DES TRACES DE PAS QUI M’ACCOMPAGNENT…

Mlle Deepti Bhagia



Ancienne étudiante du Campus d’Anantapur de l’Institut de Swami
(Tiré de Heart 2 Heart du 1er janvier 2007,
le journal sur Internet des auditeurs de Radio Sai)

Voici la transcription d’un discours donné par Mlle Deepti Bhagia le 30 septembre 2003 en la divine présence de Bhagavan, pendant les célébrations de Dasara à Prashanti Nilayam.

Des traces de pas qui m’accompagnent ;
Des traces de pas que peut-être je ne vois pas ;
Mais qui sont, je le sais, toujours avec moi.

J’offre mes plus humbles salutations aux Pieds de Lotus de Bhagavan. Respectés aînés, mes sœurs et mes frères.

Agonie ou extase. Le Tout-puissant est toujours à nos côtés

La présence du Tout-puissant court comme un profond courant souterrain dans ma vie, inextricablement liée à la moindre de mes fibres. En vérité, l’action de Dieu sur nos existences est comme la caresse d’une fraîche brise d’automne sur une joue brûlante — consolante, caressante et apaisante. Nous devons apprendre à chercher Dieu, caché au milieu des myriades de facettes de la création, à travers toutes les épreuves de la vie ; calme et tempête, paix et conflits — c’est Sa main qui gouverne tout !

Une fois que l’on a développé la foi qu’Il est avec nous, partout et en tous lieux, nous comprenons que l’impossible devient possible avec Lui ! Les jeux divins du Seigneur ne peuvent être entièrement décrits. On ne peut que les vivre, et seulement dans certaines limites. Dans ce contexte, j’aimerais partager avec vous quelques exemples personnels.

Il « lit » une lettre qui n’a pas été écrite

C’était en 1997, vers la fin de l’année. J’étais étudiante en classe XI. Les entraînements pour les Rencontres Sportives Annuelles (qui se tiennent tous les ans le 11 janvier) battaient leur plein, et les étudiants restaient sur le terrain tard dans la nuit.

Pendant l’une de ces soirées, je me suis retrouvée seule dans la salle de classe, incapable de me concentrer sur mes livres, car j’avais le cœur lourd. Cela faisait bien longtemps que Bhagavan ne m’avait pas accordé un seul regard. Des centaines de pensées envahissaient mon esprit — introspection, reproches, culpabilité. Inconsciemment, je pris mon carnet de notes et commençais à y dessiner quelques fleurs éparses. Quand j’eus terminé, j’imaginai d’exprimer mes pensées sur cette feuille, de la mettre dans une enveloppe puis de l’offrir à Bhagavan. Mais une fois le stylo en main, les mots me manquèrent. Avec une profonde angoisse, je ne pus écrire que ces deux phrases :
« Bhagavan, je ne suis pas capable d’exprimer avec la froideur des mots le trouble de mon cœur. Je t’en prie, lis ce que je n’ai pas écrit. » La lettre ainsi terminée, je la mis dans une enveloppe et la confiai à mon père, en le priant de l’offrir à Bhagavan dès qu’il en aurait la possibilité.

Trois jours passèrent sans nouvelles de cette lettre. Je me sentais très triste. Je pensais que peut-être Bhagavan ne lui avait pas donné l’occasion de la lui remettre, ou que, tout à son travail, père aurait oublié ma requête.

C’était le 31 décembre 1997. Bhagavan fit appeler les étudiants de l’école pour le darshan. Découragée et avec le plus grand désespoir, je m’assis en première ligne. Le darshan fut vite terminé, et Bhagavan entra sans le moindre regard dans ma direction. Tout espoir mourut dans mon cœur. Comme le moment des Bhajans approchait, je fis amèrement remarquer à une camarade de classe proche de moi : « Tu vois, même cette année 1997 a été stérile ! Bhagavan n’a pas répondu à ma prière ! »

Alors que les Bhajans commençaient, je fermai les yeux. Immédiatement, quelqu’un me tapota l’épaule. Les rouvrant, je vis Bhagavan dans la véranda qui se dirigeait vers l’endroit où mon père était assis. Il alla jusqu’à lui, tendit la main et lui demanda quelque chose qu’il avait dans la poche !

Je retins ma respiration. Bhagavan se tint immobile, ouvrit l’enveloppe, lut avec une grande attention, remit la lettre dans l’enveloppe et se dirigea doucement vers moi, tout en me souriant avec gentillesse. J’étais profondément troublée. Je réagis en versant des flots de larmes — car en vérité, Il avait répondu à ma prière.

Il entend et répond. Toujours

Il vient un moment dans la vie où chacun de nous comprend que es événements qui nous arrivent sont régis par une Puissance au-delà de la compréhension humaine. Cette Puissance, cette mystérieuse Force Cosmique, s’est incarnée en notre Bhagavan, là, tranquillement assis au milieu de nous. Les tumultes de nos vies ne sont là que pour nous enseigner à développer une foi inébranlable en Lui ; et cette foi affermie, nous constatons que les problèmes fondent comme neige au soleil.

La persistante mauvaise santé qui m’accompagne depuis longtemps m’a été fort utile, car elle m’a amenée beaucoup, beaucoup plus près du Divin. Une fois, alors que j’étais en classe, j’ai commencé à ressentir des difficultés à respirer. Nous étions en examen de physique. Avec un sentiment angoissant, je me suis rendue compte que je perdais mes forces — mon esprit se vidait. Incapable de faire quoi que ce soit, j’ai commencé à prier Bhagavan. La question nous demandait de dériver la première Loi de l’Électrolyse de Faraday à partir de la seconde. Avec le peu de forces qui me restaient, j’ai écrit tout ce qui me semblait avoir un lien avec le sujet. À la fin, j’ai rendu ma copie sans savoir si j’avais écrit une dérivation ou plutôt une confusion des lois de l’électrolyse.

Trois jours plus tard, le professeur entra en classe en tenant ma copie, et demanda à toutes les étudiantes de copier cette réponse. Elle dit n’avoir jamais trouvé une explication aussi claire dans quelque livre que ce soit. Je jetai un coup d’œil à ma copie, et restai ébahie ! Je ne reconnaissais pas un mot de cette réponse ! La copie était bien la mienne, l’écriture aussi, mais la réponse — encore aujourd’hui, je ne me souviens pas avoir jamais lu sa pareille.

En vérité, il n’y a rien qu’Il ne puisse faire ; pas de situation qu’Il ne puisse changer. La Mort elle-même n’est qu’une marionnette entre Ses mains. Si une prière émerge du plus profond de notre cœur, Il écoute et Il répond, à Sa manière. Peu importe l’importance de cette pensée, ou l’insignifiance de cet appel ; il les a enregistrés !

La présence spirituelle de Sai. Il est là en tous lieux

Avant que je ne m’inscrive comme étudiante dans Son Institut, Bhagavan me bénit en me disant qu’Il serait avec moi, que toujours Il me guiderait et me protégerait. Au cours de mon quatrième semestre de licence, je commençais à avoir des difficultés. La vie me semblait dure. Je ne pouvais plus supporter la pression, physique et mentale. Un triste après-midi, je pensais : « Bhagavan, c’est maintenant que j’ai vraiment besoin de ton aide. Mais où es-tu pour m’aider ?

Tu es si loin de moi, physiquement ! »

Perdue dans ce genre de pensées, je me dirigeais vers la bibliothèque pour faire un peu de recherches. Une fois là, je m’approchai de la table centrale pour écrire ce qu’il me fallait.
Immédiatement, mes yeux tombèrent sur un vieux livre tout abîmé, ouvert devant moi. Il y était écrit :
« Est-ce que tu penses que Je n’existe pas parce que tu ne peux pas Me voir ? Est-ce que tu penses que Je suis silencieux parce que tu ne peux pas M’entendre ? Est-ce que tu penses que Je n’agis pas parce que tu ne vois pas Mon travail ? Est-ce que tu penses que Je ne t’aime pas parce que tu ne ressens pas Mon affection ? Je suis ici. Cherche-moi avec l’Esprit, et tu auras conscience de Ma présence ! Car, quand je te donne Ma force, quel fardeau peut te peser ?

Quand je te donne Ma sagesse, quel problème peut te défier ? Et quand je te donne Mon Esprit, quelle mort peut te vaincre ? »

Instantanément, je me rendis compte qu’il s’agissait de la réponse à la question qui m’était venue à l’esprit quelques minutes plus tôt. Le jour suivant, je retournai à la bibliothèque dans l’intention d’emprunter ce livre. Mais j’eus beau chercher, je fus incapable de le trouver. Surprise, j’allais demander son aide à la bibliothécaire, mais elle m’affirma ne pas avoir un tel livre !
Et bien, qui croyez-vous qui avait mis ce livre ouvert à cette page précise sur la table juste pour moi ? Personne d’autre que notre Bhagavan. La petite silhouette silencieuse de notre Dieu, assis au milieu de nous, n’est rien d’autre que l’Incarnation de la force Cosmique, le Créateur, le
Contrôleur de notre existence lui-même ! Il est prêt à faire n’importe quoi pour nous – vraiment n’importe quoi – pourvu que nous Lui offrions notre cœur en toute sincérité et avec amour.

Une expérience remarquable. L’illumination au cœur de la nuit

Lors d’une fraîche et sombre nuit de janvier 1999, j’étais couchée sur mon lit, trop faible et malade pour atteindre mon casier, de l’autre côté de la pièce, et y prendre mes médicaments. Il était environ une heure du matin. Pas loin de cent dix étudiants autour de moi dormaient d’un sommeil bienheureux. Alors que je me trouvais dans cette condition, ne sachant que faire, les lumières s’allumèrent soudainement. Interloquée, je regardai dans la direction de l’interrupteur.

Je restai bouche bée, sans voix. Car là, près de cet interrupteur, se trouvait Bhagavan en chair et en os qui me souriait ! Il se dirigea lentement vers mon casier, en toucha le contenu, puis resta là immobile quelques minutes en me souriant avant de disparaître ! Le néon continuait de briller. Il me fallut un peu de temps pour surmonter mon choc. Un peu plus tard, j’allai jusqu’au casier, pris mes médicaments et m’endormis.

Le matin suivant, je me demandais si toute cette histoire n’était qu’une hallucination due à un corps et à un esprit fatigué. C’est pourquoi je décidai de ne pas en parler. Mais, l’heure du dîner arrivée, je ne pus plus me retenir. J’appelai l’une de mes camarades, l’amenai jusqu’au dortoir et lui racontai tout. Je finis en disant que, si Bhagavan était vraiment venu pendant la nuit pour me sauver, alors je voulais avoir Son Darshan ici et maintenant !

Une synchronicité divine stupéfiante

C’était un mercredi, à 19 h 30. Ayant à peine prononcé ces paroles, je me sentis complètement ridicule : comment pouvais-je espérer avoir le Darshan de Bhagavan un mercredi à 19 h 30 ? Mais au même moment, une autre camarade de classe arriva en courant pour me dire que j’étais attendue d’urgence en bas. Je me précipitai et vis une foule de filles près du portail de l’école.

Je me taillai un chemin à travers la foule et arrivai finalement à l’entrée principale où se trouvait une superbe voiture rouge. Peu après, Bhagavan sortit de l’Institut de l’autre côté de la route, me regarda avec une profonde compassion, leva Ses mains en signe de bénédiction, monta dans la voiture et s’éloigna rapidement. J’étais clouée au sol, abasourdie par le choc ! Plus tard, on me dit qu’il était venu à l’Institut pour voir un film et retournait au Mandir au moment où je suis arrivée.

Y a-t-il quelqu’un d’autre au monde qui peut connaître et satisfaire mes plus étranges caprices ? N’est-Il pas le Contrôleur et le Maître du Temps lui-même ? Car qui d’autre peut synchroniser et planifier les événements avec une précision aussi stupéfiante ?

« Il est toujours avec moi »

Bhagavan m’a sauvée de la mort plus d’une fois. Il a insufflé la vie dans ce corps inerte plus d’une fois. Il a fait pleuvoir Son amour en abondance sur moi ! En vérité, c’est à lui, et à lui seul que je dois mon existence ! Chacun de mes souffles, passés et à venir, a existé grâce à Bhagavan, et pour Bhagavan.

Je voudrais conclure avec un petit poème :
Le Seigneur est mon compagnon de tous les instants ;
Il n’y a pas de besoin qu’Il ne puisse combler.
Au sommet des plus glorieuses extases,
Ou dans les profondeurs de la souffrance humaine,
Il est à mes côtés, toujours présent.
Il est là quand je parcours les sombres ruelles du danger
Et ne m’abandonne pas quand je danse avec la mort elle-même.
Il console quand la douleur est vive ;
Soutient quand le fardeau est lourd.
Quand la dépression assombrit mon âme,
Il me touche de sa joie éternelle ;
Et quand je me sens vide et seule,
Il remplit le douloureux néant de Sa Puissance.
Mon sentiment de sécurité tient à Sa promesse d’être toujours avec moi,
Et au fait de savoir que jamais, au grand jamais, Il ne m’abandonnera.
Jai Sai Ram !


Mlle Deepti Bhagia
Heart 2 Heart du 1er janvier 2007
Revue Prema 70