LES PERLES DE SAGESSE DE SAI

NO. 7

ANIL KUMAR

11 décembre 2002


Om Sai Râm

Mes hommages aux Pieds de Lotus de Bhâgavan.

Mes chers frères et sœurs,
Nous poursuivons notre récapitulation des conversations qui se sont tenues dans le courant du mois d'août 2002, et nous achèverons de les passer en revue ce soir-même.
Je suis très heureux d'apprendre que l'intérêt des fidèles Saï pour ces conversations est très grand. Comme les gens n'y ont pas accès, ils sont désireux d'entendre ce qui se passe là, sous la véranda.
1er épisode
Cet après-midi là, Swami commença à nous entretenir au sujet de certains aspects de la spiritualité, des aspects profondément philosophiques. Chaque affirmation de Sa part est très importante pour nous tous. La première de ces affirmations est celle-ci : " Je considère ce corps comme un instrument. " Elle est significative pour plus d'une raison. Habituellement, nous considérons notre corps comme étant nous-mêmes ; je m'identifie avec ce corps qui n'est pas réel, car il passe constamment par des modifications et périt même à un moment donné, sans annonce officielle. Dès lors, comment puis-je me considérer comme le corps ? De plus, quelle valeur attribuer à ce corps ? La réponse est simple. Le corps est un instrument, rien de plus. Il doit être utilisé comme notre instrument pour la réalisation, c'est-à-dire pour atteindre le but en vue duquel il est créé. Le corps nous est donné à cause du processus de l'incarnation. Nous sommes nés afin de ne plus devoir naître. C'est dans ce but que le corps doit être utilisé comme un instrument puissant de la mission divine.
La deuxième affirmation que Baba fit est la suivante : " Sache que Dieu est le maître de ce corps ! " Dieu est le propriétaire de ce corps. Expliquons ceci, car cela demande une élucidation. Une certaine élaboration nous aidera à comprendre le sérieux, la gravité, la profondeur de cette affirmation. Est-ce que je considère Dieu comme le maître de mon corps ? Je peux l'affirmer, mais sans en faire une expérience véritable. Si je suis convaincu que Dieu est le maître de ce corps, tous mes actes seront nécessairement divins, toutes mes pensées seront divines, mes gestes seront sacrés et mes paroles seront nécessairement véridiques. Mais en réalité, iI n'en est rien. Nos paroles sont mensongères, nos actes sont égoïstes, nos pensées sont égocentriques et si, dans ces circonstances, je déclare que Dieu est le maître de ce corps, je suis visiblement ridicule. Donc, il nous faut accepter que Dieu est le maître du corps, non seulement en paroles, mais aussi en esprit et cela devra se refléter dans nos pensées, paroles et actions.
La troisième affirmation est celle-ci : " Réduisez ou coupez radicalement votre attachement au corps. " Que signifie cela ? A cause de notre attachement à ce corps, nous souffrons plus qu'il ne faudrait. Une fois que s'instaure en nous la conscience de n'être pas le corps, la souffrance ou la gravité de la souffrance diminue ; cela ne veut pas dire qu'elle disparaîtra complètement, non, nous connaîtrons des peines, mais elles ne seront pas plus pénibles à supporter qu'elles ne le devraient. Notre attitude changera. A mesure que nous réduisons notre attachement à notre corps, notre attitude envers l'existence se modifie.
Maintenant, pourquoi avons-nous cet attachement au corps ? A quoi nous mène-t-il ? Bhâgavan nous répondit : " Notre illusion en est la cause, c'est elle qui est responsable de notre attachement au corps conduisant à la peine, à la tristesse et à l'affliction. On n'en tire aucun bénéfice, aucun avantage ; cette identification au corps nous amène souffrances et douleurs, rien d'autre et la cause en est l'illusion. " C'est ce que Bhâgavan désire que nous comprenions bien. Ne pas nous identifier avec ce corps.

- (A.K.) " Swami, qu'est-ce que l'illusion ? " Bhâgavan répéta la fameuse illustration des Upanishads, si souvent citée, celle de la corde que l'on prend pour un serpent. En fait, il ne s'agit pas d'un serpent, mais d'une simple corde. " C'est uniquement votre identification erronée qui vous fait confondre la corde avec un serpent et suscite en vous la peur. Vous vous encourez au loin en pensant qu'il s'agit d'un serpent. Donc l'illusion consiste en une erreur d'identité ou d'identification. La réalité n'est pas comprise ; nous suivons une falsification, une surimpression. Cela cause l'illusion qui provoque en nous la peur. "
Ensuite, Swami nous donna un exemple : " Un jeune homme pleurait ; un homme noble de cœur passa par là et lui demanda : " Pourquoi pleures-tu, mon garçon ? " Le jeune homme répondit : " J'ai perdu ma mère. Cette mère qui m'aimait tant n'est plus ; j'ai perdu ma mère. Voilà pourquoi je pleure. " Cet homme sage dit : " Où est-elle allée ? Elle est couchée ici ! Tu ne l'as pas perdue, la voilà ! Le corps seul est là, pas la vie. Si tu considères la vie comme étant le corps, ta mère n'est pas perdue, elle est ici. " Le jeune homme continuait toutefois à pleurer, même si le corps de sa mère était présent, car il comprenait que ce corps n'était pas sa vraie mère. Pourquoi ? Parce que la vie s'en était allée. Donc, cette identification erronée avec le corps, la fausse identification avec le corps est ce que l'on appelle illusion, menant à la peur et à la tristesse conséquente. " C'est ce que nous dit Bhâgavan.
Il nous donna un autre exemple : " Penser : je suis Indien, Russe, Américain, etc. est également illusoire. C'est une illusion, car votre corps est né en Inde, Amérique ou Russie, mais vous n'êtes pas identifiés avec ces pays. Vous n'êtes pas la profession que vous exercez, vous n'êtes pas le genre auquel vous vous référez. Vous êtes au-delà, votre réalité n'a rien à voir avec ces choses. Le Soi véritable est situé au-delà de tout. "
Bhâgavan nous aida à comprendre, par un très bel exemple : " Le monde entier est semblable à un palais magnifique, un grand édifice. Chaque chambre de ce palais est un pays. Considérer cette chambre comme l'édifice entier est pure folie. Le bâtiment a beaucoup d'autres chambres de cette nature et toutes ensemble, elles forment un palais. De même, les différents pays sont les chambres du palais unique qu'est le monde. Qu'est-ce qui nous sépare et nous différencie ? Seulement les murs des castes, des groupes communautaires, des races, des nationalités, c'est tout. Une fois que l'on a abattu les murs, une fois que l'on a coupé toutes ces chaînes étroites, nous sommes tous un, nous trouvons la caste de l'humanité, la religion de l'amour. La réalisation de l'unicité est Vérité, tandis que l'expérience de la diversité, de la multiplicité, est pure illusion. "
Finalement, Bhâgavan conclut : " Les enfants, cherchez à avoir un esprit large ! L'expansion est vie, la contraction est mort. Soyez magnanimes, ayez de la générosité mentale. Comprenez bien cela. Vous ne trouverez pas la joie dans la restriction, la contraction ou l'étroitesse d'esprit. "


2e épisode
Ceci est un exemple tiré de la vie de Bhâgavan. Ce jour-là, Bhâgavan parla ainsi. Il était assis dans Son fauteuil et, tout-à-coup, Il appela un homme parmi les fidèles, une personne âgée, vêtue d'un dhoti et d'une longue chemise, un beau vieux. Swami l'appela : " Venez ici ! " L'homme s'approcha de Lui ; Bhâgavan le présenta à l'assemblée, disant que cet homme était le correspondant d'une chaîne d'écoles dans l'Etat du Karnataka. Ensuite, Il le regarda d'un air grave et dit : " Que faites-vous dans ces écoles ? Vous leur avez appliqué Mon nom : Sri Sathya Sai Schools, mais vous récoltez de l'argent. Vous faites payer aux élèves de hauts droits d'inscription, de participation aux examens, des frais de sports, de bibliothèque, etc ; c'est très mal ! Vous ne pouvez pas utiliser Mon nom pour gagner de l'argent. Sai Baba et l'argent ne se trouvent jamais ensemble. Vous ne pouvez pas employer Mon nom, si vous voulez collecter de l'argent de cette façon. Je suis radicalement opposé à toute création de fonds. Vous comprenez ? "
Cet homme se mit à trembler : " Swami, je Vous prie de me pardonner. " - " Dès votre retour, restituez l'argent ; restituez-le aux familles et puis écrivez-Moi. Seulement après cela, Je vous permettrai d'entrer à Prashanti Nilayam, pas autrement. Il n'est pas correct de votre part de dispenser l'éducation comme on tient un commerce, comme on vend du dentifrice ou des allumettes. Vous ne pouvez pas vendre l'éducation. Je n'aime pas cela ! Ne le faites pas ! "
Bhâgavan ajouta encore un commentaire, sur le même ton : " Certaines personnes offrent de vieux vêtements à beaucoup de gens, disant qu'ils rendent service. Que faites-vous en réalité ? Vous distribuez des vêtements usés. Ce n'est pas de la charité, ce n'est pas un sacrifice. Vous ne faites que nettoyer vos armoires, c'est tout ! Donc, si vous désirez donner des vêtements aux pauvres, donnez des vêtements neufs ; dès lors vous pourrez appeler ce geste " charité " ou " sacrifice " ou " seva ". Pas ces distributions de vêtements usés, troués et vieux, que vous appelez " charité ". Tout cela n'est que théâtre, artifice ; Je ne veux pas de cela. "
Dans ce contexte, je voudrais vous dire ceci : dans l'Etat du Karnataka, pour avoir une inscription à la faculté de Médecine, il faut débourser jusqu'à 2 millions et demi de roupies en donation, en plus des taxes d'inscription ordinaires. Donc, en plus des frais de logement, de nourriture et des droits d'inscription, les étudiants doivent payer un acompte de 2 millions et demi de roupies ! Seulement à ces conditions, on peut obtenir une admission dans le Collège. Entendant cela, Swami rit de tout Son cœur et dit : " Au lieu d'étudier la médecine, si vous placiez cet argent en banque et y ajoutiez les 500.000 roupies de frais d'inscription, les frais de laboratoires, les droits pour les sports, les droits d'examens, les droits de bibliothèque, sans compter votre nourriture, ce qui fait au total environ 3 millions et demi de roupies placés en banque, vous en recevriez 35.000 roupies d'intérêts. Vous pouvez vous asseoir tranquillement sans étudier ; vous pouvez vous sentir un Maharaja, un roi. Pourquoi ce collège ? Pourquoi ces études ? L'instruction est devenue aujourd'hui une sorte d'ironie. Déjà, pour mettre ses enfants à l'école maternelle, à Bangalore on doit débourser 25.000 roupies d'acompte. Vous rendez-vous compte ? Pour un enfant âge de trois ans, les parents doivent payer 25.000 roupies en " donation " ! L'instruction est devenue une affaire commerciale. " Donc, Bhâgavan est radicalement opposé ce système et ne l'aime pas du tout.
Pour conclure, Swami dit : " Si vous désirez entreprendre des institutions en Mon nom, suivez Mon exemple. Prenez-Moi comme exemple et sachez que tout ce que Je dis est vrai. Vous pouvez le vérifier n'importe où. Mon chemin est très clair et droit, Mes paroles sont uniquement pure vérité. Je suis un exemple pour vous tous. "
3e épisode
Ce jour-là, d'une façon inattendue, Swami vint s'asseoir dans Son fauteuil après les interviews ; Il semblait relaxé et, me regardant aimablement, Il me demanda : " Pose-Moi des questions. "
Nous ne savons pas quoi demander, ni quoi éviter de demander, ni quel type de questions Swami attend de notre part. Je me dis que la chose la plus convenable, c'était de poser des questions sur le Râmayana ; c'était ce qu'il y avait de moins hasardeux. Si je pose une question sur la haute philosophie, Il pourrait me dire : " Homme égoïste ! Tant d'étudiants sont ici. Pose des questions qui puissent leur être utiles ! " Si je demande : " Swami, je vous en prie, accordez-moi une interview demain. " Il répondra : " Ce n'est pas une question. Tu es un égoïste. Fish is better than selfish - un poisson vaut mieux qu'un égoïste ! " Donc, je pensais sûr et convenable de poser des question sur le Râmayana.

- (A.K.) " Swami, dans la philosophie hindoue, nous avons plusieurs épopées. L'histoire de Krishna est relatée dans le Bhâgavatam, celle de Râma dans le Râmayana, celle des Pandavas et des Kauravas dans le Mahabharata. Ces trois épopées sont les plus importantes parmi beaucoup d'autres. Voici ma question : il existe plusieurs versions du Râmayana. Un grand saint nommé Tulsidas a écrit sa propre version appelée Ramachantamanas. Valmiki composa le Râmayana original. Une femme appelée Molla écrivit le Molla Râmayana. Puis il y a Kamban ; lui aussi écrivit une version : le Kamba Râmayana. Le sage Vyasa écrivit encore un autre Râmayana appelé Adhyâtma Râmayana, c'est-à-dire le Râmayana spirituel. Quel est le vrai ? Pourquoi tant de versions ? Et pourquoi cette variété n'existe-t-elle pas dans les autres cas, comme pour le Mahabharata ou le Bhâgavatam ? Ne crée-t-on pas une grande confusion ? De toutes ces versions, quelle est la bonne ? Laquelle devrais-je suivre ? "
- (Baba, en riant) " Il existe tant de versions du Râmayana, parce que Râma a un message à transmettre au niveau individuel, dans le domaine de la conduite sociale, pour la nature éthique du chef de famille, du frère, du gouvernant, de l'époux, de l'ami et de l'homme exemplaire et montre dans tous les domaines comment il faudrait se comporter. Chacun de ces aspects est clairement traité dans le Râmayana. Ainsi, chaque auteur a envisagé un aspect particulier ; voilà pourquoi nous avons tant de Râmayanas. Certains ont traité en profondeur l'aspect dévotionnel ; certains ont mis plutôt l'accent sur l'aspect social ou individuel. Ainsi, selon leur points de vue, les facettes multiples du Râmayana ont été traitées en des périodes et des circonstances différentes. "
Voyant que je pouvais prendre certains risques et m'avancer davantage, car Bhâgavan était d'humeur allègre, je demandai :
- (A.K.) " Swami, si Krishna était Dieu, comment pouvait-Il être partial en faveur des Pandavas ? Dieu peut-Il être partial ? Les Kauravas étaient Ses enfants au même titre que leurs cousins, n'est-ce pas. Le Mahabharata démontre une partialité totale de Krishna en faveur des Pandavas. Je n'y vois pas clair. Je sais parfaitement que Vous prendrez la défense de Krishna, car Vous êtes Lui en une autre incarnation, mais je continue à ne pas comprendre. Pourriez-Vous nous expliquer ceci ? "
- (Baba) " Tes idées fausses, tes incompréhensions et des confusions sont des symptômes de ta parfait ignorance ! C'est elle qui est la cause de cette confusion et de ce triste état de choses. De plus, tu n'as pas une foi totale en la divinité de Krishna ! Ainsi, ton manque de foi et de dévotion et ton ignorance sont à la racine de cette fausse impression. "
- (A.K. pensant à part : attention, la situation se retourne contre moi !) " Mais Swami, comment justifier que Krishna ait pris la défense exclusive des Pandavas ? Pouvait-Il agir ainsi ? "
- (Baba) " Laisse-Moi te répondre sans ambages. Les Pandavas obéissaient totalement à Krishna, ils appliquaient à la lettre Ses commandements, sans condition. C'est la raison pour laquelle Krishna prit leur défense. Comment peux-tu L'accuser de partialité ? "
- (A.K.) " Oh ! Swami, ma cause est perdue. A présent, je comprends. Dieu ne peut pas être partial ; Il peut sembler partial en vertu de mon ignorance. Si nous voulons que Dieu nous aide et nous défende, nous devons obéir à Ses ordres, sans condition. Nous devons avoir une foi totale en Lui. "
- (Baba) " Si tu avais compris cela plus tôt, tu n'aurais pas posé cette question ! "
- (A.K.) " Swami, Vous m'avez dit justement que je suis ignorant ; c'est pourquoi j'ai posé cette question. Ma question est justifiable, mais Votre réponse m'a libéré de l'ignorance. " Tout le monde rit de bon cœur.

4e épisode
Bhâgavan ouvrit la conversation par des remarques très sérieuses, de profonde philosophie et spiritualité. Si nous écoutons les autres, nous n'avons pas de doutes, car nous ne les écoutons pas complètement. En ce qui concerne Bhâgavan, au contraire, nous L'entendons au maximum de l'attention et c'est pourquoi certaines questions surgissent en nous. Je pense que vous serez d'accord avec moi : nous n'écoutons pas pleinement les autres ; mais si Dieu nous parle, notre conscience est en alerte et nous cherchons à en retenir chaque mot, chaque syllabe. Ainsi, les doutes surgissent. Parfois, si nous posons des questions à d'autres gurus, ils nous répondent évasivement et se soustraient diplomatiquement à notre enquête. Leurs réponses ne nous donnent pas pleine satisfaction. Par simple politesse et courtoisie, nous leur disons : merci, excellente réponse ! Ce n'est pas correct. Dans le cas de Bhâgavan, c'est radicalement différent. Sa réponse est droite, incisive, simple, elle arrive immédiatement à son but. Elle ne soulève aucune question, elle ne donne lieu à aucune incompréhension, à aucune ambiguïté.
Cet après-midi là, Swami mentionna cette affirmation des Upanishads : Ekam eva advitîyam brahma - Dieu est Un sans second -. C'est une affirmation merveilleuse que tout le monde devrait apprendre, connaître et répéter de mémoire. Elle vaut la peine d'être connue. Quel en est le sens ? Ekam - Un-, eva - seul -, advitîyam Brahma - Dieu est sans dualité -. Cela veut dire : Dieu est Un, pas multiple.
- (Baba) " Voyez, pour insister et éviter toute incompréhension, toute déviation ou erreur d'interprétation, Dieu a déclaré clairement qu'Il est un et pas deux. "
- (A.K.) " Très bien, Swami. Mais il y a une autre affirmation de laquelle nous souhaitons avoir une explication : Prajnânam Brahma - Dieu est Sagesse suprême -. Il s'agit d'une autre grande maxime des écritures. Que signifie-t-elle exactement ? "
- (Baba) " Comme la comprends-tu ? Dis-le-Moi. "
- (A.K.) " Cela signifie que la Connaissance est Dieu. Prajnânam est Connaissance et Brahman veut dire Dieu. "
- (Baba) " C'est complètement faux ! Il existe différentes formes de " connaissance " : prajnâna, sujnâna , vijnâna et jnâna. Le terme, jnâna concerne toute information ou connaissance relative au monde. Tout le monde y accède. Les connaissances de la matière, les connaissances séculières, l'instruction, les sciences, la technologie, tout cela est jnâna. Le deuxième terme est vijnâna ; c'est la connaissance que l'on obtient suite à une enquête, une expérimentation, une observation et une recherche ; c'est la conclusion que l'on tire d'une investigation. Sujnâna, le troisième terme, concerne la connaissance spirituelle. Et le quatrième, prajnâna est la conscience intégrale et constante, c'est le Soi suprême, c'est la connaissance ou conscience du Soi, le centre même de votre être. Cette connaissance est divine. C'est la raison pour laquelle les Védas déclarent : " Vous êtes enfants de l'immortalité. " Au centre, je suis Dieu, en périphérie, je suis un être humain. Comme une orange est couverte d'une peau épaisse et contient en son centre le doux jus. De cette façon, les noms et formes me séparent de la réalité de mon Soi. Cette réalité est prajnâna. Lorsque je ferme les yeux, tourne mon attention vers l'intérieur et pense à mon être réel, je me pose la question : " Qui suis-je ? ", je réponds que je ne suis pas le corps, ni l'intellect, ni le mental, ni les sens d'action, ni les cinq enveloppes, ni encore les cinq éléments. Je suis l'âtma éternel, l'Esprit suprême. Ceci est ce que l'on appelle le processus de négation ou nîti ; en niant ce que nous ne sommes pas, nous arrivons à ce que nous sommes réellement, c'est-à-dire le Soi suprême. Prajnâna est cette conscience, cette expérience du vrai Soi. Par l'expérience de prajnâna, on se dilate au niveau cosmique. L'univers entier est divin. En ce monde, toute entité, tout objet, du microcosme au macrocosme, nous apparaîtra divin, du point de vue du Soi. A travers prajnâna, nous aurons la vision cosmique. "

5e épisode
Nous arrivons à la fin du mois d'août 2002. Cet après-midi là, je reçus un message me priant de me présenter immédiatement au Mandir. Même pas le temps de boire mon café bouillant. Je courus et vins m'asseoir à ma place habituelle. Beaucoup de gens s'étaient déjà rassemblés dans le Mandir. Je sus par après qu'il s'agissait de médecins venus de Bombay, 200 femmes et 300 hommes, désireux de voir Bhâgavan et de visiter le Super Speciality Hospital de Whitefield, le jour suivant. Ils avaient déjà vu l'hôpital de Prashanti Nilayam et étaient prêts à recevoir une interview. Bhâgavan leur donna une interview de groupe. J'étais appelé pour traduire Son message. Le travail de traducteur est difficile et hérissé de pièges, mais il vaut la peine. Il me permet d'étudier la littérature Saï. Peut importe si je dois souvent être corrigé, au grand divertissement général. Il m'arrive même d'oublier de traduire et de m'exclamer : " Quelle affirmation grandiose, Swami ! " Alors Swami me dit : " Que t'arrive-t-il ? Tu es ici pour traduire tout ce que Je dis. Quelle est cette extase ! Reviens à ton bon sens ! " Je réponds : " Swami, je ne suis pas un haut-parleur mécanique, ni un gadget électronique ; je suis aussi un fidèle ; j'aime Votre message ! " Voilà comment vont les choses.
Ce jour-là, Swami commença à parler à ces médecins. Soudain, Il se tourna vers un médecin âgé de 70 ans et Lui dit : "Vous avez subi une opération chirurgicale au cœur, n'est-ce pas ! "
- (Docteur) " Oui, Swami, c'est exact ! "
- (Baba) " Bien, et ce matin vous êtes allé au Super Speciality Hospital et avez eu un autre contrôle, n'est-ce pas ! "
- (Docteur) " Oui, Swami "
- (Baba) " Je sais. Vous êtes un médecin et un patient tout à la fois ! (rires) Peu importe. Etes-vous rétabli à présent ? "
- (Docteur) " Oui Swami, complètement. "
- (Baba) " Je suis peut-être ici, mais Je connais ce qui se passe en tout lieu. "
- (Docteur) " Swami, j'ai un pacemaker dans le cœur. Grâce à cela, je peux continuer à vivre. C'est une chose artificielle. "
- (Baba) " Tous les êtres sont artificiels en ce monde, non seulement vous. La vie entière est artificielle aujourd'hui. Ne vous souciez pas. La vie est devenue entièrement artificielle. Où est votre cœur ? "
- (Docteur) " A l'intérieur, Swami "
- (Baba) " Oh ! Le heart - Cœur - est à l'intérieur, tandis que l'art est à l'extérieur ! Lorsque l'art viendra du heart, cela deviendra intéressant. Mais aujourd'hui, l'art lui-même est artificiel, il ne vient pas du cœur. C'est pourquoi la vie est devenue complètement artificielle. Vous les médecins, regardez-Moi. J'ai 77 ans. Je ne porte pas de lunettes ; Je peux voir à n'importe quelle distance. Je ne souffre jamais d'aucune douleur corporelle. Je ne prends jamais de médicaments ni de reconstituants ; de plus, Je ne mange qu'une bouchée de boulette de raghi et c'est tout. Je ne prends ni thé ni café, ni de petit déjeuner ; Je ne mange pas comme vous des idlis, vadai, dosa, etc. Seulement du raghi, et tous les jours la même chose. Pourtant, Je suis fort et énergique. Pensez-y. Que dire de Mon poids : pendant les dernières 55 années, J'ai toujours pesé 18 livres (49 kilos). Cela n'a jamais changé. Ma tension artérielle est parfaite. Comment est-ce possible ? Vous demanderez certainement comment c'est possible. Avant tout, J'ai un contrôle absolu sur Ma nourriture. Je ne mange aucune préparation sophistiquée ni fortement assaisonnée. Croyez-Moi ou non, Je ne sais pas ce que signifie avoir de l'appétit ; Je ne sais pas ce qu'est la sensation de faim ; Je n'ai jamais faim. Mais comme il y a des hôtes, pour leur tenir compagnie, Je fais semblant de manger. Je m'assieds là, c'est tout. "
Mes amis, croyez-moi. Je me suis assis à table avec Swami des milliers de fois. Je ne vous le dis pas par vanité, mais en toute humilité. Si nous devions manger ce que Swami mange, nous ne serions plus en vie le jour suivant. C'est incroyable ! Il mélange à peine une bouchée de riz à de la sauce et Hari Om Tat Sat, Il se lève et s'en va. Je ne sais pas ce qu'est cette façon de manger. L'intendant qui sert Swami continue à Lui offrir de la nourriture. Swami lui dit : " Je t'ai dit de t'en aller. Je n'en veux pas ! " On ne l'entend jamais dire " Sers-Moi encore de ceci ! " Par contre, nous disons toujours : " Je vous en prie, servez-moi encore de ceci. " Nous accueillons tous les mets, car nous avons la ferme conviction que la nourriture est Dieu ! Nous voulons accueillir Dieu, n'est-ce pas ! Mais le Dieu vivant, ici devant nous, refuse la nourriture !
- (Un docteur) " Swami, voulez-vous nous expliquer la Gâyatri ? "
- (Baba) " Vous désirez connaître la Gâyatri ? Où se trouve Gâyatri ? " Si cette question nous était posée, nous répondrions qu'elle se trouve dans l'ashram, entre la poste et les " round buildings " ! Baba dit : " Gâyatri est omniprésente, en vous, avec vous, au-dessus et au-dessous de vous, partout. "
Swami commença ensuite à expliquer le Gâyatri Mantra. Ce mantra est subdivisé en trois parties importantes. La première traite de la santé du corps, la seconde est relative à la vie et la troisième concerne l'Esprit ou âtma. Ces trois aspects sont nommés respectivement Gâyatri (relatif au corps physique), Savitri (relatif au principe de vie) et Sarasvati (relatif à la conscience, à l'âtma.) Ainsi, Gâyatri est à la fois Gâyatri, Savitri et Sarasvati.
Après avoir mentionné ces trois aspects, Swami parla de trois autres choses : bhûr, bhuvah et Suvah. Bhûr est le corps inerte. C'est la matérialisation, Gâyatri. Bhuvah est la vie, la vibration ou Savitri et suvah est l'Atma, le rayonnement, Sarasvati.
Puis Swami ajouta : " Un tissu est constitué de fils. Si l'on tire tous les fils, il n'y aura plus de tissu. Ainsi, quand vous ne pensez pas au passé, celui-ci n'existe pas. Si vous ne pensez pas au futur, il n'existe pas davantage. Passé et futur sont des produits de nos pensées. Une fois que l'on a tiré les fils du passé et du futur, le mental disparaît complètement. La vie est présente. Pensez au présent. Le présent est divin. Le présent est vie, tandis que le passé est mort ; quant au futur, il est incertain. Dans le présent, voyez votre devoir comme Dieu, le travail comme un acte d'adoration. Votre corps, votre mental, vos sens, sont négatifs ; mais vous êtes le Parabrahman, la Conscience totalement positive. " Je ", Brahman, Atma, Dieu, Esprit, Ame, Conscience , sont des synonymes. Ces termes ont tous la même signification.
Soudain, Bhâgavan regarda un docteur et lui dit : " Ce matin, vous avez visité le Super Speciality Hospital de Puttaparthi. Vous aurez peut-être remarqué un patient à qui nous avons fait une injection du coût de 75.000 roupies, sans rien en attendre en retour, même pas un merci. C'est cela que vous devriez savoir. Vous devriez aussi savoir que parmi les techniciens de l'hôpital, il y a deux anciens de notre Université. Des anciennes étudiantes du collège féminin d'Anantapur travaillent dans le département de diététique. "
Puis Il se tourna vers une femme et dit à l'assemblée : " Le savez-vous ? Cette femme, Je l'ai rencontrée à Bombay, il y a 40 ans. Son habitation était située tout près du Dharmakshetra (le Centre Sri Sathya Sai de Bombay). Elle avait perdu son mari et après quelque temps, elle désirait se remarier. Je lui dis : " Ne vous remariez pas. Vous avez un petit enfant, prenez-en soin. "
Cette femme se mit à pleurer en entendant les paroles de Swami qui continua : " A présent, elle est médecin, un excellent docteur et elle accomplit un grand seva au Dharmakshetra. (S'adressant directement à la femme) Si vous vous étiez remariée, vous n'auriez pas pu pratiquer la médecine comme vous le faites, vous n'auriez pas pu servir les autres ; vous n'auriez pas pu penser à votre enfant. " Puis Swami regarda une jeune femme et dit à la première : " C'est votre fille ! Elle aussi est médecin ! Elle était encore bébé en ces jours-là. "
Tout le monde fut surpris. Swami regarda la jeune femme et lui dit : " Votre mère a fait de grands sacrifices. Vous avez à présent le devoir de prendre soin d'elle. Vous êtes sa vie même, aussi servez-la ; vous avez le devoir de la rendre heureuse. Veillez à ce qu'elle ne verse jamais de larmes. C'est votre devoir ! "
Bhâgavan matérialisa une paire de boucles d'oreilles pour cette jeune femme et une chaînette pour sa mère et puis Il leur donna Sa bénédiction. A l'assemblée des médecins, Il dit : " Puissiez-vous vivre une vie longue, saine et sereine " et Il fit distribuer du prasadam à tout le monde, avant de consentir à ce que l'on prenne une photo de groupe.

Fin novembre 2002
Le 29 novembre, un événement très important pour moi eut lieu et je désire vivement en partager le souvenir avec vous. A cette date était fixée l'inauguration d'un hôpital que Bhâgavan avait fait construire, pour une somme de dix millions de roupies (environ 250.000 €) à Alike, à environ une heure et demie de route de Mangalore, dans l'Etat du Karnataka. Comme tout était prêt, une délégation vint inviter Bhâgavan à l'inaugurer. Les médecins étaient prêts à entrer en service. Swami dit : " Je suis trop occupé ici avec les fidèles. Je vous envoie Anil Kumar pour cette inauguration. "
Je me rendis donc là-bas pour inaugurer l'hôpital au nom de Bhâgavan Sri Sathya Sai Baba. L'accueil, l'hospitalité, l'attention, la courtoisie que l'on m'y réserva était de la même qualité que si Bhâgavan en personne eut été présent. Je fis le voyage en avion jusqu'à Mangalore et de là en voiture jusqu'à Alike. Tout le long de la route, j'ai vu des gens pauvres et riches, érudits ou illettrés, joindre les mains en saluant par un " Sai Râm ! ". Je sus plus tard qu'ils saluent tout le monde de cette façon. Arrivé à Alike, je visitai les lieux : il y a cinq édifices réservés à l'éducation, construits en différents points de colline. La propriété s'étend sur 200 acres (environ 81 ha.) Il faut se déplacer en voiture pour visiter les bâtiments. Tout est si vaste ! Et la guest-house (maison d'accueil pour les visiteurs) se trouve au sommet d'une colline voisine. De là, on voit des vallées, des terrains de jeux et de sports et les édifices du collège plongés dans la végétation.
Certaines personnes vinrent me servir mon café matinal. Il n'était pas vraiment chaud, comme je l'aime ; aussi en pris-je une seule gorgée et le laissai sur la table. Après dix minute, un autre homme vint m'apporter un café bien chaud. Je le bus et m'informai auprès des étudiants : " Qui sont ces deux hommes ? " Ils me répondirent : " L'un est le directeur du Collège et l'autre est le responsable du pensionnat. Ils ont chacun deux doctorats universitaires.
Mes amis, Alike est un lieu où tous les membres du collège sont brahmâcharis - célibataires, renonçants, comme les moines d'un monastère. Ils s'habillent d'une longue tunique, comme les habitants du Tamil Nadu. Il est bien difficile de distinguer qui a un doctorat universitaire et qui est simple intendant. Ils sont tous extrêmement simples.
Après cela, ils m'emmenèrent visiter le Collège. Magnifique ! Tous les élèves saluaient d'un " Sai Râm, monsieur, Sai Râm ! " Ils récitent tous les Védas, jouent de la musique et chantent des bhajans. J'assistai à leurs bhajans et je parlai avec les enfants. Ces sortes de moines que sont les professeurs me firent voir le lieu où ils vivent. Une cellule minuscule. Un gros homme ne peut pas y entrer. Pour lit ils possèdent une carpette jetée sur le sol et un oreiller, c'est tout.
Depuis mon retour de ce lieu, je n'arrête pas d'en parler. Swami me demanda : " Allons Anil Kumar, raconte. Comment as-tu apprécié le lieu ? "
- (A.K.) " Swami, c'est un camp spirituel d'immense valeur éducative ; je n'y suis pas allé pour un pique nique ni pour un week-end touristique. Ce lieu est illuminant ; j'y ai fait une expérience vibrante et extraordinaire. "
- (Baba) " C'est la raison pour laquelle je t'y ai envoyé. "
Je Lui ai montré les photos. L'hôpital est également construit au sommet d'une colline. C'est un petit édifice avec allées fleuries et des médecins très qualifiés. Un jour, un fidèle brahmâcharya, un renonçant qui avait l'habitude de fréquenter Prashanti Nilayam en tant que sevadal, fut inspiré par la Divinité de Bhâgavan et offrit 200 acres de terrain en donation à Sri Sathya Sai Baba, où ont été bâtis ces édifices du collège d'Alike. Les personnes des alentours ont également été inspirées par le caractère exemplaire de cette institution, et actuellement, la zone abonde de centres d'éducation.

Merci à vous tous. Puisse Bhâgavan vous bénir.