L’ALCHIMIE DIVINE

Par M. Jeremy Hoffer



M. Jeremy Hoffer est un membre actif de l’Organisation Sai depuis 17 ans, où il occupe des postes au niveau régional et central. Il possède un baccalauréat en histoire et une maîtrise en éducation de l’Université de Denver, Etats-Unis. Il enseigne maintenant à Denver où il aide à créer des opportunités éducatives pour les enfants issus de familles à faibles revenus.


J’offre mes Pranams les plus affectueux et les plus humbles à Bhagavan. Vénérables aînés, frères et sœurs, Sai Ram. En tant que jeune garçon ayant grandi aux Etats-Unis, je n’avais jamais imaginé que je voyagerais dans le monde et encore moins que je me rendrais de l’autre côté de la planète dans un village indien isolé comme Puttaparthi. Pour beaucoup, l’Amérique est une terre de rêve, une terre d’opportunités pour des milliers de gens qui s’y rendent chaque année à la recherche d’une vie meilleure. Mais pour moi, la route vers un meilleur mode de vie a commencé ici, dans ce petit coin d’Andhra Pradesh, dans cette demeure de paix suprême, demeure de Bhagavan Sri Sathya Sai Baba.

Bien que le nombre de kilomètres que j’ai parcourus puisse être important, la transformation que j’ai subie est encore plus grande. Peu de temps après mon premier voyage, certaines personnes que je connaissais se mirent à dire : « Jeremy, nous ne savons pas ce qu’il en est avec toi, mais tu as changé. » Même mon père m’a dit : « Jeremy, je ne comprends pas pleinement qui est Sai Baba, mais si j’en juge le changement positif que je vois en toi, Il doit être très bien. » Et ainsi a commencé ma nouvelle vie.


Protégé et guidé par Lui

Bhagavan m’a attrapé à une période cruciale et formatrice de ma vie. J’avais 18 ans, j’étais sans orientation et je me trouvais en mauvaise compagnie. Mais Bhagavan avait d’autres projets pour moi. Après avoir entendu parler de Son incarnation, j’ai commencé à étudier la littérature Sai, à participer aux activités du Centre Sai local et à voyager pour Lui rendre visite, au moment où l’Aile Jeune bourgeonnante de l’Organisation Sathya Sai commençait à fleurir.

J’ai fait partie d’un groupe de 18 jeunes Américains qui participèrent au Cours d’Eté à Brindavan, en 1995, et j’ai eu la chance d’assister à la première et à la deuxième Conférence Mondiale de la Jeunesse. Après, j’ai fait ma dernière année de collège à Hyderabad où j’ai vécu et où j’ai travaillé avec le groupe des jeunes d’Hyderabad. Maintenant, à l’âge de 36 ans, j’ai passé exactement la moitié de ma vie sous la garde de Bhagavan et je suis éternellement reconnaissant à Bhagavan pour m’avoir fait traverser sans encombre ces années importantes de ma jeunesse.


Trois leçons importantes…

Avec humilité, j’offre à cet auguste assemblé quelques-unes des leçons que j’ai apprises tout au long de ce voyage :

• Tout d’abord, prendre refuge dans les paroles de Sai
• Deuxièmement, considérer Bhagavan comme son seul ami
• Et troisièmement, s’engager de tout son cœur dans de bonnes activités

Et maintenant, j’aimerais développer un peu chacune de ces leçons que j’ai apprises.

Tout d’abord, prendre refuge dans les paroles de Sai

Bhagavan dit que « le mental est la source de toute souffrance. » Et tout comme une épine peut être employée pour extirper une autre épine, de même, la souffrance de nos esprits confus et volage peut être soulagée en réfléchissant aux paroles et aux idées de Bhagavan. Mais ces paroles doivent être méditées. La nourriture ne peut pas être digérée en ne mâchant qu’une seule fois et la paix mentale ne peut pas s’obtenir en ne lisant qu’à la va-vite ou occasionnellement les enseignements de Sai. Selon mon expérience, il faut souvent de nombreuses années à l’esprit pour saisir le sens de Ses enseignements.

Par exemple, Bhagavan décrit souvent le sentier spirituel comme une maison : les fondations sont la confiance en soi, les murs sont la satisfaction de soi, le toit est le sacrifice de soi et la maison est la réalisation de soi. Pendant des années, j’ai écouté cette analogie et elle est restée largement obscure pendant tout un temps. C’est seulement après avoir travaillé pendant quelques années sur cette énigme que j’ai commencé à comprendre que Swami décrit une suite d’événements et que chaque étape doit être franchie pour arriver à la suivante. Rien ne peut arriver sans la confiance en soi.

Avec de la confiance en soi, nous pouvons commencer à nous engager dans le monde et à en extraire nos propres désirs – la satisfaction de soi. Mais tôt ou tard, nous devons apprendre que satisfaire nos propres désirs ne procure pas la paix ni le bonheur durables. C’est à ce moment-là que nous devons commencer à employer notre propre potentiel pour soulager la souffrance d’autrui. Et c’est seulement après que ce « toit » du sacrifice de soi est construit que la demeure de la réalisation de soi peut s’obtenir.

La vérité de cet enseignement simple est peut-être apparue rapidement à d’autres. Pour moi, il a fallu du temps pour la digérer. Mais ce que je veux dire, c’est que nous devons tous nous efforcer de comprendre plus en profondeur les paroles de Bhagavan et non pas effleurer trop vite la surface. La paix mentale peut être acquise, si nous prenons tous refuge en Ses paroles.


Secundo, considérer Bhagavan comme son seul ami véritable

Pour les jeunes, l’amitié est très importante et souvent mal comprise et mal utilisée. Swami dit souvent : « Dites-moi quelle est votre compagnie et Je vous dirai qui vous êtes. » L’influence de la compagnie que nous entretenons est très importante, spécialement pendant notre jeunesse. Donc, être en bonne compagnie est indispensable pour une bonne vie. Mais le véritable sens de l’amitié mérite d’être examiné plus attentivement.

Bhagavan nous explique que « Dieu est le seul ami véritable. » Nous devrions alors nous demander : « Qui est un ami ? » Un ami peut offrir compagnie et camaraderie – c’est vrai. Mais un véritable ami, c’est celui qui connaît les réservoirs les plus profonds de nos cœurs, dont l’attention pour nous est parfaite et inépuisable et qui est plus proche de nous que n’importe qui d’autre. Et qui à part Dieu peut être cet ami ?

Une fois, Swami m’a donné une petite tape sur la poitrine et Il a dit : « Ce n’est pas un fauteuil à deux places, ce n’est pas une chaise musicale... Ton siège est sur ce plan, mais Mon siège est dans ton cœur. » L’amitié véritable ne devrait pas être dévalorisée en mettant de tout dans nos cœurs. Nous devrions réserver notre amour pour Dieu, car qui peut vraiment combler la douleur et l’aspiration la plus profonde de nos cœurs, à part Lui ?


Et enfin, nous devrions nous engager de tout notre cœur dans de bonnes activités

Une mauvaise utilisation du corps conduit à toutes sortes d’ennuis. Mais, pour échapper à cette souffrance, nous devrions tirer un bon parti de notre corps. Swami a prescrit le Seva comme utilisation appropriée du corps et aussi comme instrument puissant de transformation spirituelle. « Soumettez le corps, amendez le mental, terminez les sens », a dit Bhagavan.

J’aimerais partager une expérience pour illustrer ce point. Aux Etats-Unis, les jeunes se lancent régulièrement dans divers projets de service. Une opportunité extraordinaire s’est présentée en 2005, quand l’ouragan Katrina a dévasté la côte des Etats du sud, Louisiane et Mississipi. La Jeunesse Sai a répondu rapidement en localisant une ville qui ne recevait pas beaucoup d’assistance et en envoyant un gros camion rempli des fournitures nécessaires à Tylertown, Mississipi.

Pas satisfaits de cet effort initial, nous avons organisé un second voyage pour réparer les toits et les maisons des victimes pauvres qui ne pouvaient pas se permettre de faire remplacer leurs toits après la terrible tempête. Il est inspirant de participer à des projets de service d’une si grande envergure, mais un autre exemple que j’aimerais partager illustre bien le pouvoir de rendre service, même à une échelle relativement modeste.


La magie du service désintéressé

Parce que les hivers peuvent être très froids et neigeux dans beaucoup d’endroits des Etats-Unis, les sans-abri courent le risque d’être gelés sans vêtements ni chaussures adéquates. Il y a quelques hivers, des membres de notre groupe avaient remarqué que des sans-abri de notre ville n’avaient que des sacs en plastique autour de leurs pieds comme chaussures. Nous prîmes alors la décision que l’hiver suivant, nous achèterions 75 paires de chaussures que nous distribuerions aux sans-abri.

Lorsque nous nous rendîmes au magasin pour acheter ces 75 paires de chaussures, nous eûmes la chance que le propriétaire du magasin s’occupe lui-même de nous. Il nous fallut assez bien de temps pour acheter autant de chaussures et à un moment donné, le propriétaire du magasin nous a dit : « Les garçons, 75 paires, ça fait beaucoup de chaussures. Cela vous dérange si je vous demande ce que vous avez l’intention de faire avec ? « Nous lui expliquâmes alors que nous avions prévu de les distribuer en hiver à des personnes ne disposant pas de bonnes chaussures.

Le propriétaire du magasin resta silencieux pendant un moment, puis il dit : « Les garçons, depuis toutes ces années que je fais des affaires, je n’ai jamais vu personne entrer dans mon magasin pour faire ce que vous faites. Je vais vous vendre ces chaussures, mais je ne vous ferai payer que le prix que je paye moi-même pour elles. Je regrette seulement de ne pas avoir entendu parler de cela plus tôt, autrement, je me serais arrangé avec mes fournisseurs pour avoir les chaussures encore meilleur marché. N’hésitez pas à reprendre contact avec moi l’année prochaine pour que nous puissions coopérer ensemble à cette bonne œuvre. »

Finalement, après avoir payé les chaussures et alors que nous sortions de son magasin, le propriétaire a dit : « Les garçons, chaque année, j’invite mes employés et leurs familles à faire du shopping dans mon magasin avant Noël et je leur offre une très grosse ristourne. Je veux que vous veniez aussi tous les deux avec vos familles pour vous proposer la même opportunité. »


Quand l’amour opère

Le jour où nous avions prévu de distribuer les chaussures, notre groupe de jeunes se réunit pour parler de notre travail. Très souvent, les pauvres et les sans-abri sont maltraités, même par les gens qui leur rendent service. Nous nous mîmes tous d’accord pour travailler différemment. Nous nous rappelâmes que Dieu était le Résident intérieur de chaque être vivant et par conséquent, nous traiterions chaque personne comme si elle était Swami en personne et nous ne donnerions que de l’amour à chacun. Alors qu’une longue file de gens commençait à se former dans l’église du centre ville où nous distribuions les chaussures, les pauvres et les sans-abri furent d’abord très nerveux et agressifs les uns avec les autres et avec nous. Mais notre groupe continua de les traiter tous d’une façon affectueuse.

Très rapidement, l’atmosphère se mit à changer. Chacun devint paisible, calme et content. Chaque personne était invitée à s’asseoir et recevait de la nourriture et une boisson en attendant son tour pour trouver une paire de chaussures. Quand leur tour venait, nos travailleurs enlevaient les vieilles chaussures et les chaussettes de leurs pieds fatigués et usés et leur remettaient soigneusement une nouvelle paire de chaussettes et de chaussures avant de les renvoyer heureux et galvanisés.

A la fin de la journée, après que presque toutes les chaussures soient parties, il y avait un homme qui avait reçu sa paire de chaussures et qui s’apprêtait à partir, quand il remarqua un autre homme qui ne trouvait pas de paire de chaussures à sa taille. L’homme sans chaussures était très découragé et ses chaussures étaient en très mauvais état et ne pourraient pas durer tous ces mois d’hiver pénibles. Constatant ceci, le premier homme qui tenait ses chaussures en main s’approcha de cet homme et lui donna ses chaussures en disant : « Tenez. Il semble que vous ayez plus besoin de ces chaussures que moi. Mes chaussures sont en meilleur état que les vôtres, aussi prenez mes nouvelles chaussures. » Et l’homme s’éloigna en souriant.

Nous n’avons pas besoin d’attendre que des ouragans nous tombent dessus pour des opportunités de service. En fait, tout acte d’amour qui s’oriente vers l’allégement de la souffrance d’une autre personne est un service valable. Dans ce travail, l’amour est l’ingrédient essentiel. Le service n’est rien de plus que de l’amour en action. Il a non seulement le pouvoir d’élever les opprimés, mais aussi de nous transformer en des êtres humains plus désintéressés et plus aimants. Un très joli chant télougou a capté le message de Swami concernant le service :

Desham ante matti kadu, deham ante manushuloiye
Deshani premiddam, tyagani chupiddam
Pavitramuga jeevinchi pavana charitanu pondi
Swardhammunu vidanadi Sathya Saini cherudam
Mana shaktini manamu telesi yuva shaktini chatudam
Grama gramalona sevalenno cheyudam
Sevalennaina avi kashta sadhyamulaina
Okari nokaru cheri manamu Swamini sevinchudam
Sai mata biddalam andaram Sathya Sai mata biddalamey andaram

La nation ne fait pas référence à la masse terrestre, mais à l’association de ses gens.
Aimons notre pays, vivons par le sacrifice.
Vivons des vies sacrées et soyons vertueux.
Débarrassons-nous de l’égoïsme et rassemblons-nous aux Pieds de Sathya Sai.
Reconnaissons notre force intérieure et canalisons le pouvoir de la jeunesse.
Servons de multiples façons les pauvres dans les villages.
Même si la tâche est un défi, travaillons dans l’unité et servons Swami en chacun.
Nous sommes tous des enfants de Mère Sai, nous sommes tous Siens.

Chers frères et sœurs, je ne suis pas sûr que nous puissions vraiment juger de l’importance de la Conférence Mondiale de la Jeunesse. Notre participation doit être une faveur méritée sur de nombreuses vies. Nous avons tous parcouru une longue distance pour être ici – en avion, en train et en voiture, mais en ce concerne la voie de la transformation, il nous reste encore pas mal de chemin à parcourir. Au nom de la jeunesse mondiale, Bhagavan, je prie pour que Tu nous emmènes tous jusqu’à destination et pour que Tu nous bénisses avec la force d’être des jeunes Sai idéaux.

Jai Sai Ram !

Heart2Heart
Novembre 2007