurs mains ? " Le poète répondit : " Comme vous me donnez des dons, les autres en éprouvent une jalousie féroce ; en proie à ce sentiment, ils se frottent les mains et les poils n'ont pas le temps de croître chez eux non plus. " (rires). Thenali Ramakrishna avait cet excellent sens de l'humour.
Bhâgavan raconta ensuite un autre épisode au sujet de la vie de Thenali Ramakrishna. Un jour, le roi lui donna des diamants, des pierres précieuses, de l'or, etc. Le poète emporta ce trésor dans sa maison. Des voleurs s'en aperçurent et voulurent le lui dérober. Ils se concertèrent et vinrent à sa maison durant la nuit. Alors qu'ils étaient sur le point de s'emparer des joyaux, le poète se leva. En le voyant, les voleurs s'échappèrent de la maison et se cachèrent derrière le puits. Thenali Ramakrishna avait une intelligence très fine ; il sortit de chez lui, se dirigea vers le puits, tira de l'eau avec un seau, se gargarisa la bouche et recracha l'eau à l'endroit où se cachaient les voleurs. Ensuite, il prit un bout d'étoffe et y enferma des cailloux ; il jeta le ballot dans le puits en disant à sa femme : " Ecoute, ces pierres précieuses ne peuvent pas être gardées dans notre maison, car des voleurs peuvent s'en emparer à tout moment. Ainsi, je préfère les jeter au fonds du puits. " Il ne jetait pas les joyaux, bien sûr, mais de simples cailloux. Les voleurs pensèrent utile de les en extraire et passèrent la nuit à vider le puits. Ils tiraient de l'eau et la jetaient de coté (rires). Le lendemain, Thenali Ramakrishna se leva et sortit de sa maison. Il dit aux voleurs : " Messieurs, un grand merci. Les champs n'avaient pas été irrigués jusqu'à présent. Ils manquaient d'eau. Mais vous avez fait ce travail gratuitement. Je vous en suis très reconnaissant (rires). "
Par cet épisode, Bhâgavan conclut la conversation de cet après-midi.

Merci à vous tous !

Om Sai Ram