DIEU EST-IL RÉELLEMENT PRÉSENT
EN CHACUN DE NOUS ?



(Tiré de Heart2Heart – le journal sur Internet des auditeurs de Radio Sai -
Sai Inspires du dimanche 9 juillet 2006)

Sai Ram et salutations pleines d’amour de Prashanti Nilayam.

Les gens nous écrivent souvent pour demander : « Comment pouvez-vous dire que Dieu est présent en chacun de nous ? Car Dieu n’est CERTAINEMENT pas présent dans un meurtrier. Et s’Il l’était, alors comment se fait-il que cet homme commette des crimes ? Il y a quelque part quelque chose qui ne va pas dans l’affirmation que Dieu est présent partout. » Aujourd’hui, nous aimerions proposer quelques réflexions sur cette question.
En effet, cette question fait partie de celles qui sont fréquemment posées. Il est intéressant de savoir que la réponse à cette question a été donnée – d’une manière assez laconique, certes – il n’y a pas moins de cinq mille ans, par Krishna Lui-même, même si Krishna n’a pas développé sa réponse. Swami aussi a parlé de l’Omniprésence de Dieu mais, contrairement à Krishna, Il s’est étendu longuement sur des aspects de la Divinité latents chez l’homme et sur la manière dont on peut faire se manifester la Divinité en nous. Malheureusement, peu de gens accordent de l’attention à ces magnifiques paroles qui expriment une vérité profonde, c’est une des raisons pour lesquelles cette question de savoir si Dieu est réellement présent chez les êtres mauvais ne cesse d’être posée. Mais revenons à la Bhagavad-Gita. Lorsque Krishna dit pour la première fois à Arjuna que Dieu est présent en chacun, Arjuna n’est pas vraiment en mesure de comprendre et demande de plus amples explications. Ces explications, Krishna les lui offre dans le huitième chapitre, en utilisant trois mots clé : adi bhoutika, adi daivika, et adhyatmika. En termes simples, ces trois mots font référence à la présence de Dieu à l’intérieur de chacun de nous à trois niveaux différents : le niveau de la matière, le niveau subtil et le niveau causal. Il se peut que ces mots aient une résonance mystérieuse pour vous, mais ne vous inquiétez pas, nous allons essayer d’expliquer ce qu’ils signifient précisément.

Commençons avec la présence de Dieu en nous au niveau de la matière. Qu’est-ce que cela signifie ?

Simplement ceci : nos corps sont tous composés d’atomes et l’énergie divine est indubitablement présente dans chaque minuscule atome. À propos, s’il vous plaît, prenez une minute pour réfléchir au fait que les atomes qui se trouvent dans le corps ne sont pas là de manière « permanente ». Les atomes ne cessent d’entrer et de sortir. Disons que nous marchons pieds nus ; ce faisant, des millions de cellules se détachent de nos pieds du fait de la friction et, au cours de ce processus, ce sont des milliards d’atomes qui se détachent de nous. Lorsque nous inspirons, les atomes entrent dans notre corps et, lorsque nous expirons, ils sont expulsés. Il en est de même lorsque nous mangeons. Nous absorbons des atomes qui sont sortis de notre corps avec la transpiration, les excréments, etc. Bref, il y a dans chaque corps vivant une circulation constante et dynamique d’atomes.


- D’accord, c’est compris, mais quel est le rapport avec la présence de Dieu en nous ?

- Tout simplement ceci : nous savons tous que chaque atome est mu par une énergie. Cette énergie est énorme, tout particulièrement si nous considérons l’intérieur du noyau de l’atome. Comment le savons-nous ? Grâce à Hiroshima et à Nagasaki. Vous savez quoi ? Chacune de ces villes a été détruite par l’énergie libérée par à peu près 5 grammes de matière ; et oui, seulement cinq grammes environ de matière fissile – de l’uranium dans le cas d’Hiroshima et du Plutonium dans celui de Nagasaki. Vous imaginez ? Appliquez la célèbre formule E = mc2 à cinq grammes d’atomes et vous avez assez d’énergie pour rayer de la carte une énorme ville.

Imaginez à présent qu’on applique cette formule à, disons, 70 kilos, c’est-à-dire le poids d’une personne de taille moyenne. On obtient une énergie équivalente à 70 x 200, soit 14.000 bombes d’Hiroshima ! En d’autres termes, si tous les atomes qu’il y a dans le corps d’une personne de soixante-dix kilos étaient convertis selon la célèbre formule d’Einstein, cela provoquerait une décharge d’énergie équivalente à celle de
14.000 bombes d’Hiroshima ! Heureusement, il n’est pas facile de libérer une telle énergie et nous pouvons être reconnaissants à Dieu de l’avoir enfouie soigneusement au plus profond de nous.

Mais une fois ce calcul fait, gardons en tête combien d’énergie de « masse » chacun de nous porte en lui ! Que cela nous plaise ou non, que nous croyions en Dieu ou pas, cette énergie de masse est présente non seulement dans chaque être vivant, mais aussi dans chaque être inanimé. Juste pour vous amuser, essayez de calculer l’énergie de masse de la terre ! Ça doit être astronomique et pourtant, régulièrement, nous creusons cette terre ; nous la malmenons afin d’élever des gratte-ciel et qu’avons-nous ? Nous avons la chance que la terre supporte tout cela avec patience et ne libère pas une minuscule fraction de l’énergie qui est en elle. Par la Grâce de Dieu !

Nous espérons avoir été capables de vous faire comprendre cette importante vérité qu’est la présence de Dieu au niveau de la matière en chacun de nous sous la forme de l’énergie contenue dans les atomes qui composent notre corps. Même le corps du meurtrier est composé des mêmes atomes que ceux existant dans le corps des saints. Voilà pourquoi, au niveau de la matière tout du moins, la présence de Dieu en chacun, y compris le meurtrier, ne peut être remise en question. En fait, il se peut que le corps d’un meurtrier pèse plus que celui d’un saint et, dans ce cas-là, son énergie atomique latente sera plus importante !

Tout ce que nous venons de développer ci-dessus est une amplification du terme adibhoutika, utilisé par Krishna pour décrire la présence de Dieu en nous au niveau soi-disant grossier. Il est immanent et de ce fait il n’est pas facilement reconnaissable, mais cela ne veut pas dire qu’Il n’est pas là. À présent passons au niveau suivant, c’est-à-dire le niveau subtil. Comme nous l’avons déjà mentionné, Krishna utilise le mot adidaivika pour décrire la présence de Dieu à ce niveau. Mais qu’est-ce cela signifie ?

Considérez toute personne vivante. Que veut-on dire quand on dit que quelqu’un est vivant ? Si un médecin examine un patient qui est sur son lit de mort et sur le point de mourir, il observe avec attention les signes vitaux, parfois simplement en prenant le pouls, parfois à l’aide d’un stéthoscope et, parfois encore, grâce à des moniteurs électroniques complexes. Mais quelle que soit la méthode, le médecin est attentif aux signes indicateurs de la vie tels que la respiration, la circulation sanguine, etc. Pour ce qui est des anciens de l’Inde, ils disaient que la vie est nourrie par des forces vitales qui contrôlent la respiration, la circulation, les réponses du système nerveux, etc. Et ils affirmaient que ces forces vitales, ou prana comme ils les appelaient, sont toutes contrôlées par certaines déités. Ce que Krishna a dit à Arjuna, c’est que ce n’étaient pas véritablement des déités qui contrôlaient les forces vitales internes, mais Lui, le Seigneur. Vous vous souvenez du Gita sloka qui commence avec les mots aham vaishv?naro bhutva et que nous chantons avant les repas ? Dans ce sloka, Krishna affirme qu’Il est la force vitale contrôlant le processus de la digestion. En fait, Il est la force vitale contrôlant la circulation sanguine, les stimuli nerveux, la respiration, etc., et cela, c’est quelque chose dont il est fait écho maintes et maintes fois et de diverses manières dans les Veda. Vous serez certainement d’accord pour dire que ces forces vitales opèrent même chez un meurtrier car, si ce n’était pas le cas, ce dernier serait mort. Et donc, que cela nous plaise ou non, nous sommes obligés de reconnaître que Dieu est présent même dans un meurtrier, au niveau appelé subtil. Cela fait deux niveaux sur trois.

À présent, qu’en est-il du troisième ? C’est ce sur quoi nous allons nous pencher à présent, et nous allons voir que c’est à ce niveau-là que l’on peut effectivement voir la différence entre un meurtrier et un saint. Krishna a dit à Arjuna : « Mon cher ami, en plus du niveau de la matière et du niveau subtil, Je suis aussi présent en tant que force spirituelle dans le cœur de chaque personne.

Que cela te plaise ou non, chaque personne n’est pas seulement dotée d’un cœur physique, mais aussi d’un cœur spirituel. Le cœur spirituel se trouve là où Je réside, et Je réside en chaque personne. Je suis présent en chacun de telle manière que, lorsqu’on Me cherche, Je suis disponible immédiatement. Tu te souviens de Draupadi ? Lorsqu’elle
M’a appelé en pleurant : « Ô Seigneur qui résides en mon cœur, pourquoi ne m’aides-tu pas » J’ai aussitôt répondu. Voici la première chose que tu dois comprendre. Je suis présent en tous, sans aucune exception, y compris dans le meurtrier. On peut alors poser les questions suivantes : « Dans ce cas, pourquoi les gens commettent-ils des crimes ? Comment cela se peut-il si Dieu est en eux ? Et pourquoi Dieu, puisqu’Il est en chacun, n’empêche-t-il pas que le meurtre soit commis ?” Eh bien, vois-tu, ce n’est pas parce que Je suis en eux que les gens écoutent toujours ce que J’ai à dire ! Parfois, ils m’enferment tout simplement à l’intérieur et ne Me permettent pas de Me manifester. Je n’essaie pas de les y forcer ; je ne me débats pas ; Je me contente de dire : « Je suis là et tu peux Me demander de l’aide quand tu veux. Si tu Me cherches, alors Je suis là pour t’aider » Je suis sûr que tu as remarqué qu’en ce moment même je suis en train de t’aider parce que tu Me l’as demandé. Mais si quelqu’un ne veut pas faire appel à Moi, alors je suis également content de rester à l’intérieur et d’observer. J’ai donné à toute personne la possibilité de M’appeler ou de M’ignorer. Si la personne appelle, Je réponds ; s’il n’y a pas d’appel, Je n’interviens pas. Je reste tranquille et Je regarde en tant que témoin, c’est tout ! »

Nous sommes d’accord sur le fait que Krishna ne l’a pas vraiment formulé de cette manière dans la Gita, mais si vous lisez les discours de Swami soigneusement, vous découvrirez que c’est effectivement ce que Dieu dit à l’homme. Alors, à quoi tout cela nous mène-t-il ? Simplement à ceci : Dieu est présent à l’intérieur de nous, même au niveau spirituel, mais à moins que nous ne permettions à la force spirituelle de se manifester, nos actions ne seront pas saines ; elles seront même parfois mauvaises. Formulons-le de la manière suivante : Dieu est présent à trois niveaux, et chacun de ces niveaux est équipé d’un commutateur : le commutateur du niveau 1 est activé par Dieu Lui-même et nous n’avons aucun rôle à jouer. Il en va de même pour le niveau 2 ; lorsque nous venons au monde, Dieu appuie sur le bouton. Pour ce qui est du niveau 3, Dieu nous laisse le soin d’activer la commande par nous-mêmes. Celle-ci est là, en tous, y compris dans le meurtrier ; cependant, le meurtrier ne l’active pas, alors que le saint le fait. Voilà ce qui fait la différence entre un meurtrier et un saint.

À propos, cela nous aide également à comprendre comment un criminel notoire répondant au nom de Ratnak?ra a pu devenir Saint V?lm?ki et écrire le R?may?na. À l’origine, le troisième commutateur, si crucial, était en position éteinte, mais quand Ratnak?ra a rencontré les sept sages et qu’il a entendu leurs conseils, il a appuyé sur le troisième bouton. C’est ainsi qu’il est devenu saint. Il y a à peine cinq cents ans, il est arrivé la même chose à Narayana Shetty, un infâme grippe-sou, prêteur sur gages. Un jour, du fait de certains incidents importants, il a appuyé sur le bouton. Dans la nuit, il est devenu Saint Purandaradasa. Soit dit en passant, ce dernier est également le fondateur du système carnatique de musique classique indienne.

Alors, l’idée derrière tout cela est la suivante : Dieu est présent à trois niveaux comme nous l’avons expliqué ci-dessus. Le commutateur qui fait qu’Il est présent aux niveaux 1 et 2 est activé par Dieu Lui-même. Cependant, au niveau 3, ce n’est pas Dieu qui appuie sur le bouton. Il laisse ce travail à l’homme.

Si l’homme tourne le commutateur, alors Dieu se manifeste en lui par l’intermédiaire de qualités telles que l’amour, la compassion, la tolérance, etc. Si l’homme ne se soucie pas d’appuyer sur ce bouton, alors Dieu ne se manifeste pas au travers de ses actions. En d’autres termes, Dieu est présent, mais seulement partiellement, dirons-nous. Quoi qu’il en soit, il nous est tout simplement impossible de dire que Dieu n’est pas présent au sein d’un meurtrier. Mais laissons de côté le meurtrier une minute et prenons l’exemple d’une personne profondément corrompue. Si l’on accepte l’argument que Dieu n’est pas présent dans le meurtrier, alors nous pouvons bel et bien nous demander : « Est-il présent dans un politicien corrompu ?

Est-Il à l’intérieur d’un homme d’affaires véreux, etc. ?

Mais si l’on commence à se poser ces questions-là, alors très vite il nous faudra admettre que Dieu ne se trouve dans pratiquement aucun d’entre nous ! Heureusement, cela ne marche pas comme ça. Dieu réside dans tous les cœurs, mais Il se manifeste de différentes manières. Plus une personne est pure, plus grande est Sa manifestation par des vertus, des bonnes actions, etc.

Certains peuvent quand même poser cette question :
« Pourquoi, bon sang, Dieu a-t-il fait cela ? Ne pouvait-Il pas tout bonnement appuyer aussi sur le troisième bouton ? » Eh bien, nous ne pouvons pas répondre à cette question ! Dieu est Celui qui a créé l’Univers et les êtres vivants, et Lui seul est en mesure de répondre à cette question. Mais nous pouvons quand même dire ceci : la vie est un jeu. Et tout jeu – que ce soit le baseball, le cricket, le golf, le football, ou n’importe quel autre jeu – a ses propres règles ; et lorsqu’on joue à un jeu, on doit en suivre les règles. Si l’une de ces règles est violée, alors le jeu est déclaré nul. Au football, on reçoit des cartons jaunes et/ou rouges. Il en est de même avec le jeu de la vie, nous devons jouer selon les règles établies par Dieu et nous n’avons pas le choix !

Il est possible que vous ne soyez pas très contents de cela, mais nous espérons que vous serez au moins d’accord pour dire que Dieu est présent même à l’intérieur d’un meurtrier, bien qu’Il ne Se manifeste pas en termes de vertus et d’humanité.

Alors, qu’en pensez-vous ?

Jai Sai Ram.
Avec Amour et Considération.

L’équipe de Heart2Heart
Prema n°76 – 1er trimestre 2009