BABA ET « BILL, SIMPLEMENT BILL »

Par M. David Cornsweet



La façon dont le Divin opère dans le monde entier à chaque seconde dans le seul but d’octroyer la paix, l’amour, la sécurité et la félicité à des millions de personnes est simplement stupéfiante et impossible à décrire. Mais tout comme vous n’avez pas besoin de boire l’océan entier pour connaître le goût de l’eau de mer, quelques exemples incroyables suffiront pour nous donner un aperçu de la gloire de l’Avatar. Lorsque vous lirez l’histoire de ‘’Bill, simplement Bill’’ de Californie du sud, vous verrez comment le Seigneur est toujours à l’œuvre. Voici l’histoire racontée par un ardent fidèle de Bhagavan, M. David Cornsweet.

Pour comprendre l’histoire dans sa globalité, il est utile d’abord de savoir à quoi ressemble ce « Bill, simplement Bill. (Bill en anglais veut dire facture)
Les billets de banque peuvent conférer la joie !

J’ai fait la connaissance de Bill, il y a plus de vingt ans. Bill aimait jouer en bourse et il avait amassé pas mal d’argent à un âge relativement jeune. En le voyant, vous ne l’auriez pas deviné, car il s’habillait, il agissait et il vivait normalement avec peu de démonstration de son statut financier, excepté sur un point. Bill aimait distribuer de l’argent à des œuvres de bienfaisance et à ceux qui en avaient franchement besoin. En fait, Bill distribue un montant égal ou supérieur à ce qu’il gagne, chaque année, ce qui est assez considérable. Qui plus est, il ne voudra pas être reconnu pour ses nombreux  actes de charité.

Par exemple, une maison de répit pour enfants en bas âge et nourrissons atteints du SIDA avait besoin d’une grosse somme d’argent pour restaurer toute une maison qu’elle avait reçue du gouvernement local. Elle devait être refaite avec tout ce qui était nécessaire pour traiter les enfants infectés et cet équipement était très coûteux. Ils démarraient un projet pour collecter des fonds et espéraient avoir l’argent nécessaire dans les prochaines années, car on avait désespérément besoin d’un tel service.

Cette année-là, Bill avait gagné plus d’argent qu’il n’avait pensé en gagner. Il cherchait une nouvelle organisation caritative à qui donner l’argent excédent. Quand il entendit parler de la situation désespérée liée à cette cause qui en valait la peine, il donna non seulement l’argent supplémentaire qu’il avait gagné, mais il couvrit tout le coût du réaménagement, ce qui était 2,5 fois la somme déjà rondelette qu’il avait projeté de donner à l’origine. Bill entreprit cette action et beaucoup d’autres longtemps avant d’avoir entendu parler de Swami ou de Ses enseignements. Pour Bill, c’était simplement la chose correcte à faire et il ne voulait pas de reconnaissance pour cela. En fait, il insistait pour que tout le monde l’appelle Bill, simplement Bill.

Plus loin que le matériel

Néanmoins, malgré toute sa richesse et ses bonnes actions, Bill ressentait un vide spirituel. Il se sentait souvent solitaire et délaissé. Par la grâce de Swami, il se mit à étudier un peu le Vedanta et les quelques dernières années, il se mit à lire à propos de Sai Baba. Il aimait entendre les histoires des miracles et des lilas de Swami, spécialement celles se rapportant à la manière dont le Seigneur aide ceux qui sont dans le besoin. Bill avait plusieurs photos de Swami et méditait fréquemment. Mais il se sentait toujours quelque peu vide. Il avait l’esprit vif, ce qui, d’une certaine manière, avait toujours fait obstacle à sa capacité d’accepter Dieu. Il avait des amis qui étaient profondément impliqués dans des recherches spirituelles, mais Bill luttait pour trouver la foi.

A l’approche de son 80ème anniversaire, fin juillet 2007, Bill se mit à éprouver quelques vertiges et des difficultés à marcher. Après un examen par scanographie, il fut établi qu’il avait souffert d’une légère attaque cérébrale. Pas abattu pour autant, Bill participa aux deux fêtes organisées en son honneur par ses amis qui aimaient profondément cet homme. Malgré le fait qu’il eut besoin d’aide pour marcher, il rendit les deux réceptions agréables et me dit plus tard qu’il avait compris que, bien qu’il ait peu de famille de sang direct, il avait une grande famille d’amour direct.

Peu de temps après les réceptions, les symptômes de Bill commencèrent à s’aggraver. Une autre scanographie montra qu’il avait subi plusieurs autres attaques cérébrales. En raison de sa faiblesse, Bill entra de lui-même à l’hôpital. Après quelques jours, il en eut assez et décida de rentrer chez lui, d’autant plus que les médecins lui dirent que, bien qu’ils puissent faire des tests supplémentaires, ils ne pouvaient pas faire grand-chose de plus à l’hôpital pour lui. Comme ma femme et moi nous sommes très proches de Bill, nous organisâmes les soins à domicile sur lesquels les médecins insistaient et Bill rentra chez lui.

C’était un dimanche et ma femme et moi, nous avions l’intention de partir à Puttaparthi le jeudi suivant. Nous nous demandions si nous ne devrions pas modifier nos plans, puisque j’avais promis à Bill que je serais là pour lui en de telles situations. Le lundi, l’état de Bill empira et il me dit qu’il était prêt à « partir ».

Il y a quelques années, Swami avait matérialisé un peu de Vibhuthi pour moi et il m’en restait un peu. Ce soir-là avait lieu notre réunion au centre Sai et un de mes amis venait juste de rentrer après avoir vu Swami. Il avait eu une entrevue avec Swami qui lui avait donné un peu de Vibhuthi et il la partagea gracieusement avec moi pour Bill. Je quittai la réunion tôt pour aller voir mon ami et lui donner la Vibhuthi.

Bill n’avait pas l’air bien du tout. En fait, un autre de ses amis me dit qu’il avait l’impression que Bill était effectivement prêt à « partir ». J’avais la même impression et je pensai que la Vibhuthi pourrait faciliter son passage. Comme Bill ne mangeait pas et ne buvait pas beaucoup, je mis un peu de Vibhuthi dans un verre d’eau que je lui offris après lui avoir dit ce que c’était. Il but tout avec un plaisir évident en disant combien c’était sucré et que cela avait bon goût. En partant cette nuit-là, je pensai que c’était la dernière fois que je voyais mon ami…mais Swami avait d’autres plans.

Marqué par le symbole divin – « Aum »

Quand j’arrivai chez Bill le lendemain matin, il m’accueillit avec un « Comment ça va, Davy ? » (Il est le seul à m’appeler ainsi) retentissant. J’étais sidéré. Son expression était plus claire, son esprit était vif et ses yeux pétillaient. Ma femme lui rendit visite plus tard, ce jour-là et elle remarqua qu’il avait une ecchymose assez importante sur le bras.

En y regardant de plus près, elle remarqua qu’elle ressemblait à un « AUM ». Au moment où je la vis, elle était beaucoup plus claire et en effet, elle ressemblait au symbole    « AUM » – la marque du divin du Pranava. Swami avait signé Son œuvre !

C’était un mardi. Ma femme et moi, nous nous demandions toujours si nous devions partir en voyage pour aller voir Swami et nous Lui demandâmes un genre de signe pour savoir quoi faire.

Le mercredi, je reçus un appel téléphonique du jeune concierge de Bill. Il paniquait un peu. Il semble que lorsqu’il aidait Bill à quitter son fauteuil roulant, « une substance comme du talc pour bébé apparut entre eux et vola partout. » Etant donné que ce jeune homme n’avait entendu parler de Swami pour la première fois que depuis seulement la veille, il n’avait aucune idée de ce qu’il voyait et il était plus qu’un peu effrayé. Je le calmai et je lui expliquai la situation. Il fut un peu sceptique, mais pouvait-il rejeter sa propre expérience directe de la grâce de Swami ?

Inutile de dire que ce jeune homme a vite développé plus qu’un peu d’intérêt pour Swami. Lorsque je rendis visite à Bill, il mentionna qu’il se sentait beaucoup mieux et dans son style bourru qui lui est propre, il suggéra que nous allions voir Swami. En conséquence, nous quittâmes les Etats-Unis le jeudi pour entamer notre voyage vers Sai  et nous arrivâmes dans la divine Présence le lundi après-midi suivant.

Le vendredi, Swami m’appela à Ses Pieds de Lotus. Je Lui remis les lettres des dévots de notre région que je portais sur moi, dont une lettre Le remerciant de Son aide pour Bill. J’eus l’occasion de parler à Swami et je dis : « Swami, Vous avez sauvé la vie de cet homme. » Swami me regarda simplement et sourit.

Ensuite, je Lui montrai la photo de l’ecchymose. Swami sourit et traça affectueusement le AUM avec Son doigt sur la photo et en le faisant, Il dit « AUM » de Sa voix très douce. Il me rendit la photo et je décidai de la donner à Bill après mon retour aux Etats-Unis. Ensuite, Swami imita une étreinte, quelque chose que Bill aimait recevoir. « Je transmettrai aussi ceci  à mon ami », me dis-je en moi-même.

Nous rentrâmes début septembre et je vis Bill le lendemain de notre arrivée. Il pouvait marcher avec un peu d’aide et il me salua avec un de ses sourires spéciaux que j’affectionne tellement et son « Comment ça va ? » traditionnel. Je partageai alors avec lui l’échange avec Swami et lui montrai les photos qui furent prises à ce moment-là par un des étudiants et que j’avais encadrées pour lui. Je partageai tout spécialement l’étreinte. Il apprécia les photos et spécialement l’étreinte, mais il ne parut pas vouloir emporter les photos chez lui. Il les regarda à  plusieurs reprises, quand nous étions ensemble, mais il parut « oublier » de les prendre, quand il partit.

Bill semblait préoccupé par quelque chose et il parla beaucoup de ce qu’il voulait au moment de sa mort et après sa mort. Il me dit qu’il voulait mourir chez lui, entouré par ceux qu’il aimait et il se souciait de s’assurer que la question des organisations caritatives qu’il soutenait soit réglée.

Fin septembre, la situation de Bill empira : bien que son esprit était clair, son corps commença à décliner. Un jour, je lui rendis visite et je pensai qu’il avait l’air trop déshydraté. Je le convainquis de me permettre de le conduire à l’hôpital. Après examen, il fut établi qu’il avait subi une autre série d’attaques cérébrales et il fut admis. Après quelques semaines de tests, de traitements et de soins, il fut transféré en rééducation des malades hospitalisés. Il y séjourna pendant quelques jours, jusqu’à ce que l’on pense qu’il puisse rentrer chez lui (ce qu’il voulait réellement), en retournant fréquemment pour la rééducation des malades externes.

Pendant tout ce temps, Bill et moi, nous parlâmes de Swami, de Ses enseignements, de seva, de spiritualité et d’amour. Environ une semaine après sa sortie de l’hôpital, on nous dit qu’il ne pouvait pas faire les trois heures de thérapie par jour requises pour les malades externes et on suggéra un programme de rééducation à domicile. Avant que celui-ci ne puisse être institué, je remarquai que Bill semblait avoir des difficultés à respirer. Je l’emmenai voir son docteur qui me dit qu’il souffrait d’une légère pneumonie.

Bill n’était manifestement pas heureux de devoir retourner à l’hôpital. C’était le jeudi 11 octobre 2007. Ce que je ne savais pas, c’est que Bill avait besoin de terminer un certain travail administratif qui garantirait que sa fortune continuerait à soutenir les organisations caritatives qu’il aimait tant.

Il octroie un supplément de vie

Le samedi matin qui suivit, en compagnie de quelques-uns de ses amis, d’un conseiller et d’un avocat, je vis Bill signer les derniers papiers nécessaires pour garantir la fondation qu’il établissait à des fins caritatives. Je lui demandai si c’était réellement ce qu’il voulait et si cela le rendait heureux. De nouveau, je vis ce sourire merveilleux, quand il me dit vigoureusement « oui ».

Cet après-midi, il dit à l’une de ses amies proches qu’il voulait rentrer chez lui, qu’il était « cuit ». Après qu’elle m’en eut parlé, nous nous arrangeâmes pour qu’un groupe de ses amis rencontre Bill et son médecin. Bill répéta sa requête en pleine connaissance de cause. Je demandai à pouvoir rester seul avec lui pour être sûr qu’il comprenait réellement ce qu’il demandait.

Il me fit clairement savoir qu’il était prêt à rentrer à la maison, en voulant dire par là beaucoup plus que rentrer chez lui. Comme je lui avais promis il y a longtemps que je ferais tout ce qui était en mon pouvoir pour faire en sorte que ses vœux d’être chez lui avec ses amis soient respectés, je l’aidai à quitter l’hôpital et à rentrer dans son appartement. Après avoir terminé le travail nécessaire pour garantir la fondation caritative, Bill était prêt à « lâcher prise ».  Je compris alors le regard qu’Il m’avait lancé, quand j’étais à Puttaparthi – Il n’avait pas sauvé la vie de Bill, mais Il avait plutôt accordé à Bill un supplément de vie pour terminer la tâche qu’Il lui avait attribuée.

Retour à l’Amour avec amour

Avec la propagation de la nouvelle concernant son état, les amis de Bill vinrent le voir. Ils provenaient de tous les milieux. Cuisiniers et femmes de ménage, médecins et avocats, professionnels à la retraite d’un âge proche de celui de Bill et préados, ils vinrent tous le voir. Chacun avait une histoire sur la manière dont cet homme avait touché sa vie avec son amour, sa charité et sa bonne humeur. Ce fut un moment triste et joyeux, tandis que nous riions et que nous pleurions ensemble en pensant à Bill et aux multiples façons dont il eut un impact sur nous tous. L’amour était palpable. Bien que Bill ne pouvait pas parler et qu’il devenait visiblement plus faible, il aimait avoir ses amis autour de lui.

Des appels arrivèrent d’aussi loin que l’Afrique du Sud et il les écouta sur son combiné. Nous lui lûmes les nombreux courriels, cartes, petits mots et lettres écrits par des amis qui avaient connu Bill pendant presque toute leur vie ou durant toute leur vie. Bill sourit souvent et il serra la main de la personne la plus proche, indiquant par là sa conscience des messages.

Le matin du mercredi 17 octobre, je méditais et je priais Swami. Manifestement, toute cette situation occupait la première place dans mon esprit. Soudain, j’eus le sentiment très fort que Swami m’invitait à dire à Bill qu’Il l’aimait, qu’Il était totalement proche de lui et qu’Il le prendrait dans Ses bras, lorsqu’il « lâcherait prise ». Je partageai ceci avec Bill, quand j’arrivai chez lui plus tard, ce qui me valut un de ses doux sourires. Bill passa paisiblement entre les bras de Swami plus tard, cette nuit-là, à 23h11.

Ainsi, trois des quatre vœux de Bill concernant sa mort s’étaient réalisé : (1) mourir chez lui, (2) entouré par ses amis et (3) que le passage se fasse paisiblement pendant son sommeil. Le quatrième, c’était qu’il ne désirait pas souffrir – et ceci fournit l’occasion d’un nouvel exemple de compassion divine. Malheureusement, la pneumonie qu’il avait contractée ne répondait pas aux médicaments et ceci voulait dire que sa mort serait probablement causée par suffocation, car ses poumons se rempliraient de liquide.

Ce serait manifestement traumatisant pour lui (comme pour nous) et je me sentais très nerveux, connaissant la peur de Bill d’expérimenter une fin de vie pénible. Néanmoins, quand l’infirmière vint examiner Bill ce dernier matin, incroyablement, elle découvrit que ses poumons étaient complètement vides de liquide ! Le Seigneur affectueux avait fait en sorte qu’il meure paisiblement dans son sommeil plus tard ce jour-là, comme il l’avait souhaité.

Merci Swami pour avoir fait si directement savoir à Bill que Tu l’aimais et pour être avec lui, spécialement durant les derniers instants de sa vie. Merci Swami pour avoir rendu si significative la vie de Bill et en avoir fait une telle inspiration pour chacun de nous qui le connaissions.

Merci Seigneur pour nous avoir permis de nous rassembler tous pour fêter et rendre hommage à cet homme merveilleux qui vécut Tes enseignements de si nombreuses façons. Puisse l’histoire d’amour et de seva de Bill être une inspiration pour nous tous.

Et merci Swami pour m’avoir permis d’avoir eu un ami tel que ce « Bill, simplement Bill ».


Heart2Heart

Novembre 2007