L'AMOUR DE LA LOI PURE
PAR RAPPORT À LA LOI DE L'AMOUR PUR

Par M. Amar VIVEK



(Tiré de Heart2Heart du 1er avril 2007,
le journal sur Internet des auditeurs de Radio Sai)

Dans cet article nous rapportons le récit passionnant de M. Amar Vivek, un ancien étudiant de l'Université Sri Sathya Sai. Il raconte comment, grâce à sa foi absolue en la puissance de la Vérité et de la Droiture, il a pu, dans le monde complexe de la loi où il a eu affaire à des criminels et des fonctionnaires corrompus, rester ancré dans ses principes et sortir triomphant sans compromettre ses valeurs.

M. Amar Vivek s’est inscrit à l’Université ?r? Sathya Sai en 1986 pour passer sa Maîtrise en Gestion Administrative (MBA). Auparavant, il avait achevé son Doctorat en Droit (LLB) à Chandigarh, l’Université du Punjab. Il est actuellement avocat à la Cour Suprême du Punjab et d’Haryana, et également membre fondateur de ?r? Sathya Sai Gramin Jagriti Sewa Sadan, une organisation à but non lucratif investie dans l'habilitation et l'éducation rurales.

6 Août 1988. Jamais je n’oublierai ce jour de ma vie. Ce fut le jour le plus triste et, en même temps, le plus heureux de mon existence. Ce jour-là, je devais quitter la présence physique de Bhagavan après avoir obtenu mon diplôme de fin d’études. Mais Bhagavan a gravé à jamais ce jour dans mon cœur, car Il m'a invité à entrer dans la salle d'entrevue, faisant partie du groupe de garçons qui s’en allaient ce jour-là. Une fois à l'intérieur, Il m’a parlé avec beaucoup d’affection et m’a demandé : « Que Me donneras-tu en échange de l’éducation que tu as reçue à l'Université de Swami ? »

J’étais abasourdi, n’étant évidemment pas préparé à unetelle question si directe. Mais je suis parvenu à retrouver ma voix et j’ai laissé échapper ces mots : « Ce que vous me direz, Bhagavan. » Il m’a regardé alors d’un regard si pénétrant que tout mon être intérieur en a été bouleversé. Et puis, la conversation divine a continué. « Promets-tu que tu Me donneras tout ce que Je demande ? » J’ai répondu fermement :

« Oui, Bhagavan. »

Ensuite, les lèvres divines ont prononcé ce commandement : « Ne fais pas une mauvaise réputation à Sai – c’est tout que Je te demande. Je ne veux pas que quelqu'un Me dise que mon ex-étudiant ne vit pas selon Mes Enseignements et Mon Exemple. »

Vous pouvez imaginer quel effet ces mots d’adieu de Bhagavan ont eu sur moi - et ils continuent à m'influencer encore aujourd’hui. Nombreuses sont les fois où Son exhortation est revenue à mon esprit, m'incitant à écouter la voix de ma conscience. Elle me pousse à essayer d’atteindre les niveaux les plus élevés du comportement moral.
Et le seul fait d’avoir la sensation qu'Il est témoin de chacune de mes respirations, de mes paroles et de mes actions me remplit d’énergie et d’inspiration. De quel meilleur encouragement un homme a t-il besoin quand il entre dans le monde complexe et parfois traumatisant de la loi, où vous devez vous occuper de criminels et d’une multitude de cas faisant partie de la tragédie humaine ? À maintes occasions, mon courage a été mis à rude épreuve et je m’en suis sorti uniquement en écoutant ma précieuse voix intérieure.

L’éclatante lumière de la vérité En 1999, alors que j’exerçais mon métier d’avocat à la Cour Suprême du Punjab et d’Haryana à Chandigarh, je me suis occupé d’une affaire extrêmement difficile. Un policier corrompu avait obtenu illégalement la maison d'un pauvre maître d'école. Sans m’en remettre au Divin, j’aurais été incapable de supporter la bataille acharnée qu’il m’a fallu endurer, car le policier s’est évertué à me nuire et à nuire à ma famille. Le précédent avocat de mon client lui avait conseillé de faire de fausses déclarations ; cependant, gardant les paroles du Sw?mi à l'esprit, je lui ai dit qu'il ne devait pas mentir à la cour et que, par ailleurs, nous gagnerions notre procès établi sur la vérité, et non sur l'exagération et le mensonge.

Le procès a duré longtemps et un grand nombre de témoins ont dû être entendus. Finalement, au bout de nombreuses années, les argumentations étant épuisées, le juge allait prononcer son jugement. J'étais assez tendu à l’approche de la décision imminente concernant cette affaire, car elle avait été émotionnellement éprouvante.

Alors que j'étais à la maison, regardant la photo de Bhagavan dans ma chambre, je pouvais ressentir Sa présence rassurante autour de moi. Je me suis mis à repenser aux moments où il semblait qu’en fait le Seigneur s'était occupé de moi, car nous avions continué à adhérer à la vérité et à la droiture.

Je m’étais occupé de cette affaire de façon désintéressée et sans crainte, me fiant à ma force et à ma conviction intérieure. J'avais intuitivement ressenti que nous étions certains de gagner cette affaire, car nous ne nous étions jamais écartés de la droiture.

Tandis que je réfléchissais sur les événements qui venaient de se dérouler peu de jours auparavant, je me suis souvenu comment, à un moment critique du déroulement de cette affaire, un document crucial était parvenu à mon bureau, nul ne sait d’où. Un monsieur, que je ne connaissais pas, était entré et me l'avait remis. Son nom, avait-il dit, était « Rishi » (ce qui signifie ‘sage’), et j’ai eu le sentiment qu’il s’agissait certainement de l’œuvre du Divin.

Je me suis rappelé encore comment, quand j'avais fait subir un contre-interrogatoire au policier, il avait répondu de façon inattendue, une question après l’autre, en témoignant contre lui-même ! J'avais bien sûr prié Bhagavan avant de commencer, mais je ne m'étais jamais attendu à une tournure des évènements si spectaculaire, parce que, par ailleurs, l'officier était un homme d’une volonté de fer.

Et puis, j'ai été également soutenu par le nom du juge qui devait rendre le jugement. Il s’appelait Sri Sant Prakash (qui signifie « la lumière du saint »). Je me suis dit que je ne devais pas m'inquiéter, car la lumière doit forcément jaillir d'un saint ! Et pour finir, ce n’est autre qu’un jeudi, le 17 mai 2001, que le verdict tellement attendu de cette affaire a été déclaré en notre faveur ! Nous étions euphoriques, car toutes ces longues années d'adhésion patiente aux valeurs avaient finalement triomphé du mensonge, de la falsification et de la manipulation.

La Volonté d’aider

À une autre occasion, une vieille dame avait demandé mon aide. Appelons-la Savitha (pour préserver son anonymat) ; elle avait perdu son mari et son fils adulte dans un tragique accident de la route. Elle s’était alors empêtrée dans un litige de propriété avec sa belle-sœur qui revendiquait ses droits sur la maison où elle vivait. Complètement désespérée dans cette situation pitoyable, elle m'a montré quelques papiers avec la signature en blanc de son mari et de sa belle-mère, et m’a demandé si je pouvais les employer pour en faire un testament qui témoignerait qu'elle avait hérité des propriétés laissées par son mari.

À ce moment là, j’ai été perturbé. Devais-je l'aider en produisant de faux documents ou devais-je adhérer à la voie de la droiture ? C'était vraiment un dilemme, car je pouvais, d’un seul coup, la sauver d'une situation injuste, mais cela impliquait également d’avoir recours au mensonge.

Je lui ai demandé de m’attendre un moment, et je suis allé dans mon bureau pour m’isoler pendant quelques minutes. J'ai prié intensément Bhagavan et j’ai cherché dans mon être intérieur quelle était la voie juste. Mes émotions m'influençaient à l’aider à n’importe quel prix, car c’était une victime sans défense. Au bout d’un court instant, la voix de ma conscience m’a parlé clairement.

La décision que je devais prendre était évidente

Je suis allé chez ma cliente et je lui ai dit que je ne pouvais pas utiliser ces papiers pour rédiger un document tel qu'un testament, mais que je pouvais certainement les présenter devant la cour afin de convaincre les juges d’en faire bénéficier une dame honnête, en stipulant qu’elle n’en avait mésusé en aucune circonstance. Je lui ai également dit qu’en adhérant à la Vérité il se pouvait qu’elle ne sorte pas gagnante de ce litige de propriété, mais qu’elle serait gagnante à ses propres yeux et que Dieu prendrait sûrement soin d’elle.

Elle a tout de suite été d’accord avec ma suggestion, et le courage et la conviction que nous avons puisée dans ce petit épisode nous a donné de l’assurance pour n’adopter que des moyens honnêtes.

Ensuite, l’affaire a pris une curieuse tournure, quand la belle-sœur de Savitha a présenté un prétendu testament au nom de la défunte belle-mère, léguant toutes les propriétés à sa fille et à sa belle-sœur !

Nous avons été interloqués quand nous avons vu se dérouler devant nous le même procédé malhonnête que nous avions rejeté parce qu’immoral et contre nos principes.

Le testament avait été prétendument exécuté seulement quelques jours avant la mort de la dame, et c’étaient les jours où elle luttait contre son cancer. Savoir ce qui s’était vraiment passé et justifier nos soupçons a été une tâche laborieuse et difficile.

Ce qui c’est passé, c’est qu'un monsieur, appelé M. Janardhan (nom modifié), avocat de son métier, s’était porté témoin dans cette affaire. Il prétendait avoir dressé le dit testament. Dans son témoignage devant la cour, il a clairement attesté qu'il ignorait si le testament avait été rédigé par la belle-mère âgée de Mme Savitha. Il a dit qu'il avait été appelé par la belle-sœur de Savitha afin qu’il se rende chez elles, et c’est en y arrivant qu’il a constaté que la vieille dame était alitée.

C’est alors que la belle-sœur lui a remis les documents - supposés être le testament de sa mère. Il l'a simplement signé sans prendre connaissance de son contenu et sans vérifier s’il avait été exécuté par elle ou pas. L’affaire est toujours en cours et le verdict, suite au témoignage de M. Janardhan, est attendu dans les prochains mois, mais, intuitivement, je sais que seule la Vérité triomphera. En fait, cette certitude elle-même est une victoire pour moi et ma cliente.

Un témoin approprié

Je me souviens aussi comment, simplement en entreprenant un voyage en train à Puttaparthi, j'ai été sauvé d'une terrible situation quand quelqu'un a porté de fausses accusations contre moi. Je me suis occupé d’une affaire contre un avocat qui avait molesté l’éditrice d'un journal. Plein d’indignation, j'ai mené un procès acharné contre lui et, en fin de compte, sa mise en liberté provisoire sous caution a été rejetée. Cela a grandement contrarié l'avocat et il a élaboré un plan astucieux pour me détruire.

Il a déposé une fausse plainte contre moi auprès de la Cour Suprême de Saharanpur, formulant des accusations sérieuses et déshonorantes en rapport avec mon caractère et ma conduite.

L’incident qu’il avait inventé était daté du 14 juin, date ingénieusement stratégique car, au mois de juin, la Cour Suprême est fermée pour les vacances d'été. Ainsi, je ne pouvais pas me défendre en prouvant qu’à la date de l'incident j'étais présent à la cour pour plaider ou pour toute autre affaire.

Cependant, le 13 juin de cette année là, afin de me rendre à Puttaparthi, j’étais monté à bord du Karnataka Express qui allait de New Delhi à Dharmavaram. Et imaginez-vous un peu, le passager qui se trouvait à côté de moi dans le train ce jour-là n'était autre que le juge à la Cour Suprême du Punjab et d’Haryana à Chandigarh, qui allait également à Puttaparthi !

De retour à Chandigarh, le tribunal m’a remis la désagréable assignation concernant la plainte lancée contre moi et, assez choqué, j'ai prié Bhagavan avec ferveur. Inspiré par Lui, je me suis précipité sur le champ au cabinet de l’Honorable Juge à la Cour Suprême et je lui ai tout expliqué. Il a immédiatement téléphoné à son homologue de la Haute Cour Suprême et a offert de se porter personnellement témoin en ma faveur, car il était présent avec moi dans le train du 13 au 15 juin. Le Juge de la Haute Cour Suprême s’est assuré que les faux arguments prononcés contre moi étaient non avenus, et ainsi, par Sa Grâce, je m’en suis sorti totalement indemne.

Il ne fait aucun doute que le voyage vers Sai nous amène de manière certaine jusqu’à la destination qui est Sai lui-même. Mais ce voyage en train vers Puttaparthi était spécial, puisqu’il s'avéra m’avoir protégé de tout mal ! C’était une réservation planifiée d’une main de Maître pour sauver un humble travailleur qui essayait de suivre la voie de la Vérité de son mieux.

Arrangement au bon moment

Récemment, je me suis occupé de quelques affaires pour une célébrité du monde du cinéma. Sa partie adverse était « un membre de la haute société » de Chandigarh. En priant Bhagavan, j’ai pu amener ce monsieur à la table des négociations et les deux parties sont parvenues mutuellement à un accord.

Les vingt autres affaires en suspens, qui avaient été âprement défendues, ont été classées en quelques jours.

Ma cliente a été totalement satisfaite de ce dénouement et, au bout de quelques jours, la personne de la partie adverse est également venue chez moi et m'a remercié d’avoir mis un terme à ce rude litige.

Il a déposé la somme de 75.000 Rs sur ma table et est parti.

Ma conscience a immédiatement commencé à me titiller. J'ai pensé que je devais renvoyer l'argent à la personne sans plus de cérémonie. Mais, ensuite, un désir impérieux s’est emparé de moi. Je me suis dit : pourquoi ne pas remettre cette somme à ma cliente, qui avait subit d’énormes pertes d’argent pendant le procès.

Je l'ai appelée aussitôt à Mumbai et, après lui avoir tout expliqué, elle a accepté cette somme avec joie. Je lui ai également demandé d'envoyer un accusé de réception de ce montant à la partie adverse. Plus tard, elle m'a appelé pour me dire que, jusque-là, elle n’aurait jamais cru qu'un avocat pourrait transmettre un jour de l'argent dans une telle situation.

C’est seulement en raison de mes systèmes comportementaux, fondés sur les valeurs et la confiance en ce que me dictait ma conscience et acquis grâce à la noble éducation donnée à l’Université Sri Sathya Sai, que j’ai pu agir de cette manière. « L’honnêteté dans la vie personnelle et professionnelle est la première règle », a été une importante leçon que l’on nous a enseignée chez notre Alma Mater bien-aimée et, au fil des ans, cette règle est devenue une conviction profondément enracinée dans mon âme. Nous devons seulement avoir assez de courage et de conviction pour la mettre en pratique dans la vie réelle. Bhagavan, dans Son abondante grâce, nous accorde beaucoup de moments où nous devons être en accord avec Lui lors de situations difficiles où le moral est au plus bas. Il est très facile de tomber dans les pièges tendus par le mental d'autres personnes - et par le nôtre ! Mais Son amour nous entoure toujours aussi longtemps que nous suivons Ses paroles à la lettre. Quelques jours avant que je quitte l’Université SriSathya Sai, Swami a révélé la vraie signification de mes diplômes universitaires - LLB et MBA. Il a dit qu'ils correspondaient à « Live and Love Baba » (Vis et Aime Baba) et « Mind on Baba Always » (le Mental Toujours (fixé) sur Baba). À présent, je sais vraiment ce que cela signifie.

Quand nous vivons réellement selon Ses idéaux, nous l’aimons véritablement. Par ailleurs, Son regard d’Amour ne cesse d’être continuellement fixé sur nous, partout où nous sommes et quoi que nous fassions. Il nous suffit seulement de faire un petit effort pour regarder à l'intérieur de nous et constater que le Seigneur est en train de nous regarder ! Son regard jamais ne nous lâche.

M. Amar Vivek

Heart2Heart du 1er avril 2007

Prema n°76