LE MONDE EST-IL UN THÉÂTRE ?

Dr. Sara Pavan



(Tiré de Heart2Heart du 1er juin 2007,
le journal sur Internet des auditeurs de Radio Sai)

« Brahma sathyam – Jagam mithyam » (Dieu est Vérité – le monde est irréel) — Chankara

« L’homme revient à maintes reprises sur Terre jusqu’à ce qu’il ait perfectionné son rôle. » – Yogananda

« Le monde entier est une scène de théâtre et les hommes et les femmes ne sont que de simples acteurs » – Shakespeare

« L’âme ne naît jamais et ne meurt jamais ; elle n’a pas eu de naissance et ne naîtra pas ; sans naissance, sans fin, éternelle, antique ; elle ne meurt pas quand le corps dans lequel elle réside est tué. Tout comme on se débarrasse un vieil habit, l’âme délaisse les corps qu’elle habite pour en prendre de nouveaux. » – Le Seigneur Krishna, Bhagavad Gita

« Le corps est à l’âme ce que le vêtement est au corps, une simple couverture, illusoire et superficielle. Je n’ai pas de lien fondé sur ce corps transitoire, Je ne suis lié que par la relation permanente qui naît du pur Amour. » – Baba

« La vie est un rêve ; réalisez-le. » – Baba

« L’homme n’a pas le moindre libre arbitre. » – Baba

« La Nature est votre Pasteur ; votre vie est votre Professeur » – Baba

« Chacun de vous s’est péniblement hissé de la pierre à la plante, de la plante à l’animal, de l’animal à l’homme ! Vous avez obtenu ce corps humain grâce aux mérites accumulés durant de nombreuses vies. N’espérez pas trouver le bonheur dans “l’autre monde”, lui aussi est impermanent ! Lorsque vos mérites seront épuisés là-bas, il vous faudra revenir une nouvelle fois sur Terre. » – Baba

« Je Me suis séparé Moi-même de Moi-même afin de pouvoir devenir Moi-même. »
« Aucun être vivant ne peut échapper à son destin qui est de parvenir à la Plénitude. » – Baba

Du ventre maternel… à la tombe… la « Vie » est la seule grande école…

Toutes les révélations ci-dessus faites par de grands personnages et Avatars impliquent que la vie sur Terre n’est rien d’autre qu’un processus évolutif vers un plus haut niveau de conscience, une incarnation après l’autre. Ainsi, notre séjour sur Terre est comme une école où toutes les imperfections et inconsistances extérieures et apparentes, qui sont transitoires et irréelles, même si elles semblent bien réelles du point de vue humain, nous exposent à un large spectre d’expériences.

En effet, la vie sur Terre est une école de sagesse où les âmes apprennent en faisant des expériences directes et personnelles et évoluent de vérité mineure en vérité majeure pour finalement arriver à la plénitude de l’illumination. Aucun événement ne se produit sur Terre sans raison, et c’est en s’incarnant sous forme humaine que chaque âme apprend ses propres leçons. Bhagavan Baba a rappelé à l’auteur à plusieurs reprises en entretien : « Il n’y a absolument rien de mauvais dans toute Ma création. » Ainsi, même ce que nous considérons comme mauvais est une expérience positive, au moins du point de vue de l’évolution.

« La réalisation de Soi est l’éveil de l’esprit à son plus haut potentiel (plénitude, perfection) ; c’est un état où l’on a en permanence conscience de sa perfection intérieure, au sein même des imperfections et du chaos externes. »

Voilà une pensée à méditer qui n’a cessé de hanter l’auteur il y a quelques années. Lors d’un entretien, elle fut inscrite sur un bout de papier et présentée à Bhagavan Baba afin qu’Il dise s’Il était la source de ces puissantes paroles. Il prit gracieusement le papier, le lut, puis le rendit à l’auteur sans le moindre commentaire ! « Mounam ang?kara s?chakam » est un ancien aphorisme sanskrit qui signifie : « Le silence indique l’acceptation », sans quoi Swami aurait réfuté ces mots. Par la même occasion, en s’abstenant de tout commentaire, il se peut que Bhagavan ait diminué l’ego de l’auteur.

Les Veda, la Parole de Dieu, perçus par d’anciens sages, de même que les Écritures sacrées que Dieu a transmises par l’intermédiaire de divers Messies du passé, révèlent la vérité sur la signification de la vie sur Terre. La Vérité est multidimensionnelle, éternelle et universelle et ne dépend d’aucun point de vue.

Un chirurgien ne peut être chirurgien sans connaître parfaitement l’anatomie humaine, sans quoi toute opération serait une boucherie ! De même, nous devons examiner la vérité sur nous-mêmes à l’aide d’un « microscope spirituel » pour savoir qui nous sommes et de quoi nous sommes faits.

Ne sommes-nous que ce corps ?

Un être humain n’est pas seulement le corps, l’aspect physique manifesté, mais quelque chose de beaucoup plus grand que ce que perçoivent nos sens. Le corps n’est qu’un instrument destiné à accomplir des actions. C’est un véhicule nécessaire à l’expression et la manifestation de la « personne intérieure », la « Persona ». Toute personne est Dieu au plus profond d’elle-même, mais cette Divinité est ensevelie sous la personnalité. Notre corps physique ou grossier n’est composé que de matériaux terrestres, constitués des cinq éléments – l’éther, l’air, le feu, l’eau et la terre – provenant des aliments que nous consommons. Pour cette raison, on l’appelle l’« enveloppe de nourriture » (annamaya-kosha). Le corps physique est comme un costume taillé à notre mesure. Il correspond à « ce que nous croyons être ».

À un niveau plus profond, nous avons les corps subtil et causal, qui sont les aspects non matériels et invisibles de notre être, au-delà des sens. Le corps subtil est composé du mental, de l’intellect, de la mémoire et de l’ego (manas, buddhi, chitta et ahamkara) qui correspondent aux trois enveloppes suivantes (pranamaya, manomaya et vijñayamaya kosha). Le mental est la cause de toutes les aberrations et il est « ce que les autres pensent que nous sommes. » Au-delà du corps subtil se trouve le corps causal, qui forme l’enveloppe de la béatitude (Anandamaya-kosha), « ce que nous sommes vraiment ».

Le corps n’est qu’un refuge temporaire pour le résident intérieur, l’Atma, le Soi Immortel et Éternel.

Qu’est-ce qui freine l’évolution de l’homme ?

L’âme (jivatma) est une infime parcelle de l’Âme suprême, la totalité de la Conscience Omniprésente (Paramatma). En se manifestant à travers une forme physique, l’âme continue à évoluer à travers des périodes incommensurables de temps terrestre sur la scène du monde en tant qu’entité séparée, jusqu’à ce qu’elle s’éveille finalement à sa propre Réalité, Dieu ou Conscience Totale. L’âme, associée au corps physique lors de son séjour terrestre, s’est identifiée à celui-ci, créant un sentiment illusoire de dissociation, alors qu’elle n’a en réalité jamais été séparée de la Totalité Une. En fait, l’Atma est au-delà des limites du temps et de l’espace, qui existent seulement dans le règne du créé.

Au moment de la mort, quand l’âme se détache du corps physique, elle accepte l’inévitable réalité de l’impermanence de son association avec lui. Après une période initiale de « confusion » et d’« épuisement mental », elle dépasse le désir de retourner dans le corps qu’elle avait occupé. Libérée de son emprisonnement dans le corps physique, l’âme acquiert une conscience accrue et une vision plus large du Drame Cosmique.

Après un peu de « repos » et s’être adaptée à son « nouvel environnement », elle commence une vie complètement différente dans le plan astral. L’auteur a eu connaissance de telles expériences, vécues par quelques-uns de ses proches amis après leur mort, à travers des médiums dignes de confiance.

Le corps causal obtient toutes ses impressions passées à partir du corps subtil et les portera encore pendant plusieurs vies sur Terre, jusqu’à ce que toutes ces impressions, de séparation ou d’ego, de l’âme se dissolvent dans la grandeur de l’unicité. Parce qu’il porte les causes (impressions) du passé, il est appelé corps causal, lieu où l’âme individuelle, désormais dans la matrice de la conscience totale, se prépare pour un autre séjour sur Terre. Nous pouvons comparer cela à un conducteur qui, non seulement s’identifie à sa voiture, mais apporte aussi toutes ses mauvaises habitudes de conduite dans sa nouvelle voiture longtemps après avoir abandonné l’ancienne ! À moins qu’un acteur ne se souvienne qu’il n’est qu’un acteur qui doit jouer son rôle à la perfection, il sera pris par son rôle temporaire et le costume qu’il porte sur scène. Les mémoires passées et les attachements gênent l’évolution de l’homme et empêchent son ascension vers la Divinité.

« Cause et effet » – La clause suprême de la Création

Adi Ahankara l’énonce avec une belle éloquence dans l’une de ses strophes du Bhaja Govindam au sujet du cycle récurrent de la naissance et de la mort (Punarapi jananam, Punarapi maranam). Il n’y a pas d’effet sans cause, et il n’y a pas de cause qui survienne sans créer un effet. Considérons maintenant la nature du monde.

À partir de ce que nous voyons autour de nous, des informations tirées des expériences d’autrui, des théories et des recherches scientifiques, nous savons que l’Univers est une entité vaste et complexe. Le corps humain lui-même est un mécanisme miraculeux ; le règne animal et le règne végétal, les planètes, les étoiles, les galaxies, les trous noirs, les particules, les ondes, la matière, l’antimatière, et que sais-je encore, sont tous des miracles. Il n’y a pas d’effet sans cause. Nous ne pouvons donc que postuler l’existence d’un Créateur omniscient et omnipotent ou d’une Intelligence divine au-delà de notre compréhension limitée.

La cause est l’effet caché et l’effet est la cause révélée, et le temps qui les sépare peut être considérable.

D’après la troisième loi de Newton, chaque action entraîne une réaction égale et opposée. Quand cette réaction est immédiate et que nous sommes capables de la voir ou de la mesurer au niveau sensoriel, nous parlons de science. Mais si le temps de réaction est immense, peut-être même plusieurs vies, et que plus personne ne se souvient de la cause, l’effet peut sembler indépendant ! On ne peut cependant renier ce principe de causalité simplement parce que la cause n’est pas visible sur le plan terrestre. La cause est semblable à une graine attendant le bon moment pour germer. Cette « graine » est profondément enfouie dans le subconscient. Le mental et la matière sont interconnectés et interdépendants. Pour ceux qui sont familiers avec le langage de l’informatique, il n’est pas irréaliste de comparer l’esprit conscient à la mémoire vive et le subconscient au disque dur. Toutes les manifestations sont des projections du mental et c’est lui qui les entretient.

Toute action est divine, toute réaction est humaine

En biologie, nous étudions le cycle de vie de divers parasites. La plupart des parasites passent par plus de deux hôtes au cours de ce cycle. Par exemple, le parasite de la malaria a deux hôtes : le moustique et l’homme. Quand il infeste l’homme, il provoque la maladie appelée malaria. Pour en empêcher la propagation chez l’homme, il nous faut briser le cycle de vie du parasite en tuant l’autre hôte, le moustique. En éradiquant les moustiques, nous pouvons stopper la maladie. En biochimie également, il est possible de briser les cycles chimiques par des enzymes antagonistes. De même, c’est par l’élimination des déficits dans la « feuille de comptes », « reportés » d’une vie à l’autre, que nous pouvons interrompre le cycle récurrent des naissances et des morts. La solution consiste à bien jouer le rôle qui nous est assigné et d’en abandonner les résultats à la Volonté Suprême. En d’autres termes : jouer nos rôles de tout cœur et sans résistance – juste l’action, sans réaction. Avec une compréhension et une acceptation correctes, nous développerons l’équanimité face à n’importe quel événement de notre vie.

Grâce à cette réalisation, nous expérimenterons la « Non-dualité » et n’accumulerons plus de karma futur (agami-karma). Il est dit : « Advaita darshanam jñanam », ce qui signifie : « Expérimenter l’Unicité avec la Totalité est sagesse. » Toute action est divine, toute réaction est humaine. En d’autres termes, plus nous nous abandonnerons, moins nous réagirons, pour finalement vivre dans une parfaite équanimité.

La préparation de l’âme à un nouvel avènement…

Maintenant, essayons d’étudier le parcours de l’âme, le « cycle de vie » de l’être humain, d’une naissance à l’autre, à la fois sur le plan matériel, terrestre, et au-delà, dans le subtil plan astral. L’auteur demande aux lecteurs de lui permettre de faire preuve d’une certaine imagination constructive dans ses explications. Imaginons qu’il y a deux « hôtes » dans le cycle récurrent humain : le plan terrestre et le plan astral. Demandons-nous d’où nous venons, ce que nous faisons ici et maintenant, et où nous nous dirigeons. Imaginons un point de départ dans le cycle que parcourt l’âme et traçons ce chemin jusqu’à ce qu’un cercle soit achevé. Puisque toutes les naissances ont une cause, et de même pour toutes nos expériences, nous devons essayer de tracer ce cycle en commençant par l’entrée dans le plan astral, après la mort.

Avant de retourner à la vie terrestre et d’entrer dans un nouveau corps dans le ventre d’une nouvelle mère, chaque âme individuelle doit passer à travers les diverses étapes de préparation du monde astral. Libérée des limitations du corps grossier, et acquérant une pleine conscience de sa propre réalité, l’âme est alors capable d’examiner la « charge » de karma qu’elle porte : gains et pertes, opportunités manquées et leçons échouées provenant d’incarnations précédentes. Avec l’aide des guides astraux, l’âme est capable de déterminer de façon impartiale la direction qu’elle doit prendre dans sa ou ses prochaines vies, afin de se débarrasser de cette « charge ». La vie terrestre est comme une école où chaque individu apprend à évoluer. Le rôle terrestre de chacun est ainsi prédéterminé par les besoins de l’âme en accord avec les expériences de ses vies passées, de ses forces et faiblesses, afin d’apprendre de nouvelles leçons et, si besoin, de réviser des leçons passées. Ainsi, les événements qui auront lieu lors des incarnations terrestres suivantes sont « préparés », comme si un nouveau « programme d’études » (la destinée) était « écrit » dans la dimension astrale pour être suivi par les âmes dans chaque vie terrestre au cours de leur voyage vers la plénitude.

Le drame qu’est la vie

On peut, dans une certaine mesure, illustrer la vie d’un individu sur Terre et avant sa naissance en utilisant la métaphore d’un théâtre. Scène, coulisses et acteurs représentent respectivement le monde, le plan astral et les âmes. Les acteurs se préparent en coulisse avant d’entrer en scène. De nos jours, nous pouvons suivre les mouvements de nombreuses espèces animales dans le monde, par exemple en marquant des baleines et en observant leurs mouvements dans l’océan par satellite. Imaginez que le plafond d’un théâtre ait été enlevé et que l’on puisse avoir, d’en haut et simultanément, une vision complète de la scène et de ce qui se passe en coulisses, où les acteurs sont à diverses étapes de préparation avant leur entrée sur scène, alors que, du sol, il n’est pas possible de voir au-delà des limites qu’imposent les cloisons. En réalité, il n’y a pas de séparations, seulement de multiples dimensions de notre subconscient.

Aussi longtemps que le mental s’accroche aux choses éphémères du monde, l’âme de l’individu est emprisonnée dans le règne terrestre et continue à retourner encore et encore à la vie terrestre. En d’autres termes, les affaires en suspens d’une vie terrestre ne peuvent être résolues que lors d’une autre incarnation terrestre. Commençons donc le cycle au moment où une âme entre dans le plan astral après s’être débarrassée du corps physique, comme un acteur qui retourne en coulisse à la fin de son jeu sur scène. En entrant dans le plan astral, l’âme est reçue par d’autres âmes. Après une brève période de repos, elle se remet du changement des vibrations denses de la Terre en vibrations subtiles et fines du plan astral. Elle passe de « l’aire de réception » à l’« aire de triage » toute proche.
C’est une phase extrêmement critique, car il faut prendre des décisions : quelle sorte de vie terrestre chacune des âmes destinée à repartir devra-t-elle mener dans sa prochaine incarnation ? Chaque âme a un « carnet de route » qui contient un enregistrement complet de toutes les expériences et leçons terrestres passées comparable à un entrepôt de karma accumulé, le sanchitakarma. C’est un réservoir d’expériences apprises et de tendances, karma et vasana, bonnes autant que mauvaises, à l’intérieur du plan relatif de l’expérience terrestre, profondément enfouies dans le subconscient. Avec l’aide et les conseils disponibles en abondance dans ce plan, l’âme rassemble la meilleure combinaison possible de karma non résolus dans cet entrepôt, le prarabdhakarma. Elle aura ainsi la possibilité de se débarrasser d’un peu de déficit karmique dans sa prochaine incarnation. Aidées par les guides astraux, les âmes font de sages choix pour leur vie terrestre à venir, que ce soient de nouvelles leçons ou des révisions – une nouvelle chance offerte de se libérer de l’ignorance et de l’asservissement.

Tout comme le metteur en scène d’une pièce de théâtre assigne différents rôles à différents acteurs selon leur expérience et leurs talents, les âmes aussi sont dirigées vers les coulisses de leur intermède astral pour assumer des rôles qui leur conviennent pour leur prochain séjour terrestre, comme s’ils avaient été conçus sur mesure pour leurs propres besoins spirituels. Par exemple, si un homme est extrêmement cruel envers sa femme dans cette vie, il pourrait renaître en tant que femme dans sa prochaine vie pour souffrir aux mains d’un homme cruel ! Ces réactions « œil pour œil » et « dent pour dent » n’arrivent pas forcément à toutes les âmes, car il existe de nombreux autres moyens et possibilités de neutraliser le karma passé. Le Christ aussi a dit : « Vous récoltez ce que vous semez ». Les âmes suivent un entraînement en fonction de leurs besoins dans la « zone du programme d’études », obtenant une nouvelle chance de régler les choses. Il s’ensuit qu’aucune âme n’est damnée, mais que des chances d’assimiler ces leçons sont offertes de façon répétée jusqu’à ce que la plénitude de l’illumination ou la vraie liberté soit atteinte. Armées du « script » de leur prochaine incarnation, les âmes continuent dans la zone de « pratique et répétition » et commencent à mémoriser et à accepter le rôle de leur prochaine vie, pleinement conscientes que c’est pour leur plus grand bien. Quand le temps approche pour elles de se réincarner, elles se déplacent vers l’avant-dernière zone afin de trouver un corps approprié, lequel n’est qu’un simple costume.


Le corps – un véhicule approprié

Où ces âmes choisissent-elles leur costume ? Elles ont déjà choisi leur mère dans le plan astral. L’âme entre dans le fœtus en développement autour de la vingtième semaine de grossesse. Nous pourrions comparer l’utérus à une armoire. Tout comme l’acteur choisit son costume dans l’armoire, l’âme trouve son habillement approprié dans le fœtus en développement du ventre d’une mère et, quelques semaines plus tard, fait son entrée sur la scène terrestre en tant que nouveau-né. Le corps du fœtus est entièrement composé des matières terrestres provenant de la nourriture consommée par la mère, et cela depuis le simple ovule fertilisé jusqu’au nouveau-né parfaitement développé. L’enfant passe par de nombreuses étapes jusqu’à la vieillesse, continuant sa croissance physique grâce à la nourriture terrestre consommée.

C’est pourquoi le corps est appelé l’« enveloppe de nourriture ». On peut aussi comparer le corps humain à une voiture ou à un véhicule que l’on utilise pour effectuer notre voyage terrestre, et l’âme individuelle à son chauffeur. Aussi longtemps que la voiture est dans les chaînes de production ou dans le parking du vendeur, elle n’a pas de plaque d’immatriculation. Elle doit cependant en porter une au moment de quitter ce parking. Le fœtus non plus n’a pas de nom et doit être enregistré à la naissance, avec un nom qui est sa « plaque d’immatriculation », pour fonctionner dans le monde ! Une chose est absolument claire à partir de cet exemple : tout comme le chauffeur n’est pas la voiture, l’homme doit se rendre compte qu’il n’est pas son corps. Tout comme le chauffeur abandonne sa vieille voiture et en conduit une nouvelle jusqu’à la fin du voyage, l’âme aussi, dans son voyage vers la liberté et l’illumination, abandonne continuellement de vieux corps décrépits pour en prendre de nouveaux.

Lui seul Est !

Le fœtus choisi par l’âme a son propre code génétique qui déterminera l’unicité des aspects physiques du corps pour le reste de la vie. Le corps subtil, composé du mental, de l’intellect, de la mémoire et de l’ego, a aussi sa propre unicité et sa nature inimitable. Cette sorte de mariage arrangé et parfait entre le corps subtil et le corps grossier, ou l’acteur et son costume, peut seulement être possible grâce à Dieu, l’omnisciente et omniprésente Conscience Suprême qui produit ce grand drame de la vie sur la scène terrestre. Tout dans la vie est prédéterminé – le sexe, le rôle à jouer, les succès et les échecs, les gains et les pertes, la santé et la maladie, et tant d’autres paires d’opposés.
Nous devons parfaitement jouer nos rôles et nous souvenir que nous sommes sur la scène terrestre en faisant seulement Sa Volonté. L’abandon complet est impossible aussi longtemps que l’homme est influencé par son mental, mental capricieux et difficile à contrôler. Pour se libérer du cycle récurrent des naissances et des morts, l’homme doit comprendre parfaitement la non-dualité et expérimenter sa vie comme étant complètement entre les Mains de Dieu. Là réside le véritable abandon.

Il n’y a nul autre que Lui dans l’Univers tout entier, sous de multiples formes, noms et situations !

La pièce est Sienne, le rôle est Son cadeau ;
Il écrit le texte, Il dirige ;
Il décide des costumes et du décor, des gestes et des intonations,
De l’entrée et de la sortie.
Existe-t-il une chose que l’on puisse appeler « Libre arbitre » ?

Cela signifie-t-il que l’homme n’a pas de libre arbitre ni de choix à faire dans sa vie sur Terre ? Une vie prédestinée est semblable à la laisse d’un chien, d’un chien libre de se déplacer dans ces limites.

L’homme a lui aussi choisi ses propres limitations avant sa naissance, et nous appelons cela son prapti (Prarabdha karma), qui est déjà déterminé dans le plan astral. L’auteur à la ferme conviction que l’homme a un choix à faire dans la manière dont il peut jouer son rôle sur Terre et avec quelle attitude ; mais il n’a aucun choix sur le rôle lui-même ni sur les événements qui l’entourent. Il est né avec son texte et ce texte ne peut être changé sur la scène terrestre, sauf quand l’Avatar lui-même intervient. L’attitude avec laquelle une personne joue son rôle est influencée par les tendances de ses vies passées ainsi que par son conditionnement depuis la naissance. Si la vie humaine doit se dérouler selon un chemin prédéfini, on pourrait astucieusement se demander : pourquoi se fatiguer à travailler ou à lutter pour quoi que ce soit ?

Le Seigneur Krishna Lui-même donne la réponse à cette question. Arjuna, le grand guerrier, était dans un état de profonde perplexité et son ego avait pris le dessus. Arjuna voulait s’éloigner du champ de bataille, comme si c’était à lui de décider s’il devait ou non combattre. Il se tourna vers le Seigneur dans cet état de grande confusion, mais Bhagavan Krishna dit fermement à Arjuna : « Tu feras malgré toi ce que tu es destiné à faire. Tu es un guerrier et ton rôle est de combattre l’injustice. » Le Seigneur Krishna sous-entend ici que le résultat de la guerre et le rôle qu’allait y prendre Arjuna étaient déjà prédéterminés bien avant le commencement de l’événement. Le choix d’Arjuna se limitait à sa façon de combattre et à l’attitude avec laquelle il ferait face à la situation. Il laissait aussi entendre qu’Arjuna n’avait pas le libre arbitre de décider de son rôle dans cette guerre – combattre ou quitter le champ de bataille – ni de son résultat.

Arjuna avait le choix de détruire ses ennemis avec haine et colère et en s’appropriant l’action, ce qui aurait alourdi son karma, ou de devenir un instrument du Seigneur et de s’abandonner à sa Volonté suprême, évitant ainsi d’amasser du karma. Dans les deux cas cependant, il devait combattre et le résultat serait resté inchangé. Les chrétiens prient le Père céleste en disant : « … Que Ton règne vienne ; que Ta volonté soit faite sur Terre comme au ciel. » Cela signifie que le ‘paysage’ de notre vie sur Terre a déjà été tracé dans le plan astral avant la naissance et que les événements qui la composent sont inévitables.

C’est comme une bobine de film qui contient déjà toute la projection. Alors où est la question du libre arbitre ?

La Voie dorée – L’abandon inconditionnel

C’est seulement par la grâce de Dieu que l’homme peut dépasser l’attachement, l’asservissement et l’ignorance. Pour commencer, il doit s’abandonner à la Volonté suprême, le mental en paix et l’amour dans le cœur, et faire tous les efforts possibles pour être digne de Sa grâce. L’un des 108 noms de notre Seigneur Bhagavan Sri Sathya Sai Baba, « Om Sri Sai karma dwamsine namaha », signifie « Hommage à Sai qui est venu effacer tout le karma et nous libérer de la toile karmique qui nous ramène encore et encore sur la scène terrestre ».

Souvenons-nous du tout premier bhajan de Bhagavan Baba – « Manasa bhajare Guru charanam, dustara bhava sagara taranam. » (Ô homme ! Sans adorer les Pieds de Lotus du Guru (le Seigneur Sai], il n’est pas possible de traverser l’océan de la vie et de la mort.) « Je Me suis séparé Moi-même de Moi-même pour pouvoir devenir Moi-même, » dit Bhagavan. Ce n’est que par la prise de conscience, l’attitude et les actions, c'est-à-dire en voyant Dieu en toute chose, partout et en tout temps, qu’il est possible d’expérimenter pleinement cette unité et de ressentir ceci : « Ayant pris conscience de qui je suis, Seigneur, je suis de nouveau devenu Toi, « je suis-je », tout comme les vagues se fondent dans l’océan. »

L’auteur offre sa plus profonde gratitude à Bhagavan Baba pour Son inspiration et sa Grâce infinie qui ont permis la compréhension intuitive du drame de la vie. Avec amour, humilité et dévouement. Jai Sai Ram.

« Si notre présent n’est que le résultat de notre passé, les habitudes se forment sur une longue période. Mais quelle que soit la nature du caractère que l’on a, il peut certainement être modifié en changeant les processus de pensée et d’imagination habituels. Personne n’est incorrigible. Par un effort conscient, les habitudes peuvent être changées et le caractère affiné.

Par le service désintéressé, par la renonciation, par la dévotion, par la prière et par le raisonnement méthodique et la logique, les vieilles habitudes peuvent être abandonnées et de nouvelles acquises pour nous conduire le long du chemin divin. »

Sai Inspires
H2H, 26 août 2005,
Revue Prema 73