L’AMOUR DIVIN DE SAI

par Howard Murphet





Qu’est-ce que la vérité?

Lors de son procès devant Ponce Pilate, Jésus déclara qu’il était venu sur terre pour enseigner la vérité. Ce à quoi Pilate répliqua « Qu’est-ce que la vérité? », avant de sortir de la pièce. Il ne pensait apparemment pas que ce grand Juif à l’aspect si doux, envoyé par le prêtre du temple pour être jugé, afin de répondre de sa vie à l’accusation d’être un insoumis notoire face à la férule romaine, aurait la réponse à cette grande question. Il était risible de penser que ce Juif-là détenait la réponse à une question à laquelle les philosophes grecs n’avaient pu répondre depuis Socrate.

Eh bien, qu’est-ce que la vérité ? Qu’en savons-nous de plus, 2000 ans après que cette question ait été posée à Jérusalem dans le but de ridiculiser Jésus ? Jésus enseignait-il réellement la vérité qu’il affirmait être venu enseigner ? Je crois que oui pour ceux qui avaient des oreilles pour entendre. Peut-être n’en a-t-il pas suffisamment souligné la signification, mais il o certainement insisté sur l’importance de connaître la vérité et de ta vivre, car il a dit: (Si vous connaissez la vérité, la vérité vous rendra libres.)

A la recherche d’un sage enseignement

La plupart des hommes et des femmes aspirent à connaître la vérité sur eux-mêmes : qui sont-ils vraiment et quel est le but de leur vie sur terre. Est-ce que cette lutte et ces efforts ne mènent à rien, ou bien trouvent-ils le bonheur au terme de ce long périple, fait de tant de souffrances et de plaisirs apparemment inutiles ? Existe-t-il une formule de vie qui puisse les mener avec une certitude mathématique, vers un but qui leur procurera une satisfaction et un bonheur permanents?

Nombreux sont les hommes et les femmes qui ont cherché partout dans le monde un enseignant assez sage pour donner les réponses à de telles questions et pour leur révéler la vérité de l’existence en leur fournissant la recette d’une vie qui leur apporterait la liberté et la joie tant recherchées, Ma foi, je peux dire qu’en tant qu’un de ces aspirants qui parcourent ainsi le monde, j’ai fini par trouver l’unique : Bhagavan Sri Sathya Sai Baba. J’ai su que j’avais trouvé mon maître, mais je ne L’ai pas immédiatement reconnu comme un Avatar.

Des réponses illogiques

Très vite cependant Bhagavan Sri Sathya Sai Baba a apporté les réponses à la plupart de mes plus importantes questions, même si les mystères qui demeurent dépassent probablement le niveau de ma conscience et de ma compréhension. Il m’a dit qu’il n’y avait qu’un seul but dans ma vie, ou plutôt dans mes nombreuses vies, à savoir taire grandir et développer ma conscience jusqu’a ce qu’elle devienne un avec la Conscience Divine et donc un avec l’Etre Divin quel que soit le nom qu’on Lui donne. « Il y a un seul Être », m’a-t-Il dit « unique et sans second. » Il m’a dit aussi « Dans l’obscurité de votre ignorance, vous croyez être chacun un être à part parmi des milliards d’autres, mais en vérité il n’existe qu’un seul Être. »

L’illogisme d’une telle affirmation était dur à accepter, face à l’évidence que mes sens m’imposaient. Cependant, au fur et à mesure des années que j’ai passées auprès de Sa présence physique, j’ai commencé à réaliser la vérité de cette incroyable affirmation paradoxale. Bien que vous et moi voyons beaucoup d’êtres, en touchons beaucoup, en entendons beaucoup, communiquons avec beaucoup, il n’existe en vérité qu’un seul Être. Si cela est ainsi, alors nous devons sûrement venir de l’unique.

Un sage gamin de six ans

Je me souviens d’un certain jour, il y o quelques années, à l’Ashram : j’étais assis sous la véranda du Mandir tandis que Swami appelait en Sa présence plusieurs garçonnets qui venaient de s’inscrire à Son école primaire. Il se tenait peut-être à trois mètres de l’endroit où j’étais assis. Je me souviens qu’il demandait à chaque enfant deux choses son nom et d’où il venait. Chacun d’entre eux donnait son nom et son adresse en Inde. Ils semblaient tout débordants de joie d’être en présence de Swami, mais un petit gamin, bien que plus petit de taille que les autres, avait le sourire le plus rayonnant. Il donna son nom avec empressement et quand Swami demanda « D’où viens-tu ? », il répondit « De vous, Swami. » Alors le Seigneur Sai sourit aussi « Voyez », dit-Il plein de joie, « en voilà un qui sait qu’il vient de Dieu. »

Ce garçonnet ne pouvait pas avoir plus de six ans et j’étais là, moi, avec ma soixantaine à continuer de chercher à comprendre et à réaliser que je venais de Dieu, comme nous tous en fait. Ainsi nous venons de Dieu, et en même temps nous sommes partie intégrante de Lui, l’Être Unique. Qui plus est dans notre état actuel de conscience humaine, nous ne réalisons pas que nous sommes reliés à Lui. Nous sommes, pour ainsi dire, comme le prince de l’histoire qui fut enlevé de sa demeure royale par une bande de voleurs. Il grandit avec eux, croyant être l’un d’eux. Il n’avait donc aucune idée de son identité royale et il n’en prit conscience que bien des années plus tard, quand un concours de circonstances le ramena chez lui.


Nous faudrait-il retourner dans notre demeure spirituelle avant de réaliser qui nous sommes ? Non, je pense que nous devons d’abord cependant réunies dans la même réaliser notre identité avant de pouvoir y retourner, Ma foi, si nous sommes venus de Dieu comme le petit garçon l’a dit, ce qui a rencontré l’assentiment de Swami, comment cela a-t-il pu se faire ?

Trois explications tirées du Vedanta

Il y a trois explications principales avancées par quelques-uns des grands Rishis du passé qui ont commenté les Védas. A ce propos, le mot Vedanta signifie « fin des Védas », parce que cette philosophie vient des Upanishads que l’on trouve à la fin de chaque Véda. Le mot Upanishad veut dire enseignements adressés à ceux qui sont assis aux pieds du Maître. Voici maintenant brièvement ici les trois explications du pourquoi il semble y avoir une telle diversité de vies, alors qu’en vérité H n’y a qu’une seule vie, unique.

La première explication est que Dieu, par l’intermédiaire de Son énergie ou « shakti », a créé une illusion ou « maya » qui fait que nous nous percevons comme étant séparés, alors qu’en réalité nous ne sommes qu’un. On appelle parfois ceci « le rêve mortel », Notre conscience quotidienne, à l’état de veille, est en fait un état de rêve et ce n’est que quand nous nous éveillerons de ce rêve que nous verrons la vérité de l’unité c’est l’aspect non-duel du Vedanta, appelé Advaita Vedanta.

La deuxième explication est que nous avons toujours été, de toute éternité, des âmes séparées, bien qu’étant des constituants du Dieu unique. La meilleure comparaison qui me vienne à l’esprit pour exprimer cela est e fruit du grenadier avec ses nombreuses graines séparées et enveloppe, toutes faisant partie d’un seul fruit. Nous faisons encore partie du fruit unique, c’est-à-dire de l’Être unique, sans second, que nous appelons Dieu. Nous, les graines séparées, ne sommes pas conscients de qui nous sommes ou l’avons oublié d’une manière ou d’une outre,

La troisième explication est la suivante : ce Dieu seul et unique a créé ou produit la myriade d’âmes distinctes à partir de Lui-même elles font partie de son souffle même, de son essence, comme l’énonce l’Ancien Testament des Hébreux, et pour toute l’éternité elles resteront séparées de leur créateur, c’est-à-dire distinctes quant à l’apparence, tout en étant un avec Dieu, dans leur esprit ou leur essence. Cette notion, particulière au Vedanta, semble être à l’origine de certaines des grandes religions du monde. Pour une raison quelconque, connue de Dieu seul, les âmes, individuelles, sont nées avec la croyance et l’illusion qu’elles sont distinctes ou éloignées de Dieu.

C’est cette croyance erronée d’être séparés de l’unique qui est le péché originel, erreur dont découlent toutes les outres. Quand, par la discipline ou la pratique spirituelle, nous en venons à comprendre et réaliser que, bien que distincts apparemment par la forme, nous sommes, en vérité et par essence, un avec Dieu et avec tous les autres êtres, alors nous entrons dans le Royaume des Cieux qui n’est outre que l’état d’Amour Divin, ou le sentiment d’unité avec tous. Sathya Sai Baba, dont l’enseignement rejoint les principaux enseignements du Vedanta, et dont l’amour fait éclore chaque cœur spirituel, n’a pas dit, à ma connaissance, laquelle de ces trois explications serait correcte. Du lutter encore le long de l’échelle de fait que toutes enseignent le Dieu unique et notre unité éternelle avec Lui, peut-être les théories concernant la création sont-elles sans importance.


Une autre question ?

Bien que les remarquables enseignements de Sai sur des questions aussi fondamentales que d’où nous venons, qui nous sommes vraiment et quel est le but de notre long voyage à travers l’école de la vie sur terre, aient apporté beaucoup dé joie et de lumière, il me semble qu’une question capitale reste posée, à savoir : pourquoi devons-nous venir sur terre avec l’oubli total de notre unité avec l’Un divin ou, considérant les choses du point de vue évolutionniste comme le font es théosophes et nombre de grands mystiques, pourquoi avons-nous dû commencer ce voyage dans le royaume minéral avec seulement un minimum de conscience ?

Pourquoi avons-nous dû développer cette conscience à travers des vies successives dans les royaumes végétal et animal avant d’atteindre l’étape humaine pour continuer de l’évolution jusqu’à atteindre la conscience Divine ? Puisque Dieu est la Conscience Absolue et qu’on nous apprend que chacun de nous est pleinement Dieu, quelle est la nécessité de cette longue ascension durant des éternités, depuis le minimum de conscience dans le minéral jusqu’à la pleine conscience de l’homme réalisé ? En bref, pourquoi ce voyage que les Maîtres appellent « de nécessité » est-il vraiment nécessaire ?


Son Amour (Prema) est la réponse

Peut-être est-ce là une des questions qui, selon les paroles de Paramahamsa Yogananda, « resteront posées pour l’éternité » ; peut-être jusqu’à ce que nous ayons atteint ta maturité de conscience propre aux individus réalisés, quand le grand Un verra l’épanouissement de notre esprit.


Le moyen le plus important que je ressente est Prema, l’amour divin de notre maître vénéré, Sathya Sai Baba, qui ne cesse d’attiser le feu dans les cendres endormies de nos cœurs spirituels.


(Tiré de SAI News, Australie, Mars 1998)
Revue Prema 39