QUI S’EN SOUCIE



(Tiré de Heart 2 Heart - le journal sur Internet des auditeurs de Radio Sai -
Extrait de Sai Inspires du dimanche 11 mars 2007)

Sai Ram et salutations pleines d’amour de Prashanti Nilayam !

Nous sommes certains que vous aurez remarqué que, semaine après semaine, nous nous acharnons sur les problèmes liés aux valeurs humaines, ces valeurs qui, bien que latentes en nous, doivent être patiemment éveillées, que ce soit à la maison, à l’école ou au bureau.

Certains d'entre vous, en réaction à nos éditions spéciales hebdomadaires, nous reprochent de nous répéter. C’est la pure vérité, et nous ne nous en excuserons pas. Et pour enfoncer le clou sur l’importance de ces valeurs et d’une bonne éducation, cette semaine nous vous présentons de larges extraits de deux articles récents écrits par d’éminents citoyens indiens. Le premier est de Kuldip Nayar, journaliste de longue date et de grande réputation. Dans le Deccan Chronicle du mois de mars, M. Nayar se plaint du déclin de la perception du Parlement Indien. Voici comment il commence son article :
« N'êtes-vous pas inquiets à propos du Parlement ? », se demande Somnath Chatterjee, le porte-parole de l'Assemblée Nationale. Son plus grand souci est la vision négative qu'en a le public. Les séances sont considérées comme une perte de temps, et les émoluments des parlementaires comme une charge grevant le trésor. Il se souvient avec regrets de la remarque d'une jeune fille, lors de la visite d'une délégation de jeunes gens, qui affirmait qu’elle ne ferait jamais de politique parce qu'on n'y trouvait ni honnêteté ni intégrité. « Ces mots m'ont marqué au fer rouge », dit Chatterjee.

Comme on pouvait s'y attendre, M. Nayar attribue en grande partie ce déclin aux médias. Alors qu’une majorité de Membres du Parlement se préparent avec zèle aux débats, de nos jours les médias ignorent ces grands travailleurs et préfèrent se concentrer sur la faible minorité qui a pris l’habitude de chahuter jour après jour, paralysant presque les séances. C’est pourquoi Mr. Nayar peut dire : « Les médias en sont venus à penser que les gens ne veulent rien lire qui puisse les faire réfléchir.

Aujourd’hui, la presse écrite souffre d’une maladie qui a ravagé nos journaux : le « syndrome du tabloïd ». Ouvrez n’importe quel journal et vous trouverez des pages remplies de photos de jeunes mannequins et d’acteurs plus ou moins dévêtus ; des pages et des pages sur ces modèles, top-modèles, acteurs, designers — des gens dont vous n’avez jamais entendu parler – pleines d’« informations » sur ce qu’ils aiment manger, leurs vêtements préférés, leurs passe-temps, leur vision de l’amour et du sexe, et autres fadaises. Les pages« Loisirs” des journaux, débordantes de ragots et de photos couleur vulgaires, ressemblent à un croisement entre un journal de mode et un magazine de films de seconde zone. » « Un journal n’est pas un dépotoir où déverser idioties, ragots cinématographiques et faits-divers. Il doit contenir des informations. Il doit éduquer le public sur les événements actuels grâce à des informations de fond et à des commentaires éditoriaux. L'une des causes de la détérioration de la presse écrite dans notre pays est que les dirigeants de journaux les considèrent comme une marchandise quelconque, une marchandise qui nécessite un bel emballage ; ce qui signifie dans ce cas remplir les pages de sottises et de photos en couleur de mannequins à demi nus. »

« Cette attitude irréfléchie et superficielle se reflète également dans les articles eux-mêmes. Les journalistes ne vérifient pas toujours leurs informations. Ils écrivent souvent une version partiale d'événements qui concernent des gens sans la moindre importance médiatique. Souvent, de bonnes histoires ne sont pas couvertes correctement. Même de simples faits ne sont pas toujours exacts. » « Il y a quelques années, le Parlement était le sujet d’information principal. Ce qui se passait dans les deux Chambres était abondamment couvert par un résumé hebdomadaire des principaux événements des séances. Aujourd'hui, la presse n’y accorde pas plus d’une colonne, et les chaînes de télévision s'en désintéressent presque totalement. Les médias sont plus attirés par les stars, que ce soit celles du Parlement ou du cinéma. Il y a même une chaîne de télévision qui ne montre pratiquement rien d’autre que ce que font les acteurs pendant leurs tournages. »

Pour ceux qui pensent que nous prenons trop souvent les médias comme bouc émissaire, cette vision d'un journaliste de renom, qui en fait partie, est édifiante. Le déclin des valeurs et de la qualité n'est pas accidentel ; en un sens, tout vient du déclin de l’éducation elle-même. C’est dans ce contexte que les remarques du Prof. J.S. Rajput (ancien Président du Comité National pour l’Éducation des Professeurs et ancien Président du Conseil National pour la Recherche et la Formation Pédagogique) sont pertinentes. Lui aussi est intervenu récemment dans le Deccan Chronicle, s'exprimant sur le matraquage médiatique qui veut que l’Inde, forte de son énorme population de jeunes, soit probablement sur le point de devenir un acteur économique majeur. C’est une possibilité, acquiesce le Prof. Rajput, mais seulement si nous prêtons l’attention nécessaire aux différents aspects de l’éducation. Voici quelques-uns des problèmes qui le préoccupent.

« La plupart des experts parlent d’une participation croissante de l’Inde à la force de travail mondiale dans le futur. L’avantage démographique actuel et futur de l’Inde peut aider les pays confrontés à un manque de main-d’œuvre. De nouvelles possibilités s’ouvrent pour les jeunes de l'Inde de remplir le vide qui se crée dans les sociétés vieillissantes. » « Ce discours sensé, avec toutes ses données, ses faits et chiffres, se répercute invariablement sur l’éducation indienne. Il se réfère aux milliers d’experts indiens en technologies de l'information et de la communication qui ont pratiquement pris le contrôle de la Silicon Valley, apportant un rayonnement international à l'Inde, et améliorant leurs conditions de vie et de travail. Nombre d’entre eux sont désireux d’aider l’Inde autant que possible. Cependant, à l’autre extrême, il y a plus de dix millions d’enfants qui ne sont jamais allés à l’école. Même les données officielles ne présentent pas un tableau encourageant : seulement 7 % du groupe d’âge de 18 à 24 ans aurait accès à l’enseignement supérieur, et l’enseignement technique professionnel ne serait accessible qu’à environ 5 % des élèves du secondaire. »

« Une Inde en plein essor ne peut se permettre de négliger le niveau de ses écoles, la faible représentation des disciplines techniques et professionnelles, le déclin de la qualité, du nombre et du dynamisme des institutions d'enseignement supérieur. La moitié de la population indienne a moins de 24 ans. Il y a environ 120 millions de jeunes en Inde âgés de 17 à 22 ans. Seuls 7 % sont dans l’enseignement supérieur. Chaque année, le système prépare trois millions de diplômés universitaires, et environ 400 000 ingénieurs. Les carences du système sont encore plus visibles dans le simple fait que seul un nouvel ingénieur sur quatre trouve un emploi. »

« Le taux actuel de croissance économique de l’Inde laissera perplexes tous ceux qui verront les chiffres concernant les enfants du troisième Sondage National sur la Santé des Familles. Parmi les enfants de moins de trois ans, 45,9 % ont un poids inférieur à la normale, 38,4 % souffrent de rachitisme, extrême dans 8 % des cas. En Chine, seuls 8 % souffrent d'insuffisance pondérale. Nous avons encore un taux de mortalité infantile alarmant à 57 pour 1.000 naissances. Les projets gouvernementaux, lorsqu'ils existent, sont largement insuffisants, en particulier pour les enfants de moins de trois ans. Malheureusement, ces problèmes sont considérés sans lien avec le processus d’éducation, alors qu’il est communément admis que la malnutrition entrave à la fois la croissance physique et mentale. La majorité de la population n’a pas accès au système de santé, et ce sont principalement les enfants qui en souffrent. C'est pourquoi, pour obtenir des gains à long terme, il est important de se concentrer sur les enfants, leur santé et leur éducation. »
« L’éducation doit comporter l’acquisition de « connaissances, compétences et valeurs », tirant le meilleur parti de la tête, de la main et du cœur… L’Inde souffre maintenant de la « phobie des notes », et néglige l’éducation de la main et du cœur. C’est le principal goulet d’étranglement qui pourrait retarder l’accomplissement des rêves créés par notre élan économique. »

« La tâche principale qui attend le système existant est l’amélioration de la qualité, de la crédibilité et de l’adéquation des institutions d’enseignement supérieur. À chaque étape du processus éducatif, il faut se rendre compte du rôle critique de l’éducation de la main et du cœur, des compétences et des valeurs, et inclure les composants nécessaires dans le cursus. » Remarquez que le Prof. Rajput parle non seulement des valeurs éducatives, mais aussi de prêter attention à « la main et au cœur ». Cela nous rappelle quelque chose, non ? Swami insiste là-dessus année après année. Peu de gens se rendent compte que ce que dit Swami est profondément important et, pourtant, la plupart d’entre nous semblent ne pas s’en soucier. D’après les articles cités plus haut, deux choses sont parfaitement claires. Premièrement, que les valeurs sont d’une importance capitale dans tous les aspects de la vie et de la Société. Ensuite, que ces valeurs ne fleuriront que si le système éducatif fait de son mieux pour promouvoir leur pratique et leur observation. Et pour rendre absolument limpide le fait qu’un tel système fondé sur « la main, la tête et le cœur » peut fonctionner, Swami a créé une Université qui combine la poursuite de l’excellence académique avec la discipline et le contrôle des sens et du mental. Il est aussi important de noter que l’EVH, ou éducation aux valeurs humaines est souvent décrite par
Swami comme « 3H », ce qui signifie le fonctionnement harmonieux de la main, de la tête et du cœur (Hand, Head, Heart).

Récemment, il y a eu des rapports inquiétants sur l'augmentation du vol organisé d’informations personnelles dans le monde, en particulier en Occident. Inutile de dire que la plupart de ces crimes sont le fait de gens très doués en informatique. De tels vols sont le prélude à des extorsions sophistiquées et à des crimes technologiques. En fait, il semble que dernièrement la mafia recrute activement des petits prodiges de l’informatique en leur offrant des bourses d’études attrayantes pour étudier dans les meilleures écoles. Une fois diplômés, ils doivent travailler pour des criminels sans aucun moyen de s’en sortir parce que ces derniers ont le bras long.

On parle aussi de personnes placées dans des situations financières difficiles, ou dans des situations compromettantes afin d’être forcées d'accomplir des tâches criminelles.

En résumé, où que l’on porte le regard, force est de constater que les enseignements de Swami représentent le seul espoir. Plus vite nous prendrons tous cela au sérieux, meilleur ce sera pour nous et pour l’humanité tout entière.

Merci de nous avoir accordé quelques minutes de votre attention. Dieu vous bénisse et Jai Sai Ram.

Avec Amour et Considération,

L’Équipe de Heart2Heart
Revue Prema 72