LES PERLES DE SAGESSE DE SAI

NO. 5

ANIL KUMAR

26 novembre 2002



Mes hommages à Swami !

Le 7 novembre 2002. Que dit Bhâgavan ? Swami était assis là, dans Son fauteuil et Il appela auprès de Lui un garçon qui se trouvait très loin derrière les autres. C'était un étudiant de la section MBA (master in Business Administration) de Hyderabad. Il lui demanda : " Qu'as-tu l'intention de faire, après avoir complété tes études ? "
- (Etudiant) " Oh, Swami, je voudrais rester à Vos pieds ! "
- (Baba) " Même maintenant, tu es assis loin de Moi. Et après tes études, tu voudrais rester avec Moi ? Tu restes à distance de Moi déjà maintenant ; comment puis-Je croire que tu désires rester ici ? Non, non, non ! Je connais plusieurs jeunes gens qui parlent ainsi. " Voilà ce que Swami dit.
A propos de cet épisode, ce que je voudrais partager avec vous, c'est ceci : aussi longtemps que nous sommes à proximité physique de Swami, nous devrions en tirer le plus grand avantage possible. Les gens pensent : " Comme j'ai eu le darshan du matin, je peux me passer de celui de l'après-midi. " Nous ne devrions pas avoir cet esprit de négligence. Nous ne devrions pas relâcher la tension ni considérer les choses comme naturelles, simplement parce que nous sommes proches de Lui. Qui sait si nous aurons encore cette chance dans le futur ? C'est cela que Swami voulait faire comprendre, lorsqu'Il dit : " Même en étant ici, tu restes à distance de Swami ! Comment peux-tu envisager de rester près de Lui après tes études ? " C'est ainsi que j'ai interprété ce que disait Bhâgavan.
Ensuite, Swami posa une autre question : " Quel était le sujet de la causerie tenue ce matin au collège ? "
- (Etudiant) " Nous avons eu la visite d'un agent d'une compagnie d'assurances ; Il nous a entretenu sur le sujet des assurances, Swami ! "
- (Baba) " Oh-oh ! La vie est incertaine ; alors, pourquoi penser aux assurances ? La vie n'est pas garantie. Puisqu'elle est si peu sûre, comment penser à s'assurer sur la vie ? " Tout le monde rit.

10 novembre 2002
Je voudrais vous raconter ce qui arriva le 10 novembre. Swami passait près des étudiants et Il regarda un garçon assis en première ligne.
- (Baba) " D'où viens-tu, mon garçon ? "
- (Etudiant) " Swami, nous venons tous de Bangalore ! " Il voulait dire du campus de Brindavan (Whitefield)
- (Baba) " Des étudiants de Bangalore ? Alors allez à Bangalore ! " (rires) Un étudiant plus vif répondit : " Pardon, Swami, nous sommes des étudiants de Baba "
- (Baba) " Ah ! Dans ce cas, restez ici ! " (rires)

20 novembre 2002
Dans l'après-midi, Bhâgavan était assis dans Son fauteuil et dit soudain : " Hum ! Tout le monde a reçu des vêtements, mais vous avez oublié un groupe qui n'en a pas eu. Anil Kumar, le sais-tu ? "
- (A.K.) " Je ne sais pas, Swami. Je sais seulement que j'ai reçu des vêtements et j'en suis content. "
Baba distribuait des vêtements à tout un chacun. Comment pouvais-je savoir qui en avait reçu et qui n'en avait pas. Je répondis donc : " Swami, comme j'en ai reçu moi-même, je ne pense pas aux autres ! "
- (Baba) " Tchi ! Tu es égoïste ! " Puis Il continua : " Vous savez que nous avons un orphelinat. Aux enfants, J'ai donné sept complets (chemise et culotte courte) en quatre mois. Ils ont reçu des vêtements, mais Je devrais donner des saris à leurs mères. Allons, va chercher un sari dans la réserve. " Il y a là des montagnes de saris. Je devais en choisir un. Par pure folie, je pris un sari de coton.
- (Baba) " Non ! Pas ces saris ordinaires ! "
- (A.K.) " Devraient-elles se mettre des saris en soie ? D'accord, Swami ! "
- (Baba) " Swami n'oublie jamais personne. Vous M'oubliez peut-être, mais Je ne vous oublie pas ! "
- (A.K.) " Swami, faut-il pour ces pauvres mères des saris en soie ? "
- (Baba) " Pourquoi pas ? Ces femmes n'ont jamais eu de saris en soie. Elles proviennent de familles très pauvres. Puisque leurs enfants sont ici, laissons-les célébrer l'Anniversaire en toute allégresse. "

25 novembre 2002
Vous être grandement fortunés d'avoir eu le privilège d'entendre les dernières conversations de Baba, celle d'aujourd'hui et celle d'hier.
Hier, à une heure de l'après-midi, je reçus un message, me priant de me présenter immédiatement au mandir, à une heure de l'après-midi ! Bon ! Je courus au temple : tout était déjà en place pour un discours de Bhâgavan. Le discours était adressé à des enseignants de Zambie et de Thaïlande ; quelques-uns sont des Philippines et même des îles Fidji. Ils représentent 33 pays, mais la majorité d'entre eux viennent des deux pays cités plus haut. Ces enseignants sont venus ici pour recevoir leur diplôme. Vous avez certainement vu que, le 20 novembre, Bhâgavan a distribué des diplômes à tous ces enseignants. Je vous communique les grandes lignes de ce discours.
Le sujet traitait du programme " Educare ". Bhâgavan posa cette question : " Qu'est-ce que l'instruction ? Qu'est-ce que l'educare ? L'instruction est physique, elle concerne les objets, la matière, ce que l'on perçoit par les cinq sens. L'instruction est séculière, elle transmet des connaissances du monde physique, elle confère une information livresque. L'instruction traite de tout ce qui concerne le monde des sens, nos cinq sens de connaissance et nos cinq sens d'action, elle transmet des notions géographiques et tout le reste. L'instruction est totalement extérieure, objective et se réfère au cerveau. Les informations sont amassées dans la tête ; toutes ces connaissances matérielles, séculières, physiques, mondaines, sont enregistrées dans la tête, comme dans un ordinateur.
L'éducation ou educare est totalement différente. Elle est spirituelle. C'est un processus qui concerne le développement et le progrès intérieur de l'être. L'éducation est intuitive, elle concerne la transformation. Ce programme educare est fondamental, car il mène à la réalisation. Il traite des aspects immatériels des valeurs de la vie. La Vérité n'a pas de forme, l'Amour n'a pas de forme, le Sacrifice n'a pas de forme, la Paix n'a pas de forme, la Droiture n'a pas de forme. Les valeurs de la vie sont dépourvues de forme et sont intérieures. Ainsi, l'educare éveille et fait que se manifeste tout ce que nous avons dans notre cœur. Il constitue la base fondamentale de la vie. Et cet educare intérieur, hautement spirituel, nous porte secours pour la réalisation. Ainsi, l'instruction regarde l'information et l'éducation educare concerne la réalisation, elle met en œuvre une transformation de l'être. " Voici en substance ce que Bhâgavan disait, faisant une magnifique différence entre l'instruction ordinaire et l'éducation véritable selon le programme educare. L'instruction est relative à la tête et l'educare au cœur.
Ensuite, Bhâgavan leur raconta une histoire tirée de la littérature épique. Il y avait une fois un roi nommé Dushyanta. Il avait un fils appelé Bharata. Bhâgavan fit remarquer la différence entre ces deux personnalités. Le père, le roi, avait obtenu dans la cité tous les types d'instruction, mais il n'avait pas de caractère. En revanche, son fils Bharata était éduqué dans un ashram de la forêt ; sa mère Shakuntala l'y avait conduit. Elle éduquait son fils dans la forêt, sous la tutelle du sage Kanva Maharishi, qui la considérait comme sa propre fille. Le roi restait dans la cité et gouvernait son royaume. Le jeune Bharata, éduqué dans une atmosphère de respect des valeurs, était un garçon décidé. C'est ce que Bhâgavan raconta. Il fit ensuite une remarque très importante. On Lui demanda ceci :
- (Enseignant) " Swami, l'instruction et l'educare sont-ils contradictoires ? Sont-ils situés à des pôles opposés ? "
- (Baba) " Non ! Ce ne sont pas des pôles opposés. L'educare est le fondement sur lequel l'instruction est bâtie. L'instruction est une demeure de vie ; elle persiste à condition que l'éducation à la base soit solide. Sans educare, les fondations, le bâtiment de l'instruction croulera. Donc, ces deux aspects sont complémentaires et servent de support mutuel. Il n'y a aucune contradiction entre eux. " Voilà ce que déclarait Bhâgavan. Il développa le sujet de cette façon. J'ai dit encore aujourd'hui : " Swami, j'ai beaucoup apprécié ce discours. "
Bhâgavan donna un autre exemple magnifique. Au début de votre scolarisation, vous apprenez les lettres de l'alphabet : a-b-c-d. Après avoir appris les lettres, vous apprenez à former des mots : c-h-a-t, chat ; r-a-t, rat, etc. D'abord les lettres et ensuite les mots. Après avoir appris des mots, vous construisez des phrases : c'est un chat, c'est un rat ... Ainsi, les phrases sont constituées de mots et les mots de lettres. Sans lettres, il n'y a pas de mots et sans mots pas de phrases. Donc, les lettres a-b-c-d... sont la base, l'educare ; l'instruction est comme la formation des mots et des phrases. C'est ce qu'a dit Bhâgavan. Et finalement, Il a conclut : " Vous n'êtes pas un être unique, mais trois ; celui que vous pensez être, celui que les autres pensent que vous êtes et celui que vous êtes réellement. Celui que vous êtes réellement est l'état des lettres de l'alphabet. Celui que les autres pensent que vous êtes est l'état des mots et celui que vous pensez être est celui de la phrase. Les trois niveaux sont présents en vous. " Excellent exemple !
Après cela, Bhâgavan dit à ces personnes : " Enseignants, aimez vos élèves ! Ayez confiance en vous-mêmes ; la dignité est essentielle. Développez votre foi en Dieu. Regardez vos élèves à travers une ferme foi en Dieu ; ceci est très nécessaire, car là où existe la foi, l'amour s'exprime; là où existe l'amour, la paix règne ; là où existe la paix, la vérité demeure ; là où existe la vérité, on trouve Dieu. Ainsi, tout commence par la foi. Veillez à ne pas perdre votre foi ; soyez plutôt prêts à perdre la vie, mais ne perdez la foi sous aucun prétexte. "
Bhâgavan dit encore ceci : " La confiance en soi constitue les fondations sur lesquelles s'appuient les murs de la satisfaction du Soi. Sur eux est fixé le toit du sacrifice de soi et la réalisation du Soi est la vie dans la maison. "
Tout à coup, Bhâgavan s'interrompit et demanda aux enseignants : " Me suivez-vous ? Vous ne comprenez pas Mes paroles ? " Ils se regardèrent les uns les autres. Je compris qu'en effet, ils ne suivaient pas. Je dis : " Swami, ils viennent de Thaïlande. Leur langue est le thaï, ils ne connaissent pas l'anglais. Ils se contentent d'avoir le Darshan de Baba, sans comprendre le discours. " Alors Swami dit à Jumsai " Traduits ". Jumsai eut donc à traduire ces différents points pour l'assemblée des enseignants. Il traduisit en thaï chaque petite question de Swami : " Qu'étudiez-vous ? A quelles classes enseignez-vous ? " L'atmosphère était très allègre.
Ensuite, Bhâgavan fixa un enseignant en particulier et lui demanda : " Que désires-tu ? "
- (Enseignant) " Une chaînette, Swami ! "
- (Baba) " Oh ! Une chaînette ! Voilà ! " Il matérialisa une chaînette pour lui et la lui donna. Il demanda à un autre enseignant : " Que désires-tu ? "
- (Enseignant) " Une bague, Swami ! "
- (Baba) " Viens ici ! " et Il matérialisa une bague pour ce garçon. A un autre jeune homme de Zambie, Baba demanda : " Qu'est-ce que l'immortalité ? "
- (Zambien) " Par la destruction de l'immoralité, on gagne l'immortalité. "
- (Baba) " Bonne réponse ! " Il matérialisa une bague pour ce garçon. Il regarda ensuite une femme et lui demanda : " Quelle est votre fonction ? "
- (Femme) " Je suis présidente du centre Saï pour l'Education aux Valeurs Humaines, Swami. "
- (Baba) " Etes-vous mariée ? "
- (Femme) " Il y a longtemps, Swami. "
- (Baba) " Avez-vous des enfants ? "
- (Femme) " J'en ai trois, Swami. "
- (Baba) " Oh ! Très bien ! Vous accomplissez un bon travail. Voici ! " Il matérialisa une chaînette pour elle. Ensuite, une jeune fille Zambienne commença à tirer le cou. Swami l'appela et lui matérialisa de la vibhuti. Il circulait sereinement parmi eux. Je lui dis : " Swami ? " - " Qu'y a-t-il ? " - " Je dois Vous dire une chose ultra secrète. J'ai dit à Jumsai de demander à Bhâgavan une photo de groupe ! " Se tournant vers eux, Baba dit " venez, venez " Il posa avec eux pour une longue série de photos. Ils étaient ravis.
Enfin, dans Son immense compassion, Swami leur dit : " Je vous donnerai du prasadam " Il distribua à tous des bonbons et des photos. Tout ceci eut lieu le 25 novembre 2002.

26 novembre 2002
Chers frères et sœurs, il y a une heure à peine, Bhâgavan s'est entretenu avec nous pendant une heure et demie. Je vous communique à présent ce qu'Il a dit. C'est une nouvelle de dernière minute, qui porte donc la date du 26 novembre 2002. Bhâgavan nous a parlé de choses diverses que je voudrais vous résumer dans la mesure du possible.
Pourquoi éprouvons-nous tristesse et affliction ?
Bhâgavan répondit : " La responsable de votre tristesse est votre imagination. Ce sont vos illusions mentales qui en sont la cause. Si vous ne suiviez pas votre imagination, si vous ne cultiviez pas d'illusions, vous ne connaîtriez pas l'affliction. Si vous êtes libres de toute bhrama - illusion -, vous pouvez faire l'expérience de Brahman - Dieu -. Si vous faites l'expérience de Brahman - le Divin - vous ne serez pas emportés par les illusions ni les désillusions - bhrama -. Donc, la raison de notre affliction est à imputer exclusivement à notre propre illusion ou erreur d'identité, ou encore à notre imagination.
- (A.K.) " Bhâgavan, voulez-Vous nous parler de bhrama ? "
- (Baba) " Bhrama, l'illusion est multiforme, mais Brahman - Dieu - est unique. Si vous entrez dans la connaissance de ce Dieu unique, vous devenez intérieurement lisses, calmes, sereins et impassibles. " Bhâgavan donna quelques exemples à ce sujet " Dans une salle de cinéma, il y a un écran blanc sur lequel des films sont projetés. Les films sont nombreux ; certains nous font pleurer, d'autres nous font danser, mais cet écran ne pleure ni ne danse jamais ; il ne change pas. Par contre, les films défilent l'un après l'autre. Ainsi, Brahman est l'écran, permanent, immuable, éternel, immaculé, immortel, doux comme le nectar, absolument pur ; en revanche, les films projetés sur Lui sont changeants, temporaires, éphémères. Ils appartiennent au monde et sont donc passagers. " Ceci est un exemple.
Bhâgavan donna encore un autre exemple. " Voyez, en littérature anglaise, il existe une masse de livres ; certains livres peuvent avoir cinq cents pages, d'autres mille pages ; ils contiennent des milliers de phrases et pourtant, les lettres de l'alphabet par lesquelles ils sont écrits sont au nombre de 26 ! De ces 26 petites lettres, ont écrit des volumes innombrables. De la même façon, Brahman est unique et les pensées, les attitudes, l'imagination, les illusions sont très nombreuses. Une fois connu ce Brahman fondamental, vous ne serez plus affectés par le reste, vous serez pleins de joie et vous vivrez dans la béatitude. "
Bhâgavan donna un troisième exemple. " L'état dans lequel je suis à présent est appelé jâgrata - veille -. Je m'endors et fais un rêve ; c'est un état appelé svapna - état de rêve - et lorsque je dors profondément sans rêver, je suis dans un état appelé sushupti. En jâgrata, je suis présent ici ; en svapna, je suis en quelque lieu et en sushupti, je continue à exister. Je ne change pas, mais les trois états ou trois formes de conscience, les trois expériences sont différentes. Mon expérience en état de veille est totalement différente de celle de mon état de rêve et celle-ci est radicalement différente de celle du sommeil profond, où il n'y a plus d'expérience. Pourtant, je continue à exister dans les trois états. Ce " Je " est Brahman - le Divin -. Les trois états sont différents, comme les niveaux de conscience varient, mais mon existence persiste à travers les trois. Cela est Brahman. " Voilà le troisième exemple que Swami nous donna cet après-midi.

- (A.K.) " Bhâgavan, si la Vérité est Une, pourquoi existe-t-il tant de religions ? Vous dites que Brahman est unique et que tout le reste est imagination. Je le comprends, mais je me demande pourquoi il y a tant de religions différentes. "
- (Baba) " Voici un petit exemple. La pluie est unique, mais les rivières, affluents et fleuves sont semblables aux différentes religions. La Vérité est une. "
- (A.K.) " Swami, quelle est la cause de cette variété de religions ? Les idéologies sont-elles différentes, ou sommes-nous différents quant aux pratiques ? La responsabilité des différences dans les religions est-elle imputable aux idéologies ou aux pratiques ? "
- (Baba) " Votre pratique est à la base de votre idéologie et celle-ci est le fondement de la religion. Ainsi, la variété de nos pratiques mène aux différences d'idéologies qui aboutissent à la création de religions. Mais la Vérité est une, comme la pluie est unique, bien que les lacs et les fleuves soient multiples. "
C'est le merveilleux exemple que nous donna Bhâgavan.
Ensuite, Bhâgavan donna une illustration de ceci, tirée de l'histoire indienne. Il y avait une fois un très grand roi, nommé Vikramâditya. Il convoqua une conférence d'érudits ; plusieurs experts se présentèrent à la cour. Le roi leur posa la question suivante : " ô nobles érudits, dites-moi lequel, à votre avis, est le plus important : l'intelligence ou l'intellect ? "
Bhâgavan expliqua clairement : " L'intelligence est la qualité du mental ; l'intellect est supérieur au mental ; aussi, votre prétendue intelligence qui est le mental est-elle inférieure à l'intellect, appelé buddhi. "
- (A.K.) " Swami, pourquoi dites-Vous cela ? Pourquoi dites-Vous que l'intellect est supérieur au mental ? "
- (Baba) " Le mental est dualiste, il est hésitant ; l'intellect, en revanche, décide et juge, il est unidirectionnel. L'intellect ne chancelle jamais, alors que le mental connaît des hauts et des bas continus ; c'est pourquoi l'intellect est supérieur à l'intelligence, car il est doté de discernement et de jugement. "
Venait ensuite une autre question posée par le roi à ses érudits : " Nous avons sraddhâ - sincérité, fermeté et viveka - sagesse, discernement -. Laquelle de ces vertus est-elle supérieure à l'autre ? " Les érudits répondirent unanimement : " Viveka est supérieur à sraddhâ. ", mais le roi Vikramâditya dit : " C'est faux ! Sraddhâ est supérieure. Pourquoi ? Parce que, si vous êtes sincères, vous n'avez jamais aucune hésitation. Le discernement sépare et distingue, il cherche à différencier, tandis que la sincérité ne fait pas de différences ; la sincérité est décidée et centrée sur un but unique. Sraddhâ est donc supérieure à viveka ".
- (A.K.) " Bhâgavan, merci ; Vous nous dites beaucoup de choses, que l'intellect est supérieur à l'intelligence ; que la fermeté sincère est supérieure au discernement. C'est très bien, mais comment se fait-il que mon état de conscience ne soit pas permanent ? La conscience est claire à certaines occasions, en différentes périodes, en diverses conditions, mais elle n'est pas continue pour la plupart d'entre nous. Si je vois Baba, je suis conscient ; lorsque je suis assis en méditation, ma conscience est claire ; si je parle de Baba, ma conscience est totale. Mais pour le reste du temps, je suis dans un état d'inconscience complète ! Pourquoi cette conscience ne reste-t-elle pas éveillée constamment ?
- (Baba) " Le simple fait que tu poses cette question est la cause de la non-continuité de ta conscience. Lorsqu'il n'existe aucun doute, la conscience est là et persiste. Il faudrait donc rejeter immédiatement les doutes ".

- (A.K.) " Swami, nous pensons aux célébrations de l'Anniversaire. A présent, elles sont passées. Il me semble qu'elles soient passées avant même de commencer ; tout s'est déroulé si rapidement ! "
- (Baba) " La vie est une célébration, la vie est pleine de festivités et de gaieté. Dans votre cas aussi, pas seulement dans le Mien. Pour vous aussi, la vie peut être pleine de rires, d'humour, d'allégresse et de célébrations. "
- (A.K.) " Non, Swami, je suis navré, mais ma vie n'est pas pleine de festivités. Non ! Il se peut que lundi soit une festivité, mais mardi sera silencieux et mercredi sera triste. Dans notre cas, la vie ne semble pas être une célébration continue. Dans Votre cas, elle est pleine de joie et de béatitude, pleine de festivités, mais pas pour ce qui nous concerne. "
- (Baba) " Ma vie est Mon message. Je désire que vous suiviez le Maître. Suivez-Moi. "
- (A.K.) " C'est très juste, Swami, mais pourquoi ne sommes-nous pas capables de Vous suivre ? Vous dites que nous devrions suivre Votre exemple. Je suis d'accord, mais pourquoi ne sommes-nous pas en mesure de le faire ? Je voudrais le savoir. "
- (Baba) " Egoïsme ! C'est votre égoïsme qui rend votre vie si lourde, si sérieuse, si encombrante et tragique ! Si vous renoncez à votre égoïsme, elle deviendra pleine de festivités, de danses, de musique et d'extase. "
- (A.K.) " Oui Swami ! Vais-je apprendre à célébrer ma vie ? Apprendrai-je à partir de ce jour comment faire de ma vie une célébration ? "
- (Baba) " On ne peut pas l'apprendre. Tout ce que l'on apprend finit par être oublié et disparaît ; tout ce que l'on apprend subit des modifications répétées. Non, vous devez le découvrir par vous-mêmes. Découvrez-le ! L'art de se découvrir soi-même vous aidera à faire de votre vie une célébration. On ne peut pas apprendre ni étudier ces choses dans les livres. Vous devez découvrir votre Soi. "
Très bien. On ne l'apprend pas, on ne le lit pas. Mettons-nous à la découverte de notre vrai Soi, comme le meilleur moyen vers la libération, ou vers la célébration de la vie en général.
- (A.K.) " Bhâgavan, nous avons entendu un mot : rajakîvamu (télougou dont l'équivalent sanskrit est râjakârya ) - politique, affaires d'état -. Swami, nous aimerions connaître Votre opinion au sujet de rajakîvamu. "
- (Baba) " Politique ? Tchi, tchi ! Ne parle pas de cela. Elle est râjakavvamu - bataille ou guerre -. La politique n'est rien de plus qu'une bataille. N'en parlons pas ! "
- (A.K.) " Swami, comment rendre pure la politique ? Si les hommes politiques sont corrompus, s'ils sont pollués, comment pouvons-nous créer une démocratie exemplaire ? Comment rendre notre vie politique pure et propre ? On ne voit pas comment, car la politique est impure, sale. Non, non, non ! Je voudrais la rendre pure. Il doit exister une façon de faire de la politique propre. Quelle est-elle, Swami ? "
- (Baba donna ici deux points à respecter) " L'un est nijavati - intégrité, individualité - Cet aspect est nécessaire. L'autre est nîti - moralité -. Si l'on respecte ces deux points, la politique peut être pure et propre. "
- (A.K.) " Swami, j'ai un petit doute "
- (Baba) " Quel est-il ? "
- (A.K.) " Je pensais que nîti et nijavati étaient une seule et même chose. Voudriez-Vous expliquer la différence entre ces deux termes ? "
- (Baba) " Nijavati - intégrité - est purement individuelle, tandis que nîti - moralité - est collective et concerne la communauté. C'est une obligation sociale ; la moralité est essentiellement sociale, tandis que l'intégrité est une question individuelle. Grâce à l'intégrité de l'individu et la moralité sociale, la politique peut être purifiée. On l'appelle alors râjanîti - la politique pure - Il s'agit d'une politique sans pollution, limpide. "
Je posai ensuite une question à Bhâgavan.
- (A.K.) " Swami, vers la fin du Mahabharata, ce grand vieillard qu'était Bhîsmâcharya enseigna au roi Dharmarâja les principes de la politique. Quelle sorte de politique enseignait-il ? Etait-elle pure ou impure ? S'agissait-il de râjakîvamu ou de râjakavvamu ? "
- (Baba) " Il ne s'agissait pas de râjakîvamu, mais de râjanîti ou râjadharma - le code de l'administration de l'Etat, les normes idéales du gouvernement. Il enseigna l'administration politique, la science politique à Dharmarâja, pas une politique de conflits.

- (A.K.) " Swami, dans l'un de Vos discours récents, Vous avez mentionné les termes de satyam, ritam, mahat. Je n'en ai pas saisi la signification. Bien que j'aie fait la traduction simultanée de ce discours, je ne connais toujours pas le sens profond de ce que Vous désiriez transmettre. A présent, nous avons un peu de temps libre. Voulez-Vous nous expliquer un peu plus à ce sujet ? "
Swami, ce Dieu miséricordieux, plein de compassion, commença à expliquer une fois de plus cette idée qu'Il avait transmise au moment de l'Anniversaire. Ceci se réfère à la Taittirîya Upanishad. Il s'agit d'une illustration que Swami élabora à l'occasion de Son message de l'Anniversaire. De quoi s'agit-il ? Il donnait l'exemple d'un oiseau. Celui-ci est pourvu d'un corps, de deux ailes, d'un cou et d'une queue. Dans l'Upanishad, le corps de l'oiseau est appelé mahat ; les deux ailes sont satyam et ritam, respectivement à gauche et à droite. Le cou est sraddhâ - sincérité ou fermeté -. La queue représente le yoga ou discipline spirituelle. Ainsi, le concept spirituel tout entier est expliqué en référence au corps d'un oiseau.
- (A.K.) " Swami, yoga - discipline spirituelle -, sraddhâ - sincérité..., je pense qu'un seul suffit pour obtenir la libération ! Sont-ils les parties du corps de l'oiseau ?
- (Baba) " L'oiseau est unique et ces disciplines sont les diverses parties de son corps. Il y a quatre membres, mais l'oiseau est un. D'une façon similaire, le yoga (la queue de l'oiseau), satyam et ritam (les ailes) ou sraddhâ (le cou), appartiennent au même tout. Ils mènent au même Brahman, au Divin. "
Après cela, le sujet de la conversation se déplaça sur un autre domaine.
- (A.K.) " Swami, nous disons qu'untel est heureux et qu'untel autre ne l'est pas. Certains ont de la chance et d'autres n'en ont pas. Pourriez-Vous nous expliquer ce fait ? "
- (Baba) " Considérez le terme sanskrit adrishtam. On le traduit généralement par " chance, bonne fortune " Si Je vous dis que vous avez adrishtam, cela signifie que vous avez de la chance. Mais le terme adrishtam a un sens bien plus profond. Drishtam signifie " ce qui est vu (de la racine drush ou drish - voir). Donc, a-drishtam signifie invisible. Comment pouvez-vous parler de " fortune " si le terme lui-même vous indique qu'elle est invisible ? "
- (A.K.) " Swami, nous avons toujours identifié adrishtam à " fortune ". L'infortune a-t-elle le même caractère de non-visibilité ? "
- (Baba) " Pourquoi pas ? C'est invisible. Chance ou malchance, bonne ou mauvaise fortune sont impossibles à voir ; l'étymologie du terme a le sens de " ce qui n'est pas perceptible par les sens " ; bonne ou mauvaise que soit une chose, elle est invisible. "
- (A.K.) " Swami, c'est joli à entendre, mais en présence de la bonne ou de la mauvaise fortune, mes réactions existent. Lorsque la chance me bénit, je saute de joie et je pleure si la malchance me touche. Que l'on voie ou non la fortune et l'infortune, mes réactions sont présentes. Comment expliquer cela, Swami ? "
- (Baba) " Ces réactions ne sont qu'acrobaties et jeux du mental. Chance et malchance, rires et larmes, appartiennent exclusivement au jeu du mental. Manas signifie " mental ". L'être doté d'un manas est appelé manishi - homme -. Donc, Swami, qu'allons-nous faire ? Je suis un homme, doté d'un mental, avec toutes les réactions aux situations invisibles ; comment puis-je comprendre ce concept ? "
Si nous manifestons vraiment de la patience, si nous sommes de vrais chercheurs spirituels, de véritables aspirants à la connaissance du Vedânta, Bhâgavan nous donnera des explications profondes et élaborées ; mais il faut que nous montrions un vif intérêt sur le sujet. Voici ce que, par Sa bonté infinie, Il nous expliqua :
- (Baba) " Supposons que tu perdes ton mental... "
- (A.K.) " Swami ! Perdre mon mental ! "
- (Baba) " Oui, perdre ton mental ! "
- (A.K.) " Comment le puis-je ? Je deviendrais dément. "
- (Baba) " Non, non, non ! Perdre ton mental signifie n'avoir plus de pensées. Libère-toi de tes pensées, de tes désirs ; ainsi le mental n'existe plus. Si le mental n'existe pas, les réactions sont nulles et si tu n'as pas de réactions, tu ne connais plus ni rires ni pleurs. Ceci est le sens véritable du terme adrishtam qui est habituellement interprété faussement comme chance ou bonne fortune. "
C'était une grande révélation pour toute l'assemblée, en cet après-midi là.
Ensuite, je dis :
- (A.K.) " Swami, cet après-midi nous avons appris beaucoup de choses, nous avons entendu plusieurs choses précieuses. Je Vous en suis très reconnaissant. "
- (Baba, sur un ton sarcastique) " Quel intérêt trouves-tu à savoir ces choses ? "
- (A.K.) " Swami, à présent je sais que je ne sais rien ! Jusqu'à présent, je pensais savoir. Mais après Vous avoir écouté, je me rends compte de ne rien savoir. Sans Vos explications, je me serais noyé dans une parfaite ignorance. A présent, je sais que je ne sais rien et en suis très heureux. "
Mais notre Bhâgavan fait toujours en sorte d'avoir le dernier mot. Il se tourna vers moi et dit :
- (Baba) " Oh ! Tu sais que tu ne sais pas ! Comment le sais-tu ? "
- (A.K.) " Swami, pitié ! C'est fini, je me rends ! S'il Vous plait, expliquez encore. "
- (Baba) " Que tu dises 'je sais' ou que tu dises 'je ne sais pas', c'est la conscience qui le déclare, n'est-ce pas ! Cet état de conscience se situe au-delà de la connaissance et de l'ignorance, il est le substrat, le fondement. Voici un exemple simple : Il y a de la lumière. Comment pouvez-vous l'affirmer ? Simplement parce que vous voyez. Plus tard, il fait noir ; vous voyez l'obscurité. Or, cette vue, cette vision est-elle lumière ou obscurité ? Dites-le Moi. Donc, la vision réelle n'est ni lumière ni obscurité. Un autre exemple : J'écoute de la musique pop et de la musique classique indienne. Cette écoute est-elle classique ou pop ? Mon audition est-elle d'un certain type ? Non, d'aucun ! De la même façon, Anil Kumar, si tu dis que tu ne sais pas, ton affirmation manifeste un processus de savoir. Je suis heureux que tu saches que tu ne sais pas ! "
Après cela, Swami me demanda :
- (Baba) " Que feras-tu à présent ? "
- (A.K.) " Je pense à tout ce que Vous avez dit. Mon esprit est plein de thalapu -pensées (télougou) "
- (Baba) " Ouvre la porte à thalapu ! " Thalapu est la pensée et thalupu la porte ! Pauvre moi ! J'étais totalement confus. " Swami, que signifie ceci ? "
- (Baba) " Le thalapu - pensée - est dans le mental. Ouvre thalupu - la porte - afin que ces pensées sortent et se convertissent en actes. Les pensées devraient être transformées en actes. Thalapu n'est pas une pensée que l'on conserve en tête, comme dans une garde-robe. Ouvre la porte, convertis ta pensée en action, afin que tu jouisses réellement de la beauté et de la saveur de tout ceci. "
- (A.K.) " Swami, nous entendons que des gens se battent pour des questions linguistiques : " Comme toi et moi parlons des langues différentes, nous allons diviser le territoire selon les langues " disent-ils. Par exemple, là où un groupe de personnes parlent italien, les russes ne peuvent pas vivre et vice versa. Nous sommes séparés en groupes et en gangs, selon le langage. Quelle est la solution ? "
- (Baba) " Pensez à une matière quelconque. Le terme qui lui correspond est immatériel ; voici un exemple : l'eau, en français, s'appelle pâni en hindi, vâri en sanskrit, nîru en télougou, etc. Pourtant, l'eau est toujours de l'eau. Elle reste de l'eau, quel que soit le terme par lequel on la désigne. Ainsi, lorsque vous pensez à l'eau, la langue et le mot sont immatériels. Nous divisons le territoire sur la base des langues parlées, parce que nous oublions l'objet que ces langues désignent. "
Cet après-midi, Bhâgavan donna une interview à des enseignants de Zambie, vous l'aurez certainement remarqué. Swami nous dit ensuite : " Voyez, J'ai parlé dans leur langue maternelle, le swahili. Ils l'ont beaucoup apprécié. "
- (A.K.) " Swami, quel langage Vous est-il inconnu ? Vous les connaissez tous ! "
- (Baba) " C'est vrai ! Aujourd'hui, Je leur ai parlé dans leur propre langage. Ils étaient très heureux. "
Le temps était écoulé. Swami se leva de Son fauteuil et lança un coup d'œil de côté. Il y avait là quatre responsables de l'Université, le Vice-recteur actuel, le Vice-recteur précédent, le Secrétaire et l'Inspecteur. Il les regarda tous les quatre et dit : " Vous quatre, vous ressemblez aux quatre Vedas ! "
Je dis " Swami, je suis le cinquième Véda ! " parce que l'épopée du Mahabharata est appelée " cinquième Véda "
Comme je vous l'ai dit, Swami veut avoir le dernier mot. Il se tourna vers moi et dit : " Cinquième Véda ? Bharat est déjà suffisamment tourmenté par les guerres et les conflits. Les quatre Védas représentent l'unité, tandis que le cinquième Véda est la guerre, le combat et le conflit ". Ainsi, Bhâgavan avait le dernier mot !
Avec ceci, la conversation de cet après-midi se terminait.
Ceci est un bref compte-rendu des conversations de Swami durant le mois de novembre.

Om Sai Ram