LA RÉALITÉ DIVINE RÉVÉLÉE
LA VÉRITE DU PÈRE ET DU FILS

Rev. Père Charles Francis Ogada



« Si nous ne comprenons pas la réalité de Jésus, il sera impossible de comprendre la réalité de Sai Baba. Et comment pouvons-nous comprendre la réalité de Jésus ? Nous ne pouvons comprendre la réalité de Jésus que lorsque nous comprenons notre propre réalité. C'est parce que nous sommes un avec Dieu », a dit le Rev. Père Charles Francis Ogada CSSp (de l'Ordre des Pères et des Frères du Saint-Esprit), en réponse à une question posée par Juan Carlos Ponce de Leon, un fervent dévot Sai du Pérou, au cours d'un entretien en janvier 2007. Dans cette conversation engageante et éclairante, le Père érudit clarifie des concepts et des versets, des idées et des particularités qui enchevêtrent la mentalité chrétienne depuis des siècles. Alors que nous célébrons ce mois-ci l'avènement de l'incarnation du sacrifice et de l'amour, Il n'est qu'approprié que nous comprenions et que nous apprécions sous le bon éclairage le message immortel qu'Il nous a si gracieusement laissé.

Juan : Je ne savais pas qu'un Père comme vous allait parler à Noël dans la Présence divine. Lorsque j'ai entendu cela, mon cœur s'est senti très heureux. Votre discours a été comme un cadeau d'anniversaire pour moi. Swami vous a aussi mentionné à plusieurs reprises dans Son discours.
Le Père Charles : Oui. Il a dit que je Lui avais été dévoué depuis l'enfance.

J : Vous ne le saviez pas ?

PC : Non. Cela a été une révélation pour moi. Quand Il a dit que je me souvenais de tout ce qui m'était arrivé pendant mon enfance - mes expériences spirituelles d'enfance sont devenues vivantes pour moi. Il a été Celui qui m'a attiré, qui m'a préparé et qui m'a rapproché de Lui. Et quand le bon moment arrive, tout se passe selon Son Plan.

Attiré dans le filet divin de Sai

J : Dites-nous comment vous en êtes arrivé à connaître Swami.

PC : Beaucoup de gens pensent qu'ils sont venus à Swami par leurs propres efforts. Mais ce n'est pas le cas. C'est Swami qui nous a attirés à Lui. Jésus aussi l'a dit : ''Nul ne peut venir à Moi, à moins que le Père qui M'a envoyé ne l'attire.'' C'est mon expérience.

Je vous ai dit ce qui m'est arrivé, quand j'avais 17 ans. Comment la Voix m'a dit : « Que voudrais-tu faire de cette vie ? » Cette Voix a rempli mon âme et mon cour de tant d'amour.

J'ai répondu : « Quoi d'autre, Père, que Te donner cette vie ? » A partir de ce moment-là, le monde extérieur est devenu insignifiant pour moi. Lorsque vous goûterez à la félicité de la Conscience, tout le reste deviendra insipide pour vous. J'ai commencé à réfléchir à la manière d'offrir cette vie au Père.       

Avant cette rencontre, je me préparais à entrer à l'université pour y étudier la médecine. J'ai changé d'avis, parce que j'ai pensé que la meilleure façon d'offrir cette vie à Dieu, c'était d'entrer dans un ordre religieux. J'ai donc rejoint la Congrégation des de Noël dans la Présence divine  spiritains.

J : Qui a fondé cet ordre ?

PC : Il y a deux fondateurs : Claude Poullart des Places et François Libermann. Ils ont fondé cet ordre missionnaire international d'hommes qui consacrent leur vie entière au service des pauvres.

Je suis entré dans cet ordre à l'âge de 18 ans. Au début, tout était merveilleux. Dieu me comblait de tellement de faveurs spirituelles et de douceur. Mais en chemin, après neuf ans de recherches intensives de Dieu, je n'ai pas pu Le trouver. Le monde était déjà mort pour moi et alors, c'était comme si Dieu Lui-même se dérobait à moi. Tout était comme mort pour moi. Je passais par la nuit obscure de l'âme. J'ai voulu quitter le séminaire. Et puis, mon père est tombé très malade. 

La sublimation de la souffrance

J : Votre père était âgé, alors ?

PC : Il avait 58 ans. Je suis rentré le voir, parce qu'il m'avait fait dire que je devais venir. Il avait le cancer de la moelle osseuse. Les douleurs étaient vraiment atroces. Mon voyage avec lui dans sa souffrance et sa mort fut comme un éveil pour moi. C'était une solide poussée qui me forçait à rechercher les réalités plus profondes de la vie. Le visible n'est pas réel. L'invisible est la vraie réalité. Au-delà de la logique de la raison, la souffrance nous tire vers ce vide de l'abandon où nous ne sommes pas touchés par la souffrance. Mon père est passé par ce pouvoir transformateur de la souffrance.

Le premier stade est le niveau du rejet. Quand quelque chose nous tombe dessus comme le cancer, nous demandons : « Pourquoi moi ? » Nous essayons de le rejeter. Au jardin de Gethsémani, Jésus pria le Père : « Abba, Père, tout est possible pour Toi, écarte de moi cette coupe de souffrance. » C'est notre expérience naturelle. Mais nous devons dépasser ce stade. Jésus nous a enseigné de dépasser le niveau du rejet, quand il a prié : « Mais pas ma volonté, que Ta Volonté soit faite. »

C'est le niveau de l'acceptation. L'acceptation conduit à la transformation et la transformation transporte alors l'âme jusqu'à la sublime hauteur de l'abandon. Sur le gibet de la croix, le symbole de la dissolution finale de l'ego, Jésus a prié : « Père, entre Tes mains, je remets mon esprit » et il fusionna avec le principe de la divinité. « Pas ma volonté »

Les souffrances de mon père l'ont mis en contact avec son Soi intérieur. Et dans cette union mystique, bien que la douleur était là, il n'y avait pas de souffrance.

J : C'était vers sa mort ?

PC : Oui, environ trois mois avant sa mort. C'était comme s'il avait découvert les secrets de la mort. Il y avait de la lumière et de la joie dans ses yeux et la psalmodie constante de la douceur des Noms de Dieu consacrait sa langue. Un jour, il m'a appelé à son chevet et il m'a dit qu'il était en route vers le Calvaire. Le Calvaire est le symbole chrétien de l'abandon total et de la fusion de l'âme avec l'Ame Suprême. Il m'a demandé de faire dire pour lui une neuvaine de messe (un service religieux chrétien de neuf jours) pour avoir la force et le courage d'atteindre le Calvaire.

Après cela, il m'a dit : « J'offre ces souffrances qui sont les miennes pour la joie du monde ». A ce moment-là, je ne savais pas qu'on pouvait être aussi désintéressé en prières. Il s'offrait, non pas pour quelque chose, même pas pour aller au ciel, mais pour le bonheur du monde. Loka Samasta, Sukhino Bhavanthu. (Puissent les gens du monde entier être heureux).

Il est inhabituel et très rare que quelqu'un connaisse l'instant de sa mort. Trois jours avant sa mort, mon père nous a appelés à son chevet (ma mère, mon frère cadet immédiat et moi-même) et il nous a dit qu'il quitterait son corps mercredi. Nous étions le lundi 25 août 1997. Il nous a demandé d'être prêts, de nous préparer pour ce qui allait se passer ce jour-là, c'est-à-dire, le mercredi 27.

Bien entendu, nous ne l'avons pas pris au sérieux, parce que nous ne voulions pas croire qu'il nous quittait. Il nous a dit beaucoup de choses qu'il voulait que nous notions. Ce mercredi-là, vers 15h45, il nous a de nouveau appelé tous les trois à son chevet et il a dit : « C'est le moment. » Il m'a donné sa main et il m'a prié de commencer à psalmodier les Noms de Dieu. Nous avons commencé à psalmodier la litanie du cœur sacré de Jésus. C'est pendant que nous psalmodiions ces saints Noms de Dieu qu'il a quitté son

J'ai annulé ton cancer de la naissance et de la mort.

Sa mort fut comme un éveil pour moi. Une des choses qu'il m'a dites avant sa mort, c'est : « N'abandonne pas ta vocation à la prêtrise. Beaucoup viendront à toi. »

J : Au début, il n'était pas heureux que vous deveniez prêtre ?

PC : Oui, au début. Après mon expérience avec la Voix, il a voulu que je teste son authenticité en allant d'abord à l'université. Mais le pouvoir de la Voix a quand même prévalu. Avant sa mort, il savait que j'avais des doutes. C'est pourquoi il a dit : « N'abandonne pas la prêtrise. « A cause de lui, je suis retourné au séminaire. C'est alors que notre bien-aimé Swami est venu à moi.   

Son Nom est puissant

J : Comment est-Il venu ?
PC : D'abord, il y a eu ce prêtre, le Rev. Père Raymond Arazu. Il devait nous donner un cours de religion comparée. Pendant l'un de ses cours, il a mentionné le Nom, Sai Baba.

J : A-t-il mentionné le Nom positivement ?

PC : Oui, positivement. C'est aussi un dévot.

J : Il y a beaucoup de prêtres qui sont des dévots secrets.

PC : Oui, beaucoup ! Ils vénèrent et ils adorent Swami en secret. Comme Nicodème dans la Bible qui va voir Jésus pendant la nuit. Mais ce prêtre, le Père Arazu, n'est plus un dévot secret. Autrement, je n'aurais pas mentionné son nom. En fait, il organise maintenant des satsangs dans sa résidence où les gens viennent apprendre à connaître Sai Baba et l'universalité de la religion. Une fois, il m'a dit qu'il avait gagné sa liberté, parce que l'Église ne savait pas quoi faire avec lui. Alors elle le laisse tranquille.

J : Pensez-vous que le Vatican et que la hiérarchie de l'Église savent que beaucoup de prêtres deviennent des dévots de Sai Baba ?
  PC : Oui, bien sûr. Ce qu'il faut comprendre, c'est que tant que vous ne rendez pas publiques, tant que vous n'exprimez pas votre foi et votre dévotion envers Swami, l'Église ne peut pas grand-chose ou rien du tout contre vous. Par exemple, prenons le cas du Père Don Mario Mazzoleni qui a été excommunié. Jusqu'à ce que Mario écrive son livre, Un Prêtre Rencontre Sai Baba, il n'était pas menacé. En fait, c'est le livre qui lui a causé des « ennuis ». Le livre est devenu pour ainsi dire une preuve contre lui au tribunal de l'Église qu'il s'était opposé à la foi de l'Église. Il y a tellement de prêtres qui viennent secrètement à Puttaparthi - et après avoir obtenu le darshan de Swami, ils retournent.
J : L'Église permet-elle aux prêtres d'être dévoués à Swami, mais pas de l'étaler au grand jour ?

PC : Ce n'est pas réellement permis. Ce n'est pas officiel. Mais la foi est quelque chose d'intérieur. Elle est hors d'atteinte de quiconque. Aussi longtemps que cette foi reste à l'intérieur, vous n'êtes pas menacé par la hiérarchie de l'Église. Mais si vous commencez à écrire et à prêcher ouvertement, alors, elle a des preuves contre vous pour vous excommunier ou d’autres mesures punitives.

J : Avez-vous eu peur de parler, le jour de Noël 2006, devant des milliers de dévots rassemblés aux Pieds de Lotus de Swami ?
PC : Non. C'était Sa grâce. C'était l'amour de Swami. Si, en conséquence de cette grâce, on connaît des difficultés, alors, ce sont de bonnes difficultés.

L'abandon total - La clé de Son royaume

J : Tout le monde va lire ce qui vous concerne à cause de Sai Baba et au cours de Son discours, Il vous a mentionné à plusieurs reprises. Pensez-vous que la hiérarchie sera au courant d'un tel discours ?

PC : Les tentacules de l'Église sont très puissants. Elle saura certainement.

J : Êtes-vous sûr que quand vous rentrerez, elle vous convoquera pour s'entretenir avec vous ?

PC : Ce que Swami veut adviendra. « Pourquoi craindre, quand Je suis ici ? »

J : Mais vous n'avez pas peur ?

PC : Peur de quoi ? Quand nous comprenons réellement la réalité de Swami, alors nous savons qu'il n'y a pas la moindre possibilité de peur dans nos vies. Rien ne Lui échappe. Ce qu'Il veut adviendra et Sa volonté est bonne pour nous, parce qu'Il nous aime. Sa volonté est amour pour nous. Donc, s'Il veut que je subisse des souffrances à cause de ceci. En réalité, on ne peut pas appeler souffrance Sa volonté. On expérimente de la souffrance, quand il n'y a pas d'amour. Quand il y a de l'amour, les affres de la souffrance se transforment en joies de l'offrande.

Il y a certaines choses que vous faites pour ceux que vous aimez. Bien qu'elles soient pénibles et douloureuses, vous aimez les faire, parce que vous les faites avec amour. Par exemple, la mère qui enfante : c'est de la souffrance et pourtant, ce n'est pas de la souffrance. La douleur de l'accouchement se dissout dans l'extase et la joie de la vision du nouveau-né, paré de beauté et de béatitude. Tel est le pouvoir de l'amour, de l'amour maternel, de l'amour divin.

Quand nous agissons pour Swami, nous sommes prêts à nous dépouiller du corps, parce que nous le faisons par amour pour Lui. C'est Lui qui nous a d'abord aimés. Son amour nous remplit de cet esprit de sacrifice. Il n'y a pas d'amour sans sacrifice et ce sacrifice procure de la joie !

Voyez tout ce que les disciples de Jésus ont dû subir pour Son amour ! Mais ils étaient heureux. St. Paul a enduré beaucoup de difficultés pour diffuser le message de Jésus. Il était heureux de subir toutes ces difficultés, parce qu'il aimait Jésus. En fait, il serait prêt à le refaire, encore et encore, à cause de son amour pour Jésus.

Swami a voulu que je parle. Sans Lui, je n'aurais pas pu parler. Donc, Il l'a voulu et j'ai parlé. Alors, ce sont Ses affaires, ce qu'Il fait avec le discours. Si je me suis abandonné à Lui, je dois me réjouir de Son Jeu.

J : Si quelqu'un a donné sa vie à Swami et qu'il n'apprécie pas Son Jeu, que pensez-vous de cette situation ?

PC : La personne ne s'est pas abandonnée. Bien qu'elle prétende s'être abandonnée, en vérité, elle ne s'est pas abandonnée complètement. La personne pense toujours : « Ceci est ma vie ou au moins une part de celle-ci m'appartient toujours. » Dans ce cas, elle dicte à Dieu les comment, quand, où, quoi, qui et pourquoi de sa vie. Quand vous dictez ces circonstances, bien que vous prétendez vous être abandonné à Dieu, vous voulez en fait que Dieu s'en remette à vous.

Vous voulez que Dieu s'ajuste à vos demandes. Et quand Il ne le fait pas, vous devenez agité, déprimé et déçu. Dans cette situation, il y a toujours deux volontés : votre volonté et la Volonté de Dieu. Dans l'abandon, lorsque vous avez réellement donné votre vie à Dieu, il n'y a qu'une seule volonté, la Volonté de Dieu. Ce n'est plus vous qui vivez, comme St. Paul le dit, mais Dieu qui vit en vous. Il n'y a pas d'ego, pas de « je », pas de « moi » ni de « mien ». Tout est Dieu, Dieu, Dieu.
Dissous dans Son amour.

J : Que s'est-il passé après que le prêtre ait mentionné le nom de Sai Baba ?

PC : Swami est venu dans mon rêve. Il est venu dans mon rêve et Il m'a étreint. Ce fut ma rencontre la plus palpitante avec Lui. C'était quand je suivais encore la formation de séminariste pour être prêtre. Il est venu comme pure Énergie, pure Lumière, pur Amour, vêtu d'un rouge éclatant, resplendissant de gloire ! Il a agité Sa main dans un mouvement circulaire. Je ne savais pas alors qu'Il avait cette particularité d'agiter Sa main et de matérialiser des choses.

Ce geste n'a pas produit d'objet particulier, mais de l'Énergie pure. Cette vague d'Énergie m'a attiré vers Lui et comme le sel (vous voyez quand vous mettez du sel dans de l'eau comme il se dissout ?), je me suis dissous en Lui. Il n'y avait plus de moi séparé. J'étais simplement un avec Lui. Son amour était comme l'océan qui a débordé de la rivière de mon cour. A ce moment-là, j'ai su qu'Il était la Voix qui m'avait dit il y a neuf ans : « Que voudrais-tu faire de cette vie ? » Je l'ai su. Ce n'était pas une connaissance intellectuelle. C'était une Conscience spirituelle qui transcendait la logique de la raison.

J : C'est une connaissance du Cour.

PC : Oui, c'est une connaissance du Cour. Ce sentiment intuitif qui dit à l'enfant : « C'est ma mère. » Comment savez-vous que votre mère est votre mère ? C'est une connaissance du Cour.

Sai - le même Isa

J : Avez-vous l'impression que les enseignements de Jésus ont une dimension différente pour vous depuis que vous êtes entré en contact avec le message de Sai Baba ?

PC : En rencontrant Swami, j'ai rencontré Jésus. Ce fut révélation sur révélation. Les enseignements de Jésus et le message de Swami sont un. Ils ne peuvent pas se contredire, parce que le Père et le Fils sont Un. Jésus n'a rien dit qu'il n'ait entendu du Père. Il n'a rien fait qu'il n'ait vu le Père faire (Jean 5.19 ; 8.28).

Prenons quelques exemples. Un jour, un scribe, un spécialiste de la loi religieuse a demandé à Jésus quel était le commandement le plus important de la Torah. Ce scribe a demandé à Jésus l'essence même de la Bible, cela qui, quand il est saisi, tout est connu et sans qui toute connaissance est un gaspillage. Jésus a répondu : « Écoute, Ô Israël, le Seigneur, ton Dieu, est Un. Et tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cour, de tout ton esprit et de toute ta force.et ton prochain comme toi-même ». Il n'y a aucun commandement qui est supérieur à celui-ci. (Marc 12. 29-31)
Ce commandement commence par un appel au silence : « Écoute, Ô Israël, le Seigneur, ton Dieu, est Un. » C'est dans le silence que nous expérimentons la Vérité de Dieu. Nous devons apprendre l'art de l'écoute. Écouter signifie calmer les agitations de l'esprit. Cela veut dire le calme mental. Dans un autre verset, la Bible dit : « Soyez immobiles et sachez que Je suis Dieu. » (Psaume 46.10) C'est dans l'immobilité que nous expérimentons la Réalité de Dieu comme l'Un sans second, l'Omnipénétrant, l'Omniprésent, l'Omniscient, l'Omnipotent, l'Absolu, l'Infini, l'Eternel. Dieu est Un ! Il n'y en a pas d'autre. Lorsque vous pensez être différent de Dieu, vous créez l'illusion qui cherche à séparer l'inséparable.

Nous sommes tous en Dieu comme Ses membres, Son corps. En Dieu, nous avons la vie, le mouvement et l'être, dit St. Paul. Dieu et Sa création sont inséparables, comme le soleil et ses rayons, l'océan et ses vagues, l'arbre et ses branches.

Jésus a dit : « Je suis la vigne, vous êtes les branches. « La vigne peut-elle exister sans ses branches ou les branches séparées de la vigne ? Nous arrivons ici à l'essence même du message de Swami, le cœur même des Védas et le joyau de toutes les Écritures : Dieu est Un, il n'y en a pas d'autre. Tout est Brahman.

La phrase suivante du commandement est cet ancien appel à  l'amour : « Et tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cour, de tout ton esprit et de toute ta force. » L'amour ! L'amour est le courant, l'énergie, la force, la source, le soutien. Aimer Dieu de tout votre cœur, c'est la voie du Bhakti Yoga, c'est l'union avec Dieu par la pure dévotion.
Aimer Dieu de tout votre esprit, c'est la voie du Jnana Yoga, c'est l'union avec Dieu par la lumière de la sagesse. Aimer Dieu de toute votre force, c'est la voie du Karma Yoga ; c'est l'union avec Dieu par le service désintéressé.

Ces trois voies ne sont pas séparées les unes des autres. Le fil qui les unit, c'est l'amour. L'amour est le courant. Quand il arrive au cœur, il déborde dans la félicité et l'extase de la dévotion. Quand il touche l'esprit, il brille comme la lumière éternelle de la sagesse.

« Comme le fil qui tient la guirlande de fleurs, l'amour est la force qui tient tout ensemble ». Quand il s'écoule dans les mains (la force), il élève et il soutient tout un chacun par le service désintéressé. Sans l'amour, les rituels de la dévotion, les rigueurs de l'intellectualisme et le travail de nos mains sont tous vains ! St. Paul dit tout : « Si je possède toute chose, mais si je n'ai pas l'amour, alors, je ne suis rien. «

Le message est unique

Ne pouvons-nous pas voir que le message est unique ? Ces trois voies de la dévotion, de la sagesse et du service désintéressé constituent le cœur même de la Bhagavad Gita enseignée par le Seigneur Krishna à Arjuna sur le champ de bataille du Kurukshetra.

Ceci est le message de Sai Baba : l'amour, l'amour, l'amour ! Il nous interpelle en tant qu' « Incarnations de l'amour ! » Il définit ces enseignements anciens par des phrases simples et accrocheuses : « Love all, serve all », « Help ever, hurt never », « God is love, live in love ». (Aimez tout le monde, Servez tout le monde, Toujours servie, ne jamais blesser, Dieu est Amour, vivez dans l’amour) Chaque jour, nous voyons Sa vie comme un exemple parfait de Son message.

Jésus a dit : ''Aimez vos ennemis.'' Cet enseignement est l'une des plus grandes révolutions spirituelles de l'histoire de l'humanité. Aimez vos ennemis et faites du bien à ceux qui vous haïssent. C'est l'enseignement principal de Sai Baba : Aimez tout le monde, servez tout le monde. Swami n'a pas dit : Aimez quelques personnes ou seulement ceux avec les mêmes attaches religieuses ou les membres de la famille ou ceux qui vous aiment. C'est de l'amour limité. Swami dit : L'amour est dilatation. Dilatez votre cour pour embrasser tout. Aimez tout ! Pas seulement les êtres humains, mais toute la création, les montagnes, les océans, les oiseaux, les animaux, les arbres, les étoiles, toute la création est une manifestation de la Divinité. Aimez-les en tant que tel et permettez à votre service d'émaner des racines de cet amour divin.

Les chrétiens doivent comprendre la réalité de Jésus. Si nous ne comprenons pas la réalité de Jésus, il sera impossible de comprendre la réalité de Sai Baba. Et comment pouvons-nous comprendre la réalité de Jésus ? Nous ne pouvons comprendre la réalité de Jésus que lorsque nous comprenons notre propre réalité. C'est parce que nous sommes un avec Dieu.

J : C'est comme une chaîne.

PC : Oui et nous devons trouver la source de cette chaîne. Elle est à l'intérieur. Par exemple, les gens posent souvent la question : « Qui est Sai Baba ? » Mais cette question n'est pas bonne. D'abord, vous devez découvrir qui est celui qui pose la question : « Qui est Sai Baba ? » Qui êtes-vous ? Si l'interrogateur ne connaît pas sa propre réalité, comment peut-il comprendre la solution à la question qu'il a posée ?

« En Lui, nous avons la vie, le mouvement et l'être ».

Découvrez d'abord la réalité de l'interrogateur. Quand vous découvrirez cela, alors, automatiquement, vous connaîtrez la réalité de Sai Baba. C'est parce que Sai Baba est un avec vous. CELA qui souffle la question est la solution de la question. Connaissez-vous vous-même et vous saurez que le Soi en vous est Sai Baba. Sans cette connaissance de soi, du Soi, il est vain d'essayer de saisir la réalité de Dieu.

Pourquoi la hiérarchie religieuse et l'aristocratie juives se sont-elles débarrassées de Jésus ? Pourquoi l'ont-elles tué ? Parce qu'elles n'ont jamais compris qui Jésus était réellement ! Et nous ne sommes pas meilleurs qu'elles. Après 2000 ans, nous n'avons toujours pas compris la réalité de Jésus. C'est la raison précise de toutes les divisions et de toutes les luttes, non seulement au sein des Églises chrétiennes, mais aussi entre les différentes fois religieuses.

La Réalité divine révélée

Par exemple, Jésus a une fois dit : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie. Personne ne peut venir au Père, excepté par Moi. » (Jean 14.6) Cela a causé beaucoup de confusion sur le forum chrétien.

J : Oui. Beaucoup de mes amis chrétiens viennent me voir et me disent : « Jésus est l'unique Seigneur. Pourquoi suivre Sai Baba, quand Jésus a dit qu'Il est la seule voie qui mène au Père ? »

PC : Mais qui est Jésus ? Qui est cette Voie ? Qui est cette Vérité ? Qui est cette Vie ? Jésus fait-Il référence à Son corps physique ou au nom « Jésus » ? Quand Jésus a dit : « Je suis », que voulait-il dire exactement ? Maintenant, dites : «Je suis. »

J : « Je suis. »

PC : « Je suis » vous parle aussi maintenant. Qui est ce « Je suis » ? C'est Dieu. Jésus ne se voit pas comme le corps. Jésus ne se voit pas comme le nom. Dieu a tant de noms. Dieu est au-delà du nom. Jésus s'identifie comme le principe « JE SUIS ». Jésus est existence pure – Sat-Chit-Ananda, le « JE SUIS CE QUE JE SUIS ». Chaque chose qui dit « JE SUIS » est Jésus. Cette chaise sur laquelle vous êtes assis dit « Je suis », autrement vous ne pourriez pas vous asseoir dessus.

Dans l'Evangile de St. Jean, Jésus a dit à des Juifs qu'Abraham (Aham Brahma en sanscrit veut dire « Je suis Dieu ») était impatient de voir Son jour et qu'il le vit et qu'il était heureux. Ils répliquèrent à Jésus : Maintenant, nous savons que tu es possédé par le démon. Tu n'as même pas 50 ans et tu prétends qu'Abraham qui a vécu il y a des milliers d'années a vu ton jour et qu'il était heureux ! Pour qui te prends-tu ? Quelque chose ne va pas avec toi. Tu as perdu la raison !

Jésus répondit : « Avant qu'Abraham fût, Je suis. » Maintenant, notez bien le choix des mots de Jésus : « Avant qu'Abraham fût, Je suis. « Bien entendu, le corps de Jésus n'a pas 50 ans. Mais la Réalité qui a pris le nom de Jésus existait avant le corps. Cette Réalité est éternelle, sans naissance ni mort, au-delà des dimensions du temps et des spécificités de l'espace, et elle transcende les limites du nom et le confinement de la forme. Jésus est l'Essence Divine, le « JE SUIS CE QUE JE SUIS ». Au chapitre 3 de l'Exode, Dieu a révélé Son Nom, JE SUIS CE QUE JE SUIS à Moïse dans l'épisode du buisson ardent. (Exode, 3.14)

Moïse dit à Dieu : « Suppose que j'aille chez les Israélites et que je leur dise : « Le Dieu de vos père m'a envoyé chez vous « et qu'ils me demandent : « Quel est son nom ? » Alors, que leur dirais-je ? »
Dieu dit à Moïse : « JE SUIS CE QUE JE SUIS. Voici ce que tu dois dire aux Israélites : JE SUIS m’a envoyé chez vous. »¸
Exode 3.14
En fait, « JE est le premier Nom de Dieu. Les gens s'adressent à Dieu par des Noms différents pour leur satisfaction et leur bonheur. Cependant, « JE SUIS » est le vrai Nom de Dieu »
SSS vol 35

Souvent, nous ne comprenons pas. Nous limitons Jésus à la forme qui fut le fils de Joseph, le fils de Marie, née dans le temps, confinée à la culture d'Israël. Nous limitons Jésus au nom « Jésus ». Mais la vérité, c'est que Jésus est au-delà du nom « Jésus ». Jésus n'est pas uniquement pour les chrétiens. Jésus n'est pas uniquement pour ceux qui L'appellent « Jésus ». Jésus est le principe « Je suis ». Ce « Je suis » est la Vie en tous, l'Existence en tous, la Vérité en tous. Tout ce qui expire « Je suis » appelle le nom « Jésus ».

Lorsque vous naissez, vous n'avez pas de nom. Mais vous avez la conscience d'être. Cette conscience est le « Je suis » en vous. Ce « Je suis » est la Vie en vous. Cette Vie est Jésus. Plus tard, l'étiquette « Juan » vous a été collée pour l'identification et les convenances sociales. Confondre l'étiquette avec la réalité est un signe d'ignorance.
Une fois, les étudiants de Swami s'étaient réunis autour de Ses Pieds de Lotus. Brusquement, Swami leur posa une question : « Qui dites-vous que Je suis ? » De tous les coins de la pièce jaillirent des réponses tonitruantes : « Swami, tu es Dieu ! » Et Swami dit : « Non, non. » « Swami, Tu es Shiva-Shakti ! « Et Swami dit : « Non, non. » « Swami, Tu es Atmaswarupa ! « Et Swami dit : « Non, non. » Quand les étudiants ne surent plus que dire, ils regardèrent innocemment Swami pour qu'Il donne la réponse correcte. Et Swami leur dit : « JE SUIS JE. »

C'est très important. Ce « Je » est dans chaque chose comme la première manifestation de l'Être. Quand vous vous éveillez du sommeil profond, la première conscience est la conscience du « Je ». Sans cette conscience, il n'y a pas d'activité. Donc, quand Jésus a dit : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie. » Que veut-Il dire ?

Il veut dire que « Dieu est la Voie, la Vérité et la Vie. Nul ne vient à Dieu, excepté par Dieu. En d'autres termes, Dieu est le But et Il est aussi la Voie qui mène au But. Nous ne pouvons jamais voir le soleil que par ses rayons. Ce que Jésus a dit n'est absolument pas l'exclusivité des chrétiens ou de ceux qui appellent Dieu par le nom « Jésus ».

Ainsi, si nous ne comprenons pas notre propre Soi intérieur, ce « Je » auquel Jésus se réfère, nous ne pouvons pas comprendre la Réalité de Jésus ni celle de Sai Baba. Swami a dit : « Ne perdez pas votre temps à essayer de Me connaître. Ne perdez pas votre temps, parce que personne ne peut Me connaître. Par conséquent, essayer de connaître quelque chose qui ne peut pas être connu est un pur gaspillage de temps. Vous gaspillerez aussi votre énergie. Il n'est possible de réaliser qui Je suis que le jour où vous réalisez qui vous êtes. »

Quand Jésus arriva dans la région de Césarée de Philippe, Il demanda à ses disciples : « Qui les gens disaient-ils que Je suis ? »
J.C. (Marc 8.27)

Quand nous posons la question « Qui suis-je ? », il sera juste et approprié de donner la réponses « Je suis-Je. »
(Summers Showers in Brindavan 1977)

Si nous croyons en Jésus, nous croirons en Sai Baba

J : Donc, vous dites en essence que si nous avons des problèmes avec Jésus, nous aurons certainement des problèmes avec Sai Baba.

PC : Absolument. Si nous croyons en Jésus, nous croirons naturellement en Sai Baba. Croire (to be-lieve) en Jésus c'est être vivant (to be-alive) en Jésus. Etre vivant en Jésus, c'est ne plus vivre pour nous-mêmes, mais vivre la vie même de Jésus. Quand nous devenons un avec Jésus, nous découvrons non seulement que le Père et le Fils sont un, mais que nous sommes un avec chaque chose.

Quand vous lirez dans leur contexte les versets de l'Evangile où Jésus a déclaré « Je suis la Voie. », vous comprendrez cette vérité. En cette occasion, Jésus disait à ses disciples qu'Il allait au Père et qu'ils savaient où Il allait et comment y aller.

Thomas protesta : « Non, nous ne savons pas, Seigneur. Nous n'avons aucune idée d'où Tu vas. Alors, comment pouvons-nous connaître la voie ? »

Alors, Jésus dit : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie. Nul ne peut venir au Père, excepté par Moi. Si vous saviez qui Je suis, alors vous sauriez qui est Mon Père. Dès maintenant, vous Le connaissez et vous L'avez vu. »

Philippe dit : « Seigneur, montre-nous le Père et nous serons satisfaits. »

Jésus répondit : « Philippe, ne sais-tu pas encore qui Je suis, même après tout le temps que J'ai passé avec vous ? Celui qui M'a vu a vu le Père ! Alors, pourquoi demandes-tu à Le voir ? Ne crois-tu pas que Je suis dans le Père et que le Père est en Moi ? Les paroles que Je dis ne sont pas les Miennes, mais Mon Père qui vit en Moi fait Son travail à travers Moi. » (Jean 14.1-10)

« M'avoir vu, c'est avoir vu le Père. »

Si l'on s'en réfère au dialogue qui précède, il est évident que les disciples de Jésus ne savaient pas qui Jésus était réellement, bien qu'ils aient vu Sa forme physique et qu'ils savaient tous que Son nom était « Jésus ». Mais Jésus se situe au-delà du nom « Jésus «. Ceci, nous devons le comprendre. Sai Baba se situe également au-delà du nom et de la forme. Et nous tous aussi. Vous ne pouvez pas dire que vous connaissez Sai Baba, parce que vous connaissez Son Nom et parce que vous vous êtes rendu à Puttaparthi voir Sa forme. Le jour où nous réaliserons l'Un derrière la multiplicité du nom et de la forme, c'est le jour où nous saurons qui Jésus est réellement. Ce jour-là, nous saurons que Sai Baba et Jésus sont l'unique et même Réalité. Jusqu'à ce que ce jour arrive, nous devons approcher le trône de Dieu avec foi et avec un esprit de recherche qui est ouvert à la Vérité.

Swami est la levure qui fait ressortir l'essence de la Bible. Il est le sceau de notre foi en Jésus, parce qu'Il nous confirme dans notre confiance en Jésus. Tout ce que Jésus a dit et fait, Swami le réaffirme, le répète et le reconsolide. Jésus est réel ! Jésus est vivant ! Jésus est Dieu !

L'unique religion de l'amour

J : Pensez-vous que la majorité des catholiques qui deviennent des dévots de Sai Baba vont quitter l'Église pour ne fréquenter que les Centres Sai ? Voyez-vous l'Église catholique vide dans le futur et les Centres Sai remplis ?

PC : Non. Tout d'abord, nous devons comprendre que l'Avatar Sai Baba n'est pas venu pour fonder une nouvelle religion. Il est plutôt venu pour élever toutes les religions sur le même piédestal de gloire et pour les traiter comme une religion unique : la religion de l'Amour. Ceci a été prophétisé par le Prophète Mohammed (que la paix soit avec lui !) dans Océan de Lumière.

Sai Baba Lui-même a confirmé ceci à maintes reprises dans Ses discours. Swami nous encourage à ne pas changer de religion. Swami dit plutôt : « Chacun devrait pratiquer sincèrement sa propre religion. Un chrétien devrait être un bon chrétien. Un hindou devrait être un bon hindou. Un musulman devrait être un bon musulman. Que chacun soit un vrai pratiquant de sa religion. Personne ne devrait critiquer ou haïr la religion d'un autre. « Tous sont un, soyez égal envers chacun », a déclaré Jésus. Le Dieu unique est commun à tous. »

L'Avatar Sai Baba est venu restaurer les fondations de la droiture éternelle (Sanathana Dharma) dans toutes les religions. Swami n'a pas pris forme en faveur d'une religion particulière. Il est venu en tant qu'Instructeur du monde (Jagat Guru). Quand l'Église chrétienne prendra conscience de cette vérité - celle de Dieu arpentant la Terre aujourd'hui - ce sera sa véritable renaissance. Elle brillera de toute sa splendeur et de toute sa gloire.

Sai Baba est venu pour guider l'humanité vers la « Vérité complète ». Jésus a une fois dit à Ses disciples : « J'ai tellement de choses à vous dire. Mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. Quand l'Esprit de Vérité viendra, Il vous guidera jusqu'à la Vérité complète. » « Cet Esprit de Vérité, Sathya Narayana, est ici avec nous aujourd'hui. »

L'Église a besoin d'une solide dose de courage et d'une profonde humilité pour examiner cet événement stupéfiant de notre temps. Swami a maintenant 81 ans. Dans quinze ans, Il quittera cette forme physique. Comment pouvons-nous manquer cette chance ? Quand Jésus a arpenté la Terre, il y a 2000 ans, nous ne L'avons pas pris au sérieux. Les autorités religieuses L'ont rejeté. L'histoire se répète, si nous n'apprenons pas de sa sagesse.

Il est temps que l'Église fasse un acte de foi, qu'elle se risque dans l'inconnu. Sans armure, elle doit approcher la réalité de Sai Baba avec une disposition ouverte qui cherche à connaître la Vérité. L'Église a aujourd'hui besoin du courage et de la détermination du Pape Jean XXIII qui a convoqué le Concile de Vatican II et qui a ouvert l'Église à beaucoup de changements radicaux et à une renaissance.

Je reconnais que les changements dans l'Église seront difficiles à cause de la forte insistance sur l'infaillibilité de la tradition. L'Église chérit les déclarations passées de ses ancêtres comme étant au-delà des marges de l'erreur.

C'est pourquoi nous prions pour la grâce de Sai Baba. L'Église est Son épouse. Lui seul peut briser les barrières de la peur et la restaurer à cette splendeur originelle de la Vérité. C'était notre prière le jour de Noël et pendant cette messe sainte que nous avons célébrée à l'ashram avec les bénédictions de Swami.

Quand cela se produira, quand l'Église acceptera Swami, le rajeunissement spirituel conséquent attirera toutes les âmes contre son sein consolateur. Au lieu de mourir, elle renaîtra.

 L'amour ne connaît pas de critique

J : Des gens qui sont des dévots de Swami critiquent souvent les membres de l'Église catholique à cause de leur antagonisme envers eux.

PC : Ils ne devraient pas. Jésus est notre exemple. Sur la croix, Il a prié pour le pardon de Ses bourreaux : « Père, pardonne-leur, parce qu'ils ne savent pas. » Vous voyez, on ne peut pas faire du mal, quand on sait. C'est parce qu'ils ne savent pas qu'ils agissent ainsi. Lorsque vous critiquez ceux qui agissent dans l'ignorance, cela veut dire que vous êtes également ignorant. Au lieu de cela, nous devons prier pour que tous parviennent à cette connaissance divine, à cette aube de l'Age d'Or que le Prophète Jérémie a autrefois prédit : « Les frères n'auront plus besoin de se dire de rechercher Dieu », parce que tous connaîtront Dieu. (Jérémie 31.34)

Ceci doit être notre attitude : Quand nous sommes venus à Swami, quand nous avons accepté la Vérité de Swami et quand nous avons expérimenté le goût de Son Amour universel, alors, nous devons répandre cet amour qui ne connaît ni la critique, ni la haine, ni la condamnation. L'amour de Swami est comme l'amour d'un million de mères. C'est un amour qui ignore les fautes de l'enfant, un amour qui élève ce qu'il y a de bon chez l'enfant, un amour qui ne connaît pas le rejet, même quand l'enfant a été abandonné par tous. Ceci doit être notre attitude.

Même des personnalités divines ne sont pas à l'abri d'un tel antagonisme. Jésus en a reçu la plénitude. On l'a appelé par toutes sortes de noms. On a dit qu'Il chassait les démons par le pouvoir du Diable. Et comment est-ce possible, leur demanda Jésus. Comment le Diable peut-il faire le bien ? C'est une contradiction. La nature même du Diable, c'est le mal.
La nature même de Dieu, c'est le bien, le Bien suprême. Du Diable sort le mal. De Dieu émane la bonté.

J : C'est comme ce que certaines personnes racontent aujourd'hui à propos de Swami.

PC : Oui. Mais voyez la bonté, la fragrance céleste, l'amour pur et doux, la félicité qui émeut l'âme, l'opulence divine, le rayonnement de paix suprême qu'est Swami ! Qui peut imputer un seul péché à Swami ? Ceux qui n'ont pas goûté à Son amour, qui n'ont pas expérimenté Son contact, qui observent de loin et qui se délectent de ragots, parlent par ignorance. Peut-on utiliser une règle pour mesurer la profondeur de l'océan ?
La mouche peut-elle saisir la taille de l'éléphant ? L'enfant peut-il décrire le génie du professeur en physique atomique ? Seul l'Esprit peut saisir l'Esprit. (1 Corinthiens, 2.14) Pourquoi prêter attention à des critiques qui sont eux-mêmes ignorants ? Si vous devez vous renseignez, cherchez auprès de ceux qui ont réalisé leur Soi. Seuls ceux qui ont fusionné avec le Principe de Dieu peuvent vous donner un aperçu de la Vérité de Sai Baba.

Jésus a dit à Ses critiques : « Croyez en ce que J'ai fait, même si vous ne Me croyez pas. Alors, vous comprendrez que le Père est en Moi et que Je suis dans le Père » (Jean 10.38). Ici, Jésus Lui-même a indiqué l'autorité de l'exemple comme test incontestable de ce qui vient de Dieu. Prenez la vie de Sai Baba dont la vie est Son message. Qui a rendu, ne fût-ce qu'un iota des services que Swami a rendus à l'humanité - dans les domaines physique, psychologique et spirituel de l'existence ? Nous n'avons pas besoin de croire en Swami. C'est assez si nous croyons dans les ouvres que Swami fait. Cela seul nous conduira à la réalisation de la Vérité de Sai Baba.

D'extraordinaires modèles de service désintéressé rendus à l'humanité
Pourquoi avoir peur, quand Dieu est ici ?

J : Vous connaissez le prêtre, Mario Mazzoleni, et vous savez comment il a été forcé de quitter l'Église. Craignez-vous parfois que quelque chose de semblable vous arrive ?

PC : Il n'y a absolument aucune crainte. En réalité, je suis prêt à me dépouiller de ce corps, si cela permet à mes frères et sœurs chrétiens de venir à la Vérité de Sai Baba. Si nous regardons dans les annales de l'histoire, nous découvrons combien de souffrances et de persécutions beaucoup de grandes âmes ont dû subir de la part de leurs contemporains pour enchâsser le message de la Vérité et de l'Amour dans le cœur de l'humanité. Les gens ne les ont pas compris de leur vivant. Mais plus tard, on en a fait des saints.

Il y a tant d'exemples, comme Jeanne d'Arc, Jean de la Croix et Thomas d'Aquin. Ils ont tellement souffert pour que leurs frères et leurs sœurs s'éveillent. Quand quelqu'un est perdu dans l'oubli du sommeil, il a besoin d'être fortement secoué pour s'éveiller. Il a besoin d'être secoué et qu'on lui crie dessus : Allez, éveille-toi ! Éveille-toi ! Éveille-toi, homme ! Regarde ! Dieu est ici ! Notre Père, Sai Baba est venu ! Éveille-toi ! Si dans ce processus d'éveil, ce corps souffre, alors, c'est une bonne souffrance.

J : Brièvement, pourriez-vous nous dire ce que Sai Baba et Jésus signifient pour vous ?

PC : Ils sont un. Il n'y a pas de Jésus distinct de Sai Baba. Ils sont un. Je ne vois pas le nom ou la forme. Je vois la Réalité. « Le Père et Moi, nous sommes un », dit Jésus. Il a dit à Philippe : « M'avoir vu, c'est avoir vu le Père, car Je suis dans le Père et le Père est en Moi. »
Vous voyez, si vous voyez deux là où il n'y a qu'un, alors, vous avez un problème de « je ». Vous voyez double. Quand ce problème de « je » sera corrigé, alors, tout naturellement, vous ne verrez que le un, parce qu'il n'y a jamais eu que le un et pas deux. Dieu est Un.

Par exemple, voici de l'eau. Comment l'appelez-vous en langue péruvienne ?

J : « Agua ».

PC : On l'appelle « water » en anglais. Dans ma langue, « mmiri ». En latin, « aqua ». Les Français disent « eau » et les Allemands utilisent un nom différent. Ces noms différents modifient-ils la réalité de H2O ? Non. Quel que soit le nom ou la forme - liquide, solide ou gaz - que l'eau peut prendre, cela ne change pas sa réalité. L'eau est une, mais elle possède tant de noms et de formes. Similairement, Dieu est Un.
Nous L'appelons Jésus, Allah, Krishna, Bouddha, Baba. Ce Dieu unique et immuable prend des formes différentes (corps), d'ère en ère, avec des pouvoirs supra humains appropriés, conformément aux circonstances de l'époque, pour enseigner à l'homme comment voir l'Un derrière le multiple.

Ainsi, si vous voyez des noms et des formes, vous voyez des différences et vous commencez à vous battre. Mais lorsque vous voyez la Réalité, la question de réconcilier Jésus et Sai Baba ne se pose pas. C'est comme demander comment réconcilier « agua » et l'eau. Vous comprenez ? Nous devons cultiver la vision de l'Unité en allant au-delà du nom et de la forme. C'est seulement quand nous voyons l'Unité que nous pouvons faire l'expérience de la Divinité. Mais lorsque nous voyons la diversité, alors nous expérimentons des haines et des luttes et toutes sortes de fanatisme religieux.

L'élixir final est la connaissance du Soi, c'est-à-dire entrer en contact avec notre propre Divinité. Quand nous pénétrons dans ce noyau de notre Être, nous découvrons aussi qu'il est le centre de toute chose. La Divinité intérieure est la même Divinité en tous, au-dessus de tous, en dessous de tous, à l'intérieur de tous, autour de tous, avec tous. Chaque chose est divine. C'est le Royaume de Dieu dont Jésus a parlé.
Le petit poisson à la recherche de l'océan.

Voici une petite histoire : il était une fois un petit poisson qui vivait dans le puissant océan. Ce poisson était apparemment troublé. Toute sa vie, il avait cherché à voir l'océan. Il a voyagé partout dans sa quête. Il a lu des volumes entiers de littérature concernant cette chose appelée « océan «. Il a aussi consulté beaucoup d'experts savants en cette matière, mais aucun n'a pu résoudre son dilemme. Finalement, un jour, il est arrivé près d'une baleine et il a posé cette question à la baleine.
Il a dit : « S'il te plaît, sœur baleine, répond vite à la prière de mon cour. Toute ma vie, j'ai entendu parler de cette chose appelée « océan ». Tant de gens ont parlé et écrit à son propos. Mais, je voudrais le voir, le toucher et le sentir moi-même. S'il te plaît, pourrais-tu m'indiquer où je pourrais trouver cette « océan » ? La grosse baleine rit sous cape et dit au petit poisson : « Frère poisson, regarde ! Cette chose dans laquelle  tu te trouves maintenant, c'est l'océan. »

« Cette chose que tu touches, dans laquelle tu nages, dans laquelle tu vis, c'est l'océan. Il est au-dessus de toi, en dessous de toi, autour de toi, à l'intérieur de toi, partout. En fait, tu ne peux pas vivre une seule minute sans lui. C'est ton principe vital même. » Le petit poisson n'a pas pu croire la baleine. Il a dit : « Mais ce qui me touche, c'est de l'eau. C'est de l'eau ordinaire. Moi, je veux voir l'océan. »

Vous voyez, nous sommes comme ce petit poisson dans l'océan qui cherche l'océan. Nous sommes en Dieu, au-dessus de Dieu, en dessous de Dieu, autour de Dieu, à l'intérieur de Dieu, dans notre existence même. Cependant, nous cherchons tout le temps Dieu. Lorsque nous comprenons que nous sommes un avec Dieu, il devient très facile de comprendre tout le reste. Mais si nous ne saisissons pas ce point, rien d'autre ne peut apporter la cohésion.

Dieu est l'océan et nous sommes dans Ses eaux.   
                     
Soyez heureux ! Toujours heureux ! A jamais heureux !

J : Pouvez-vous donner un dernier message aux dévots de Sai Baba ?

PC : Soyez heureux ! Tout a été fait. Swami est la Totalité, la Somme et le Substrat. Il n'y a rien à ajouter ni à soustraire. Vous faites partie intégrante de cette Totalité. Soyez heureux. Être, c'est laisser l'Etre se produire.

Le résultat, c'est la béatitude du bonheur, c'est-à-dire, l'union avec Dieu. Soyez une flûte entre Ses mains et jouissez du flot de la mélodie divine en vous et à travers vous. Soyez un enfant contre Son sein et éprouvez le frisson d'être porté par les ailes divines. Lui seul vous emmènera jusqu'au but de la vie. Tout se fait dans l'Être. Ne dictez pas à Dieu. Lorsque nous désirons que les choses soient ainsi et pas comme cela, nous bloquons l'écoulement naturel et spontané de l'Être. Être est une disposition où nous nous vidons pour que Dieu nous remplisse.

Soyez heureux ! Être ne veut pas dire la non action. « Oh, tout se fait dans l'Être, donc, je ferais mieux de dormir toute la journée. » Une telle attitude, c'est de l'action négative. Lorsque vous ne voulez pas faire, vous faites. C'est de l'action répulsive. Lorsque vous voulez faire, vous faites aussi. C'est de l'action compulsive. Ni vouloir, ni ne pas vouloir ! Juste être ! Alors, Dieu agira. Ce jaillissement d'énergie divine s'élèvera en vous et vous propulsera selon la nécessité du moment. Vous devenez un instrument. Par exemple, vous avez là un enregistreur. Avant, vous ne l'avez pas utilisé, parce que les circonstances justes ne se sont pas manifestées. L'enregistreur ne vous dicte pas quand, où et comment l'utiliser. Il se contente d'être. Être, c'est être un instrument entre Ses mains et alors, le potentiel infini de l'Être se débloquera en vous.

J'entends souvent les gens dire : « Je fais le travail de Swami ! Swami a-t-Il besoin d'aucun travail ? C'est de l'ego. Laissez tomber ce sentiment d'être l'auteur de l'action. Dieu est l'auteur de l'action ; pourtant, Il prétend ne pas l'être. L'homme ne fait rien ; pourtant, il prétend être l'auteur. C'est de l'ignorance. Swami fait Son travail à travers vous. Laissez-Le faire. Soyez heureux. L'Amour de Dieu est l'unique raison de notre bonheur, de notre existence même. Soyez heureux, toujours heureux et alors, vous chanterez Ses louanges en permanence. »
Sai Ram !


(Le Rev. Père Charles Francis Ogada est un Père catholique romain de l'Ordre des Pères et des Frères du Saint-Esprit.)


Heart2Heart
Décembre 2007