UNE RÉVÉLATION DE LA RÉALITÉ
DE SATHYA SAI BABA

Par Maharajakrishna Rasgotra,
Ancien haut-commissaire de l’Inde au Royaume-Uni



Depuis ma toute première rencontre avec Bhagavan Sri Sathya Sai Baba, le 2 juillet 1972, je vais Le voir afin de me ressourcer spirituellement deux ou trois fois par an. Chaque contact et chaque conversation avec Lui et même le simple fait de Le voir sont des expériences qui élèvent et qui ennoblissent. Son insistance sur les valeurs humaines de la vérité, de la droiture, de la paix, de l’amour et de la non-violence dans la conduite humaine et sur une seule humanité liée par l’amour et le service est d’un intérêt critique dans le monde actuel déchiré par les affrontements politiques, par la cupidité économique et par les conflits religieux. C’est la raison pour laquelle des millions de personnes affluent vers son ashram, à Puttaparthi, sont émues par ce qu’elles voient et se donnent le mot dans tous les coins de la Terre qu’un nouvel Avatar, dans la tradition de Rama, Krishna, Bouddha et Jésus est ici pour ouvrir la voie d’une nouvelle civilisation plus humaine.

Au cours de ces quatre dernières décennies, j’ai eu plusieurs expériences personnelles des pouvoirs surnaturels de Baba. La révélation la plus stupéfiante, selon mon expérience personnelle directe, de l’avatarité de Baba, eut lieu le 23 juin 2009. Au cours d’une audience que Baba m’accorda le 22 juin, j’avais mentionné en passant les trois ou quatre séances de prière quotidienne auxquelles ma femme se livrait dans le sanctuaire de notre maison de Delhi ou de notre appartement de Londres. Il était au courant, dit-Il, et Il ajouta : « Elle a de la dévotion, mais sa foi fluctue. » Puis, Il me regarda droit dans les yeux et Il dit : « Et à présent, le doute commence aussi à vous assaillir ! » Je protestai, mais l’Omniscient avait bien entendu raison. J’avais prêté attention aux remarques sarcastiques de certains « dévots » décriant l’Avatar en fauteuil roulant ou j’avais même nourri quelque déception, parce que Baba n’avait pas exaucé tel vœu ou tel désir qui, dans la sagesse divine de Baba, n’aurait pas dû se trouver là en premier lieu. De temps en temps, je me demandais si les pouvoirs divins de Baba n’avaient pas subi une éclipse. Je L’aime de tout mon être, je L’adore et je Le vénère comme un Avatar, mais il y avait comme une ombre tapie dans un coin obscur de mon esprit. Baba avait décidé de l’extirper.

Je devais quitter Prasanthi le lendemain et Baba m’avait dit gracieusement qu’Il me verrait le matin du 23 juin dans le Mandir. Ainsi, le matin du mardi 23 juin, je pris ma place habituelle sous la véranda du Mandir, d’où j’ai une vision dégagée des arrivées et des départs de Baba et d’une bonne partie du circuit qu’Il accomplit pour donner Son Darshan aux dévots rassemblés dans le Hall Sai Kulwant. A partir d’où je suis assis, je peux voir Baba, pratiquement dès qu’Il quitte Sa résidence et qu’Il entreprend le court trajet jusqu’au Mandir. Il lui faut généralement à peu près trois minutes pour atteindre l’entrée du hall et la zone adjacente qui est réservée aux dévotes. Tout paraissait normal, ce matin-là, et comme d’habitude, mon regard se portait sur l’endroit où Baba apparaîtrait. Un moment après que Baba soit sorti de Sa résidence et que mes yeux L’aient repéré, des choses commencèrent à m’arriver d’un genre que je n’avais encore jamais connu auparavant. Brusquement, je ressentis une montée de chaleur douce dans mon corps et un changement se mit à affecter ma vision. Tout ce qui était statique et stable un moment plus tôt – le mur limitrophe, le portail, les bâtiments solides au-delà et les rangs serrés des dévotes dans leurs saris multicolores, le vaste Hall Sai Kulwant lui-même – tout cela devint une mer avec des vagues légères d’une lumière multicolore.

Instinctivement, ma main droite alla prendre le pouls à mon poignet gauche. Mes pulsations cardiaques étaient normales. Je pus encore voir clairement, pendant un court moment, Baba dans Son fauteuil roulant, accompagné du secrétaire du Sri Sathya Sai Central Trust, Sri Chakravarthi, de l’ancien vice-recteur, Sri S.V. Giri et de deux autres personnes qui avançaient lentement vers l’entrée. Un instant plus tard, la scène changea de nouveau et il y avait de la lumière partout – la lumière blanche la plus pure enveloppait tout !

On aurait dit que rien d’autre n’avait jamais existé là, rien hormis le rayonnement céleste que je contemplais maintenant. Où que mon regard se tournait, je ne voyais que de la lumière, une luminosité toute englobante, partout. Les murs limitrophes surmontés par des grilles métalliques, les bâtiments solides au-delà de l’entrée, où j’avais pu voir clairement Baba et Ses compagnons et les quelques milliers de dévots disposés des deux côtés du chemin qu’empruntait Baba pour se rendre dans le temple, Bhagavan Baba et Son groupe – tout cela s’était miraculeusement dissipé dans cette splendeur éblouissante d’effulgence divine.

En contemplant cette merveille, je me souviens m’être dit à moi-même : je suis pleinement conscient ; ceci est réel, mais si étrange. La lumière brille tellement, mais elle ne heurte pas mes yeux et aucune chaleur n’émane d’elle ! J’observai aussi à quel point j’étais remarquablement calme, alors que mon regard festoyait de cette lumière fraîche et brillante qui avait tout transformé en elle-même. Ce spectacle surnaturel ne me rendit pas nerveux. Et puis, brusquement, la pensée me vint que mon Maître divin était en train de me donner une vision de Sa réalité. Plus de doute, j’étais sauvé ! J’étais béni !

En un clin d’œil, pour ainsi dire, la scène se mit à changer, la lumière reculant rapidement de toute part jusqu’à un point situé à environ deux ou trois mètres de l’entrée du Hall Sai Kulwant, là où Baba et son groupe devaient à présent se trouver. Je pouvais maintenant distinguer Baba au centre d’une lueur qui s’estompait rapidement. Et puis ce fut la scène normale et quotidienne : Bhagavan Sri Sathya Sai Baba effectuait Son circuit habituel pour bénir l’assemblée des dévots. Mes yeux étaient remplis de larmes d’amour, de joie et de gratitude. Combien de temps tout ceci dura-t-il ? Je ne pourrais le dire. Peut-être pas plus que quatre ou cinq minutes.

Ebloui par la transfiguration de Baba et des environs en une mer de lumière à laquelle j’avais assisté, j’étais assis sous la véranda, inconscient de mon entourage immédiat. Quelques minutes plus tard, on me donna un petit coup de coude et je vis le fauteuil roulant de Baba qui s’avançait vers moi sous la véranda : je me levai immédiatement et je posai ma tête sur Ses pieds. Tandis que je me relevais et que je Le regardais, Il me fit un sourire béatifique et leva la main droite en signe de bénédiction. Aucun échange de mots n’eut lien entre nous ; aucune parole n’était nécessaire. L’Avatar m’avait béni avec une révélation de Sa réalité.

La Gita dit que l’homme qui doute périt (Samshayatma Vinashyati). Baba m’avait dit, l’après-midi précédant, que je commençais à être en proie au doute et Il avait décidé de renforcer ma foi en me donnant une vision de Sa réalité. Le Maître compatissant ne permettrait pas qu’une vie entière de foi et de dévotion ne soit souillée par la plus petite trace de doute. Baba ne resta pas longtemps dans le temple, ce matin-là. Néanmoins, avant de partir, Il me bénit à nouveau et dit : « Tout va bien ; vous pouvez rentrer à Delhi, aujourd’hui. »

Alors que j’écris ceci en me souvenant posément de l’événement, deux semaines après qu’il se soit produit, une question surgit dans mon esprit : Baba m’avait effectivement donné une vision de Sa réalité, mais la perspective qu’Il m’avait dévoilée ne comportait-elle rien de plus ? Il est cette Lumière divine, sans aucun doute, mais qu’en est-il de ces milliers d’hommes et de femmes ordinaires et de la masse solide de matière inerte tout autour qui s’étaient aussi évaporés en lumière ? Font-ils tous partie intégrante de cet Etre qui est Lumière ? Baba ne m’avait-Il pas aussi donné une vision de la Vérité ultime, à savoir, l’unité de toute l’existence, animée et inanimée ?

Ainsi, Bhagavan Sri Sathya Sai Baba s’est révélé à moi en tant que Lumière Suprême, que les Upanishads décrivent comme Narayana, la Réalité Suprême la plus élevée, que les Upanishads appellent aussi Brahman. Bhagavan Sri Sathya Sai Baba est cette Lumière Suprême. Bénis sommes nous, nous qui vivons sur la Terre à Son époque.


Sanathana Sarathi
Novembre 2009