LES PERLES DE SAGESSE DE SAI

NO. 1

ANIL KUMAR

7 octobre 2002



Sai Râm à vous tous.
Chaque jour, après Ses sessions régulières d'entretiens privés avec les fidèles, Bhâgavan parle aux étudiants et aux enseignants. Bhâgavan est si aimable qu'Il passe une heure et parfois même une heure et demie avec Ses étudiants et professeurs, dans le Sai Kulwant Hall. Nous voyons Bhâgavan s'asseoir dans son fauteuil, entouré d'étudiants. Les fidèles présents dans le Hall n'ont pas la possibilité d'entendre ce que Swami dit aux jeunes gens, car aucun système de diffusion publique n'est prévu. D'autre part, il s'agit de conversations inhabituelles, fortuites, mais dans lesquelles nous trouvons certaines " perles de sagesse ". Celles-ci peuvent apporter un immense bénéfice à tous les fidèles Saï.
Gardant ceci à l'esprit, j'ai jeté quelques notes sur papier et le " Sanathana Sarati ", édition en langue télougou, a publié les entretiens entre Bhâgavan et les étudiants dans les 27 derniers numéros, couvrant ainsi deux ans et trois mois.
Alors je me suis dit : " Les auditeurs connaissant l'anglais seraient également intéressés à savoir ce que Swami dit aux étudiants. " et j'ai collectionné ces entretiens, les récoltant quotidiennement et les cataloguant également sous certains titres.
Je suis heureux que chacun de vous réserve un certain temps pour ces entretiens et fasse en sorte de les divulguer en les traduisant dans sa propre langue, à l'intention des fidèles Saï. Que Baba vous bénisse ! Je suis certain que les fidèles dans le monde entier vous seront extrêmement reconnaissants de leur transmettre ces informations, car généralement ces choses ne sont pas accessibles aux fidèles. Nous pouvons commencer à partager avec les autres fidèles ces précieuses " perles de sagesse de Saï ", comme une responsabilité et un devoir sacré de notre part, non seulement pour le présent immédiat, mais aussi à l'avantage de la postérité.
Puisse Baba vous bénir pour cette tentative et je suis certain qu'Il nous encouragera, pour l'année future, à poursuivre cette nouvelle activité et vos questions ou suggestions pour l'amélioration de ce seva sont les bienvenues.
Om Sai Râm
Bien ! A vrai dire il est très difficile de nous mettre à jour dans cette activité, car comme je vous l'ai dit, ces rapports (en télougou) sur les entretiens de Baba et des étudiants ont été élaborés depuis vingt-sept mois. Ainsi, je remonterai le cours du temps.

5 octobre 2002 :
Bhâgavan accorda une entrevue à un groupe d'étrangers et Il sortit de la chambre des interviews gentiment, doucement, majestueusement, le visage souriant et mouvant l'espace de Ses mains. Il s'arrêta en face de nous et, me regardant droit dans les yeux, Il dit : " Avez-vous remarqué ces étrangers ? " Je répondis : " Non, Swami ! "
- (Baba)" L'homme est ambassadeur de Russie. Il est venu avec deux secrétaires et un sténographe. J'ai parlé avec eux et J'ai passé un long moment en leur compagnie. Ils étaient très intrigués, dans la chambre des interviews et Me demandaient : Swami, comment savez-Vous ces choses ? Vous parlez de tant de choses personnelles, connues de très peu de gens. Comment les savez-Vous ? C'est absolument extraordinaire que Vous parliez même le russe. Comment le connaissez-Vous ? Je leur ai répondu que ces choses ne s'apprennent pas ; Je suis né avec ces capacités. "
Mes amis, ces paroles, nous pouvons les prendre pour des " perles de sagesse ". L'Avatar naît avec ces facultés d'omniscience, omniprésence et omnipotence. Il ne les a ni apprises ni cultivées ; Il est né avec elles. Swami nous laissa tous très surpris.

1er octobre 2002 :
Ceci est d'importance générale. Swami parlait avec des étudiants, les six jeunes gens qui préparent leur certificat, dans la section de l'Administration des Affaires. Tout à coup, Baba demanda à l'un deux : " Qu'est-ce que le conscient (conscious) ? " L'étudiant répondit : " Je ne sais pas ! "
- (Baba) " Hum ! Tu es étudiant Ph.D (doctorat en philosophie) ; ne sais-tu pas ce qu'est le conscient ? "
- (Etudiant) " Je ne sais pas, Swami ! "
- Bhâgavan demanda à un professeur : " Qu'est-ce que la conscience (conscience) ? "
- (Professeur) " Conscience ? La voix intérieur ! "
- (Baba) " Non, non, c'est faux ! " Il demanda à un autre garçon plus âgé, étudiant Ph.D " Qu'est-ce que la Conscience suprême (Consciousness) ? "
- (Etudiant) " Je ne sais pas, Swami ! "
- (Baba) " Bon, écoutez ! Le conscient est notre mental qui pense, ressent, réagit, répond et vibre. Conscience est l'intellect, car elle est très proche de l'Esprit, de l'âme, de l'Atma. Cet intellect est exprimé par le terme " conscience ". Enfin, la Conscience suprême est l'Atma, l'Esprit omniprésent, à la fois enfermé dans notre corps et présent en tous lieux. Comment est-ce possible ? L'air est présent dans un ballon, dans le pneu du vélo, dans les pneus de voiture et est également au-dehors d'eux et en tous lieux. Donc, ces trois termes représentent trois niveaux d'éveil, trois niveaux d'expérience et de compréhension, que nous atteignons à travers notre sâdhana, Nous ne devrions pas nous arrêter à un certain niveau ; par exemple, si nous stagnons au niveau du conscient, nous vivons au niveau du mental, avec ses pensées, ses passions et ses impulsions animales. Si nous nous arrêtons au niveau de la conscience, nous sommes centrés sur notre propre évaluation et introspection, axés sur nous mêmes et nous bloquons le parcours. Nous devrions atteindre, sans nous arrêter, le niveau de la Conscience suprême, c'est-à-dire la Réalité, l'Atma ou le Soi, le Soi véritable, le Soi cosmique et universel. "
Bhâgavan ajouta en riant : " Aujourd'hui, vous les jeunes, vous désirez comprendre ces choses, mais les jeunes modernes ne comprennent pas, ils ne font que se méprendre ; ils n'ont pas la moindre compréhension des choses. "
Alors, je posai une question à Swami : " Bhâgavan, ! "
- (Baba) " Oui ! "
- (A.K.) " Mes amis ici présents et moi-même souhaitons Vous demander, (lorsqu'il y a suffisamment de temps à disposition et que Swami est de très bonne humeur, nous pouvons Lui poser autant des questions que nous voulons, sans aucun réserve.) quelle est la différence entre la matière inerte et la Conscience ou Atma ou encore Energie ? "
Bhâvavan se tourna vers moi et dit : " Hum ! Il n'existe pas de matière inerte ! "
- (A.K.) " Comment, pas de matière inerte ? Qu'est-ce tout ceci ? Cet objet est inerte, ce sol est inerte, les murs sont inertes. "
- (Swami) " Ils semblent inertes, mais en eux l'Esprit est actif. "
- (A.K.) " Et Vous dites qu'il n'existe pas de matière inerte ? "
- (Swami) " C'est exact, l'Energie seule existe. L'énergie se transforme en matière et la matière peut retrouver son état de pure énergie. Energie et matière sont une seule et même chose et leur état est réversible ; de plus, la matière est composée d'atomes et de molécules, c'est-à-dire d'électrons, protons et neutrons qui tournent et se meuvent de toute leur force ; dès lors, en quoi est-elle " inerte " ? Les électrons, les neutrons et les particules électriques véhiculent une énergie incroyable. Comment les appeler " inertes " ? Donc, il n'existe absolument pas de matière inerte. Tout est divin. Ce divin, vous pouvez l'appeler " Energie cosmique " ou " Conscience universelle ", qui est matière de révélation pour nous tous. "
Ensuite, Bhâgavan me dit : " Vois-tu, Anil Kumar, ce que tu dis est la preuve de la confusion actuelle. Nos étudiants manifestent de l'incompréhension, lorsque tu exprimes cette confusion. L'éducation moderne n'offre que confusion et incompréhension ."
J'étais heureux, car être corrigé par Bhâgavan, recevoir les remarques de l'Avatar est une bénédiction. Si de cette façon je suis un instrument de réception et de propagation de Son message et de Son amour à tout le monde, j'aime être corrigé et grondé comme un enfant. Donc, cet après-midi-là, j'ai apprécié les rires de tous.
Swami se leva de Son fauteuil et fit quelques pas vers la salle des bajans ; puis Il s'arrêta et me dit : " Allons, viens ici ! Tu Me surveilles probablement. " Je m'approchai de Lui. Il demanda à quelqu'un : " Apporte-Moi ce sachet ! " La personne apporta un sachet de plastique. Swami me demanda : " Qu'y a-t-il dans ce sachet ? "
- (A.K.) " J'y vois une pierre, Swami. "
- (Baba) " De quelle pierre s'agit-il ? "
- (A.K.) " Une pierre de cette taille ! "
- (Baba) " Hum ! Une bien grosse taille ! D'où viennent ces pierres ? "
- (A.K.) " Je ne sais pas, Swami ! "
- (Baba) " Ces pierres proviennent des reins d'un de nos étudiants ! "
Un étudiant avait été récemment opéré de calculs aux reins et les pierres extraites étaient de cette dimension. J'étais choqué. De si grosses pierres !
Puis Swami appela " Docteur Bath, docteur Bath ! " de Sa voix mélodieuse. Le docteur Bath s'avança, un homme de 83 ans, bien bâti, personnalité spéciale, que l'on appelle le " père de la néphrologie ", c'est-à-dire expert en science des reins. Il a travaillé au St.Philomena Hospital à Bangalore et comme professeur de néphrologie au Christian Medical College. Un homme très élancé. Baba me demanda " Anik Kumar, le connais-tu ? "
- (A.K.)" Oui Swami, je connais le docteur Bath. "
- (Baba) " C'est un fidèle de très longue date. Il a pratiqué cette opération ce matin. "
- (A.K.) " Swami, mais il a 83 ans ! "
- (Baba) " Et alors ? Ceux qui sont proches de Swami ne vieillissent jamais. Ils restent toujours jeunes. " Tout le monde rit.
Baba demanda ensuite au docteur " Docteur Bath, avez-vous pratiqué l'opération ? (Se tournant vers moi, Baba dit) Tu vois ! A cet âge avancé, il accomplit encore un travail fabuleux à l'hôpital. " Le docteur, tenant les mains jointes, dit " Swami, il existe une poupée américaine qui joue et se meut quand on tourne une clé. Je ne suis qu'une poupée entre vos mains, Swami ! Vous êtes la clé et le tourneur de clé au dos de cette poupée dansante. "
Je saisis immédiatement la chance au vol et dis au docteur " Vous êtes le don de Baba pour les fidèles Saï et une personne inspirante pour nous tous. " Voici ce que je désirais partager avec vous.

30 septembre 2002 :
Et bien, nous voyons Bhâgavan possédant tant de voitures et vivant dans l'aisance et le confort. C'est ce que nous pensons, voyons et disons. Mais voici la remarque que fit Bhâgavan : " Anil Kumar, regarde ! Je ne me sens jamais à l'aise dans ce confort. Je n'en veux pas, mais les fidèles insistent pour que Je l'accepte. Que puis-je y faire ? Ils pleurnichent et se lamentent si Je refuse. Regarde ce qu'ils ont apporté ici : ils ont même placé un élévateur pour Moi, dans ce hall (un plancher élévateur pour soulever Swami et gravir aisément les deux marches devant le temple). Je veux marcher, J'aime marcher, mais eux, ils apportent cet engin ; Je ne veux pas de ce confort. "
Mes amis, étant humains nous pensons que Dieu a comme nous besoin de l'aisance et du confort. Mais Bhâgavan exprime clairement Sa pensée : " Je n'en veux pas ! Je me sens bien mieux avec les choses communes et normales. "
Cet après-midi là, il y eut un jeu. Les très jeunes élèves de l'école primaire parlèrent de Swami en public et c'était très doux à voir. Un petit garçon s'avança ; Baba lui demanda : " D'où viens-tu, mon petit ? " Le gamin répondit sur le champ " Je viens de Vous, Swami ! "
- (Baba) " Oh ! Voyez cet enfant. Il dit " Je viens de Vous, Swami ! ", mais si l'on pose la question aux grands, ils répondent " Je viens de Bombay, de Chennai. Tchi ! Voyez plutôt ces gamins ! "
Ensuite, Baba appela un autre enfant et lui demanda : " Quel âge as-tu ? " Le petit répondit : " J'ai huit ans, Swami ! "
- (Baba) " Comment le sais-tu ? "
- (L'enfant) " Ma mère me l'a dit, Swami. "
- (Baba) " Bonne réponse ! Vous voyez, les grands ? Si l'on vous pose cette même question, vous répondrez : " C'est indiqué sur mon certificat de naissance ! " Tchi !
Swami appréciait ces petits et les grands voulaient les imiter. Les imiter ! Baba demanda à un grand garçon, c'est-à-dire à un étudiant universitaire : " Toi, d'où viens-tu ? " Swami lui posa cette question en télougou. Ce jeune homme déclara, après quelques hésitations, car il ne connaissait pas le télougou : " Je viens de Vous, Swami ! " imitant le gamin de l'école primaire. Swami répondit : " Oh ! De Moi ! Alors, tu devrais savoir le télougou ! Si tu viens de Moi, comment ne sais-tu pas le télougou ? " C'était un jeu, mais en même temps Baba pointait sur le fait que nous ne devrions jamais imiter les autres, jamais copier. Il y a longtemps, Bhâgavan dit : " L'imitation est humaine, mais la création est divine "
Nous sommes fondamentalement divins et n'avons aucune nécessité d'imiter. Lorsque nous le faisons, nous perdons notre originalité, notre nature, notre identité.

29 septembre 2002
Un jeune enfant s'avança un jour vers Swami en tenant les mains jointes et demanda : "S'il Vous plait, Swami, touchez-moi ici (en indiquant sa joue).
- (Baba) " Pourquoi ? "
- (Elève) " J'ai un gonflement ici, sous l'oreille et cela me fait très mal. "
- (Baba) " Pourquoi devrais-Je te toucher ? Va à l'hôpital ! "
- (Elève) " Non, non, Swami ! Votre simple attouchement me guérira. "
- (Baba) " As-tu foi en ce que tu dis ? "
- (Elève) " J'y crois à cent pour cent ! "
- (Baba) " Oh, Je vois ! "
Swami le toucha délicatement sur la partie enflée de son visage. Croyez-moi ! Avant la fin des bhajans, la douleur avait complètement disparu, ainsi que le gonflement. C'est un miracle de Bhâgavan, la garantie d'une guérison totale. Nous avons tous été témoins de ce fait, en ce jour-là.

28 septembre 2002
Swami parlait à un comptable et lui demanda ce qu'il faisait. Le comptable répondit : " Je fais ceci et cela " Swami n'était pas satisfait d'une certaine chose qu'il avait faite et lui demanda : " Pourquoi avez-vous agi ainsi ? " Le comptable répondit : " Swami, nous avons simplement pratiqué quelques petites rectifications, quelques adaptations pour notre facilité. " Ecoutez ce message qui s'applique à tout un chacun : " En pensant à votre convenance, vous risquez de perdre la confiance des autres. Si, pour votre convenance, vous perdez la confiance que les autres mettent en vous, vous ne ferez jamais rien de bon dans la vie. " C'est ce qu'affirma Swami.
Ensuite, Bhâgavan demanda à un étudiant de parler en public. Il parla au sujet du seva et cita un poème de Swami qui disait combien le service fait de tout cœur est plus important que la méditation ou la répétition du Nom. Ensuite, l'étudiant mentionna certaines expériences. Il invoqua l'habitude qu'avait Swami de servir de la nourriture à tous les pauvres gens. Il dit qu'une fois, tandis que Baba servait la nourriture, Il s'arrêta devant une femme avec dans les bras un petit enfant. Swami appela un responsable du service et demanda " Nous servons à manger à toutes ces personnes, mais que donnons-nous à cet enfant ? " L'homme ne savait pas quoi répondre ; Swami lui dit : " Apporte un verre de lait pour ce petit. " Le sevadal apporta un gobelet plein de lait pour l'enfant. Swami continua à servir la nourriture à toute la rangée. De loin, Il se tourna et demanda au sevadal : " As-tu donné le lait à l'enfant ? " Swami remonta toute la file et s'arrêta devant la femme, toucha le gobelet et dit : " C'est beaucoup trop chaud. Comment l'enfant peut-il boire ce lait ? Apporte-Moi un autre gobelet " et Il commença à refroidir le lait en le versant d'un gobelet à l'autre, jusqu'à ce qu'il ait la température idéale pour être bu par l'enfant.
Cet épisode nous montre le soin personnel que Swami met en tout service et l'esprit qu'Il souhaite de notre part, lorsque nous accomplissons notre seva. Le service n'est pas une routine, ce n'est pas un travail mécanique. Nous devrions l'accomplir de tout notre cœur.
Après cela, l'étudiant mentionna également un fait advenu en Bosnia. La Bosnia, comme nous le savons, était dans une condition de famine, les gens tombaient malades et l'état général du pays était pitoyable. Des sevadal Saï se rendirent en ce lieu et distribuèrent du pain, des couvertures, etc. à tout le monde. Ils donnèrent également des photos de Bhâgavan. Quelqu'un dit : " Des photos ? Qui est cet homme ? " - " Il s'appelle Sathya Sai Baba. " - " Oh ! Pourquoi nous donnez-vous sa photo ? Jusqu'à hier, Il était avec nous ! "
Le jeune homme mentionna encore une autre expérience. C'était le temps où Swami était en visite à Bombay. Bhâgavan parlait aux femmes sevadal et leur demandait " Que faites-vous ? "
- (Une femme) " Nous servons de la nourriture aux pauvres, Swami "
- (Baba) " De quelle qualité ? Du riz à 2 roupies ou à 4 roupies ? "
- (La femme) " C'est du riz à 2 roupies le kilo, Swami. "
- (Baba) " Oh ! Voyez ceci ! Pour vous, pour votre mari et vos enfants, vous prenez la meilleure qualité, mais pour ces pauvres gens, vous choisissez la qualité la plus basse. Ce n'est pas un seva ! Vous devriez donner aux autres ce que vous considérez comme le meilleur pour vous-mêmes. "
L'étudiant conclut sa causerie par une citation magnifique : " Le donneur, le receveur et l'objet donné sont un. Les trois sont également divins. " Cela est le vrai service et Swami apprécia beaucoup la causerie de cet étudiant. Celui-ci conclut en disant : " De six milliards d'habitants sur la terre, un milliard d'Indiens ont la chance incroyable de connaître Saï Baba et d'en être les contemporains. Et parmi eux, nous les étudiants avons une chance exceptionnelle. Nous devrions viser à poursuivre la pratique des enseignements divins dans notre vie et à mériter la bénédiction de Bhâgavan. "

27 septembre 2002
Swami sortit tout-à-coup de la chambre des interviews avec une enveloppe dans la main et une expression bizarre sur le visage. Il me demanda " Qu'y a-t-il dans cette enveloppe ? "
- (A.K.) " Je ne sais pas, Swami, c'est une simple enveloppe ! "
Baba ouvrit l'enveloppe et en sortit des comptes, des calculs et tout le reste. Je suis très faible en maths. Je me mis à compter.
- (Baba) " Tu es un grand professeur, mais tu ne sais même pas compter ! "
Je faisais de mon mieux, car les élèves étaient présents et je ne pouvais pas me tromper, sans quoi ils auraient ris de moi. Donc, avec toute l'attention possible, je dis : " Deux crores (vingt millions de roupies), Swami ! " C'était un chèque offert à Swami par des Italiens.
Swami leur dit : " Je ne veux pas de cela ! Ce que Je veux, c'est votre amour, pas votre argent. " Baba appela un Italien par son nom, vous avez dû observer la scène, et lui dit : " Que signifie ce chèque ? Je ne veux pas de cet argent, reprends ton chèque. Je veux toi, Je veux ton amour. "
Mes amis, cela peut paraître invraisemblable, incroyable, mais c'est ce qui arrive avec Bhâgavan Sri Sathya Sai Baba. Tant de gurus dans le monde ne pensent qu'à l'argent. Ici, nous voyons le Guru des gurus, l'Avatar, n'avoir pas un regard pour votre argent. Pourquoi ? Parce que Dieu est richesse. Un misérable doit mendier de l'argent, l'homme doit demander de l'argent, mais Dieu n'a pas besoin de demander de l'argent, car Dieu est richesse et la richesse est Dieu. Il est la manifestation même de toute abondance et prospérité. Pourquoi devrait-Il demander de l'argent ? Ceci prouve que l'on ne peut pas L'acheter, qu'une somme aussi fabuleuse ne L'influence pas le moins du monde, qu'Il n'attend jamais aucun argent de notre part. Il veut que nous soyons Ses enfants, Il veut notre amour et rien d'autre. Ceci est vraiment merveilleux.
Il paraît que cet Italien et son épouse avaient été appelés en entretien privé avec Swami. Avec eux, un jeune garçon était entré dans la pièce. Ce jeune Indien avait joué le rôle de Swami enfant, pour le feuilleton télévisé " Shirdi Sai - Parthi Sai ". A la fin du colloque, la femme de cet Italien parla a son mari et dit : " Pourquoi n'adopterions-nous pas ce garçon ? " Comme l'enfant avait interprété le rôle de Sathya Sai Baba, ils voulaient l'emporter en Italie ! Ils pensaient prendre avec eux Sai Baba Lui-même ! C'était une preuve de la dévotion de ce couple.
Ce jour-là, Baba nous parla d'un homme qui avait deux épouses ; bien sûr, la première épouse n'était plus en vie et l'homme réussissait à vivre tant bien que mal avec la seconde ; Swami en tira une occasion de jeu et me dit sur un ton badin : " Tu vois, il a deux femmes ! "
- (A.K.) " Vraiment, Swami, deux femmes ? "
-(Baba) " Non, non ! La première n'est plus en vie. Elle est morte. " Puis Swami demanda : " Qu'advient-il à un individu ayant deux épouses ? "
- (A.K.) " Swami, l'homme lutte désespérément, il est à bout de souffle et suffoque complètement avec une seule épouse. Avec deux femmes, nous sommes décidément à la limite. C'est fini ! On ne peut que fixer la date d'expiration. Je ne sais pas comme ce pauvre homme s'en sort ! "
Swami rit de bon cœur et raconta : " Dans les Puranas (mythes et légendes de l'Inde), on parle d'un certain roi Uttânapada qui avait deux femmes, l'une appelée Suruchi et l'autre Sunrita. Cette dernière avait un enfant appelé Dhruva. Ce petit garçon désirait s'asseoir sur les genoux de son père (privilège réservé à l'héritier au trône), mais l'autre femme le lui interdisait violemment (car elle voulait que son propre fils soit l'héritier). " Tante, je voudrais m'asseoir sur ses genoux " disait Dhruva, mais la femme répondait " Non, va-t-en ! ". Finalement, le petit Dhruva quitta le palais, disant à sa mère " Maman, la tante ne me permet pas de m'asseoir sur les genoux de mon père. Je ne peux supporter davantage cette souffrance. "
L'enfant se retira tout seul dans la forêt et fit de longues pénitences. Finalement, Dieu apparut devant lui, le combla de grâces et encore à présent, cet enfant est présent dans la voûte céleste sous forme d'étoile, l'étoile Dhruva (étoile polaire). Bhâgavan conclut l'histoire en disant : " A cause de ses deux épouses, le roi ne fut pas capable de donner de l'amour à ses deux fils à la fois ". Puis, s'adressant à moi, Baba demanda : " Anil Kumar, peux-tu citer le nom d'un roi qui avait trois épouses ? " Je répondis " Oui Swami, j'en connais un. " Baba dit " Ainsi, tu fais collection des noms d'hommes polygames ! " Si j'avais dit " Je ne sais pas " Swami m'aurait certainement reproché de ne rien savoir.(rires) " Oui ! C'est Dasaratha, le père de Râma. Il avait trois femmes, Kausalya, Sumitra et Kaika. A cause de la colère de Kaika, Dasaratha eut à pâtir la peine terrible d'être séparé de Râma. Il fallait envoyer Râma en exil à cause des faveurs accordées à Kaika. Cette séparation de Râma mena le roi Dasaratha à la mort. Donc cet homme époux de trois femmes fut séparé de son fils bien-aimé et dut affronter une mort précoce.
Voilà ce que Bhâgavan nous raconta. Mais, pour terminer en beauté, Bhâgavan n'en resta pas à la simple narration d'une histoire. Il est excellent conteur d'histoires contenant un message à la clé. Il nous dit : " Vous tous ici présents, vous avez dix épouses. "
- (A.K.) " Comment, Swami ? Avec deux femmes, un roi souffrit ; avec trois femmes un autre roi mourut. Comment pouvons-nous administrer notre existence avec dix femmes ? "
- (Baba) " Vos dix épouses sont vos sens, les cinq sens d'action et les cinq sens de perception ! "
- (A.K.) " Puis-je survivre avec ces dix épouses que sont mes sens ? Comment mener mon existence avec ces dix épouses ? Qui est ce pauvre mari ? "
- (Baba) " Ton mental en est le mari, le seigneur et maître. Si ton mental-mari réussit à tenir ses dix femmes complètement sous son autorité, il aura une vie conjugale heureuse et sereine. Mais si ce mental-mari devient un esclave de ses femmes, les dix sens, il devra danser à leur rythme et sera en fin de compte complètement écrasé par elles. Le mental devrait être le maître des sens. Contrôlez votre mental et soyez un " mastermind " (rendez votre mental parfait). Ceci fut donc le message de ce jour, transmis par Bhâgavan.
Swami demanda ensuite à un jeune élève : " Quels points as-tu obtenus aux tests ? " Le gamin répondit, tout orgueilleux : " J'ai obtenu 85% des points, Swami. " Baba lui demanda : " Et quel est le sort des 15% manquants ? Tu devrais avoir les 100% des points. Cela signifie que tu as commis 15 erreurs ; sens-toi navré pour les erreurs. La finalité de la culture est perfection "

25 septembre 2002
Ce jour-là, nous avons eu la chance de situer plusieurs points spirituels mentionnés dans la conversation avec Swami.
Comme d'habitude, après avoir conclu les entrevues privées, Bhâgavan vint s'asseoir dans Son fauteuil, nous regardant tous et acceptant les lettres des étudiants. Il s'assit et commença à converser avec nous. Il me demanda : " Qu'est-ce que samâja - la société ? "
- (A.K.) " Swami, il s'agit d'un groupe d'individus. "
- (Baba) " Non ! "
Je suis toujours prêt à ce type de réaction de la part de Swami. En fait, je préfère Lui donner des réponses erronées, afin d'obtenir de Lui davantage d'informations. Il s'agit même parfois d'une sorte de stratégie spirituelle, de manipulation religieuse ou de technique administrative humaine, appelez cela comme bon vous semble. Swami continua : " Le sens réel du terme sanskrit samâja est égalité. En effet, samâ signifie égal, identique et ja veut dire né ou originaire de. Donc samâja - société - signifie " ce qui est né de l'égalité ", " ce en quoi règne l'égalité ". Comment peux-tu réduire ce sens à " groupe d'individus " ? "
Ensuite, j'ai demandé : " Swami, quelle est la différence entre l'individu et la société ? " Bhâgavan répondit : " L'individu est toujours égoïste, son attention est toujours concentrée sur ses propres intérêts. Il ne pense qu'à sa réputation, sa popularité, à l'estime et la considération des autres. Donc l'individu se sépare et se concentre sur lui-même. "
- (A.K.) " Oh, Swami, et la société ? "
- (Baba) " Au contraire, la société ne pense qu'à la création, ce qui est une dimension bien plus vaste "
- (A.K.) " A quoi pense la création ? "
- (Baba) " La création pense au Créateur. "
- (A.K.) " Donc l'individu mène à la communauté et cette société conduit à la création qui pense au Créateur. Quelle explication scientifique, Swami ! "
Alors, Bhâgavan exposa quatre termes instrumentaux du sanskrit :
Le premier est vyasti - individu - ; le deuxième est samâsti - communauté - ; le troisième est srishti - la création - et le quatrième Paramesti - Créateur, Dieu -.
Maintenant, comment établir la séquence entre ces quatre niveaux ? Bhâgavan dit : " Vyasti, l'individu, est centré sur lui-même, tandis que la samâsti, société, est toujours dans l'égalité ou samâja. Grâce à son égalité, la société pense toujours à srishti - la création - et celle-ci veut connaître Paramesti, son Créateur. Ainsi, l'un mène à l'autre en un ordre séquentiel et préférentiel parfait. "
Je dis à Swami : " Oh, quelle explication merveilleuse ! Puis-je Vous poser une question simple ? Si l'individu est égocentrique, comment établir l'égalité dans la société ? " Bhâgavan répondit : " L'égalité n'est pas un slogan politique. Il ne s'agit pas d'être similaires ou identiques. L'unité à obtenir ici n'est pas idéologique ou politique, non ! L'unité signifie ici que tous les cœurs doivent battre à l'unisson. Seule l'unification, l'harmonisation des cœurs produit l'égalité - samâja - et rien d'autre. "
Mes amis, aujourd'hui nous n'avons pas de société idéale, en aucun point du globe, parce que nos cœurs ne sont pas encore unifiés, ils ne sont pas encore parfaitement harmonisés.
Je demandai " Swami, comment créer cette parfaite harmonie de nos cœurs ? Comment établir l'unité ? " Bhâgavan répondit : " Oh, c'est très facile ! "
- (A.K.) " Facile, Swami ? "
- (Baba) " Bien sûr ! Ecoute : tu aimes ta femme, tu aimes tes enfants, tes amis et ta parenté. N'es-tu pas lié à tant de personnes différentes ? Tu es connecté à beaucoup de gens et en parfaite union avec plusieurs, grâce au lien de l'amour. Si cet amour s'étend de plus en plus, si on élargit de plus en plus la zone d'influence de l'amour, nos cœurs peuvent facilement s'unir et fonctionner en parfaite harmonie. "
-
22 septembre 2002
Swami vint s'asseoir dans son fauteuil, détendu et regardant les fidèles, donnant des bénédictions et échangeant des sourires avec les étudiants. A un moment donné, Il appela un étudiant " Viens ici ! " Ce garçon prépare le diplôme de MBA (Baccalauréat en Administration des Affaires). Il vient de Hyderabad, la capitale de l'Etat de l'Andhra Pradesh, ici en Inde. Baba l'appela " Hum ! Tu viens d'Hydérabad ? "
- (Etudiant) " Oui, Swami ! "
S'adressant à tout le monde, Baba dit " Voyez, avant d'être inscrit dans notre collège, ce jeune homme venait en visite en ce lieu et priait, priait continuellement Swami d'être admis dans notre Institut universitaire. Ainsi, vous le voyez ici présent. Mes enfants, vous pensez que Je ne vous parle pas personnellement et que Je ne vous connais pas. Je connais chacun de vous. Il est possible que Je ne vous adresse pas la parole, mais Je vous connais tous, Je sais tout de chacun de vous. Je n'ai pas besoin de vous parler pour cela. Voyez, Je sais tout au sujet de ce jeune homme. Ne vous est-il pas suffisant de savoir que Je vous connais aussi ? (s'adressant à l'étudiant) Hum ! Il y a cinq jours, tes amis sont venus d'Hyderabad, n'est-il pas vrai ? "
- (Etudiant) " Oui Swami ! "
- (Baba) " Tu as passé un peu de temps avec eux et ils t'ont parlé ! "
- (Etudiant) " C'est vrai, Swami ! "
- (Baba) " Où suis-Je ? Je suis omniprésent ! De quoi avez-vous parlé ? "
- (Etudiant) " Rien d'exceptionnel, Swami ! "
- (Baba) " Vais-Je te le répéter ? Ne t'ont-ils pas demandé pourquoi Swami ne t'adresse pas la parole ? Ne t'ont-ils pas demandé ce que Swami dit chaque jour aux étudiants ? "
- (Etudiant) " Oui, Swami ! "
- (Baba) " Alors, pourquoi penses-tu que Je ne te connais pas ? Vais-je te dire qui étaient tes amis ? Un des garçons cherche un travail. Oh, il l'a trouvé ! "
Swami donna tous les détails concernant ses amis, la raison de leur visite, les détails de leurs conversations, etc. Le pauvre garçon suait à grosses gouttes. Imaginez que Swami vous répète tout ce que vous avez pensé, dit et fait dans les heures précédentes ; vous commencerez à transpirer et aurez envie de vous encourir à toutes jambes, n'est-ce pas ! Certaines choses, il vaut mieux les oublier.
Baba continua : "Tes amis et toi avez créé une branche-jeunes dans l'Organisation Sathya Sai de Hyderabad "
- (Etudiant) " C'est vrai, Swami ! "
- (Baba) " Que faites-vous à présent ? "
- (Etudiant) " Swami, nous allons dans les hôpitaux, nous visitons les internes de la prison, les homes de vieillards et nous donnons des leçons d'éducation morale dans les écoles. "
- (Baba) " Très bien ! Pour combien de temps enseignez-vous cette éducation morale ? "
- (Etudiant) " Pour un mois, Swami. "
- (Baba) " Oh-oh ! Vous enseignez tout le programme d'éducation morale en un mois ! C'est fort ! Les étudiants ici-présents étudient depuis tant d'années et n'ont toujours pas finit le programme. Pouvez-vous enseignez l'éducation morale en un mois ? Qu'entendez-vous par éducation morale ? "
- (Etudiant) " Nous enseignons à voir la différence entre le bien et le mal. "
- (Baba) " Oh, qu'est-ce qui est bien et qu'est-ce qui est mal ? "
- (Etudiant) " Ce qui est juste et ce qui est faux, Swami. "
- (Baba) " Alors, qu'est-ce qui est juste et qu'est-ce qui est faux ? " ... Swami ne lâche pas prise jusqu'à ce que le garçon Le supplie les mains jointes de le laisser aller !
- (Etudiant) " C'est la moralité ! "
- (Baba) " Et la moralité, c'est quoi ? "
- (Etudiant) " Je ne sais pas ! "
Swami prit alors la parole et donna à nouveau quatre termes instrumentaux en sanskrit. Le premier était nîti, le deuxième riti, le troisième khyâti et le quatrième jâti. Ces quatre termes font partie de l'éducation morale.
Nîti signifie " vérité ". Riti signifie " pratique de la vérité ". Khyâti signifie " sacrifice " et Jâti signifie " race humaine ". Nous appartenons à la race humaine. Nous méritons d'en faire partie, à condition d'être capable de sacrifice et cela est possible si nous suivons la voie de la vérité ; bien sûr, nous ne pouvons pratiquer la vérité qu'en sachant ce qu'est la vérité. En d'autres termes, si nous connaissons la vérité, nous pouvons faire la juste démarche qui nous mène à sacrifier le non-réel et nous donne les qualifications nécessaires pour appartenir à la race humaine.
Après cette explication, Baba demanda encore à l'étudiant : " As-tu des amis ? " - (Etudiant) " Oui, Swami, j'ai quelques amis. " Swami demanda à un autre étudiant " Combien d'amis as-tu ? " et répondit Lui-même " Tu as beaucoup d'amis, Je le sais. " Puis Il demanda à tout le monde : " Qui est votre vrai Ami ? Dieu seul est votre Ami véritable ! " Swami donna ensuite une excellente définition. En anglais, nous répétons ce dicton " One friend in need is a friend indeed " (Un vrai ami est celui qui vous êtes dans le besoin. ) Bhâgavan dit : " Qui est votre vrai Ami ? Celui qui reste toujours en votre compagnie, qui ne vous trahit pas, qui ne triche jamais avec vous, qui ne vous abandonne jamais, qui reste avec vous à travers les difficultés, la maladie et dans le danger, lui seul est votre Ami véritable. Avez-vous des amis de ce type ? Dieu seul est cet Ami et traitez-Le comme votre vrai Ami.
Bhâgavan donna encore la définition d'un autre terme sanskrit : hrudayam - le Cœur spirituel -Nous traduisons généralement ce terme par " cœur ", mais ce n'est pas la traduction correcte. Le cœur est physique. On peut pratique une greffe du cœur, mais on ne peut pas greffer un hrudayam. Le cœur est situé du côté gauche de votre thorax et a la mesure de votre poing, mais le Cœur spirituel ou hrudayam est présent dans votre corps entier. Il fonctionne au-delà du corps et des sens.
Swami commença à raconter des épisodes de Sa propre biographie, de Son histoire. Il dit : " Vous connaissez tous le nom du grand-père (de ce corps). C'était Kondama Raju, l'homme le plus respecté dans le village. Tout le monde le consultait pour solutionner les querelles familiales, car il menait une vie totalement exemplaire. Aucun homme vicieux ou aux mauvaises habitude n'osait lui faire face, ni rester en sa présence. Ces gens-là l'évitaient et passaient par la porte de service. C'était un homme d'une grande éthique.
Je demandai à Swami : " Comme Votre grand-père vous appelait ? Disait-il " Sathya Sai Baba ? " - (Baba) " Non, non ! Il M'appelait toujours Sathya, Sathya, signifiant Vérité. "
- (A.K.) " Swami, comment Vous appelait Votre mère Ishvaramma ? "
- (Baba) " Elle M'appelait parfois " Raja " - roi - et parfois " Sathya ". Lorsque J'étais petit, on M'appelait par ces deux noms. "
Swami continua : " Vois-tu, Anil Kumar, la vie du village en ce temps-là ... "
- (A.K.) " Je viens de la ville, Swami, je ne sais rien de la vie des villages. "
- (Baba) " La vie de village est une vie idéale. Le village signifie coopération, amitié. Les villageois ont l'habitude de s'entraider. Par exemple, dans le passé, les gens ne disposaient pas de riz blanc décortiqué. Ils avaient du padi (riz encore enveloppé dans la gousse) et il fallait le battre, il n'y avait pas d'autre façon. Ainsi, les gens des environs venaient à la maison de l'un ou de l'autre pour battre le padi. Tandis qu'ils travaillaient ensemble, ils chantaient le Nom du Seigneur. A l'occasion des mariages, les gens ne devaient rien acheter pour la célébration ; un villageois apportait du riz, un autre du yaourt, un autre du lait, un autre encore des feuilles de bananier (sur lesquelles servir la nourriture) et il y avait une collaboration parfaite. Cette entraide se perd actuellement. " Culture " signifie amitié, mais elle n'est plus présente de nos jours.
Ensuite Bhâgavan nous fit part de réminiscences de Son enfance. Il dit qu'en classe, Ses compagnons Lui passaient des messages écrits sur de petits bouts de papier. Ainsi, dès Ses années d'école, Swami avait l'habitude de recevoir des lettres. Même les professeurs Lui en donnaient. Certains professeurs écrivaient " Sathya, viens chez nous après l'école. Nous avons préparé des mets spéciaux pour Toi. " Swami répondait : " Je ne vais dans la maison de personne. Je ne fais pas cela. " Je demandai à Bhâgavan : " Mais que leur répondiez-Vous ? Vous étiez un élève et ils étaient professeurs. Comment pouviez-Vous les satisfaire ? " Swami répondit : " Je leur disais gentiment " Monsieur, si Je viens chez vous, d'autres élèves se sentiront frustrés. Excusez-Moi donc. " Swami continua : " Toutefois, chez certains J'étais obligés d'aller. Pourquoi ? Parce qu'ils prenaient les choses tout à fait au sérieux. Ils ne mangeaient pas tant que Je n'étais pas venu. Les professeurs et leurs femmes attendaient jusqu'à ce que Je vienne et mange avec eux. " - (A.K.) " Swami, que mangiez-vous chez eux ? " - (Baba) " Oh ! Peu de choses, comme à présent. Ils préparaient des pakodas, des vadas et d'autres mets. Lorsque Je rentrais au domicile de Mon frère, Je leur disais : " J'ai déjà consommé mon repas ". Ils étaient mécontents et me disaient " Pourquoi manges-Tu ailleurs, si nous Te préparons à manger ici ? " Ils étaient fâchés avec Moi. A l'école, nous avions des réunions de classe. Les enseignants Me pressaient de prendre la parole dans ces réunions. J'avais beau leur faire remarquer que Je n'étais qu'un élève, ils voulaient absolument que Je leur parle. Je devais donc Me lever et leur adresser un mot. Ils applaudissaient joyeusement. "

21 septembre 2002
Swami demanda : " Connaissez-vous le secret de la longévité ? Deux choses seulement sont nécessaires : tyâga - le sacrifice - et prema - amour -
A ce sujet, Swami a cité l'exemple de Rockfeller, un Américain ; c'était un millionnaire, l'homme le plus riche du monde, car il avait gagné des masses d'argent. Soudain, il tomba malade. Les docteurs déclarèrent : " Cher monsieur, vous avez encore un an et demi ou maximum deux ans de vie. Vous ne pourrez pas vivre plus longtemps, car votre maladie est incurable. Vous mourrez certainement. "
Ainsi, Rockfeller commença à distribuer ses biens et son argent à tout le monde. Il existe aux Etats-Unis une Fondation Rockfeller qui s'occupe des sociétés de charité pour les démunis et les handicapés. Cette Fondation s'occupe aussi d'étudiants leur offre les meilleurs niveaux de formation dans le domaine de la recherche scientifique. La Fondation Rockfeller est la plus grosse société de charité en existence dans le monde d'aujourd'hui.
Après avoir commencé ces actes de charité, Rockfeller vécut jusqu'à plus de quatre-vingts ans. Oui, il vécut jusqu'à cet âge.
Pour vivre longuement, on devrait avoir de l'amour comme nourriture et le sacrifice comme médicament. Normalement, ces deux aspects , diète et médecine, sont requis. Si vous prenez les médicaments, sans observer une diète, vous ne vous libérerez pas de votre maladie. De même, si vous observez une diète, mais ne prenez pas les médicaments, votre maladie continuera. Donc il faut à la fois la diète et les remèdes, c'est-à-dire tyâga - sacrifice, renoncement - et prema - amour -..

20 septembre 2002
Ce jour-là, Swami voulut que notre vice-chancelier nous adresse la parole. Il mentionna deux miracles. Le premier est un miracle dont le bénéficiaire était suédois ; Swami avait matérialisé pour lui une montre-bracelet. Une très belle montre, avec des diamants sertis en cercle. Mais le lendemain, l'homme ne la portait pas au bras et Swami lui demanda " Où est la montre ? " L'homme resta muet. Les jours suivants, il ne la portait toujours pas et expliqua à Swami "Je ne porte pas la montre, parce que, lorsque je passerai la frontière suédoise, on me demandera d'exhiber le certificat d'achat et j'aurai de gros ennuis. " Swami fit un geste de la main et fit apparaître le certificat et le remit à l'homme en disant " Pas de problème, vous pouvez à présent passer la frontière sans difficulté. " Mais le Suédois, un esprit scientifique, regarda la date et le nom du producteur. Il courut à l'adresse du producteur et demanda " Cette montre est-elle bien de chez vous ? A qui l'avez-vous vendue ? " Le vendeur lui répondit : " Un homme vêtu en orange et aux cheveux crépus a acheté cette montre. Vous pouvez vous demander comment je m'en souviens. Habituellement, les gens achètent un article et s'en vont avec leur certificat, mais cet homme en vêtement orange est venu acheter la montre et est revenu ensuite pour avoir un duplicata du certificat ! Voilà pourquoi je m'en souviens. "
Swami est ici et pendant ce temps Il achète, circule et fait des quantités de choses, car Il est omniprésent.
Ensuite, le vice-chancelier mentionna un autre miracle. Dans le passé, Swami visitait plusieurs lieux de l'Inde, de l'Himalaya jusqu'à Kanya Kumari. Un jour, Swami se trouvait à Chittagong (Bangladesh actuel) et matérialisa une bague pour un homme engagé comme travailleur dans une entreprise de construction des routes, pour étendre le bitume. Cet homme perdit la bague que Swami lui avait matérialisée et se mit à pleurer. Il vint à Puttaparthi, disant : " Swami, j'ai perdu ma bague ! " Swami lui dit : " Pourquoi l'as-tu perdue ? "
- (Le travailleur) " Je travaillais sur les routes et ma bague a glissé de mon doigt. "
- (Baba) " Je vois ! "
Swami fit un mouvement de la main et une bague apparut, couverte de sable ! Swami expliqua à l'homme " Voici la bague que tu as perdue sur la route ! "

18 septembre 2002
Bhâgavan appela auprès de Lui deux jeunes gens. Ces deux étudiants rentraient des Etats-Unis, de l'Etat de Californie où, près de Los Angeles, il y a une Université nommée Loma University. Swami avait envoyé ces deux garçons y étudier l'Administration des Hôpitaux. Ils revenaient à peine de leur séjour là-bas. Swami demanda à l'un d'eux : " Que faut-il faire pour rester en bonne santé ? Allons, réponds, toi qui as reçu un long training en Amérique ! " Le garçon répondit : " Swami, la garantie de la bonne santé réside dans notre attitude de positivité dans la vie. "
Swami enchaîna : " Qu'entends-tu pas 'attitude positive' ? " Swami veut que l'on soit toujours prêt à Lui répondre, Il ne nous laisse pas deux ou trois jours de réflexion pour parler de n'importe quel sujet. Ce jeune homme parla donc et déclara : " Swami est le meilleur exemple de positivité. Il espère toujours que des changements adviennent en nous. Il pense qu'un jour ou l'autre, notre vie sera transformée. Bhâgavan est toujours positif. S'Il pensait à nos négativités, Il ne nous regarderait jamais dans les yeux. Comme Il ne pense qu'au positif, Il voit en nous les qualités et Il nous parle. Swami est à ce point positif qu'à un moment donné, lorsque le 'Water Project ' semblait en haute mer, Il déclara " Je suis prêt à vendre Prashanti Nilayam ! Je ne veux rien d'autre, mais il faut que de l'eau potable soit distribuée à ces pauvres gens de villages. L'eau est importante, ce Projet de distribution est important, pas les propriétés. Si l'un d'entre vous veut M'acheter, qu'il le fasse donc ! J'ai besoin d'argent tout de suite. " Une vieille femme dit " Oui, Swami, je Vous achète, prenez mon cœur et venez à moi. Je Vous paie en vous donnant mon cœur. " Swami répondit " Mère, Je suis vôtre ! Prenez-Moi ! " Donc nous pouvons acheter Swami, mais en Lui offrant notre cœur, non de l'argent.
Il mentionna ensuite deux étapes : dans la première, nous venons à Bhâgavan et dans la seconde, c'est Bhâgavan qui vient à nous.
Il se référa encore à un petit fait advenu à Kodaikanal. Un jour, un vieil homme s'approcha de Swami et dit : " Bhâgavan, je suis docteur et je désire Vous servir dans l'hôpital. " Swami répondit " Je vous donnerai certainement une chance de Me servir. " Nous avons tous la chance de servir Bhâgavan et nous devons faire de cette opportunité le meilleur usage possible.
Regardant les étudiants, Bhâgavan dit : " Voyez, cet homme âgé désire Me servir, mais vous, Mes enfants, vous êtes déjà avec Moi. Considérez combien grande est votre chance. Dieu ne vous abandonnera jamais au milieu de la tempête. Il ne vous laissera jamais à votre sort, comprenez clairement cela. Les gens ont peur de Dieu. Non ! Aimez Dieu, n'en ayez pas peur ; vous ne devriez craindre que la faute, mais aimez Dieu de tout votre cœur. "
Bhâgavan dit à l'assemblée " Cet étudiant était à Ooti (dans les monts du Nilgiri), inscrit à l'école primaire. " Vous savez comment se comportent les petits insérés récemment dans un nouvel environnement. Ils pleurent ensemble, comme nous chantons des bhajans, parce qu'ils ont la nostalgie de leur famille. Peu à peu, ils s'émancipent de ce sentiment et se renforcent. Swami visitait Ooti et distribuait aux jeunes élèves des bonbons, des gâteaux, etc. et rendait les enfants très heureux. L'étudiant parla de ces souvenirs.
Ensuite, Swami appela un étudiant et puis un autre et demanda à ce second : " Comment va ta mère ? "
- (Etudiant) " Plus ou moins bien, Swami. "
- (Baba) " Quelque chose ne va pas chez ta mère. Il y a du fluide dans ses poumons. "
- (Etudiant) " Swami, dans les années passées, Vous avez guéri ma mère d'un cancer, n'est-ce pas. "
- (Baba) " Cela s'est passé il y a longtemps, mais à présent, il y a du fluide dans ses poumons. Comment se sent-elle ? " Swami matérialisa de la vibhuti et la remit au garçon pour qu'il l'envoie par la poste à sa mère. Voilà à quel point Swami est attentif à Ses fidèles.
Le garçon raconta ensuite sa propre expérience, lors de la guérison de sa mère. Il avait reçu de son père une communication téléphonique : " Reviens immédiatement à la maison, ta mère veut te voir. " Mais comment pouvait-il partir sans la permission de Swami ? Il essaya de faire parvenir un message à Swami, mais sans y réussir. Notre Seigneur joue à cache-cache avec nous quand nous avons le plus besoin de Sa présence. Tout-à-coup Swami se retourna vers l'étudiant et demanda : " Que veux-tu ? "
- (Etudiant) " Swami, ma mère... "
- (Baba) " Oh !Ton père t'a téléphoné, te demandant de revenir à la maison. Envoie cette vibhuti à ta mère, elle se rétablira. " Après quelques secondes de pause, Swami dit " Non ! Va toi-même à Bombay, vois ta mère et reviens ici ! " Sa mère était très gravement malade. Swami fit quelques pas, se retourna vers l'étudiant et lui dit : " Va, va ! " Le garçon courut prendre ses bagages et attendit le bus en direction de la ville. Mais des amis accoururent et lui dirent : " Swami veut te voir immédiatement. Ne pars pas tout de suite. " Il revint et dit à Swami " Vous m'avez dit d'aller, Swami. "
- (Baba) " Non, Je voulais te dire d'aller dans la chambre des interviews ! "
Dans la chambre, Baba lui demanda " Où vas-tu ? "
- (Etudiant) " Oh ! Swami, je dois me rendre à Bombay. "
- (Baba) " Comment y vas-tu ? "
- (Etudiant) " Je prendrai le bus jusqu'à Dharmavaram, puis le train pour Bombay. Je ne sais rien de la gravité de l'état de ma mère. "
- (Baba) " Ne crains rien ! " Par un mouvement de sa main, Swami fit apparaître un billet d'avion aller-retour de la compagnie Indian Airlines, enregistré au nom du garçon ! Puis Swami appela un autre fidèle et lui dit : " Prends ce garçon dans ta voiture et conduis-le jusqu'à l'aéroport. " Il arriva chez lui tout droit. Sa mère vint lui ouvrir la porte en souriant ! Elle était rétablie !
A son retour, l'étudiant remercia Swami de Son intervention. Baba lui répondit " Je n'ai pas guéri ta mère. C'est sa foi qui l'a guérie. "

Il raconta encore qu'un jour, Swami lui présenta un œuf et lui demanda : " Manges-tu des œufs ? "
- (Etudiant) " Non, Swami, je ne mange pas d'œufs ; Vous dites de ne pas en manger. "
- (Baba) " Allons, prends-le, brise-le ! " C'était un œuf en sucre ! Swami ajouta : " Je te le donne, car aujourd'hui c'est Pâques. "