UN PARADIS D’AMOUR PAR LE POUVOIR PUR
DE L’AMOUR DESINTÉRESSÉ



Si la vie se perd en rêves et l’être dans le devenir, alors la création est l’éternelle saga de la recherche d’une joie satisfaisante. De la richesse au pouvoir et aux belles situations, de la renommée aux relations, les êtres humains s’interrogent partout à propos de cette joie insaisissable et gratifiante qui pourrait apporter un sentiment de complétude et un sens à leurs vies.

En février 2009, notre équipe de Heart2Heart a assisté à cette poursuite du bonheur et l’a captée dans un cadre inhabituel – une aile laissée sans surveillance et isolée d’un grand hôpital de Bhubaneswar, la capitale de l’Etat indien d’Orissa, situé dans l’est de l’Inde. Ce que nous y avons vu nous a simplement subjugués. Ce qui était autrefois un lieu « abandonné de Dieu » a aujourd’hui été transformé en un laboratoire d’amour pur où des miracles se produisent presque quotidiennement. Comment en est-on arrivé là ? Qui l’a fait ? Et finalement, qui est le plus heureux ?

Lisez cette histoire vraie et le point de vue que vous avez sur la vie pourrait bien ne plus jamais être le même.

Imaginez que vous rendiez visite à un ami malade à l’hôpital. Il s’est bien rétabli et ceci vous rend heureux. Finalement, vous le quittez dans un excellent état d’esprit. Mais en vous frayant un chemin dans le dédale des couloirs de ce gigantesque hôpital, vous vous retrouvez par hasard devant la porte d’une chambre glauque.

Vous ne savez pas très bien dans quel coin de l’hôpital vous êtes, mais ce que vous voyez devant vous est simplement choquant. La puanteur insupportable qui émane de cette pièce vous assomme comme une avalanche ; vous pouvez à peine respirer. Des gens couchés sur des lits branlants ont l’air d’avoir été laissés pour morts – ils sont totalement abattus, pratiquement sans vie. Vous vous demandez ce qui se passe dans cette chambre, au nom du ciel. Vous êtes complètement déstabilisé. Puis, vous vous renseignez et vous apprenez qu’il s’agit en fait d’un « service », un prétendu service, où l’on ne traite pas les gens pour rétablir leur santé, mais où on les laisse littéralement mourir.

« Comment est-ce possible ? »

« Pourquoi est-ce ainsi ? »

Votre cœur a mal et se révolte… puis quelqu’un dit : « Ces gens n’ont personne qui se soucie d’eux le moins du monde : ils n’ont pas de foyer, pas d’argent et ils sont victimes de maladies terribles. »

Vous regardez ces malheureux, totalement incrédule, pendant quelques secondes, mais vous ne pouvez plus rester. Vous quittez l’endroit, mais seulement physiquement. La scène pitoyable refuse de quitter votre esprit. Elle écartèle votre compréhension de la vie. Le gouffre béant que vous voyez entre votre vie et la leur vous plonge dans l’introspection. Quelques heures passent et l’agitation prend fin. Vous êtes maintenant quelqu’un de différent – vous avez décidé d’agir et pas simplement de réagir ! Vous êtes déterminé à changer cette partie du monde.

Les plus pures motivations naissent des bas-fonds de la misère

Est-ce trop beau pour être vrai ? Une belle histoire inspirante, mais qui se limite à cela, parce que la souffrance n’est-elle pas là tout autour de nous ? Mais si nous vous disons que c’est une histoire authentique ! C’est, essentiellement, comment une initiative de service formidable a démarré, il y a six ans, à l’hôpital de la capitale de l’Etat indien d’Orissa, dans l’est de l’Inde.

Cette unique rencontre, à soulever le cœur, dans le service des ‘’patients inconnus’’ faite par un jeune volontaire Sai a été le point de départ d’un mouvement de protection médicale holistique qui compte aujourd’hui une trentaine de jeunes gens extrêmement motivés qui consacrent leurs vies à alléger le fardeau de ces pauvres âmes. Chaque matin, il y a au moins six bénévoles qui passent au moins trois heures à soigner et à guérir ces individus qui souffrent. Et comme toutes les révolutions Sai, ce projet est également silencieux, mais très puissant et vierge de tout désir de reconnaissance, de récompense ou de publicité.

Une motivation supérieure et beaucoup de force intérieure sont nécessaires pour poursuivre une cause qui suscite autant de pitié.

Cette tâche n’est certainement pas facile et elle n’est pas non plus pour les « natures trop sensibles ». Lorsque l’équipe de H2H visita l’endroit en février 2009, une jeune bénévole Sai, Mlle Sanghmitra Nayak, partagea avec nous ses premières journées à l’hôpital :

« Au début, le cadre de cette unité me répugnait carrément. J’ai dû lutter avec l’odeur des patients et avec l’hôpital, en général ; il y avait partout des spectacles terriblement déprimants. Mais comme j’étais persuadée que Baba est plus satisfait par le service que par les bhajans, je me suis accrochée et j’ai surmonté graduellement mon hésitation initiale.

Progressivement, je me suis jointe aux autres pour prendre soin des personnes âgées et de celles qui avaient d’horribles maladies. Les jours de fête, nous leur apportons des bonbons et d’autres cadeaux et ces patients sont tellement heureux. Je me suis mise à apprécier leur joie. Je pensais en moi-même : « J’ai une maison, des parents, une famille… mais eux, qu’est-ce qu’ils ont ? »

Sanghmitra était maintenant en larmes… mais elle se reprit rapidement et elle poursuivit :

« Une dame avait des vers dans ses blessures. Nous avons nettoyé ses écorchures, nous avons fait ses pansements quotidiennement et nous avons pris bien soin d’elle. Finalement, lorsqu’elle a été guérie et prête à partir, elle n’a plus pu retenir ses émotions ; elle nous a embrassés et elle a pleuré… comme si elle quittait la maison de ses parents ! Nous étions si comblés d’expérimenter une telle douceur et nous savons que tout ceci vient de notre doux Seigneur.

Il y a tellement d’histoires d’amour profond aussi touchantes qui me lient à cet hôpital. Et donc, chaque matin, j’attends d’être ici et souvent, je suis la première à arriver. Je me sens privée de quelque chose de trop précieux, si pour une raison ou l’autre, je ne peux pas venir un jour. C’est pourquoi, même quand je ne suis pas bien, je ne rate pas cette opportunité. En fait, encore aujourd’hui, je ne me sens pas trop bien, mais comment pouvez-vous résister au bonheur d’apporter de la joie à une autre personne ?

‘’Je dis à toutes les femmes de notre centre de bhajans Sai de venir juste une fois et de voir les patients. Même quelques mots affectueux rendent heureux ces pauvres gens. Une fois que vous avez goûté à ce bonheur, vous ne voulez plus jamais le perdre. Je prie constamment Swami de me bénir de telles opportunités de service jusqu’aux derniers instants de ma vie. »

La genèse de cette formidable aventure

Voici le compte-rendu sincère de juste une personne parmi beaucoup d’autres pour qui ce projet est la passion principale de leurs vies. M. Rajani, un « ancien » jeune volontaire Sai est celui qui, avec quelques autres, a initié ce projet en 2002 et depuis lors, il s’y est totalement consacré. Il nous raconte comment cette initiative a démarré :

« Eh bien, un jour, nous étions dans cet hôpital à la recherche d’une personne sans ressources. Nous ne l’avons pas trouvée dans le service habituel. Donc, nous nous sommes renseignés et nous avons cherché et finalement, nous nous sommes retrouvés dans ce coin le plus misérable et totalement négligé de cet hôpital.

‘’Personne ici n’était prêt à ne fût-ce que toucher ces patients, sans parler de les aider. Je ne sais pas si l’enfer lui-même ne serait pas pire… c’était totalement affligeant. Nous avons alors décidé que nous viendrions ici tous les jours et que nous transformerions petit à petit ce lieu en une Terre, si pas en un Paradis.

Néanmoins, le premier jour fut très éprouvant. L’odeur infecte qui émanait des corps de ces patients était presque insupportable ; elle nous donnait la nausée et parfois, nous forçait à vomir. Nous étions seulement deux, ce jour-là. Mais par Sa grâce, le nombre s’est accru et maintenant, nous formons un groupe fort de trente volontaires. En plus de servir dans cette unité, nous sommes également toujours disponibles en cas d’urgence ou d’accident.

Et chaque fois que nous décidons de nous attaquer à une tâche volumineuse, comme nettoyer tout l’environnement ou les murs, etc., beaucoup d’autres volontaires nous rejoignent. Et à côté de cela, nous faisons également notre devoir de service habituel, une fois par an à Prashanti Nilayam. »

Les patients témoignent de l’impact considérable de l’amour

Écouter les comptes-rendus sincères de cette jeunesse inspirée est simplement une révélation. On se demande comment ils parviennent à conserver autant de temps et d’énergie pour une cause telle que celle-ci. Mais plus que tout le reste, qu’est-ce qui les motive à s’engager dans un tel type de bénévolat prolongé, jour après jour, et cela, pendant des années d’affilée ? Il y a certainement une joie qu’ils expérimentent ici qui est peut être plus grande que tout ce que le monde extérieur a à leur offrir.

Ayant trouvé l’élixir du bonheur authentique, il n’était pas surprenant de trouver que chaque réflexion d’un jeune bénévole Sai était inspirante. Mais les témoignages de gratitude sincères des patients du service étaient encore plus enthousiastes. Nous avons rencontré une personne âgée qui se rétablissait de diverses maladies et nous avons entamé une conversation.


H2H : « Tonton, dis-nous quelque chose sur toi ? »

Le patient âgé (P) : « Fils, que puis-je te dire sur moi-même ? Je buvais beaucoup et je traînais dans les rues. »

H2H : « Tu n’as personne pour s’occuper de toi ? »

P : « Autrefois, mais il n’y a plus personne avec moi, maintenant. »

H2H : « Depuis combien de temps es-tu dans cette situation ? »

P : « J’ai quitté la maison, quand j’avais 17 ou 18 ans. Je gagnais ma vie à la journée. Je travaillais et je vivais avec tout ce que je pouvais gagner. J’ai commencé à travailler pour un salaire journalier de 6 annas (à peu près 37 paisas ; 100 paisas = 1 roupie). Je n’ai jamais eu de toit au-dessus de ma tête. Je suis resté dans un monastère pendant environ deux ans et puis, je suis de nouveau parti. »

H2H : « Mais pourquoi allais-tu d’un endroit à l’autre ? »

P : « Que pouvais-je faire d’autre ? Je n’avais pas d’endroit où rester. Là où il y avait du travail, c’est là que j’allais, que je bossais et que je me nourrissais. J’ai fait tous types de travail, ouvrier dans la construction, laveur de camion, garçon d’hôtel. Je suis illettré. Tout ce que j’ai gagné, je l’ai dépensé en nourriture et en boisson. C’est ma vie. »

H2H : « Quel âge as-tu, maintenant ? »

P : « Je dois avoir plus de 80 ans. »

H2H : « Pourquoi et quand es-tu venu ici ? »

P : « Je gisais sur le côté de la route. Mes jambes ne pouvaient plus me soutenir. J’ai demandé à des gens de me laisser dans un hôpital. Quelqu’un m’a amené en bus et m’a laissé ici, il y a 2 ou 3 mois. Depuis lors, je suis ici. »

H2H : « Comment vas-tu maintenant ? Comment va ta jambe ? »

P : « Ils me donnent des médicaments. Hier, beaucoup d’eau est sortie de ma jambe. »

H2H : « Ces gens habillés en blanc (les sevadals) s’occupent de toi ? »

P (acquiesce) : « Tous les jours, je prie le Seigneur de leur faire du bien à tous. Millions de salutations à leurs pieds ! »

H2H : « Que font-ils ? »

P : « Oh, mon Dieu ! Que ne font-ils pas ? Ils nettoient nos selles, nos vomissures, nos vêtements et nos corps puants. Ils nous donnent à manger. Ils sont si jeunes ; et pourtant, ils nous aiment tellement. Puisse le Seigneur les bénir et toujours veiller sur eux et leurs familles. »

H2H : « As-tu déjà reçu une telle attention de la part de quelqu’un d’autre ? »

P : « Non, mon fils, jamais. Je vais bientôt mourir, je ne dis pas de mensonge. Il est possible que même le père et la mère de quelqu’un ne rendent pas le type de service que ces anges rendent. Mille salutations à la poussière de leurs pieds. Puisse Dieu leur donner la paix et le bonheur pendant toutes leurs vies. »


Voilà. C’était juste un extrait d’une parmi les nombreuses rencontres que nous avons eues avec les patients. Les mots et les expressions variaient, mais le sentiment était unique : celui d’une touchante gratitude. Les indigents n’étaient plus les oubliés de Dieu avec les volontaires désintéressés de Sai auprès d’eux, ils étaient maintenant les élus de Dieu.

Sous la surveillance de Sai, qu’est-ce qu’une perte de mémoire ?

« Au fil des ans, des tas de patients de ce type, étiquetés comme des cas désespérés, sont rentrés en pleine forme et en bonne santé », nous dit M. Rajani et il cita un exemple :

« Il y avait un enseignant de 70 ans à la retraite et célibataire, de Puri, qui était venu à Bhubaneswar pour toucher sa pension. Accidentellement, il est tombé sur la route et il a encouru de graves blessures à la tête. Il a même complètement perdu la mémoire. Il a finalement abouti dans cette unité et nous avons décidé de faire tout ce que nous pouvions pour restaurer ses facultés.

Les docteurs ont suggéré divers examens, mais avec notre foi en Sai, nous avons persisté avec nos remèdes simples comme la prière sincère, la vibhuti et un médicament liquide prescrit par les médecins. Après un mois et demi de soins soutenus, pour notre plus grande joie, il s’est non seulement rétabli, mais il a aussi retrouvé la mémoire. Il a pu nous donner son adresse et les coordonnées de sa famille.

Nous l’avons ensuite reconduit à son village qui est situé à 150 km d’ici. Son frère était ravi de le voir. Ils le cherchaient depuis deux mois !

Un des villageois s’est approché de nous et nous a demandé si nous étions des dévots de Sai Baba. Il a ensuite révélé qu’il avait prié Sai Baba depuis deux mois pour la sécurité de cet homme et qu’Il avait maintenant répondu à ses prières par notre intermédiaire ! Nous sommes restés muets. Il nous fut encore une fois prouvé que, où que nous allions, Sai s’y trouve toujours avant nous. »


Les volontaires Sai guérissent une victime gravement brûlée à l’aide d’un traitement ayurvédique

M. Rajani rapporta un autre cas concernant une patiente à moitié brûlée. Elle avait reçu un traitement dans un autre hôpital, où les docteurs avaient renoncé, car ils pensaient qu’elle n’avait aucune chance réelle de survivre. Mais la jeunesse Sai ne perdit jamais espoir.

« Quand nous avons été mis au courant de son état, nous l’avons littéralement transportée de cet hôpital dans cette unité et nous avons commencé à la ramener à la vie. Nous l’avons conduite chez un médecin ayurvédique dans cet hôpital qui pensait réellement pouvoir lui sauver la vie, mais aussi améliorer son état.

Il nous a dit de tremper des feuilles de neem et de bétel dans un pot d’eau et de nettoyer tous les jours ses brûlures en utilisant cette eau médicinale. Plus tard, il nous a donné une bouteille d’huile à appliquer qu’il avait personnellement préparée. Nous avons appliqué ce traitement pendant trois mois et la dame s’est complètement rétablie ! Et maintenant, elle peut même marcher !

En fait, le chirurgien en chef de cet hôpital a été tellement surpris et impressionné par son rétablissement qu’à présent, il recommande lui-même aux patients brûlés d’essayer cette thérapie. »

Quoique la confrérie hospitalière soit maintenant très admirative du travail effectué par les jeunes volontaires Sai, ce n’était pas le cas à l’origine. « Au début, le personnel de l’hôpital et l’administration étaient très peu coopératifs en raison de la bureaucratie du gouvernement », dit M. Rajani. « Ils n’admettaient jamais ne pas pouvoir traiter ces patients, mais simultanément, ils disaient qu’ils étaient trop pressés par le temps. Pour nous, cependant, ceci fut une grande opportunité », ajouta-t-il.


Une transformation positive dans les vies des jeunes volontaires

Curieux de savoir quel impact ce service ininterrompu a eu dans sa propre vie, nous avons demandé à M. Rajani : « Comment ceci vous a-t-il aidé en tant que personne ? »

« Oh…J’en ai tiré un bénéfice immense. Ceci a transformé ma vie. J’étais très retors, mais maintenant, je suis une personne différente. Comme moi, il y a beaucoup de jeunes volontaires Sai dont les vies ont changé jusqu’à en être méconnaissables. L’un d’eux buvait beaucoup. Mais après avoir participé à ce service, il s’est senti suffisamment fort pour se garder de ses mauvaises habitudes et pour finir, il est entré dans l’Organisation Sathya Sai de Seva.

Il y a au moins quatre jeunes dans notre groupe de trente qui furent d’abord attirés pour servir dans cette unité et qui seulement plus tard ont appris à connaître Swami et sont devenus ses dévots. Ce sont tous des individus neufs, à présent ! »

M. Manoranjan Muduli, un jeune homme d’une vingtaine d’années qui sert depuis trois mois reprit le fil de la transformation personnelle et dit :

« Je suis venu ici une fois seulement pour observer, mais je me suis senti très mal à l’aise en voyant ce que les jeunes volontaires Sai faisaient : tout cela était étrange pour moi. Ils nettoyaient les blessures des patients, ils leur donnaient des bains, à manger… ils faisaient mille et une chose pour eux !

Pendant quelques jours, au début je n’ai pas pu surmonter ma révulsion, mais cela a changé une fois que j’ai commencé à aimer les patients.

Au début, je mettais des gants, mais progressivement je n’ai même plus ressenti le besoin de les utiliser. Néanmoins, nous les employons, principalement pour la sécurité des patients, pour ne pas transférer une infection de l’un à l’autre. Et maintenant, je suis si attaché à ce travail que si je ne viens pas à l’hôpital pendant un jour ou deux, je me sens coupable ! »

« Auparavant, je ne me sentais pas beaucoup concerné par la souffrance des autres. Même si je voyais quelqu’un souffrir, je me disais simplement : « Ce n’est pas mon affaire. » Mais maintenant, cela a changé ; le désir d’améliorer la vie des gens qui nous entourent grandit en moi chaque jour. Je prie seulement Baba pour qu’Il veille à ce que je sois engagé dans de telles activités jusqu’à mon dernier souffle. »


La discipline Sai gagne la confiance de l’hôpital

Le dévouement de ce groupe de messagers d’amour et de guérison était effectivement poignant. Ils débutent leur journée de travail en psalmodiant le Omkaram et ils abandonnent à Swami leurs actions et leurs résultats. Quand ils nettoient les blessures, ils appliquent de la vibhuti et ils en prennent aussi révérencieusement. Ils ne craignent pas les infections, parce que leur foi en Sai est solide et ils comptent entièrement sur Lui et sur Lui seul. Même en traitant des cas, comme le tétanos, où normalement personne n’est autorisé à s’approcher d’un individu infecté, puisque la maladie est très contagieuse, les jeunes volontaires Sai entrent dans l’unité, traitent et pansent les blessures et prodiguent des soins complets, comme de coutume ! Et l’impact que leur travail a eu sur le personnel de l’hôpital est extraordinaire. Une infirmière en chef de l’hôpital raconte :

« Tout l’aspect de ce service a changé en résultat des efforts des jeunes volontaires Sai. Auparavant, personne ne voulait ne fût-ce qu’entrer de ce côté de l’hôpital, mais maintenant, regardez comme c’est impeccable ! Ces volontaires sont incroyables. Leur dévouement est exemplaire. Il y a ici des patientes qui ont des vers dans leurs blessures, mais ces jeunes filles ne grimacent même pas en les nettoyant. Ce que nos propres infirmières et ce que nos propres balayeurs ne sont pas capables de faire, ils le font volontairement. C’est la plus grande chose et nous leur sommes extrêmement reconnaissants.

En vertu de leurs soins et de leurs services affectueux, des patients qui ont normalement besoin d’un mois pour guérir, sont autorisés à quitter l’hôpital au bout d’une semaine. Non seulement ils nettoient les patients et l’unité, mais ils traitent aussi les patients comme s’ils faisaient partie de leur propre famille. Ceci génère un grand impact sur le sentiment de bien-être des patients. »

Toutefois, ses louanges ne s’arrêtent pas là. Elle insiste encore sur le fait que le service dévoué et intrépide rendu par les jeunes volontaires Sai pourrait bien rehausser le prestige de l’hôpital :

« Et en plus, ils répondent à nos appels à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Ils ramassent les patients qui gisent sur le bord de la route, dont beaucoup sont au bord de la mort et ils les amènent ici. Ceux qui sont sur le point de mourir reçoivent un nouveau souffle entre leurs mains et ils s’en retournent guéris. C’est du tout bon travail. Puisse le bon Seigneur, Sai Bhagavan, les bénir ! S’ils continuent à faire ce travail, je n’ai aucun doute qu’un jour, cet hôpital servira de modèle pour les autres. »


Rapprocher les soins de santé publics et privés

Mais les jeunes volontaires Sai ne se contentent pas de servir uniquement dans cet hôpital. Leur objectif, c’est d’apporter au patient un rétablissement holistique et complet et ils sont prêts à tout pour y arriver. M. Sushant Kumar Sahoo, un autre jeune volontaire Sai dévoué se remémora l’histoire d’un jeune homme blessé et dit :

« Nous avons été mis au courant du cas d’un jeune homme qui avait un fémur brisé. Quand le plâtre fut retiré, on s’est rendu compte qu’une jambe était plus courte que l’autre d’un bon centimètre et demi ! Cela signifiait qu’il devrait boiter pendant toute sa vie et il n’avait que 21 ans !

Le médecin de l’hôpital du gouvernement a manifesté son incapacité à aider, alors nous avons approché un spécialiste d’un hôpital privé qui a été d’accord d’opérer. Cela nous a rendu espoir. On l’a transporté là-bas et pendant toute la période de son rétablissement à l’hôpital, 4 ou 5 d’entre nous se sont occupés de lui, 24h24, en faisant une tournante.

Il n’avait ni amis ni parents. Alors, nous avons tout fait – nous lui apportions la nourriture, nous nettoyions son pot de chambre, nous changions ses vêtements et nous le veillions pendant la nuit. Ce service n’a pas duré juste une semaine ou deux, mais cinq mois et 13 jours.

Une autre fois, un patient est arrivé dans un hôpital privé dans un état très grave. Il était dans le coma depuis dix jours et son état était si déplorable que les fourmis avaient commencé à le dévorer ! L’hôpital n’était pas prêt à l’accueillir, mais un membre du personnel médical, le Dr
K.P. Tripathy en a pris la responsabilité et il a relevé le défi.

Ce patient n’avait pas non plus de parents pour s’occuper de lui. Et donc, les autorités de l’hôpital nous ont demandé de prendre soin de lui, par conséquent. Il est resté dans le coma pendant 5 jours de plus. Finalement, lorsqu’il a rouvert les yeux, il a demandé de la nourriture. Ses paroles étaient toujours incohérentes, mais le docteur nous a assuré qu’il irait bien.

Comme c’était un hôpital privé, les frais médicaux étaient exorbitants, mais notre frère, Rajani, nous a dit de ne pas nous inquiéter pour l’argent. Ce qui est bien, toutefois, dans cet hôpital, c’est que, lorsqu’ils savent que les volontaires Sai sont impliqués dans un cas, cela ne les gêne pas de faire crédit ! En réalité, nous ne savions rien à propos de cette personne, et en quelques jours la facture médicale à payer s’est élevée à 40 000 roupies. Le pharmacien hésitait à nous fournir d’autres médicaments, mais nous l’avons persuadé de continuer et nous lui avons garanti que nous lui payerions chaque roupie que nous lui devions.

Nous avons conduit la personne chez un coiffeur dans une camionnette pour lui couper les cheveux, la raser de près et faire en sorte qu’elle ait l’air présentable. Mes ses paroles étaient toujours inintelligibles. Nous n’avions aucun indice, quant à l’endroit d’où elle venait. Après, elle a subi d’autres tests et on a découvert qu’elle souffrait d’une pléthore de maladies concernant les reins, le cœur et d’autres organes !

Vingt-six jours de soins continus nous ont réellement fatigués. J’avais un examen à passer et je devais parcourir de nombreux kilomètres à vélo tous les matins pour m’occuper du patient. De plus, je donnais des cours à des jeunes pour gérer mes propres dépenses. Il était extrêmement difficile pour moi de satisfaire à toutes les exigences concernant mon temps, ma patience et mes ressources. Les autres garçons qui travaillaient avec moi étaient eux aussi épuisés.

Un jour, j’ai décidé d’avoir une conversation avec le docteur et d’interrompre mon service. En arrivant à l’hôpital, ce jour-là, j’ai vu qu’on accueillait un autre patient et cette nouvelle personne reconnut immédiatement notre patient, car ils provenaient du même village. Nous avons facilement obtenu son adresse et nous sommes allés informer sa famille de sa situation.

‘’Ils étaient tellement reconnaissants pour tous les soins que nous avions prestés, et sans perdre un instant, ils se sont rendus à l’hôpital pour prendre en charge leur parent. En quelques jours, il s’est bien rétabli et il a été autorisé à quitter l’hôpital. Personnellement, je pense que c’est la main de Sai qui veillait sur cette personne et qui faisait la chose correcte au bon moment ; et non seulement cela, c’est la même main qui veille aussi sur moi. »


Servir les autres, c’est se servir soi-même

Sushant raconta alors comment Swami a toujours été avec lui pendant qu’il s’absorbait dans Son travail. Il dit :

« Au début, quand j’ai commencé à nettoyer les blessures des patients et leurs vêtements, j’avais envie de vomir. Je ne pouvais rien manger pendant deux jours. Alors, j’ai cessé d’aller à l’hôpital. Mais… je n’ai pas pu m’empêcher d’y retourner.

Maintenant, ma personnalité a subi un grand changement. Je suis devenu plus ouvert à la souffrance des autres. Je ne suis plus dégoûté par l’odeur horrible qu’émettent certains patients et je peux travailler sans réserve avec n’importe quel patient. J’ai également été béni par un bénéfice très pratique. Avant, je restais toute la journée à la bibliothèque pour étudier pour mes examens. Maintenant, j’ai beaucoup moins de temps pour étudier. Néanmoins, mon taux de réussite est presque 4 fois supérieur par rapport à avant ! N’est-ce pas là une pure bénédiction de Bhagavan ? »

Mlle Sanghmitra Nayak avait une histoire similaire. Elle nous dit en exultant :

« Au départ, je travaillais pour une petite société. Mais brusquement, j’ai eu une chance inattendue – une grosse société a demandé à m’engager pour un salaire beaucoup plus élevé. C’était purement la grâce de Bhagavan. Il m’a donné plus d’argent pour les indigents. Mon unique regret, c’est qu’en tant que fille, mes mouvements sont limités. Si j’avais été un garçon, j’aurais encore fait plus. Une fois, j’ai rencontré un monsieur sur la route. Il m’a saluée et il a dit : « Sœur, tu me reconnais? Tu t’occupais de ma femme à l’hôpital. Maintenant, elle va très bien. » J’étais si émue. Nous pouvons si merveilleusement partager l’amour de Dieu l’un avec l’autre. Mon impression personnelle, c’est que de tous les projets de service, le seva aux personnes souffrantes dans les hôpitaux est le meilleur. Rien ne vaut cela ! »

Vraiment, rien n’est comparable au service désintéressé authentique, parce qu’il a le pouvoir de nous conférer cette joie durable qui est en fait la quête éternelle de tout être vivant sur cette planète. Lorsque l’amour est partagé ou accepté sous sa forme la plus pure, la félicité qu’il peut conférer est illimitée. Et ce groupe petit, mais puissant d’anges Sai d’Orissa, a goûté à cette source de joie éternelle. Il a montré au monde ce que l’amour pur sous l’apparence de la compassion peut faire pour la société ainsi que pour chacun d’entre nous. Il n’appartient qu’à nous d’ouvrir nos cœurs pour apprécier ce miracle inné et merveilleux dans nos vies.


Heart2Heart
Mai 2009