LES PERLES DE SAGESSE DE SAI

NO. 10

ANIL KUMAR

15 janvier 2003



Salutations aux Pieds de Lotus de Bhâgavan

Mes chers frères et sœurs,
Nous passons à présent à la partie suivante des " Perles de Sagesse ". Notre dernière conversation avec Bhâgavan remonte au 12 janvier 2003. Elle présente un certain intérêt, car elle est récente. Nous passerons ensuite à des dates ultérieures. Certains commentaires de Bhâgavan sont d'intérêt général et serviront de message et de ligne de conduite pour nous tous.
La première chose qu'Il nous dit, et ceci vaut aussi bien dans le cadre des rencontres sportives que dans n'importe quelle autre situation : on ne devrait pas dépendre des autres. Nous ne devrions rien emprunter aux autres, nous ne devrions pas mettre les autres à notre service, ni passer par l'entremise de quelqu'un pour obtenir ce que nous voulons. Vous devriez dépendre de votre Soi, n'avoir confiance qu'en votre Soi. C'est ce que l'on appelle swashakti - la force du Soi -. C'est un message magnifique pour chacun de nous ; ainsi, nous nous tiendrons sur nos propres jambes et n'aurons pas à dépendre de notre voisinage.
Ceci m'instigua à poser une question.
- (A.K.) " Swami, est-il possible d'être autonome pendant toute l'existence ? Est-ce une erreur de demander de l'aide à quelqu'un d'autre ? Pourquoi pas ? "
- (Baba) " Même si une autre personne vient à vous et cherche à vous aider, seul l'esprit en vous devrait répondre et rien d'autre. L'intermédiaire extérieur agit comme un stimulus et l'esprit réel, c'est-à-dire vous, doit répondre à ce stimulus. "
Quelle réponse merveilleuse ? Ceci me fait comprendre que toutes les personnes avec lesquelles nous nous associons nous aiderons uniquement à édifier notre propre esprit. Lorsque nous sommes déprimés ou abattus, les autres peuvent essayer de nous dire quelques mots, en soulagement et réconfort, mais en fin de compte, c'est l'esprit en nous qui doit être édifié. En d'autres mots, les intermédiaires extérieurs enflammeront simplement votre esprit, afin qu'il réagisse. Ceci est le premier point.

Le point suivant est celui-ci : deux choses sont essentielles pour tout un chacun : l'énergie et la capacité. Je dois vous rappeler que ces points ont été traités comme une sorte de session-écho aux Jeux sportifs du 11 janvier. Swami s'est entretenu sur ces points le 12 janvier ; donc les jeux sportifs étaient une excuse pour nous transmettre Son message divin. Bhâgavan déclara que deux choses sont requises : l'une est la shakti - l'énergie - et la deuxième la sâmarthyam - habileté, capacité, talent -.
- (A.K.) " Swami, il me semble que l'énergie et la capacité sont deux choses identiques. Puis-je avoir me contenter de l'une ou de l'autre ? Est-il vraiment nécessaire d'avoir les deux ? "
- (Baba) " Voici un exemple. (pointant l'index vers la table) Pour soulever la table, vous avez besoin d'énergie ; vous avez également besoin de la capacité de porter cette table : comment la porter ? Par quelle technique ou habileté la porterez-vous ? Cette habileté est sâmarthyam, tandis que l'énergie nécessaire est shakti.
- (A.K.) " Swami, quelle explication extraordinaire Vous nous donnez ! Je pensais que les deux termes étaient synonymes et que si l'on a l'un, on peut se passer de l'autre. Mais à présent, j'ai compris : l'un est corollaire de l'autre. J'en suis très heureux.
Bhâgavan poursuivit Son explication de sâmarthyam et donna un autre exemple. " Considérez les deux mots kalam - plume utilisée pour écrire et kavvam - le bâton pour battre le beurre - Cela est l'habileté ; vous ne pouvez pas utiliser le bâton à crème pour écrire, ni utiliser la plume comme bâton à battre le beurre. C'est ce que l'on appelle habileté ou talent.

- (A.K.) " Swami, j'aimerais savoir où la Divinité intervient dans ce cas ? Si je possède l'énergie et la capacité, quel rôle a la Divinité ? Quelle est la place de Dieu dans mon action ? "
- (Baba) " Voyons ! Tu as planté une graine en terre et elle a germé, elle grandit. Comment pourrait-elle germer sans la terre ? La Divinité est semblable à la terre qui favorise la germination de la graine. "
- (A.K.) " Je comprends, Swami. Mais à présent, je voudrais savoir cela en référence à l'énergie et l'habileté ; s'il Vous plait, expliquez-moi ! La graine est unique, tandis que j'ai mentionné deux choses : shakti et sâmarthyam " Swami était d'humeur allègre.
- (Baba) " Vois-tu, ici il y a la graine ; elle se développe en un arbre. Qu'est-ce qui relie entre eux la graine et l'arbre ? L'eau ! Cette eau sert d'intermédiaire entre les racines dans le sol et la pousse sortie de terre. D'une façon similaire, entre l'énergie et l'habileté, le contact est réalisé grâce à l'eau, c'est-à-dire la Divinité. "
Me suivez-vous ? Quelle belle explication ! S'il n'y a pas d'eau, on ne peut pas espérer une germination de la graine, et cette même eau circule également dans l'arbre. L'eau est donc le lien entre les racines et le germe. La même chose s'applique à l'habileté et à l'énergie.

Ensuite, je posai à Swami une autre question :
- (A.K.) " Swami, d'une certaine façon je pense ne pas être au maximum de l'aisance, sans l'aide des autres. Vous me voulez exclusivement dépendant du Soi ; Vous me voulez confiant dans le Soi, mais il me semble ne pas pouvoir vivre décemment sans l'aide de quelqu'un d'autre. "
La réponse arriva immédiatement, avec véhémence, en termes qui écartent toute équivoque :
- (Baba) " C'est ta faiblesse qui te fait croire cela. Ta faiblesse te pousse à penser que l'aide des autres t'est indispensable, mais en réalité ton pouvoir, ton habileté, ton énergie peuvent tout disposer par eux-mêmes. Chercher l'aide des autres, penser que l'on ne peut pas se débrouiller tout seul, est plus ou moins un reflet et un signe de sa propre faiblesse. "
Cette réponse est une révélation pour nous tous. Ne compter que sur Dieu et ne pas dépendre des autres, car ceci est un signe évident de notre faiblesse !
- (A.K.) " Swami, je peux dans certains cas avoir besoin que quelqu'un m'encourage. Si je n'attends rien de personne, il est toutefois possible que j'aie besoin d'un encouragement, de quelques bonnes paroles de la part de quelqu'un, pourquoi pas ? "
- (Baba) " Non, non, non, non ! (Il utilisa deux termes : utsâha - enthousiasme, effort - et protsâha - encouragement, instigation -) Très bien, les autres peuvent t'encourager, mais l'esprit d'encouragement naît en toi-même. On ne pousse ni n'insère aucun encouragement dans ta bouche. Tu t'encourages toi-même à l'écoute de ces paroles dites par quelqu'un. Donc, l'encouragement n'est pas un cachet à avaler, ni une injection que l'on te fait. En fin de compte, l'enthousiasme doit naître et trouver place en toi-même, il ne vient pas de l'extérieur. "

Bhâgavan se tourna vers un autre homme assis sous la véranda et demanda : " Avez-vous vu Anil Kumar sur l'estrade, hier, pour la Journée des sports ? Il était tout élégant dans son costume, l'avez-vous vu ? "
- (L'homme) " Oui Swami, il était très beau. "
C'était le responsable du Pensionnat de Brindavan. Il ajouta " Swami, j'ai dit à Anil Kumar, sans moyens termes " Tu as l'air d'un sportif, en blazer bleu marine et pantalons blancs, tu as tout à fait l'air d'un homme de sports. " Il était très beau. "
- (A.K.) " Swami, si je ne suis pas majestueux ici, où le serais-je ? (rires) Si je n'exprime pas ici toute ma dignité et ma grandeur, où pourrais-je jamais le faire ? Si je m'habillais élégamment dans ma ville natale, au maximum les habitants de ma rue lanceraient un regard sur moi, mais ici, je suis observé par des milliers de personnes, de l'Inde comme de l'étranger. Ainsi, je pense qu'il est nécessaire de me présenter de la meilleure façon possible, car je me trouve à côté de Dieu. Pourquoi pas ? "
- (Baba) " Hum ! (rires) Que veux-tu encore ajouter ? "
- (A.K.) " Swami, on a d'une part darja - apparat, faste - et de l'autre tîvi - la dignité -. Si je ne me présente pas ici en toute dignité et en grand apparat, où pourrais-je le faire ? "
Swami m'observait attentivement ; alors je pensai qu'il était opportun d'avoir un éclaircissement ultérieur et je dis :
- (A.K.) " Swami, quelle est la différence entre ces deux termes, darja et tîvi ? Sont-ils identiques ? "
- (Baba) " Ce que darja exprime à l'extérieur est le reflet de l'attitude intérieure tîvi. La dignité est intérieure et le faste est extérieur. La dignité s'exprime par le faste ou la solennité. Le tîvi - dignité - est projetée au-dehors, sur l'écran de la TV. ! "
Avez-vous saisi ? Swami fit ce magnifique jeu de mots, car darja, la T.V. est la forme scénique sur laquelle est projetée la tîvi ou dignité intérieure.

Swami appela ensuite le directeur du Collège de Brindavan, le plus jeune directeur de tous les collèges Sri Sathya Saï, ancien étudiant de notre Université et me demanda : " Comment est-il ? "
- (A.K.) " Oh, Swami, c'est une perle de garçon ! "
- (Baba) " Comment le sais-tu ? "
- (A.K.) " Pour la simple raison qu'il est Votre produit, tandis que je suis venu à Vous à l'âge de 45 ans, déjà à demi corrompu. Ce garçon est Votre produit, pur à 100% "
- (Baba) " Hum ! Très bien ! Et que dire de Moi ? "
- (A.K.) " Swami, Vous êtes sans âge. Voulez-Vous que je vous dise Votre âge ? Vous n'avez pas d'âge, Vous transcendez tout âge. "
- (Baba, avec un merveilleux sourire) " Comment le sais-tu ? " (rires)
- (A.K.) " Swami, je connais plusieurs personnes qui me disent " Swami a célébré mon mariage, Swami a béni le mariage de mon fils, Swami a donné un nom à mon petit-fils... " Nous devenons tous vieux, mais Swami est toujours jeune. Donc, Vous êtes au-delà de tout âge. "
- (Baba) " C'est bien, c'est bien ! " Mais Il ajouta ensuite une remarque importante : " Si tu es semblable à Moi, tu peux toi aussi transcender le temps. "
- (A.K.) " Swami, semblable à Vous ? Qu'entendez-Vous par là ? "
- (Baba) " Je n'ai aucune préoccupation, aucun souci, aucune pensée, absolument rien. Si tu restes sans pensées et sans soucis, tu pourras être aussi jeune que Moi. "
- (A.K.) " Swami, pourquoi les gens deviennent-ils vieux ? "
- (Baba) " Les soucis les font sembler vieux. Les préoccupations sont la cause du vieillissement. Si tu n'as aucun souci, tu peux Me ressembler. "
Comme il serait merveilleux d'être libres de tout souci ! Mais plus nous voulons nous en libérer et plus nous sommes préoccupés ! Laissons le chien dormir !

Hier, quelqu'un fit remarquer que, cette année, le jour de Sankranti, le 14 janvier, est également jour du Vaikuntha Ekadasi. Les deux festivités coïncident. (Vaikuntha - paradis de Vishnou ; ekadasi - 11e jour du cycle lunaire -) Le Vaikuntha ekadasi est une célébration par laquelle on vénère toutes les déités en même temps. Dieu est Un, mais les déités sont nombreuses. Etes-vous d'accord ? Il y a une différence entre Dieu et les déités, n'est-ce pas ! Lakshmi, Sarasvati, Durga, Kâli sont des déités, mais la Divinità est unique. Donc le Vaikuntha ekadasi est une occasion d'offrir, en une même journée, notre adoration à toutes les déités.
- (A.K.) " Swami, ce lieu, Prashanti Nilayam, est le Vaikuntha, c'est le paradis, c'est vraiment le ciel. "
- (Baba) " Comment le sais-tu ? "
- (A.K.) " Je le sais parce que, aussi longtemps que je suis ici, aucun souci ne me trouble. Au moment même où je sors d'ici, les soucis et les préoccupations me pourchassent. Or, l'état d'insouciance, de liberté de toute pensée, c'est le paradis, le vrai ciel ; de cela, je fais ici l'expérience. Quel idéal avez-Vous instauré en face de nous ! Il nous suggère que nous sommes destinés, nous aussi, à être libres de nos pensées. C'est un idéal, âdesam. Quel idéal Vous êtes, Swami ! "
- (Baba) " Il ne s'agit pas d'un simple âdesam, -idéal- mais Mon âdesha, Mon commandement adressé à vous. "
Adesam signifie idéal, tandis que âdesha veut dire commandement, guidance, règle. Cela nous mène à la conclusion que Swami, notre idéal, a pour nous un commandement, afin que nous suivions Son exemple. Swami conclut : " C'est la raison pour laquelle Je vous dis souvent que Ma vie est Mon message. "

- (A.K.) " Swami, d'une façon ou d'autre autre, nous nous assurons une certaine satisfaction, appelons-la psychologique, en agissant de manière à susciter l'admiration des autres. Lorsque je fais quelque chose pour obtenir l'appréciation du monde, je suis satisfait, n'est-ce pas ! " La satisfaction est appelée samtrupti.
- (Baba) " Atma samtrupti - la satisfaction du Soi - est bien plus importante que l'appréciation des autres, bien plus importante que les applaudissements ou l'admiration du monde extérieur. "
Ici se termine la conversation du 12 janvier 2003.

Poursuivons notre recherche à reculons, comme nous l'avons fait jusqu'à présent.
En ce jour-là, comme d'habitude après les interviews, Bhâgavan vint lentement, marchant avec majesté, s'ajustant les cheveux avec un style extraordinaire autant qu'inimitable, et s'assit dans son fauteuil. Il commença à nous parler.
- (Baba) " Avez-vous eu une réunion au collège aujourd'hui ? "
- (Etudiant) " Oui Swami, nous avons eu une assemblée. "
- (Baba) " De quel sujet avez-vous traité ? "
- (Etudiant) " Un expert nous a parlé de la globalisation. "
- (Baba) " Ah, Je vois ! Pourquoi la globalisation ? "
- (Etudiant) " Swami, la globalisation est très importante pour améliorer notre standing de vie. "
- (Baba) " C'est faux ! Il n'est pas nécessaire d'améliorer le standing de vie, et par conséquent, la globalisation n'est pas juste. La qualité de la vie est bien plus importante que le standing de vie. " Swami cita deux mots sanskrits : pramânam - mesure, paramètre - et pramâda - danger -. Si l'on suit la mesure, le standing de vie extérieure, on s'expose à des dangers.
-
- (A.K.) " Swami, nous disons que ce pays est grand ; il est riche grâce à l'abondance et la prospérité qu'il offre. Cela n'indique-t-il pas le revenu par personne, en ce pays ? "
- (Baba) " Non ! Quel est le vrai standing de vie national ? Cette position économique et sociale de la nation inclut le monde organique, tous les règnes vivants, animaux, plantes, les ressources naturelles, etc. Donc, l'intégration de toutes ces choses constitue le standing national, pas simplement la situation économique et extérieure des habitants. "
Cela dit, je pouvais me faire une réflexion : aujourd'hui, nous avons une quantité infinie de problèmes globaux : nous avons l'effet de serre, les trous d'ozone, la pollution, etc. Ces problèmes sont tous causés par un manque d'intégration des ressources naturelles. Nous tuons le règne animal et par conséquent, la vie naturelle souffre immensément. Nous " assassinons " ou déracinons tous les gros arbres et déboisons de grandes zones, devant ensuite affronter la question de l'air pollué. Lorsque Bhâgavan dit que l'intégration de tous les êtres vivants, plantes, animaux, oiseaux, vivant ensemble en parfaite harmonie, constitue le standing de vie d'une nation, Il ne parle pas simplement en termes d'économie, de confort, de luxe et de services. C'est ainsi qu'Il a élaboré le sujet, car ces choses préoccupent les biologistes et les écologistes du monde entier.
- (A.K.) " Swami, si nous ne faisons pas usage de toutes les commodités modernes, puis-je m'attribuer le qualificatif d'homme moderne ? Je pense être moderne, même ultramoderne, en faisant usage de ces ressources naturelles. Si je n'exploite pas les ressources naturelles, comment puis-je être moderne "
- (Baba) " Non, non, non, non ! Le modernisme n'est pas synonyme d'exploitation. Etre moderne signifie faire usage des ressources naturelles d'une façon limitée, sans les défigurer, sans les exploiter d'un seul coup, sans les extraire tout à la fois. Le modernisme véritable est cela. "
- (A.K.) " Très bien, Swami. D'une certaine façon, en cette période moderne, le standing de vie s'élèvera certainement. Par exemple, dans le passé, il y a très longtemps, nous n'utilisions ni dentifrice ni brosse à dents. L'homme moderne les utilise. Le réchaud à gaz, les bouilloires électriques et d'autres objets de ce type n'existaient pas dans le passé. Les gens font aujourd'hui usage de ces gadgets, ne pensez-Vous pas ? Donc, le standing de vie s'élève naturellement, grâce au modernisme, sans aucun effort particulier. "
- (Baba) " Nous devrions remarquer le point suivant : la vie moderne ou ce que tu appelles modernisme, n'est pas le mode de vie ultime. Le modernisme consiste à mettre un plafond à ses désirs, à contrôler ses propres désirs ; il n'a rien à voir avec une vie de désirs illimités. "
Quelle définition merveilleuse ! Lui seul peut dire ces choses !
- (A.K.) " Swami, il est beau de Vous entendre dire que nous devons contrôler nos désirs, mais pourquoi et comment le faire ? Lorsque je vois mon voisin en une meilleure condition que la mienne, je désire vivre beaucoup mieux que lui ! Comment contrôler ces désirs ? Je me rends compte de la nécessité de les contrôler, mais comment le faire ? "
- (Baba) " Ne te soucie pas de savoir si ton voisin possède une grande maison ; sois heureux de ton propre logis. Ne te soucie pas de la voiture que possède ton voisin ; sois heureux d'avoir des jambes, car tu ne dois pas leur fournir d'essence pour les faire fonctionner, et les augmentations du prix de l'essence ne te touchent donc pas. Dieu t'a donné des pneus naturels, tes jambes ! "
- (A.K.) " Très bien, Swami, mais un objet considéré comme un luxe aujourd'hui, peut devenir une nécessité demain. Le téléphone, le réfrigérateur, etc. étaient des articles de luxe. A présent, ils sont une nécessité. Qu'en dites-Vous, Swami ? "
Comme vous le savez, le dernier mot revient toujours à Swami ; Il est implacable à ce propos. Il répondit sur le champ : " N'as-tu pas vécu sans téléphone dans le passé ? Ne vivais-tu pas, alors ? N'étais-tu pas heureux de n'avoir pas de téléphone ? Ne vivais-tu pas dans la sérénité ? Pourquoi penses-tu ne pas pouvoir vivre sans téléphone ? C'est le fruit de ton imagination, un de tes attachements. A cette époque de ta vie, tu avais moins de frais à soutenir et plus de confort. En vérité, tu vas à présent dans les restaurants à cinq étoiles, des hôtels de grand luxe ; est-ce vraiment nécessaire ? Non ! Pour apaiser ta faim, pour te rassasier, un repas simple est suffisant. Pourquoi les extravagances ? Pourquoi le luxe ? C'est tout à fait inutile ! "
- (A.K.) " D'accord, Swami. Mais je désire Vous voir, Vous parler. C'est un désir spirituel, une pensée d'ordre spirituel. Devons-nous mettre ces aspirations dans la catégorie des désirs à contrôler ? Je voudrais une interview, Votre darshan. N'est-ce pas un désir ? "
- (Baba) " Non ! (rires) Les aspirations spirituelles ne sont pas des désirs. "
- (A.K.) " Pourquoi, Swami ? Parce que Vous y êtes impliqué ? (rires) "
- (Baba) " Non, non, non ! Qu'est-ce qu'un désir, en réalité ? On désire se procurer une chose ou un objet que l'on n'a pas, n'est-ce pas ? Tu ne possèdes pas de voiture et tu en désires une ; tu n'as pas de maison et tu en veux une. Donc le désir surgit de se procurer ou posséder ce que l'on n'a pas à présent. Mais en spiritualité, il n'y a rien que l'on doive se procurer ; on ne doit pas acquérir une chose que l'on n'a pas. Il s'agit simplement de faire l'expérience de ce que l'on est déjà. L'Amour est déjà en vous, il n'est pas l'objet d'un désir, car vous êtes l'expression même de l'amour. La Paix n'est pas un désir, car vous en êtes l'expression. La Vérité ne peut être objet de désir, car vous en êtes la manifestation. Dieu n'est pas un désir, puisque vous êtes Dieu ! Dès lors, comment le désir pourrait-il exister ? "
A ce point, je crus bon de ne pas trop insister dans la mauvaise direction, c'était une terre brûlée ! Swami me regarda soudain et dit : " A présent, as-tu quelque désir ? "
- (A.K.) Que pouvais-je répondre ? " Non, Swami, je n'ai pas de désir. " Je croyais qu'Il allait me complimenter, mais Il ne le fit pas !! (rires)
- (Baba) " Oh, tu viens de consommer un repas somptueux, avec une suite de mets spéciaux et des gâteaux. Voilà pourquoi tu n'as pas de désirs en ce moment ! (rires) "

A ce sujet, Swami eut recours à quatre termes sanskrits : mati, gati, sthiti et sampatti - intelligence, procédure ou direction, condition actuelle ou conservation, réussite -. Mati est votre mental, votre intelligence, qui détermine votre orientation ; celle-ci doit être maintenue, c'est sthiti ; et votre réussite, votre réalisation est sampatti. Ces quatre termes, Bhâgavan les proféra en ordre séquentiel, selon un développement scientifique. Ainsi, tel est votre mental, telle sera votre orientation ; le maintien, sthiti, de cette direction vous permet d'arriver au succès, sampatti. Mais Swami ajouta : " La chose essentielle pour vous tous, c'est de mener une auto-investigation, nivritti. Votre esprit est constamment tourné vers l'extérieur, pravritti, c'est pourquoi vous n'êtes pas en mesure de connaître la Réalité de la Vérité. "
Swami fit une belle remarque, parfaitement appropriée à chacun de nous au moment présent : " Si vous vous corrigez dès votre jeune âge, le reste de votre vie est garanti ; vous êtes destinés au succès, si vous acquérez la discipline dès votre jeune âge ; et si vous obéissez à Mes ordres, vous serez victorieux, sans aucun doute, vous serez triomphants en cette existence. "
Swami parla aussi d'un fidèle et dit : " Ce fidèle a une foi totale en Moi ; il obéit à Mes commandements. Bien qu'il souffre de problèmes aux reins, lorsque Je lui ai dit : " Ne vous préoccupez pas, l'opération n'est pas nécessaire ", il l'a cru et aujourd'hui, sans avoir dû subir aucune opération, il est sauvé, sain et en bonne santé. Vous ferez des expériences similaires, à condition d'obéir aux ordres de Swami. "
Ceci mit un point final à la conversation de cet après-midi là.
Il s'agit du jour où Swami parlait du Super Speciality Hospital. Combien de personnes, combien d'enfants ont été sauvés ! Bhâgavan nous citait le nombre des médecins venus de différents lieux, comment des vies humaines avaient été sauvées d'une tragédie fatale, comment les finances étaient utilisées avec libéralité par le Sri Sathya Sai Hospital, pour assurer le succès des interventions, etc. Il expliquait ces choses à une équipe de médecins assemblés là.
Finalement, je m'assis à ma place et Je dis : " Swami, comme nous sommes ici, nous ne savons pas ce qui se passe dans Votre hôpital. Je ne sais pas comment Vous le gérez. "
Swami sourit et dit : " Mon devoir consiste à faire ce dont vous avez besoin. Me poser des question est ton droit ! "
Ensuite, s'adressant à tout le monde, Swami dit : " Dans notre hôpital, plusieurs anciens étudiants travaillent ; ils ont de hautes qualifications. Ils accomplissent leur service non pour un gain financier, mais par pure dévotion. Ils ne sont pas médecins, mais ils sont qualifiés et savent comment intervenir. C'est leur amour pour Swami qui les pousse à rester ici. "

Un autre après-midi, Bhâgavan fit quelques remarques que je voudrais partager avec vous. Il commença par l'affirmation selon laquelle il existe un seul Dieu, que cette Divinité demeure en tous lieux et que tous les êtres sont Ses reflets.
- (A.K.) " Swami, alors pourquoi n'en suis-je pas conscient ? Si seule la Divinité existe en tous lieux et rien d'autre, comment n'en ai-je pas conscience ? "
- (Baba) " Ton attachement à ton corps est la cause de ton ignorance et du fait d'être incapable de connaître ta réalité. "
- (A.K.) " Swami, excusez-moi. Ce verre ou ce stylo sont des objets sans vie, tandis que moi, j'ai des préférences ; par exemple, j'aime les aliments très pimentés. Le verre n'a aucune préférence, le stylo n'a aucune préférence. Pourtant, Vous dites que tout est divin ! Quelle est la différence entre le stylo et moi ? "
- (Baba) " La différence réside dans ton mental. C'est ton mental qui cultive les préférences ; ton Esprit, par contre, est indifférent. Tu peux aimer ou ne pas aimer ce verre ; ton attraction ou ta répulsion appartient à ton mental ; quant à lui, le verre est toujours le même, il ne subit aucune modification. D'une façon similaire, la Divinité est une, mais tes attractions et répulsions dépendent de ton mental et se basent sur ton attachement au corps. Sans ces attractions et répulsions, tout est Divinité qui transcende toute chose, est sans dualité et libre de toute préférence. "
- (A.K.) " Swami, est-ce si simple ? Alors, comment se fait-il que je n'aime pas certaines choses ? "
- (Baba) " Il peut y avoir en toi certaines erreurs qui t'empêchent d'apprécier toute chose de la même façon. Tu peux te méprendre sur Moi, par exemple ! " (rires)
- (A.K.) " Me méprendre, Swami ? "
- (Baba) " Un diabétique ne peut pas manger de sucreries. Cela ne veut pas dire que les gâteaux ont des fautes ; l'erreur réside dans le corps du malade, pas dans les gâteaux. Tu ne peux pas blâmer les gâteaux, mais la maladie du diabétique. "
- (A.K.) " Ah ! Il en est ainsi ! Alors, pourquoi le bien et le mal ? Si tout est Divinité, pourquoi dites-Vous : " Cela est bien, ceci est mal. Cet homme est bon ou mauvais, cette femme est bonne ou mauvaise... " Pourquoi, Swami ? "
- (Baba) " Il n'existe ni bon ni mauvais. Les deux aspects coexistent, comme le pôle positif et le pôle négatif. Bien et mal dépendent du temps. La nourriture que tu manges est bonne aujourd'hui et sera demain digne de la poubelle. Alors, qu'est-ce qui est bon et qu'est-ce qui est mauvais ? En quatre heures à peine, la nourriture devient mauvaise ! "
- (A.K.) " Oh, je vois ! Je corrige mon point de vue. Mais si toute chose est Divinité, quel est l'avantage de le savoir et quel est le désavantage de l'ignorer ? "
- (Baba) " Une fois acquise la connaissance selon laquelle tout est Divinité, tu vivras dans l'équanimité. Cette égalité d'âme te maintiendra dans la joie. Rien sur terre ne pourra plus te troubler. Voici un exemple : lorsqu'un enfant naît, tu ris et soumis. Lorsqu'un vieil homme meurt, tu pleures. L'enfant nouveau-né n'a jamais dit : " Allons, rions à présent ! " Le vieil homme n'a jamais dit : " Pleurez ma mort ". Ils n'ont rien annoncé. C'est seulement ton attachement qui te fait sourire ou pleurer, rien de plus. Donc, les choses vont de travers lorsque tu n'es pas dans l'équanimité, lorsque tu n'es pas dans la joie ni dans la conscience de la Divinité omniprésente. "
- (A.K.) " Swami, qu'est-ce qui me fait sentir séparé de Dieu ? "
- (Baba) " Dieu a des qualités nobles, uttama guna ; les tiennes sont pourries, chetta. Aussitôt que tu te débarrasses de ces tendances pourries, les qualités nobles en toi pourront s'exprimer au grand jour. Dès lors, tu feras l'expérience de la Divinité intérieure. "

Il est donc temps de connaître mes limites ; c'est ce que je compris.
- (A.K.) " Swami, qu'entend-on par dharma individuel et dharma communautaire ? Ces deux types de dharma sont-ils identiques ? "
- (Baba) " La paix, la force d'âme, la vérité, la compassion, le sacrifice sont les composantes du dharma individuel ou manava dharma. "
- (A.K.) Quel est ensuite le dharma communautaire ? Swami, s'il Vous plait, ces points n'ont jamais été traités correctement par personne. Nous avons étudié plusieurs textes et entendu beaucoup de discours de personnes importantes, mais ces subtilités n'ont jamais été élucidées en un style aussi clair, aussi vif que le Vôtre. Quel est la différence entre le dharma individuel et le dharma social ? "
- (Baba) " Donc, les valeurs humaines représentent le dharma de l'individu. Le dharma social consiste à faire aux autres exactement ce que vous souhaiteriez pour vous-mêmes. Agissez envers les autres comme vous aimeriez que l'on agisse envers vous. Ce qui est bon pour vous l'est également pour les autres ; ce qui vous heurte fait également du mal aux autres ; ce qui vous rend heureux rendra les autres également heureux. Ainsi, le dharma communautaire ou social consiste à vous conduire envers les autres comme vous aimeriez pour vous-mêmes. "
C'est vraiment bien ! Mais cela n'arrive pas en société. Nous voyons tant de différences entre les gens !
- (A.K.) " Swami, c'est merveilleux à entendre. Mais nous Vous avons écouté confortablement assis, alors que Vous êtes resté debout. Asseyez-Vous, Swami ! "
- (Baba) " Je ne suis pas fatigué. Peut-être ressentez-vous de la fatigue à M'écouter, mais Je ne ressens aucune fatigue. J'aime parler de ces choses et les enseigner. Comprenez votre vraie nature. Si vous reconnaissez votre Soi véritable, vous connaîtrez aussitôt tout le reste. Comme vous ne comprenez pas votre Soi, vous vous trompez au sujet des autres. Ne connaissant pas votre vraie nature, vous êtes incapables de connaître les autres. "

Je pense que nous pouvons nous arrêter ici aujourd'hui et continuer à la prochaine occasion. Merci à vous tous.

Om Sai Râm