LE DRAME DE LA VIE

M.  K.V.S. Dileep



Ce dimanche, nous avons la transcription d’une causerie prononcée durant la séance de la prière matinale du collège de Prashanti Nilayam par M.  K.V.S. Dileep, étudiant de dernière année en classe de maîtrise en sciences (mathématiques).

« Le monde entier est une scène et tous les hommes et les femmes sont simplement des acteurs. » Shakespeare était sûrement d’une humeur plus philosophique que poétique, quand il a composé ce vers particulier. Il faisait des parallèles entre le drame scénique et la vie sur terre.
Le terme « drame » provient d’un terme similaire en grec ancien qui signifie « action ». Le drame est de type varié. Le premier type de drame est l’opéra où l’histoire est représentée sous la forme d’une suite complète de chants et il n’y a aucun dialogue. Selon la rumeur, la tessiture du chanteur d’opéra est si haute qu’il arrive parfois que des vitres soient pulvérisées. C’est peut-être la raison pour laquelle il y a si peu de vitres à l’opéra de Sidney. Le modèle suivant de drame est le mélodrame, où il y a beaucoup de dialogues et pas de chant.

La gamme d’émotions variées manifestées par les acteurs et l’histoire captivante sont ce qui rend le drame intéressant pour le public. Mais on considère le mélodrame comme destiné à des publics minoritaires ayant un penchant pour les émotions subtiles. Un type de drame plus populaire, au public plus varié, est la comédie musicale qui est parsemée de chants et de dialogues. Les amoureux de musique, comme le public qui apprécie l’émotion sont satisfaits par la comédie musicale. Les drames joués lors de la Convocation qui sont montés par les étudiants de Bhagavan en présence du Seigneur le 22 novembre chaque année sont les meilleurs exemples de tels drames. Le genre de drame suivant est le drame muet, où il n’y a pas de dialogue du tout. Personne ne parle, mais tout le monde écoute. C’est le mobile d’un drame muet qui transmet un message simplement par l’action.

Un des types de drame qui met le plus à l’épreuve est l’improvisation et les étudiants de l’Université Sri Sathya Sai sont experts dans ce genre de drame. Dans l’improvisation, l’histoire ou l’intrigue est prête et les acteurs prononcent des dialogues instantanés en regardant le public et en s’ajustant sur le champ à la situation. Permettez-moi juste de vous donner deux exemples d’improvisation qu’on a pu voir sur la scène de Puttaparthi.

Il y a quelques années, le campus de Brindavan proposa le drame de Bhadrachala Ramdas, où l’une des scènes concernait Lakshmana remettant une bourse au Seigneur Rama, qui fut ensuite remise à Tanesha, le roi. Mais l’acteur Lakshmana qui aspirait à une plus longue exposition scénique arriva rapidement sur scène en oubliant la bourse d’argent. Alors, Rama regarda avec confiance Lakshmana en tendant la main pour recevoir la bourse. A ce moment-là, une main vide touche la paume de Rama dans un chuchotement feutré que Lui seul peut entendre : « J’ai oublié la bourse. » Là vient l’improvisation, quand Rama avec un sourire résolu prend le vide de la main de Lakshmana qu’il remet dans la main tendue du roi. Le roi également, d’une manière naturelle, pose le vide sur la table et poursuit le dialogue. Seuls des yeux experts et cléments saisirent l’incident et restèrent imperturbables. Le spectacle doit continuer.
Pareillement, une autre fois, il y eut un autre incident où l’acteur oublia un accessoire important et où il appela spontanément un collègue qui jouait le rôle de son serviteur et où il lui chuchota à l’oreille l’accessoire dont il avait besoin. Les étudiants perfectionnèrent la technique d’improvisation par la grâce du Metteur en Scène divin.

Maintenant, avançons et explorons plus en détail le drame de la vie. Imaginez un drame qui comporte 20 personnages, où chaque personnage joue un rôle important avec chacun un intérêt pour l’intrigue. C’est certainement une tâche difficile que d’écrire le scénario d’un tel drame. Maintenant, considérez que la distribution s’étende à 40 personnages. Puis à 10 millions. A six milliards. Le scénario d’un tel drame ne peut être écrit que par un Metteur en Scène divin qui s’appelle Dieu.

Dans le drame joué sur scène, le public expert et attentif, via la pure observation, peut prédire le tour que les événements vont probablement prendre. Mais dans la vie, les rebondissements viennent à l’improviste, sans invitation et ne sont pas souhaités. Les rebondissements de l’intrigue sont ce qui rend le drame intéressant et pareillement, les rebondissements dans notre vie sont ce qui rend la vie intéressante. Les acteurs éprouvent de la peine, mais le public est diverti dans un drame normal, mais dans la vie, le metteur en scène partage la peine des acteurs. Il y a liberté donnée à l’acteur de la vie de choisir son histoire, mais le choix est limité par la contrainte appelée destinée.
Dans la vie, nous nous lamentons tous de ne pas devenir ce que nous voulons. Mais nous devons nous souvenir que dans le drame de la vie, le Metteur en Scène divin nous donne le rôle dont nous avons besoin plutôt que le rôle que nous voulons. Il connaît toute l’intrigue, et donc, Il choisit Sa distribution avec beaucoup de réflexion et de discernement. Alors, sachant ceci, pourquoi devrions-nous nous plaindre concernant le rôle qu’Il a choisi pour nous ?

Pourquoi ne pas jouer notre rôle à la perfection et rendre  heureux le Metteur en Scène pour que plus tard, Il nous accorde le rôle que nous voulons ? Parfois, aveuglés par la liberté, quand les acteurs perdent le sens basique du jeu et quand ils mettent en péril l’intrigue plus vaste qui touche tout un chacun, le Metteur en Scène prend le rôle d’un acteur pour enseigner à nouveau les fondamentaux. Il agit avec, Il circule avec, Il parle avec et Il joue avec les personnages qu’Il a créés dans l’intrigue qu’Il a conçue. C’est ce que nous appelons un AVATAR. Quand dans la vie, l’homme perd sa propre nature ou son propre rôle, quand sa moralité chute et quand il compromet le Dharma, le Seigneur descend pour l’ascension de l’homme. Mais c’est une opportunité réellement grande pour les acteurs du drame de la vie de jouer et d’apprendre avec le meilleur de tous les acteurs. Oui, il y en a bien sûr qui L’ignorent, mais Lui, Il n’a rien à perdre.

Le Seigneur, notre bien-aimé Swami a dit Lui-même que « Jagamuladeni Natakambu naadhintuvuga, Eruga Galara Nee Leelalu Evarainanuga », ce qui signifie que le Seigneur est Celui qui contrôle le jeu du monde et que personne ne peut sonder l’intrigue. Ne soyez pas celui qui cherche des défauts à l’intrigue, mais celui qui coule avec et qui suit l’intrigue pour trouver Celui qui l’a conçue. Notre job, c’est de faire partie de l’intrigue et de jouer correctement notre rôle. Nous faisons partie des rares privilégiés appelés par le Metteur en Scène divin et formés par Lui pour devenir les meilleurs acteurs afin que nous puissions à notre tour enseigner aux autres comment jouer. L’opportunité est grande, de même que la responsabilité. Faisons donc notre part et rendons-Le heureux. Car, à la fin du grand drame, c’est le Metteur en Scène qui nous évalue et ce sont Ses applaudissements et Son appréciation qui comptent au bout du compte.


Sai Inspires – Sunday Special – 16/12/2007