LES PERLES DE SAGESSE DE SAI

NO. 3

ANIL KUMAR

20 octobre 2002



Om Sai Râm !
Ceci est notre troisième session des " Perles de Sagesse de Saï ". Par les deux premières sessions, nous avons complété notre résumé des paroles que Bhâgavan Baba échange avec les étudiants et le personnel enseignants sous la véranda ici à Prashanti Nilayam.

9 octobre 2002
Ce jour-là, Swami fit distribuer des crèmes glacées à tous les étudiants. Il appela ensuite quelques garçons et leur demanda : " Avez-vous donné une glace à tout le monde ? "
- (Etudiants) " Oui, Swami ! Tout le monde est servi. "
- (Baba) " Non, trois étudiants n'en ont pas reçu. Vous déclarez être frères et sœurs, mais vous oubliez vos frères ! Les frères oublient, mais la Mère n'oublie jamais personne ! "

Souvent, Swami prend sur Lui des maladies de fidèles. Il expliqua : " J'accepte et assume les maux des fidèles, en réponse à leurs prières. La douleur leur est insupportable et ils prient pour être soulagés. C'est pourquoi, Je prends sur Moi leurs douleurs. "
- (A.K.) " Swami, si le mal est insupportable, Vous souffrez terriblement Vous aussi ! "
- (Baba) " C'est vrai, mais dans Mon cas, le temps de la souffrance est fortement réduit. Vous êtes libérés de la douleur, après une longue période de souffrance et Moi, Je la prends sur Moi et l'abrège radicalement. "
Avant cela, Swami avait pris en interview un élève de l'école primaire qui souffrait d'asthme. Pendant la saison des pluies, les personnes souffrant d'asthme ont des difficultés à respirer. La peine de cet enfant était grande et Swami lui dit : " N'aie pas peur ! " Il prit immédiatement le mal sur Lui et eut une crise d'asthme qui dura deux ou trois minutes et puis cessa. Swami dit aux personnes de Son entourage : " Ne vous inquiétez pas, il n'y aura pas d'autre crise. " Il avait prit le mal de l'enfant sur Lui-même.

16 octobre 2002
Je posais quelques questions à Swami, entre autres celle-ci : " Swami, à toute action correspond une réaction. Donc, je dois affronter les effets, je ne peux pas échapper aux conséquences de mes actes. C'est ce que Vous dites. Mais j'ai un doute, Swami. "
- (Baba) " De quoi s'agit-il ? "
- (A.K.) " Selon l'Advaita, la philosophie de la non-dualité, il n'existe ni agissant ni action ni objet de l'action ; tout est un. Il n'existe pas d'agissant, car la vie est un simple rêve. Comment expliquer la question de l'action et réaction, si l'on n'est pas celui qui agit ? "
- (Baba) " Va à la racine de l'action. Quelle est la cause de l'action ? C'est la pensée. D'où émane la pensée ? Du mental. Donc le mental a créé la pensée qui est la cause de l'action et celle-ci provoque une réaction. Aussi longtemps que l'on œuvre au niveau mental, on ne peut pas être libre du karmaphala - du fruit ou des conséquences de l'action - ; la réaction est inéluctable. Toutefois, l'advaita de Shankara enseigne qu'il faut transcender le mental et se fixer sur l'Atma. "
- (A.K.) " Oh ! Swami, comment transcender le mental ? C'est impossible ! Qu'en serait-il de moi ? "
- (Baba) " Transcender le mental, se situer au-delà du mental est possible. Il suffit de savoir ce qu'est le mental. C'est un amas de pensées. Il est constitué de pensées entre-nouées comme les fils d'un tissu. Si tu tires les fils l'un après l'autre, il n'y a plus de tissu. Transcender le mental signifie être libre de toute pensée ; sans pensée, le mental n'existe pas.
- (A.K.) " Comment faire, Swami ? "
- (Baba) " C'est très simple ! Tourne chacune de tes pensées vers Dieu. Habituellement, tes pensées sont orientées vers le monde. Convertis-les, tourne-les vers Dieu. Une fois que les pensées sont concentrées sur Dieu, ton mental sera plein de divinité, il n'y aura plus de place pour les pensées futiles et profanes ; il ne suscitera plus d'action et donc plus de réaction. "
C'est agréable à entendre, mais plutôt ardu à mettre en pratique ! Je demandai encore : " Swami, comment peut-on exercer la pensée positive ? Lorsqu'une personne me harcèle ou m'insulte, lorsque les gens me blâment, comment puis-je maintenir une attitude mentale positive ? Cela me semble impossible. "
- (Baba) " Si nous pensons que tout ce qui nous arrive est pour notre propre bien, nous avons une pensée positive. Quoi que les gens disent ou fassent contre vous, si vous prenez toute chose comme un don pour votre bien, c'est un excellent exercice de pensée positive. C'est possible si l'on a une grande foi en Dieu.
- (A.K.) " Swami, quelle différence y a t-il entre le mental individuel et le mental cosmique ? "
- (Baba) " Le mental cosmique est Divinité, tandis que le mental individuel est une entité et une identité avec nom et forme. Le mental cosmique est universel, dépourvu de nom et de forme. "
- (A.K.) " Swami, existe-il une relation entre ces deux types de mental ? "
- (Baba) " Une fois que l'individu oublie son identité, lorsqu'il se détache des noms et des formes, il n'est plus un individu, mais entre dans le mental cosmique. Lorsque les noms et les formes sont transcendés, le mental individuel et le mental cosmique sont un et identiques. Prenez par exemple un ballon. L'air autour de ballon est le mental cosmique et l'air à l'intérieur du ballon est le mental individuel. Si le ballon éclate, l'air de l'intérieur se fond avec l'air de l'extérieur et devient un seul air. C'est cela le mental cosmique. Il n'y a aucune différence entre les deux, si ce n'est que le mental individuel est limité par un nom et une forme. "
- (A.K.) " Swami, quel est le but de l'existence ? "
- (Baba) " Le but de l'existence consiste à réaliser l'unité avec Dieu, à savoir que vous êtes Dieu. Aussi longtemps que vous pensez être différents de Dieu, vous êtes encore en chemin. "

18 octobre 2002
Par un lapsus linguae, je dis : " Swami, les journaux reportent des faits violents qui se déroulent dans le Nord du pays. Tant de personnes ont été tuées là-bas ! " Swami me répondit : " Tu es toujours friand de nouvelles ! Que sont les " nouvelles ", sinon des " nuisances " ? Parles-tu des actes de violence dans le monde ? Beh ! Il n'y a rien de grand à tuer les gens. Les cobras, les lions, les tigres peuvent en faire autant. La grandeur réside dans l'aide et le service aux autres, la noblesse consiste à rendre les autres heureux. "
Bhâgavan fit encore une autre affirmation. Je voudrais d'abord ouvrir une parenthèse. Il faut reconnaître que plusieurs étrangers en savent plus long sur les textes tels que les puranas, la Bhâgavadgîta, la Tripura Rahasyam, etc. Beaucoup d'Indiens n'ont pas lu ces textes, je suis navré de le dire. La famille Saï est aujourd'hui dans une condition telle que les distances ne comptent absolument plus. Par exemple, un groupe d'Argentins connaissaient tous ces textes.
Il s'agit ici d'une illustration tirée du Mahabharata, le fait que la naissance de Karna n'avait pas été annoncée publiquement. Pourquoi ? Parce que la reine Kunti avait eu cet enfant du dieu Soleil, avant qu'elle ne soit mariée avec le roi Pandu, et comme cette circonstance aurait jeté un voile de honte sur la réputation de la famille, elle abandonna l'enfant qui fut recueilli et élevé par le chef d'une tribut de basse caste. Plus tard, pendant la guerre du Mahabharata, les Pandavas étaient prêts à tuer tous leurs ennemis. Karna était devenu le chef du camp adverse. Kunti s'approcha de lui et lui dit : " Les Pandavas sont tes frères ; ne les tue pas ! " Karna s'en prit à sa mère et lui dit : " Pourquoi ne m'as-tu pas annoncé ce lien de sang avant la bataille ? A présent, c'est trop tard.! Je ne manquerai pas de loyauté envers mon roi. Je ne toucherai pas à quatre des cinq frères, mais je veux tuer Arjuna, car il est mon ennemi. "
Lorsque Bhâgavan raconta cet épisode, je Lui demandai : " Swami, était-il correct de la part de Kunti d'avoir caché la vérité aux yeux de ces cinq fils Pandavas, sur l'existence de leur frère aîné Karna ? "
Bhâgavan est vraiment sublime ; Il n'humilie jamais aucun personnage des récits. Il dit : " Kunti avait raison ; elle ne pouvait pas révéler l'existence de son premier fils, en raison du prestige de la famille. Elle avait eu cet enfant avant d'être mariée et si cette circonstance avait été sue, la famille royale aurait perdu tout prestige et serait devenue très basse aux yeux du peuple. " Il ajouta : " A cette époque, il n 'y avait pas de peine capitale. La punition consistait à avoir la tête rasée et à être rejeté au-delà des frontières du pays. "
Peu après, Swami fit référence à deux autres personnages du Mahabharata, Bhismâcharya et Drônâcharya. Acharya signifie " instructeur ". Bhîsma était un instructeur véritable, car il pratiquait ce qu'il enseignait. En revanche, Drôna était un acharya seulement de nom, car il ne pratiquait pas ce qu'il prêchait.
Bhâgavan parla encore du Râmayana. Il y avait un être, Parasurâma, qui avait fait le vœu de tuer tous les Kshatriyas - les guerriers -. Il tua tout le monde, mais deux rois guerriers eurent la vie sauve : l'un était Dasaratha et l'autre Janaka. Dasaratha devint le père de Râma et Janaka celui de Sîta.
Je demandai à Bhâgavan : " Swami, comment purent-ils échapper au massacre ? " Bhâgavan répondit : " C'est très simple. Les gens respectaient certaines normes ; l'une d'elles stipulait que l'on ne pouvait pas tuer un homme à peine marié. Dasaratha eut trois femmes, qu'il épousa l'une après l'autre. Ainsi, lorsque quelqu'un était sur le point de le tuer, il pouvait toujours déclarer être jeune marié ! Janaka eut également la vie sauve, car les normes prévoyaient de ne pas tuer un homme accomplissant des yagnas. Janaka passait la vie à accomplir des yagnas. Leur vie fut sauvée pour qu'ils deviennent les pères de Râma et Sîta, afin de servir le grand jeu divin. "

19 octobre 2002
Bhâgavan parlait aux professeurs. Les étudiants ont l'habitude de monter une pièce de théâtre pour le jour de la Convocation des Instituts Sri Sathya Sai, le 22 novembre de chaque année. Swami demanda d'un ton anodin : " Quelle pièce avez-vous l'intention de mettre en scène ? "
- (Etudiant) " Une pièce au sujet des différentes religions, Swami. "
- (Baba) " Je vois ! (se tournant vers un autre étudiant) Quelle pièce préparez-vous ? "
- (L'autre étudiant) " Swami, il y a tant de violence dans le monde ; nous montrons dans la pièce ce qu'est l'amour, ce qu'est l'unité. "
- (Baba) " Ecoutez ! Je ne veux pas que vous critiquiez les autres religions. Je ne veux pas que vous fassiez le procès aux autres pays. Je ne veux pas que vous fassiez une exposition des différences, ni que vous projetiez rien de négatif. Ne projetez jamais aucune négativité sur le public. Non, focalisez votre attention sur les choses positives. Je vous ai toujours dis qu'il n'existe qu'une seule caste, celle de l'Humanité, qu'il n'existe qu'une seule religion, celle de l'Amour. Je désire que vous épanouissiez la paix, avec cet amour. Ne parlez pas de religions, de castes, de différences d'opinion, de violence, etc. Je ne veux pas cela. "
Puis Swami ajouta : " Dans cet Institut d'Education Sri Sathya Sai, vous devriez l'avoir compris à présent, le but de l'éducation, la philosophie à la base du système éducatif consiste en cette affirmation : L'Amour est Dieu, vivez dans l'Amour. Nos étudiants devraient le savoir et le pratiquer. Notre institution n'a aucun autre but. Les étudiants devraient projeter cet Amour dans leur pièce de théâtre. Pas de violence, pas de discussions stériles. "

21 octobre 2002
Bhâgavan demanda à deux jeunes gens de prendre la parole en public. L'un, nommé Srirâm Parsirâm, avait étudié chimie dans notre Institut et revenait à présent d'un séjour en Californie, où il avait fait un stage en Administration des Hôpitaux. Il dit : " Un morceau de charbon est transformé en diamant par l'attouchement de Bhâgavan. Nous, les étudiants, nous sommes semblables à des morceaux de charbon, totalement sans valeur ; mais grâce à Swami, nous sommes transformés en diamants précieux. "
Il fit ensuite une considération : " Voyez, les jeunes élèves de l'école primaire sont capables de parler sans aucune crainte. Vous l'aurez remarqué le dimanche. Lorsque Swami en invite un à parler à haute voix, plusieurs compagnons se mettent en file pour avoir eux aussi l'occasion de s'adresser à l'assemblée, sans aucune peur. Si Swami demande aux grands de parler, ils hésitent et se mettent à trembler, en pensant aux réactions de l'auditoire. Les petits n'ont absolument aucune crainte. Pourquoi ces enfants de l'école primaire sont-ils toujours prêts à prendre la parole, à n'importe quel moment ? Parce qu'ils sont innocents et l'innocence est divine. Grâce à leur innocence, leur amour pour Bhâgavan est total et sans condition. Grâce à leur amour, ils réussissent à cent pour cent tout ce qu'ils entreprennent. "
L'innocence nous conduit donc à l'amour et l'amour nous permet de réussir ce que l'on entreprend. Par contre, les grands ont de l'ego et s'ils sont invités à parler en public, ils se demandent avec angoisse combien d'applaudissements leur causerie récoltera. Avec l'âge, notre ego se développe et cet ego provoque en nous un sentiment de crainte ; la crainte conduit à la faillite.
L'autre jeune homme, Arun Kumar, fit des études d'ingénieur en technologie dans une institution prestigieuse ; il prépara ensuite une licence en administration des affaires dans notre Institut et il travaille actuellement à la radio " Global Harmony ". Ce garçon mentionna des expériences. Il raconta qu'il se trouvait dans un train roulant à grande allure. Un ivrogne se trouvait dans le compartiment et commença à parler vulgairement et à insulter les voyageurs. Une jeune fille était assise en face d'Arun Kumar et elle craignit que l'homme en état d'ivresse ne vienne s'asseoir à la place vacante juste à côté d'elle. Elle pria Swami de la sauver de cette situation embarrassante. Un passager dit à l'ivrogne : " Asseyez-vous là. Il y a une place libre ! " indiquant le siège à côté de la jeune fille. L'ivrogne s'approcha et fut sur le point de s'asseoir, puis s'écarta d'un bond en disant : " Pourquoi me dites-vous de m'asseoir là ? Il y a déjà un homme assis à cette place, ne le voyez-vous pas ? Vous ne voyez pas cet homme chevelu, à la tunique orange ? Etes-vous aveugle ou quoi ? "
De cette façon, Swami sauva la jeune fille d'une situation pénible.
Arun Kumar raconta une autre chose : " Vous vous sentez heureux de la vie du monde. Mais c'est une erreur ; le bonheur ne se trouve pas dans le monde extérieur, il est en vous-mêmes. Vous êtes l'expression de la joie, du bonheur, de la béatitude. Chercher le bonheur à l'extérieur est une erreur. "
Il donna un exemple (puisé dans un discours de Swami) : un chien rongeait un os et se blessa la gencive. Le sang coula sur l'os et le chien, imaginant que ce sang venait de l'os, jouit intensément à le lécher. Il ne comprenait pas que le sang venait de lui-même. Ainsi, nous pensons trouver le bonheur en des personnes ou des objets extérieurs et perdons de vue que le bonheur est en nous-mêmes. "

27 octobre 2002
Cet après-midi là, Swami demanda à un jeune homme de faire une causerie. Ce garçon est un ancien étudiant, un garçon brillant, diplômé en sciences et en administration des affaires. Il travaille actuellement comme assistant technique dans le Superspeciality Hospital. Swami lui demanda de parler au public. Il raconta deux miracles advenus à l'hôpital : un père se présenta avec sa fillette qui souffrait de problèmes cardiaques et les médecins, après l'avoir examinée, déclarèrent qu'il fallait l'opérer d'urgence. Mais ils avertirent le père que, après l'opération, la petite devait prendre des médicaments pendant deux ans et que ce traitement lui coûterait environ 200 roupies par mois. Le père dit : " Nous ne pouvons pas payer deux cents roupies par mois. Voyez, j'ai aussi un garçon, c'est mon unique fils ; si je dépense deux cents roupies par mois pour cette fillette, comment pourrai-je supporter les frais d'éducation de mon fils. Notre fils pourra un jour gagner de l'argent, tandis que la fille ne le pourra pas. Pourquoi dépenser de l'argent pour elle ? "
Les médecins référèrent cette conversation à Swami, disant que le père refusait de prendre en charge les frais médicaux de sa fille. Swami fondit littéralement. Il donna immédiatement aux médecins l'ordre de prendre tous les frais à charge de l'hôpital. " Envoyez chaque mois deux cents roupies à cette petite. Et non seulement à elle, mais dites à tout patient dans l'impossibilité d'affronter les frais médicaux post-opératoires, que nous les leur payerons entièrement. "
Je ne crois pas qu'il existe au monde un autre hôpital de ce type où, non seulement on opère gratuitement, mais on donne également la nourriture et même les médicaments pendant deux ans !!
Ce jeune homme mentionna un autre miracle. Un homme vint de la frontière pakistanaise ; il souffrait de problèmes cardiaques. Là, à la frontière, à Ladhak, quelqu'un lui avait dit : " Allez à Puttaparthi ; là, tout est gratuit (opération, frais d'hospitalisation et médicaments). Ne vous inquiétez pas, vous allez chez Dieu. Il ne vous laissera jamais les mains vides. Vous reviendrez certainement fort et en bonne santé. "
Cet homme vint donc ici, subit une opération et retourna chez lui, complètement rétabli. Par gratitude et amour, il écrivit une lettre à Swami : " Comment Vous exprimer ma gratitude, Swami ? Vous m'avez sauvé la vie. "

28 octobre 2002
Les étudiants devaient tous revenir de vacances ce jour-là, car le collège reprenait les leçons à partir du 29. (Plusieurs étudiants étaient restés à Puttaparthi pendant leurs vacances scolaires.) Swami appela le Directeur du Collège de Whitefield et lui demanda : " Tous les garçons sont-ils revenus ? "
- (directeur) " Oui Swami, les trois cents élèves sont revenus. "
- (Baba) " Pourquoi bluffer ainsi ? Trois garçons ne sont pas encore revenus, Je le sais ; pourquoi dire ce qui n'est pas ? "
- (directeur) " Excusez-moi, Swami, c'est vrai ! Trois élèves manquent à l'appel. Pour quelle raison tardent-ils ? "
- (Baba) " L'un d'eux a une fracture. Un autre souffre de jaunisse et le troisième est bloqué en chemin, à cause des grèves des transports dans l'Etat du Karnataka. "
-
29 octobre 2002
C'était un après-midi très doux, frais et agréable. Le climat de Kodaikanal semblait s'être installé à Puttaparthi et la brise fraîche nous donnait une impression d'air conditionné. Les étudiants déclarèrent tout à coup : " Swami, nous voudrions chanter les Védas. La récitation des Védas est très favorable et les fidèles en seront heureux. Nous donnez-nous Votre permission ? " Swami répondit : " Allons, chantez ! "
Les grands garçons se mirent à chanter les versets sanskrits. Au bout de leur rangée, il y avait quelques petits de l'école primaire, qui récitaient les versets avec les grands. Je le remarquai et dis : " Swami, les petits chantent aussi ; j'ai vu leurs lèvres se mouvoir. " Swami dit : " Oh ! Les petits connaissent les Védas bien mieux que ces grands garçons. " Il ordonna aux grands de s'arrêter et invita les petits à s'avancer vers Lui. Ils commencèrent à psalmodier les versets sanskrits. Baba me dit : " Tu entends ? Es-tu capable de réciter les Védas aussi bien qu'eux ? "
- (A.K.) " Non, Swami ; je n'ai pas fait mes études dans vos Collèges ! Comment pourrais-je réciter correctement les Védas ? "
Tous les garçons et toutes les filles qui étudient dans nos Institutions, de l'école primaire jusqu'à l'université, connaissent les Védas. Nos institutions alimentent très fortement la connaissance de notre culture antique.
Après la récitation des Védas, Swami expliqua : " La récitation des Védas comprend deux parties. La première s'intitule Namakam et l'autre Chamakam. La première partie, le Namakam , déclara en substance : " Je ne veux rien ". Na est la négation et ma vouloir. Donc, je ne veux rien. La deuxième partie, le Chamakam, est au contraire l'expression du désir : " O Dieu, accorde-nous de l'air pur, de l'eau pure, de la bonne nourriture, etc. " "
Comme vous le savez déjà, je n'arrive pas à contenir mes paroles et je prends le risque divin d'intervenir, affrontant d'énormes dangers spirituels ; que faire , je suis né avec cette tendance à l'expression ouverte. Je demandai donc : " Swami, si je ne désire rien, Namakam, pourquoi devrais-je déclarer que je veux toute chose, Chamakam , dans les prières ? "
Swami répondit : " Les deux aspects sont contemplés par les Védas. Les gens qui ne désirent rien récitent le Namakam et les autres, ceux qui sont pleins de désirs, préfèrent réciter le Chamakam. Voyez, après s'être soumis à de longues pénitences, les sages du passé déclarèrent :
Vedaham etam Purusham Mahântam
Aditya Varnam Tamasah Parastât
Tam eva viditvâ atimrtyum eti nânyah panthâ vidyate yanâya
Je connais l'Etre suprême qui brille de la splendeur du soleil
Et qui se situe au-delà de tamas, l'obscurité de l'ignorance
C'est seulement en Le connaissant que l'on surpasse la mort. Il n'y a pas d'autre chemin.
(Svetâsvatara Upanishad III,8)

Vedaham etam Purusha Mahântam : j'ai vu Dieu (vedaham de vid, voir ou connaître)
Tamasah Parastât : au-delà de l'obscurité (de l'ignorance)
Donc, au-delà de l'ignorance, on peut voir la splendeur de la Divinité. Les sages déclarèrent que Dieu est omniprésent, qu'Il demeure en nous comme hors de nous (antarbahisca Tat sarvam...) "
Swami expliqua ainsi les Védas aux étudiants.

1er novembre 2002
Ce jour-là, comme le 28 octobre, Swami s'entretint avec un homme de Grèce, nommé George. Swami resta debout en face des fidèles et appela " Eh, Grèce, viens ici ! " L'homme se précipita littéralement aux pieds de Swami. J'observais la scène et Swami me dit : " Il se jette à Mes pieds par pure dévotion ; il n'est pas rudimentaire comme vous ! " Ensuite Swami s'adressa à cet homme et lui demanda : " Comment t'appelles-tu ? "
- (Le fidèle) " George, Swami ! "
- (Swami) " Oh ! George ! Et quelles sont tes occupations ? "
- (Le fidèle) " Je gère une librairie, Swami, intitulée " Ananda " "
- (Swami) " Ah ! Et qui t'assiste dans ce travail ? "
- (Le fidèle) " Ma sœur travaille avec moi. "
- (Swami ) " Et que faites-vous ? "
- (Le fidèle) " Nous vendons des livres, nous nettoyons le local et chantons des bhajans pendant toute la journée. "
- (Swami, se tournant vers A.K.) " Vous voyez, ceci est pure dévotion ; vous n'êtes pas comme ça ! (S'adressant au fidèle grec) Et comment es-tu venu à Puttaparthi la dernière fois ? "
- (Le fidèle) " Je suis venu à pied, Swami, de l'aéroport de Bangalore jusqu'à Puttaparthi. "
- (Swami ) " Combien de kilomètres as-tu parcouru ainsi ? "
- (Le fidèle) " Cent-soixante-quinze kilomètres, Swami. J'ai mis quatre jours pour arriver ici. " Ce n'est pas tout, il portait un sac à dos de 18 kg. contenant ses bagages. Il marcha pendant quatre jours pour arriver à Prashanti Nilayam. Swami nous fit remarquer : " Etes-vous prêts à en faire autant ? Cela est dévotion ! (Au fidèle) Combien de fois es-tu venu en ce lieu ? "
- (Le fidèle) " Je viens ici depuis 29 ans, Swami ! J'avais l'habitude de recueillir un peu de sable là où Vous aviez posé vos pieds pendant le darshan (jusqu'en 1987, la cour en face du temple était couverte de sable) ; je le conservais en Grèce, dans ma chambre de prières. "
- (Swami, s'adressant aux étudiants) " Vous voyez, les enfants ! Vous avez l'occasion de voir Swami chaque jour. Voyez cet homme de Grèce, observez sa dévotion ! (Se tournant vers le Grec) George, es-tu marié ? "
- (Le fidèle) " Non, Swami, je ne suis pas marié. Je ne désire pas me marier " et il semblait pleurer en disant cela. Swami se tourna vers moi et me demanda " Anil Kumar, pourquoi pleure-t-il ? "
- (A.K.) " Swami, ceux qui sont mariés versent des pleurs ; et cet ami, qui n'est pas marié, pleure aussi ! Il n'y a pas de différence. En fait, la peur du mariage nous fait pleurer ; la vie de mariage nous fait également pleurer ! "
- (Swami au fidèle ) " Es-tu venu seul ? "
- (Le fidèle) " Non Swami, je suis venu avec un ami. C'est un champion olympique de réputation mondiale pour le saut en hauteur. "
Swami fit venir le champion et le pria de raconter son expérience aux étudiants ; il raconta un fait étrange. Sa femme était enceinte et le temps de l'accouchement s'approchait. Elle consulta différents médecins et passa plusieurs tests ; ils étaient unanimes à lui annoncer la naissance proche d'un garçon. Sa femme et lui prièrent Swami, car ils souhaitaient une fille et non un garçon. Swami leur demanda "Croyez-vous fermement ? " - " Oui, Swami ! " dirent-ils. Ils s'en retournèrent dans leur pays et la femme accoucha d'une fille !
Swami dit aux étudiants : " Oui, J'ai changé ce bébé mâle en bébé femelle. Vous les garçons, si vous ne vous conduisez pas bien, Je vous changerai immédiatement en filles ! (rires)
- (Swami) " George, tous tes parents sont-ils en Grèce ? "
- (Le fidèle) " Je n'ai plus personne, Swami. Les fidèles Saï sont mes proches. "
- (Swami) " Très bien ! Resteras-tu ici pour l'Anniversaire ? "
- ( Le fidèle) " Non, Swami, je dois retourner en Grèce. Nous célébrerons l'Anniversaire là-bas, avec tous les fidèles Saï. Il y aura des ballons, des illuminations, des distributions de bonbons, etc. Les fidèles sont nombreux, parmi eux figurent des ministres et de hauts fonctionnaires. Ils participent tous aux célébrations de l'Anniversaire de Swami. "
- (Swami) " Très bien ! Retourne en Grèce ! " Swami fit entrer le fidèle dans la chambre des interviews et lui offrit une pièce d'étoffe pour qu'il se confectionne un nouveau costume pour l'Anniversaire.

3 novembre 2002
Swami sortit de Sa chambre et s'adressa directement à moi : " Sais-tu ce qui s'est passé ? " - " Non ! Que s'est-il passé, Swami ? " - " Un élève de onze ans a été opéré pour un problème cardiaque. L'opération était bien réussie, mais peu après, des complications se présentèrent à l'abdomen. L'enfant souffrait d'un blocus intestinal et de douleurs lancinantes dans l'abdomen ". Les médecins étaient très préoccupés. Ils vinrent chez Swami et référèrent que l'opération avait bien réussi, mais qu'il y avait des complications. Swami matérialisa de la vibhuti pour l'enfant. Les docteurs lui administrèrent cette vibhuti et peu après l'avoir ingérée, l'enfant se sentit bien, les douleurs avaient disparues et il consomma un repas normal !
Dans ce contexte, je voudrais attirer votre attention sur un point très important. Chaque jour, le Docteur Safaya, directeur du " Superspeciality Hospital " de Puttaparthi, consulte Swami au sujet des patients qui doivent être opérés, de ceux qui doivent être hospitalisés et Lui demande de la vibhuti pour eux. Swami donne de la vibhuti pour tous les patients. C'est Swami qui décide de tout : " Cette personne ne doit pas être opérée ; cette autre n'a pas la grippe, mais la malaria ; donnez ce traitement à un tel ; opérez un tel autre... " Je suis témoin de ceci. Bhâgavan Baba, le Médecin des médecins, fait les diagnostiques et donnent les prescriptions pour chaque cas.

4 novembre 2002
Swami dit à l'assemblée : " La plupart des gens ne comprennent ni Mes actes ni Mes paroles. Vous ne comprenez pas la signification de Mes actes et vous vous méprenez sur Mes paroles. Certains éprouvent même une profonde affliction pour certaines de Mes paroles qui les blessent ; ils ne comprennent pas. Cela Me préoccupe beaucoup. Je ne vous livre jamais le sens profond de Mes actes, Je ne les explique pas, mais Je suis triste de constater que vous ne comprenez pas l'esprit qui les détermine. Tout ce que Je fais est à votre avantage ; Je ne fais rien par égoïsme. "
Pourquoi Swami parlait-Il ainsi ? Je fis une brève introspection. Le 4 novembre matin, Swami avait été très dur avec moi, je ne sentais heurté. L'après-midi, Il dit que certains ne comprenait pas Ses paroles et se sentaient blessés ! Pourquoi ne pas me le dire en privé ? Pourquoi en face de toute l'assemblée ?

5 novembre 2002
C'était hier après-midi ; Bhâgavan parlait de Son enfance et des traditions populaires et coutumes en vigueur dans cette partie de l'Andhra Pradesh. Les villageois vivaient dans l'unité et dans un esprit de coopération mutuelle, en particulier pendant cette saison des pluies, marquée par le festival de Dîpavali. Ce mois est appelé Kartîka ; dans le courant de ce mois, les gens ont l'habitude de prendre un bain d'eau froide à l'aube, même avant 5h du matin ; ils occupaient les fins de semaine en pèlerinages ou retraites, ou bien ils organisaient des sortes de pique-nique, ils s'asseyaient sous un arbre et échangeaient les nourritures apportées des maisons, jouaient, chantaient et dansaient en toute allégresse. Ils s'assemblaient et échangeaient leurs opinions, promouvant la compréhension mutuelle et un sentiment d'unité entre les habitants du village.
Bhâgavan disait qu'avant cinq heures du matin, ils avaient déjà pris leur bain dans l'eau froide du Chitravati et étaient revenus chez eux.
- (A.K.) " Swami, un bain d'eau froide en cette saison fraîche ? "
- (Swami) " Pourquoi pas ? Une fois que vous êtes plongés dans le fleuve, vous ne sentez plus le froid. Tant que vous restez sur la rive, vous grelottez, mais dans l'eau, cette impression de froid passe tout de suite. Ensuite, nous nous asseyions sous un arbre et mangions une préparation dite " perles de milet " à base de milet, très appétissante et pimentée ; nous mangions aussi du malte de raghi . Nous chantions et dansions, et nous nous balancions aux branches des arbres. Il y avait en particulier une danse populaire appelée kolâkam, que l'on exécutait avec deux bâtonnets dans les mains. Les gens sautaient et dansaient. Le grand-père Kondamma Raju sautait au milieu du groupe "
- (A.K.) " Swami, dansiez-Vous aussi le kolâkam ? "
- (Baba) " Non, non ! Je ne dansais pas cela. "
- (A.K.) " Oh ! Que faisiez-Vous alors ? "
- (Baba) " Je rassemblais les jeunes enfants du village et nous chantions des bhajans. Le groupe des Pandari Bhajans commença à cette époque. C'était le premier groupe de musique dévotionnelle. "
Bhâgavan rappela également la question des Haridras, hors-castes ou " intouchables ", en ce temps-là ; ils séjournaient au-dehors du village. Un jour, Swami promit de rendre visite à l'un d'eux. Cet homme s'appelait Mâdigha Narayana ; il avait invité Swami dans son logis et Swami s'y rendit, suivi par Karnam Subbamma. Or, Subbamma était de famille brahmane ; les Brahmanes ne visitent pas les intouchables, même pas en rêve. A cette époque, si un Brahmane rencontrait du regard un intouchable, il prenait immédiatement un bain purificateur ! (rires) Telle était la situation en ces jours-la. Mais Subbamma voulut suivre Swami. Baba lui dit " Ne le faites pas. Les villageois s'en ressentiront (Subbamma était l'épouse de chef du village). Pour Moi, tous les êtres sont Un ; Je Me rends chez n'importe qui, mais cette attitude ne convient pas à une personne telle que vous "
Subbamma répondit : "Oh ! Swami, je ne me préoccupe pas de la société ni de ce que les gens pensent de moi. Je ne veux que Vous. Je Vous suis, où que Vous alliez. "
Swami rappela également que les villageois de ce temps-là ne fermaient jamais à clé les portes de leurs maisons. Il n'y avait de verrous nulle part ; on ne volait pas, il n'existait pas de voleurs. Les gens célébraient leurs festivals dans les campagnes hors du village, sous un grand arbre, laissant leurs portes grandes ouvertes. Rien de fâcheux ne se passait. L'honnêteté et l'intégrité régnaient en maîtres dans le village en ces jours-là, dit Bhâgavan. Et après avoir joué et chanté pendant toute la journée, ils allaient se coucher sur le sable, sans aucun besoin de lits ni d'oreillers. Ils dormaient simplement sur le sable.
Swami raconta encore un autre fait peu connu : Sa mère Isvaramma et Ses deux sœurs étaient expertes en natation. Elles enseignaient à nager aux enfants du village, même aux tout petits enfants. Elles les tenaient en surface et puis les laissaient nager seuls. Elles nageaient aussi elles-mêmes dans le fleuve.
Peu après, Swami me demanda : " As-tu vu ce docteur ? "
- (A.K.) " Swami, comment puis-je le voir, de la position que j'occupe ici, sur les marches du temple ? "
- (Baba) " Ce médecin vient d'Allemagne. Sa femme et lui sont de grands spécialistes en cardiologie et ils voulaient voir comment fonctionne notre hôpital. Ils pratiquent des greffes du cœur et sont actuellement invités par le Gouvernement d'Australie à offrir leurs services dans ce pays. Avant de s'y installer, ils sont venus ici pour avoir le darshan de Baba. Ils ont entendu parler de Bhâgavan Baba et du travail du Superspeciality Hospital.

Que Swami vous bénisse.

Om Sai Râm.