RECRÉER LA DEMEURE DE PAIX

DANS CHAQUE FOYER

Création de la revue le SANATHANA SARATHI




Apporter la joie… conférer la félicité

« Ce cadeau mensuel de Prasanthi Nilayam est de nouveau là ! Quel sentiment joyeux et réconfortant ! Dans notre boite aux lettres, le Sanathana Sarathi apporte avec lui quelque chose d’indescriptible, un flux intarissable de bonheur inexplicable…Il nous apporte chez nous Bhagavan Lui-même. Sans avoir encore posé le regard sur un mot de ses pages sanctifiées, nous entendons Sa voix douce, nous voyons Son sourire chaleureux et nous sentons Son regard compréhensif…Nous ressentons Sa présence… Notre guide éternel et notre ami le plus proche, notre Sai, est avec nous, si proche et si réel. »

Ce n’est pas seulement l’expérience de la famille de Shiva Gopie qui vit à des milliers de kilomètres de Prasanthi Nilayam, dans la ville nord-américaine de Toronto au Canada, mais celle de centaines et de milliers de dévots et d’aspirants spirituels éparpillés de la Californie jusqu’au Cameroun, du Surinam jusqu’en Slovénie et de la Tanzanie jusqu’à Tokyo, et qui sont les destinataires bénis de ce « Prasadam de Prashanti » – le Sanathana Sarathi.

La volonté du Seigneur est invincible, insurpassable. « Le ciel peut chuter et se briser en morceaux, mais la Volonté de Sai doit prévaloir », tonna Bhagavan devant des milliers de personnes, il y a juste une décennie. En 1962, le soir auspicieux de cette sainte fête de l’austérité – la célébration de Shivarathri, professant les vertus et la mission vitale de ce magazine sacré à l’occasion de son cinquième anniversaire, Swami déclara : « Le Sanathana Sarathi est le résultat de Mon Sankalpa (résolution), de Mon Utsaha (entreprise) et de Mon Ananda (félicité). Rien ne peut s’interposer, une fois que J’ai décidé d’une mesure. » Et depuis maintenant cinq décennies, cet instrument unique du Seigneur a apporté sans interruption et inlassablement le message immuable d’amour universel et de paix éternelle dans les cœurs et dans les foyers de chaque chercheur spirituel sincère d’amour divin.

« Dès que je vois la publication dans ma boite aux lettres, elle me soustrait immédiatement aux interactions mondaines et elle me replace à Prasanthi Nilayam avec les sentiments de ce que je suis et de qui je suis…C’est un lien direct avec notre Swami bien-aimé et avec l’ashram. Sans cette publication ou ses transcriptions et Son message unique et spécial de divinité inhérente, je ne puis imaginer ce que serait ma vie. Chaque numéro souligne les ingrédients principaux de la vie – l’amour absolu, la sagesse et la connaissance, et fait vibrer chaque cellule de mon être », nous dit un dévot de New York qui est abonné à ce magazine depuis près de deux décennies. Pour Mme Kirsten Pruzan, du Danemark, le Sanathana Sarathi est pareil à « un cordon ombilical qui la relie à Prasanthi Nilayam – la Demeure de Paix suprême. »

« Les articles et les images du Sanathana Sarathi montrent que la vie est une combinaison d’énergie spirituelle et matérielle. Il révèle comment nous pouvons faire de notre vie une œuvre de beauté, d’amour, de réjouissance et d’amusement sain, si nous avons l’aspiration », nous dit le jovial Perampalam Murugasu, de Remuera en Nouvelle-Zélande.


Bhagavan lance un missile d’amour spirituel

Oui, la beauté, l’amour, la joie, la félicité… C’est ce que ce merveilleux magazine confère à tous ses lecteurs, exactement comme Bhagavan l’avait souhaité et prophétisé dans Son tout premier message dans ce magazine. Dans le premier numéro lancé à l’occasion de Shivarathri en 1958, Swami avait dit :

« A partir de ce jour, notre Sanathana Sarathi est en marche, à la tête des cohortes spirituelles – les Védas, les Upanishads et les Ecritures pour soumettre la progéniture de l’ego malfaisant – l’injustice, l’anarchie, le mensonge et la licence.

Puisse cet aurige lutter pour la prospérité du monde et répandre la joie chez tous les hommes en faisant résonner les tambours de la victoire. »

Tout est si significatif dans ce saint magazine, que ce soit la date de ses débuts, l’année de sa naissance, son lieu d’origine, l’implication immense de son nom ou les instruments du Seigneur choisis pour cette entreprise divine.

Dans Son premier discours public, à l’occasion de Vijaya Dasami (dernier jour de Dasara), en 1953, alors que Bhagavan n’avait que 27 ans, Il révéla :

« Comme Je vous l’ai souvent dit, les seize premières années de cette vie ont été la période où les Bala leelas (divertissements de l’Enfant divin) ont prédominé et les seize suivantes se passent principalement en Mahimas (miracles) pour apporter la joie à cette génération.

La joie et le contentement sont des sensations de courte durée ; vous devez saisir cet état d’esprit et le transformer en possession permanente : Ananda (félicité). Après Ma trente-deuxième année, vous Me verrez de plus en plus actif dans la tâche d’Upadesh (instruction spirituelle) – enseigner l’humanité égarée et orienter le monde sur le chemin de Sathya, Dharma, Shanti et Prema (la vérité, la rectitude, la paix et l’amour)…Ce n’est pas que Je suis décidé ensuite à exclure de Mon activité les Leelas et les Mahimas ; Je veux seulement dire que rétablir le Dharma, corriger la tortuosité de l’esprit humain et réorienter l’humanité vers le Sanathana Dharma (la religion universelle éternelle) sera Ma tâche par la suite. »

Et assez significativement, c’est dans Sa trente-deuxième année que Bhagavan a inauguré ce canal unique de Sa mission et de Son message, le jour pas moins significatif de Maha Shivarathri. C’est le 16 février 1958 que Bhagavan a béni les premières copies de cette toute dernière manifestation de Sa volonté pour qu’elles soient distribuées librement à tous ceux qui étaient présents. (Chose intéressante, alors que le Sanathana Sarathi célèbre son jubilé d’or après cinq décennies, le soleil et la lune sont alignés de telle manière que Shivarathri tombe également le 16 février cette année !)


Le baptême

Mais pourquoi le nom « Sanathana Sarathi » ? Pourquoi pas « Divine Love », « Sai Speaks », « Unity To Divinity » ou quelque chose de semblable? Et qui l’a baptisé ainsi ? Le Prof. Kasturi, chargé de mission sélectionné par le Seigneur et premier éditeur de ce magazine rapporte un épisode intéressant pour mettre un terme à cette série de questions souvent posées.

« J’ai très vite reçu la bonne nouvelle ; Baba était venu à Bangalore. Il séjournait chez Sri Vittal Rao, au « Wilsons Gardens », dans la 9ème Rue, à seulement cinq minutes de ma résidence, « Ashoka’’, située dans la 12ème Rue », écrit le Prof. Kasturi dans sa biographie, Loving God. ‘’Sachant qu’il y avait une possibilité qu’Il se rende chez lui, j’avais donné un pourboire au teinturier chargé de nettoyer et de repasser ses rideaux pour qu’il m’informe, aussitôt qu’il aurait livré le linge chez Vittal Rao. J’avais remarqué qu’il avait fait nettoyer et repasser les rideaux en faisant le ménage, Sarathi avec le Sanathana Sarathi ! préliminairement à la visite de Baba. Quand la nouvelle filtra enfin, je postai la petite fille de mon aide-ménagère devant chez lui, avec pour instruction de surveiller l’arrivée d’une grosse voiture et d’un homme en robe orange. C’est ainsi que moins de dix minutes après l’arrivée de Baba chez lui, Vittal Rao fut tout surpris de me voir sous la véranda ! ‘’Attendez ! Attendez ! », supplia-t-il. Mais Baba me repéra et Il s’approcha de moi, Sa main prête à se poser sur mon épaule. « A présent, tu as du travail à Puttaparthi », dit-Il. «« Un magazine mensuel va bientôt démarrer. Devine quel est son nom ? ». J’avouai ne pas pouvoir sonder Sa volonté. Néanmoins, Il parvint à me soutirer quelques noms : « The Godward Path »… « Karma Dharma » … « Premayoga ». Il balaya ces titres que j’avais suggérés et Il annonça qu’Il avait décidé de l’appeler « Sanathana Sarathi » !


Une partie et une projection de Son amour

Qui d’autre que les parents donne un nom à l’enfant, n’est-ce pas ? Le « Sanathana Sarathi » est issu de Son amour divin pour partager l’amour et pour transformer chaque être en un phare d’amour, tout comme Lui.

Et donc, depuis son tout début, Swami a pris grand soin de lui. En plus de désigner un homme d’un calibre et d’une compétence supérieurs à la normale, comme le Prof. Narayana Kasturi qui avait à son actif moult œuvres littéraires populaires en kannada et en anglais et qui avait aussi servi comme directeur adjoint à All India Radio (en fait, c’est lui qui nomma « Akashvani » All India Radio, le service de radiodiffusion, nom qui s’est perpétué depuis l’époque de l’Inde préindépendante) ; d’avoir personnellement visité Vichara Darpan Press sur Avenue Road, à Bangalore, et d’y avoir acheté une presse typographique à pédale avec une caisse de caractères télougous et anglais ; d’avoir établi la « Sri Sathya Sai Press » à Prashanti même, juste à côté de Sa résidence à la fin des années cinquante ; de désigner des gens et de sélectionner des volontaires pour servir à l’imprimerie et aider le Prof. Kasturi ; de visiter l’imprimerie tous les deux jours afin de corriger, de diriger, d’instruire et d’inspirer ; de donner des indications claires et rigoureuses, quant au respect de son contenu et de son format, et même de publier Lui-même des articles en de multiples occasions – Swami se souciait du moindre détail.

Et tout comme une mère sacrifierait tout et ferait tout pour prendre soin de son nouveau-né, Swami se lança aussi dans un exercice jusque-là sans précédent, selon les critères de n’importe quelle époque – Le Seigneur décida de prendre Lui-même la plume. Et ceci fut peut-être la plus grande démonstration de l’amour incommensurable et de l’intérêt immense que Swami portait au Sanathana Sarathi (et à l’humanité, via celui-ci).

C’était historique. Imaginez Dieu qui écrit Lui-même, semaine après semaine ! Imaginez que nous ayons la Bhagavad Gita écrite par le Seigneur Krishna Lui-même, et non par un tiers ! Imaginez que nous ayons la biographie du Seigneur Rama écrite de Sa propre écriture ! Pour la première fois, l’Avatar accepta de documenter Lui-même Son message. Peut-être ceci est-il la meilleure façon de pouvoir préserver la pureté de Son enseignement et de réécrire la destinée de l’homme pour le sauver du péril imminent de l’actuel âge de Kali.

« Sanathana » signifie « éternel, intemporel » et « Sarathi « veut dire « l’aurige ». « Reconnaissez Dieu comme le Sarathi (l’aurige de votre vie), abandonnez-vous de tout votre cœur à Sa direction, et parvenez à destination en bonne forme, est le message que Bhagavan transmet par ce nom », explique le Prof. Kasturi dans « Loving God ». En réalité, ceci n’est pas un nom ; c’est une annonce, une proclamation divine et la réaffirmation que Bhagavan est la Volonté toute-puissante qui modèle et qui manipule, depuis le début des Temps, les volontés des êtres vivants, de l’amibe à l’astronaute. C’est un appel à l’action pour purifier nos cœurs et nos âmes et créer le milieu pour qu’Il s’installe en nous et pour qu’Il nous guide vers la vérité, la bonté, la joie et la félicité.

Innombrables sont les exemples où Dieu a transformé la tornade qui s’abattit dans la vie de quelqu’un en une mer tranquille, dès que cette personne Lui permit de prendre les rênes de sa vie. Le Dr Y.S. Thathachari, un biophysicien dévoué qui avait travaillé pendant quelques années à l’Institut de Technologie du Massachusetts, puis à l’Université Stanford et à l’Université de Californie, souffrit en 1960 « de tumeurs agressives et malignes métastasantes dans le crâne, le cou, les côtes et les hanches, le cancer ayant les caractéristiques du sarcome d’Ewing et du réticulosarcome. C’était l’équivalent de la peine de mort, dans le jargon médical ! », rapporte le Prof. Kasturi dans Sathyam Shivam Sundaram. Le chirurgien lui dit finalement : « Monsieur, les miracles se produisent. Nous espérons qu’un tel miracle se produira pour vous. » C’était en 1962.

Le couple rentra à Madras (maintenant Chennai) et les médecins de Madras lui annoncèrent que même le foie était maintenant touché par le cancer. « En 1965 », dit Thathachari, « je ressentis l’envie de rechercher les bénédictions de Bhagavan Sri Sathya Sai Baba, qu’un ami avait mentionné fortuitement. Baba me bénit, moi et ma femme, et Il nous invita à retourner à Stanford et à continuer l’Endoxan, si je le souhaitais. En 1970, lors d’une nouvelle visite, Il me demanda d’arrêter tous les médicaments et tous les compléments alimentaires. Il me donna Sa garantie de guérison et Il chassa cette peur toujours présente de récurrence. » Thathachari poursuivit plus tard sa mission pédagogique et ses projets de recherche aux Etats-Unis avec un zèle intact. Le ‘’miracle’’ avait effectivement eut lieu.

La raison pour laquelle nous citons cet incident particulier, bien que de telles « grâces divines » qui surviennent partout dans le monde à tout moment soient innombrables, c’est pour attirer l’attention sur quelques paroles fortes et profondes que Bhagavan lui écrivit beaucoup plus tard : « Occupez-vous des devoirs qui vous sont confiés dans un bon état d’esprit et en pleine santé », disaient les premières lignes de la lettre de Swami à Thathachari. Mais la suite est le plus important : « Sai est toujours à vos côtés. Il est le conducteur du véhicule de votre vie. Le bateau de la vie, quel que soit le poids de la cargaison des joies et des tristesses, peut certainement arriver au port de la réalisation du Soi, s’il est propulsé par une sainte énergie mentale. La répétition du Nom est le « tac tac tac » des pistons ; le gouvernail est l’amour ; l’ancre est la foi. Poursuivez le voyage avec confiance. Sai vous protège toujours du mal et de la douleur…Swami répand constamment Sa compassion sur vous. Il vous conseille de l’intérieur et vous corrige. Quant à vous, absorbez-vous dans les tâches qui vous sont confiées ; souvenez-vous, c’est le travail de Swami. Lorsque vous accomplissez vos devoirs, convaincu que le travail est Mien, la santé et le bonheur vous sont ajoutés de surcroît. »

Bhagavan, par ces quelques paroles réconfortantes, communiqua combien la vie d’une personne pouvait être merveilleuse, si on fait de Lui son conducteur. Ce sont ces paroles douces et apaisantes du Seigneur, exsudant l’amour divin désintéressé, qui sont Son arme la plus puissante pour amener l’homme à faire une pause, à réfléchir, à se réformer et puis, à retrouver la paix. « Chaque fois que moi ou des membres de ma famille se sentaient découragés et impuissants dans des situations difficiles et éprouvantes, le coup de sonnette du facteur et la livraison du Sanathana Sarathi renouvelaient l’espoir et venaient à la rescousse sous la forme d’un mot d’encouragement ou d’une solution au problème. C’est un messager de bonne espérance », dit Dilip Trasi de Mumbai.


Le courant d’amour commence à s’écouler

Le tout premier article du numéro initial du Sanathana Sarathi fut le « Prema Vahini » ou le « Courent d’amour Divin » de Bhagavan. Qu’est-ce que cela aurait pu être d’autre, quand Bhagavan a déclaré que, si jamais vous voulez Me donner un nom, appelez-Moi « Premaswarupa ou l’Incarnation de l’Amour », car « l’Amour est Ma forme ; l’Amour est Mon instrument » ? Et la vie de chaque dévot témoigne de cet amour inconditionnel, qui englobe tout de Bhagavan.

Pendant vingt-cinq mois, jusqu’en février 1960, Swami décrivit assidûment pour l’humanité les défis et les caractéristiques, les normes et les nuances de l’Amour divin. Une fois pour toutes, Bhagavan régla l’ancienne controverse sur le statut relatif aux trois voies – Bhakti, Karma et Jnana (la dévotion, l’action et la connaissance) – qui mènent à Dieu. Il expliqua :

« Je ne concède pas que Bhakti, Karma et Jnana soient séparés. Je n’en place pas un devant l’autre et Je n’accepterai pas un mélange des trois. Karma est Bhakti ; Bhakti est Jnana. Un bonbon a du goût, du poids et une forme ; on ne peut pas séparer les trois. Chaque parcelle possède les trois ; on ne trouve pas la forme dans un morceau, le poids dans un autre et la douceur dans le troisième. Quand le bonbon est mis sur la langue, le goût, le poids, et la forme sont expérimentés en même temps. Pareillement, Jnana, Karma et Bhakti ne peuvent être réellement expérimentés qu’en un seul tout. »

Le Karma, c’est l’amour en action, Jnana, c’est la connaissance de l’amour et Bhakti, c’est l’amour universellement partagé. Ainsi, Baba balaya d’un trait toutes les discussions relatives à la supériorité de l’une de ces disciplines sur les autres.


Le défrichage de la voie intérieure

Seulement trois mois après le lancement du Prema Vahini, le Seigneur compatissant débuta un autre feuilleton divin, Sandeha Nivarini (ou la destruction des doutes divins), en mai 1958. Chose intéressante, Swami joua un rôle double dans ces articles – celui du « dévot inquisiteur » et celui du « guru éclairé », peut-être pour que les dévots puissent mieux s’identifier et saisir plus vite leur essence. Une conversation typique donnait ceci :

Le dévot : « A quoi servent la confiance et l’espoir, quand on n’est pas destiné à quelque chose ? L’espoir ne fera que provoquer une déception plus grande. »

Swami : « La destinée possède-t-elle une forme et une personnalité que vous puissiez reconnaître, avant même qu’elle ne se montre ? Vous ne devriez pas attendre sa faveur, en parlant tout le temps de la destinée. Comment cette destinée pourrait-elle fructifier, sans que votre volonté prenne une forme pratique par l’action ? Quelle que soit la destinée, il est nécessaire de continuer d’agir. L’action doit être faite, même pour atteindre sa destinée. »

Le dévot : « Si on est destiné à quelque chose, tout viendra par soi-même, n’est-ce pas ? »

Swami : « C’est une grossière erreur. Si vous attendez tranquillement avec le fruit dans la main en espérant que le jus atteigne votre bouche, comment pouvez-vous le goûter ? Il est tout à fait stupide de vous plaindre que le destin vous a refusé le jus, sans avoir pressé et sans avoir avalé le fruit. Le destin vous a procuré le fruit ; seul le karma peut vous en faire profiter. Le karma est le devoir ; la destinée, le résultat. Les résultats ne peuvent pas advenir sans action. »

Le dévot : « Donc, Swami, nous ne devrions pas rester les bras croisés en mettant tout sur le dos de la destinée, n’est-ce pas ? »

Swami : « Écoutez. Vous ne devriez jamais sous-estimer vos facultés ; engagez-vous dans une action proportionnelle à ce pouvoir. Ensuite, parlez de la destinée, autant que vous voulez. Il est erroné de se désister de l’action appropriée en comptant sur la destinée. Si vous agissez ainsi, même la destinée vous glissera entre les doigts. Tout un chacun doit s’engager dans l’action éclairée par l’esprit. »

Voilà pour l’éclairage que chaque paragraphe du Sandeha Nivarini peut apporter ! Ces deux traités de sagesse spirituelle – l’un fertilisant le cœur des dévots avec l’amour pur et l’autre arrachant toutes les mauvaises herbes de l’hésitation ou du doute – furent tous les deux simultanément proposés aux dévots par Swami jusqu’au numéro de l’anniversaire de novembre 1959. Le Sanathana Sarathi devint littéralement la corde de sécurité de chaque aspirant spirituel sincère.

Tandis qu’avec ceci, le magazine atteignait les sommets et qu’il était à la hauteur de sa mission « d’élévation morale et spirituelle de l’humanité via la vérité, la rectitude, la paix, l’amour et la non-violence », jadis, lorsque Puttaparthi n’avait pas encore de route, sans parler de l’électricité, de services de transport, d’un bureau de poste décent, etc., et avec l’ancienne presse typographique manuelle (à l’aide de laquelle il fallait au moins deux jours à une personne qualifiée pour composer une page), pour le Prof. Kasturi, poster le magazine pour le 16 de chaque mois, avec l’aide d’un seul auxiliaire au cours des deux premières années, était une épreuve titanesque vis-à-vis de laquelle il implorait les bénédictions du Tout-puissant à chaque instant. A quel point la procédure était-elle complexe ? Et comment les délais étaient-ils respectés ? Nous laissons la parole au Prof. Kasturi lui-même pour ce compte-rendu intéressant et de première main tiré de sa biographie :


Le labeur d’amour de l’intrépide éditeur

« Pendant à peu près un an, Narasimhachari, le seul assistant à la pédale, assembla les caractères, prépara les pages et pédala pour avoir deux pages imprimées à la fois. Je proposais de l’aider dans la composition et le travail des jambes, chaque fois que je le voyais traîner ou somnoler. J’étais choqué qu’il accepte mon offre à chaque occasion ! Le travail était vraiment dur, bien qu’il l’allégeât et qu’il l’illuminât en se chantant des bhajans.

J’étais occupé pendant presque la totalité du jour et même pendant une partie de la nuit, étant donné que le nombre des abonnés augmentait rapidement. L’argent était envoyé par la poste ou payé directement par les dévots et les pèlerins qui réalisaient que le Sarathi était le lien entre le char et l’Aurige.

A chaque fête célébrée à Prasanthi Nilayam, le registre des abonnés devenait plus volumineux. Des milliers de visiteurs qui vinrent baigner dans la sainte Présence, désiraient s’assurer que la voix du Seigneur entrerait chez eux au moins une fois par mois.

Pendant plus de deux ans, moi et Narasimhachari, nous supportâmes le joug. Nous étions anxieux de poster les numéros à la poste de Prasanthi Nilayam, tout récemment ouverte le 16 de chaque mois, comme annoncé dans le tout premier numéro. Nous savions que les dévots l’accueilleraient avec encore plus de respect, lorsqu’ils trouveraient sur le coin supérieur droit de l’enveloppe l’oblitération circulaire de la poste avec le nom grisant de « Prashanti Nilayam ». (Le Prof. Kasturi fut lui-même receveur de la poste pendant huit mois !)

Mais nous ne pûmes acquérir une rogneuse qui pouvait trancher les bords des magazines que beaucoup plus tard, longtemps après qu’une presse cylindrique ne soit installée pour faire face aux trois mille exemplaires que nous devions imprimer. Il fallait alors les rogner à Bangalore à plus de 160 km. »


Un incroyable parcours du combattant

« Ainsi, chaque mois, après avoir terminé l’impression, je déposais la quantité des magazines anglais et télougous dans deux énormes caisses, je les conduisais à Bukkapatnam dans un char à bœufs, je les faisais hisser sur le toit du bus qui se rendait à Penukonda, et j’ordonnais au chauffeur de s’arrêter près du passage à niveau, à environ trois cent mètres de la gare de Penukonda. Les caisses étaient descendues du bus et Narasappa, un porteur herculéen, les transportait sur sa tête, jusqu’au quai. Là, j’attendais l’arrivée du train de passagers à destination de Bangalore, située à 136 km, et je faisais enregistrer les caisses comme fret. A Bangalore, des porteurs les chargeaient sur une voiture tirée par des chevaux que j’orientais vers une imprimerie disposant d’une rogneuse. Ensuite, les caisses remplies des exemplaires parachevés étaient emmenées dans la maison d’un dévot, au cœur de la ville. J’y passais la nuit avec une douzaine de jeunes qui s’étaient portés volontaires pour mettre les magazines dans des enveloppes que j’avais amenées avec moi du Nilayam. Les magazines étaient donc prêts à être envoyés et nous pouvions dormir pendant le restant de la nuit. Le lendemain, tout le programme était répété pour le retour – la voiture tirée par des chevaux, les porteurs, le voyage en train, la gare de Penukonda, Narasappa, le passage à niveaux, le bus jusqu’à Bukkapatnam, le char à bœufs et finalement, le bureau de poste de Prasanthi Nilayam afin d’y apposer le saint nom et de permettre au précieux Prasadam d’atteindre plus de trois mille foyers ! »


Faire de Kasturi l’éditeur idéal

Voilà donc tout ce qui se tramait en coulisses pour retoucher et pour poster le superbe Sanathana Sarathi. Mais ce n’était pas tout le temps trimer, car le Divin allégeait le fardeau et égayait l’atmosphère à la moindre opportunité. Le Prof. Kasturi rapporte dans son ‘’Loving God’’ un incident très divertissant et néanmoins très révélateur qui s’est produit durant la deuxième année du magazine :

« Je me souviens d’un soir de 1959 où Il envoya quelqu’un pour me conduire dans Sa chambre au Mandir. Baba me dit que le rédacteur en chef d’un quotidien d’Hyderabad avait demandé une photo de moi, car il voulait me présenter dans son journal avec une belle critique comme l’éditeur du Sanathana Sarathi. Baba avait promis de lui envoyer une photo et Il me demanda de me préparer à être pris en photo par Lui-même, dans les minutes qui suivirent, avec un appareil tout neuf qu’Il avait spécialement choisi pour l’occasion. Oh ! Je ne me tenais plus de joie ! Je montai au huitième ciel, puis je dévalai les dix-huit marches afin de me refaire une beauté.

Endéans quelques minutes, je fus de nouveau dans la Présence, rasé de près et amidonné, un large sourire au frontispice. Baba me prit par les épaules et me plaça à la distance appropriée. Il regarda à travers l’objectif et me félicita pour « mon visage photogénique ». J’étais transporté de joie à l’idée que ma photographie allait flatter l’œil d’au moins trente mille lecteurs dans tout l’Andhra Pradesh. Mon sourire s’épanouit en un généreux rictus ! Baba me fit un geste et je ravalai le rictus. « Ne bouge plus ! Prêt ? » Il appuya sur le bouton…Une grosse chose noire avec une queue me sauta dessus d’à l’intérieur de l’appareil ! Avec un cri strident, je bondis dans un coin de la pièce en projetant la chose horrible et hirsute…Etait-ce un rat ? Etait-il mort ? Non. C’était une souris en tissu, habilement glissée à l’intérieur de l’appareil photo bidon qui s’échappait au déclic. Baba rit de bon cœur devant ma panique. Moi aussi je ris pour relâcher la tension.

Il me réprimanda gentiment pour avoir avalé l’histoire qu’Il avait inventée pour dégonfler mon ego. Il me rappela que le fait que je sois l’éditeur du Sanathana Sarathi n’était pas le genre de « nouvelles » qui intéressait le monde. La renommée durable ne se trouve pas dans les journaux qui se transforment en vieux papiers le lendemain même, mais dans le service dévoué à Dieu et aux pieux. Je quittai Sa chambre plus sage et l’ego aminci.

Baba nous aide charitablement, lentement et subtilement à nous défaire du fardeau de l’ego. Il condamne la modestie qui n’est que simple pose destinée à attirer l’attention ou l’admiration sur soi. Il nous conseille d’être simplement nous-mêmes et de ne pas porter de masques derrières lesquels nous nous cachons. « Quel statut plus grand peux-tu avoir que d’être l’instrument pour empaqueter et poster Mon message à des milliers de dévots tous les mois ?’’, me demanda-t-Il. Baba est un soleil trop éclatant pour les yeux humains. Nous pouvons baigner dans la lumière solaire, mais nous ne pouvons pas le contempler. »

C’est ainsi que Swami ciselait et transformait le Prof. Kasturi en un éditeur idéal, après avoir créé le magazine un an plus tôt. Le Sarathi de l’époque était moitié moins épais et bilingue avec des articles en anglais et en télougou. L’image de couverture, un croquis éloquent du Seigneur Krishna tenant les rênes de chevaux emballés et dirigeant le char d’Arjuna, était en consonance directe avec son nom et sa mission. Après le premier anniversaire, les couvertures montrèrent de belles sculptures des manifestations terrestres du Seigneur au fil des âges, transmettant ainsi furtivement la déclaration divine du Seigneur Krishna – « A chaque fois que le Dharma décline et que la mauvaise conduite augmente, le Seigneur s’incarne pour sauver les gens pieux, détruire le mal et restaurer la vertu. » Et les pages intérieures montraient une image magnifique et bienveillante de l’incarnation courante et actuelle – l’Avatar Sathya Sai. »


Définir le Dharma

Dans le Dharma Vahini que Swami commença à l’occasion du cinquième anniversaire du Sarathi, en février 1962, Swami fournit des indications et des critères précis par lesquels chaque dévot pourrait décider et déterminer par lui-même, s’il empruntait ou non le chemin du dharma.

« Qui subjugue l’égoïsme, qui conquiert les désirs égoïstes, qui anéantit les sentiments et les pulsions bestiales et qui renonce à la tendance naturelle à considérer le corps comme étant soi-même emprunte certainement le chemin dharmique », expliqua Baba et Il poursuivit : ‘’Celui-là sait que le but du dharma est la fusion de la vague dans l’océan, la fusion du moi dans le Soi supérieur.

Dans toutes les affaires du monde, vous devriez veiller à ne pas enfreindre la correction ni les critères de la bonté ; vous ne devriez pas ignorer les sollicitations de la voix intérieure ; vous devriez toujours être prêt à suivre ce que dicte justement la conscience ; vous devriez prendre garde à ne gêner personne ; vous devez toujours être attentif pour découvrir la vérité qui se cache derrière toute cette diversité chatoyante.

C’est là tout votre devoir, votre dharma. Le feu flamboyant de la sagesse (jnana) qui vous convainc que tout ceci est Brahman (Dieu), réduira en cendres toute trace d’égoïsme et d’attachement matériel. Vous devez devenir ivre du nectar de l’union avec Brahman ; c’est l’objectif ultime du dharma et de l’action (karma) inspirée par le dharma.’’

Voilà probablement une signification du dharma aussi globale et complète que possible. Et ce n’est qu’un paragraphe. Bhagavan écrivit en tout treize articles intemporels sur ce sujet qui fut conclu en février 1963.

Des exposés d’une exceptionnelle clarté sur les Upanishads

Mais Swami se lança immédiatement dans un autre Vahini – l’ « Upanishad Vahini » et les concepts philosophiques les plus élevés et les plus ésotériques sortirent du stylo de Bhagavan dans un langage qu’un fermier, un pêcheur, un potier et un charpentier pouvaient comprendre. Le Prof. Kasturi, quoiqu’il fût conscient de la divinité de Swami, était toujours sidéré en voyant la sagesse scolastique et l’expression succincte de Swami qui n’avait pas étudié au-delà de la sixième, à l’école. Dans Sathyam Shivam Sundaram, il raconte un incident révélateur :

« En tant qu’éditeur du magazine qui publia en feuilleton les chapitres de ce livre, je vécus une expérience stupéfiante tous les mois pendant un an. Après avoir expédié les magazines le 16 du mois, j’allais Le trouver pour la suite du feuilleton. Annonçant Lui-même le nom de l’Upanishad, Il me demandait d’attendre un moment dans Sa chambre et en suivant la véranda, Il se rendait avec un cahier et un stylo dans la pièce où il n’y avait qu’une table et une chaise et rien d’autre à côté.

Une fois, ce fut au tour de la Brihadaryanaka d’être résumée et simplifiée. C’est la plus épaisse et la plus profonde des dix. Je suis sûr que Baba ne l’avait jamais lue et qu’Il n’avait jamais consulté personne qui pouvait en parler. Et aucune copie n’était disponible à des kilomètres à la ronde. Mais quarante minutes plus tard, Il sortit avec comme seules possessions Son stylo et Son cahier et de chez Lui, je pus descendre les dix-huit marches avec une dissertation de dix pages sur les vérités de cette Upanishad consignée à l’intérieur ! Je jetai un coup d’œil au texte en me rendant à l’imprimerie et mes yeux tombèrent sur ces quelques mots télougous qui disaient : « La grandeur de l’intelligence du sage Yajnavalkya est remarquablement évidente dans cette Upanishad. » Et je me dis à moi-même : « La grandeur du guru omniscient qu’est Baba est maintenant remarquablement évidente pour moi ! »

Racontant sa mission mensuelle de recevoir un manuscrit ou deux de la part de Bhagavan, le Prof. Kasturi écrit dans sa biographie : « C’est avec appréhension que je gravis les marches pour me rendre en Sa présence, chaque mois, pour Lui présenter les éditions télougoue et anglaise du Sanathana Sarathi. Et c’est avec un frisson dans le cœur et une exclamation muette que je les descends, quand j’ai reçu Sa contribution en télougou pour le numéro du mois suivant. La longueur de l’article était exactement la même, mois après mois. L’expression – douce et agréable, simple et substantielle – évite le pédantisme et la prolixité. La calligraphie charme le regard. L’énigme métaphysique la plus complexe est résolue par une parabole ou un proverbe. »


Manifestation miraculeuse

Par la grâce de son affectation favorable et de son excellente proximité avec le Seigneur, le Prof. Kasturi fut le témoin de nombreux événements révélateurs concernant l’Avatar et Sa mission littéraire. Un incident rapporté par M. G.V. Subba Rao qu’on ne peut manquer de mentionner ici, même s’il s’est produit d’une manière singulièrement détachée, est celui-ci :

« Une fois, juste à la veille de quitter Puttaparthi à la hâte pour attraper un avion le matin même à Bangalore, je fus appelé par Swami dans Sa salle de séjour et de repos modeste situé à l’étage du Prashanti Mandir », écrit le défunt Shri Subba Rao, qui servit au Département de l’Energie des Nations Unies pendant de nombreuses années.

Sans Lui avoir dit que j’étudiais la Taittirya Upanishad (un texte védique sacré) le week-end, durant mon temps libre à Delhi (où j’étais alors le délégué résident d’une agence des Nations Unies), Baba, dans Sa grâce infinie, exposa durant presque une heure entière l’essence de cette célèbre Upanishad.

Quand je commençai à tout noter, Baba observa qu’il n’était pas nécessaire de prendre des notes ; Il me certifia que, chaque fois que le besoin s’en ferait sentir, je me rappellerais automatiquement Ses enseignements !

Tandis que Swami dispensait ainsi Son enseignement, Sri Kasturi, l’éditeur du magazine de l’ashram, monta demander l’article de Baba pour le numéro mensuel du ‘’Sanathana Sarathi’’ qui devait aller à l’imprimerie. C’est alors que Swami, d’un geste de la main, matérialisa l’article et le remit à Sri Kasturi en ma présence directe ! »

Ainsi, le Sanathana Sarathi est une création, un prolongement, un « missionnaire » émanant de Sai. Tout comme le nom et la forme, le Seigneur et Son message sont indissociables. En vérité, pour tous ses lecteurs, le Sanathana Sarathi, c’est Sai, en noir et blanc. Et Swami veilla personnellement à sa pureté, à sa sainteté, à son authenticité et à son accessibilité dès son lancement.


La contribution de personnes sages et dignes de foi

En fait, dans le tout premier numéro du magazine même, il fut déclaré : « Les contributions d’articles, spécialement de la part de ceux qui s’efforcent de mettre en pratique ce dont ils parlent ou ce sur quoi ils écrivent en matière de spiritualité sont les bienvenues. Et tous les relents de nouvelles publiques ou les commentaires sur les nouvelles publiques ou les attaques personnelles, toute phraséologie grossière ou même des sentiments non dévotionnels n’ont pas leur place ici. »

Pendant de nombreuses années, le Sanathana Sarathi reçut des articles et des expériences de dévots, mais chaque pièce littéraire devait obéir à ces règles strictes. Dans le numéro du mois de septembre 1960, par exemple, il y avait une histoire éloquente envoyée par M. P.S. Menon, intitulée « Des mots révélateurs ! » :

« Lors de la dernière fête de Dasara (1959), le jour où les pauvres furent nourris, moi et quelques autres, nous contînmes la multitude au-delà de la porte de Prasanthi Nilayam plus de deux heures durant, quand soudain, obéissant aux ordres proférés par quelqu’un, les gens franchirent les limites et se ruèrent pêle-mêle en direction du pandal, à gauche du Nilayam. Cela m’ennuyait beaucoup que tout notre labeur ait été vain, mais Baba m’appela près du pandal et dit : « Menon ! Veille à ce que tout le monde soit assis en rangs. J’arrive. » Je me dirigeai vers le pandal et je fus surpris de voir que toute cette foule bigarrée formait des rangs parfaits. Baba arriva endéans quelques minutes. Il circula le long des rangs et se tournant vers moi, Il dit : « Menon ! Contemple la diversité merveilleuse de la création ! »

Ce fut une révélation. Ces paroles m’ouvrirent les yeux. Dans ce pandal, à ce moment-là, il devait y avoir beaucoup d’âmes pieuses, de sadhakas, de saints, de chercheurs, de simulateurs, de pénitents, de badauds, d’idéalistes, d’exclus, d’inadaptés et beaucoup d’autres types encore qui constituaient ce grand panorama multicolore d’humanité. La scène ne devait pas être considérée avec dégoût, comme j’avais tendance à le faire ; c’était plutôt une chose à observer et à étudier avec compassion et discernement.

Quelques heures plus tard, après que le repas ait commencé et que Baba Lui-même ait servi de Sa main le dessert à chacun des pauvres, j’étais dans la cuisine à côté d’une pile de riz, en train de m’étirer le dos pour soulager la tension. Soudain, Baba apparut devant nous. Il me demanda : « Grandiose, non ? » Je répondis : « Oui, Swami ! Il doit y avoir au moins trois mille personnes ! » Mais Baba sourit et dit : « Non, pas cela ! Shanti (la paix) et Ananda (la félicité), ici, maintenant. Cela ! »

Deux mots significatifs et qui me révélèrent mon erreur d’être dégoûté par le bruit et par l’agitation qui régnaient tout autour. J’aurais plutôt dû me concentrer sur l’Ananda qui échut aux pauvres et sur la Shanti qui suivit et qui prévalut dans leurs esprits.

Ils étaient sûrement plus réels que le bruit et la confusion. C’est ainsi que Baba révèle à l’ignorant, par une remarque fortuite ou par un ou deux mots, la signification des choses
et des événements. Il est le Sadguru, le grand instructeur. »

De telles expériences étaient plus fréquentes durant la première décennie du magazine. Mais comme les histoires des dévots commencèrent à affluer et comme il était difficile d’établir ce qui était authentique et ce qui était un « excès d’imagination », les articles des lecteurs devinrent occasionnels et rares dans le magazine.

Mais un aspect essentiel demeura, cependant – rendre vivants les événements stupéfiants qui se produisent en présence de Swami, que celui-ci soit à Puttaparthi, en tournée ou en tout autre lieu chanceux. Par exemple, le numéro de janvier 1959, dont voici un court extrait, décrivit la visite de Swami dans l’État du Kerala :

Raconter Son histoire

« …Dans la soirée (du 21 décembre 1958), Baba arriva à Kovalam Beach, à onze kilomètres de la ville, accompagné par Son entourage et de nombreux dévots de Trivandrum.

Dans un endroit tranquille sur la plage, loin du bruit et de l’effervescence de la capitale, Baba offrit à tous ceux qui étaient là l’unique plaisir de L’entendre chanter. Tout le monde participa aux bhajans qui suivirent ; pendant les bhajans, Baba sortit du sable (créa) une magnifique image de Murali Krishna et une bague en or avec le motif de Radha/Krishna mis en relief de façon charmante.

Comme c’était le jour de Vaikuntha Ekadasi, Baba « capta » aussi de l’Amrita (nectar), cette fois-ci de Ses mains ! Les bhaktas (dévots) qui étaient assis tout autour de Lui purent sentir le parfum ensorcelant longtemps avant sa matérialisation effective et tandis que Baba chantait, Il dirigea Ses mains jointes vers un récipient en argent et de Ses mains, l’ambroisie gargouilla dans celui-ci.

Ensuite, Baba distribua Lui-même le nectar à tous ceux qui étaient présents, y compris quelques pêcheurs du hameau voisin. »

Hormis ces histoires éblouissantes, il y avait aussi une section spéciale intitulée « Healing Touch » qui traitait des miracles médicaux qui sont si courants dans les hôpitaux de Swami. Le Dr V. Brahmam, qui servait à l’Hôpital Général Sri Sathya Sai (l’unique hôpital alors), écrit dans le numéro d’octobre 1960 :

« Sai Prabha (8 ans) avait la fièvre typhoïde qui dura trois semaines complètes ; après un retour à la normale pendant une semaine, elle connut une rechute. La température resta stationnaire à 40° pendant 4 jours et puis, elle oscilla entre 38,5° et 39,5°. Elle fut donc admise à l’Hôpital Sathya Sai.

Le 24 septembre, son état inspira de l’angoisse : elle se mit à délirer dès 10 heures. Mais à 15 heures, elle s’écria de sa voix habituelle : « Mamy ! Mamy ! Regarde, Baba est venu ! Lève-toi ! Baba m’a donné de la vibhuti qu’Il a appliquée sur mon front ! » Nous nous levâmes et nous nous rendîmes à son chevet. Effectivement ! Il y avait une grosse tache de vibhuti blanche sur son front ! Baba était venu sous Sa forme subtile et Il avait béni l’enfant. Le thermomètre indiquait que la température était redescendue à un niveau normal.

Quand je m’approchai de Lui, Baba se moqua de moi en disant : « Eh bien ! Qu’en est-il de la sécurité ? Vous ne savez pas qui entre et qui sort ! »

C’était le cinquième jour de la fête de Dasara et donc, des centaines de dévots vinrent dans la salle et virent le signe de la grâce de Baba sur le visage de l’enfant malade. »

C’est ainsi que le magazine réjouit les dévots comme les chercheurs spirituels depuis le tout premier jour. Une caractéristique très importante qui le distingue des autres publications similaires, hormis son message cristallin en termes directs, c’est l’absence totale de toute intention commerciale.

« Aucun type de publicité commerciale ne peut être publié dans ce magazine » – l’annonce était catégorique et forte dans le tout premier numéro et c’est ainsi depuis cinq décennies, maintenant. En réalité, le magazine fut envoyé et distribué gratuitement à tous les abonnés durant les cinq premiers mois. C’est seulement à partir de juillet 1958 que les abonnés ont payé un montant très minime. Suivant le message de l’éditeur : « Au départ, nous n’avions pas l’intention de fixer un prix pour notre Sanathana Sarathi. Mais en raison de normes postales et d’autres circonstances, nous avons décidé que l’abonnement annuel, minime, serait de trois roupies. »

« Baba n’était pas en faveur de campagnes pour recruter des abonnés, des donateurs, des mécènes, etc. ni même d’accepter des montants d’abonnement qui dépasseraient l’année », écrit le Prof. Kasturi dans sa biographie à propos des premières années du magazine.

‘’Il voulait que les lecteurs décident par eux-mêmes, s’ils voulaient poursuivre le régime qui leur était proposé. Baba rejeta une proposition de poster des lettres aux abonnés qui les avertissaient qu’en cas de non-paiement pour une année supplémentaire, le Sarathi ne serait plus expédié à leur adresse.

Une somme dérisoire pour une sagesse inestimable

« Laissez-les décider. La faim qui tenaille est un avertissement suffisant », dit-Il. « Le Sarathi devrait être attendu, reçu, chéri et étudié avec avidité. Le manquer doit être aussi pénible que de ne pas avoir de compagnon de voyage dans un pays étranger », dit-Il.

Et c’est exactement comment on le ressentait, spécialement à cette époque où, sans même parler de la révolution Internet, même la couverture des télécommunications était médiocre en Inde. « Le Sanathana Sarathi était un lien vital qui se prolongeait jusqu’à Prasanthi Nilayam et qui aidait à construire une base de foi solide », se souvient Chris Parnell, d’Australie.

« A l’époque où j’étais un nouveau dévot, je l’attendais avec impatience dans le courrier et chaque numéro était scruté d’un bout à l’autre – les photos de Swami, les discours divins…Parfois, je me levais le matin et quelques mots ou un paragraphe me venaient à l’esprit et constituaient le point central de ma méditation et de ma réflexion du jour. C’était le radeau auquel nous nous accrochions, notre assurance, cette balise d’amour mensuelle. »


Un courant continu, infini et éclairant


Et cette source permanente de force, de soutien et de lumière spirituelle était entretenue par le Sadguru Lui-même, parce que la cascade purificatrice de sagesse divine jaillissait du cœur de Swami, sans interruption. Il y eut le Dhyana Vahini (courant de méditation) et le Prasanthi Vahini (courant de paix suprême), de janvier 1959 à février 1961. Plus tard suivirent le Jnana Vahini, le Dharma Vahini et l’Upanishad Vahini – « les courants de connaissance, de conduite juste et de philosophie suprême » offrant la sagesse et élargissant l’esprit, pendant trente-quatre mois consécutifs.

En 1964-1965, tout en parcourant l’Andhra Pradesh, en long et en large, et en fondant l’ashram de Brindavan (Bangalore), Bhagavan continua de prendre la plume et le flux glorieux de l’Evangile divin en sortit – le Geetha Vahini.

« La Gita est comme un bateau qui aide l’homme à effectuer la traversée de l’état d’esclave qu’il s’impose lui-même à la liberté qui est sa nature. Il est conduit des ténèbres à la lumière, de l’absence d’éclat à la splendeur », dit Swami et Il expliqua : « La manière dont celle-ci débute et dont elle se termine donne une indication sur le sujet qu’elle expose. Le tout premier verset (de la Gita) commence par les mots : « Dharmakshethre Kurukshethre… », le mot « Dharma » étant le mot initial. Le dernier verset du dix-huitième chapitre final dit : « Yatha Yogeswarah Krishna » et ce mot, « Yogeswarah » résume le dharma qui est enseigné. Donc, il est clair que le but de l’enseignement de la Gita est simplement ceci : « Souvenez-vous du Dharma ; pratiquez le Dharma. »

Simultanément au Geetha Vahini, en février 1964, Bhagavan débuta aussi le Prasnottara Vahini – une série de réponses aux questions relatives aux devoirs de l’homme se situant aux différents stades de la vie (qui est supérieur, le renonçant ou le chef de famille ?), de clarifications sur les procédures et les principes des pratiques sociales et spirituelles (le système des castes est-il pertinent aujourd’hui ? L’homme d’action est-il plus sage que l’homme de dévotion ? Les femmes peuvent-elles aspirer au Suprême ? etc.) – tout cela sous la forme de dialogues brefs et concis.

Nous étions maintenant au milieu des années soixante et l’ashram de Prasanthi Nilayam fut séparé de Puttaparthi pour former une commune séparée que Swami inaugura en août 1966. Le mois d’avril de l’année suivante vit s’organiser la première conférence panindienne des Organisations Sri Sathya Sai de Seva. En novembre 1967, Swami posa les fondations du Dharmakshetra à Bombay et Il revint six mois plus tard pour inaugurer le bâtiment.

Quatre jours plus tard, le 16 mai 1968, eut lieu la première conférence mondiale des Organisations Sri Sathya de Seva. A peine huit semaines plus tard et Swami était dans l’avion pour Son premier et unique voyage à l’étranger. Il rentra d’Afrique de l’Est le même mois et inaugura la Faculté Sri Sathya Sai des Lettres et des Sciences pour jeunes filles à Anantapur. Nous étions maintenant dans le courant du mois de juillet 1968. Le programme de Swami était manifestement dense, mais malgré autant d’engagements et l’apparition de nouveaux projets, Swami ne priva jamais les lecteurs du Sanathana Sarathi de leur part d’ambroisie mensuelle. Alors que la mission de l’Avatar de l’ère actuelle battait son plein, dans le Sarathi, Bhagavan réjouissait les cœurs des dévots avec le doux nectar de Ses incarnations précédentes, et spécialement, l’Avatar Krishna.

Le Bhagavata Vahini, qui regorge des divertissements divins éblouissants du Seigneur Krishna, était aussi libérateur qu’il était captivant. Et même si la Faculté Sri Sathya Sai des Lettres et des Sciences pour jeunes hommes fut ouverte à Brindavan, Bangalore, en juin 1969 et si des milliers de personnes se rassemblèrent pour la troisième conférence panindienne des Organisations Sri Sathya Sai de Seva en novembre de la même année, le cours de l’ ’’Histoire du Seigneur’’ de Swami se poursuivit sans interruption. La série complète qui fut plus tard compilée dans un livre de 338 pages « n’est pas seulement un livre », dit le Prof. Kasturi ; « c’est un tonique, un baume, un pèlerinage, un alléluia, un appel à l’action, un phare de lumière. »


Le langage du cœur en de nombreuses langues

Ce qui avait débuté comme un petit ruisseau était maintenant devenu une puissante rivière avec beaucoup d’affluents, aussi ! Beaucoup d’Etats de l’Inde lancèrent leurs propres versions du magazine dans leurs dialectes locaux – le hindi, le marathi, l’oriya, le tamoul, le malayalam, le sindhi, l’assamais, etc.

Sur la couverture, le magazine de 32 pages avait toujours eu un simple dessin au contenu spirituel. Mais ceci dura jusqu’en 1970 quand, durant la fête de Shivarathri, Swami dessina avec un stylo à l’arrière d’une enveloppe usagée un schéma avec les symboles sacrés des cinq principales religions du monde et le pilier qui supporte une fleur de lotus au centre indiquant l’ascension de l’aspirant spirituel via n’importe laquelle de ces voies et qui remporte la victoire. Depuis lors, celui-ci est devenu « l’affiche symbolique » qui illustre l’universalité du message de Swami et qui propage le mantra « Il n’y a qu’une seule religion, la religion de l’amour » – et ce, dès la couverture du Sanathana Sarathi.

Le Sarathi se développa à pas de géant au début des années 70 avec des affluents de chaque Etat de l’Inde. C’était encourageant, mais simultanément, il y avait aussi un danger caché. A cause de son expansion soudaine avec des éditions dans des dialectes multiples dans des endroits lointains, il y avait un certain élément de disharmonie qui s’insinuait entre les différentes versions régionales. Bhagavan tua dans l’œuf cette incongruité dans Son message de bénédiction à tous les membres de l’Organisation réunis pour la quatrième conférence panindienne des Organisations Sai en novembre 1971, lorsqu’Il dit :

« Dans presque toutes les langues de l’Inde et en anglais, nous avons un certain nombre de périodiques qui portent des noms différents – Shanthi, Prashanthi, Sudha, Sanathana Sarathi, etc. – ce qui provoque de la confusion et des complications. Dorénavant, nous aurons un unique magazine mensuel dans chaque langue qui sera appelé partout « Sanathana Sarathi ».

Désormais, il ne sera plus possible pour ces périodiques d’être publiés selon la volonté et le bon plaisir des gens. Si on les laisse tels qu’ils sont, il y a des chances que la qualité baisse et même que cela occasionne des pertes financières pour les parties avec la détresse qui en découlera. Donc, il a été décidé de placer le Sanathana Sarathi de chaque zone linguistique sur des bases solides, et ce, à la fois financièrement et dans le domaine du contenu. »

A peine quelques années plus tôt, Bhagavan avait constitué le Sri Sathya Sai Education Trust pour aider à la publication de livres écrits par des dévots expérimentés et le Sanathana Sarathi se retrouva aussi sous cette bannière. Jusqu’en 1973, l’imprimerie Sri Sathya Sai qui se situait du côté est du Prasanthi Mandir (appelé maintenant bloc Pathshala) n’avait qu’une machine à pédale avant l’arrivée ultérieure d’une machine à cylindre.


Mais ces machines étaient excessivement manuelles. Chaque page du magazine reçue par chaque lecteur devait être alimentée à la main dans ce matériel inepte pour être imprimée. (Imaginez l’impression de dizaine de milliers de feuilles comme celle-ci, chaque mois, avec des délais inflexibles !)

Avec seulement deux ouvriers et pour le reste, des bénévoles, c’était en quelque sorte un miracle, toutes les quatre semaines, que de nombreux exemplaires sortent de cette imprimerie primitive. Bien entendu, il y avait l’intervention divine. Swami visitait souvent l’imprimerie, parfois plusieurs fois par semaine et Il aiguillonnait et Il guidait, Il encourageait et Il égayait l’humeur des travailleurs dévoués. Le collège des étudiants de Puttaparthi était toujours dans la matrice du Temps ; ce qui existait alors, c’était un « Veda Pathasala », une école d’études védiques et tous ces étudiants contribuaient un peu pendant leur temps libre à cette sainte mission.

« Nous nous occupions de la composition, du découpage, de les mettre sous enveloppe et de tout autre travail », se rappelle Sri Ramesh Kasturi, le petit-fils du Prof. Kasturi et l’un des premiers étudiants à s’inscrire au Veda Pathasala de Swami. « Mais la quantité de travail n’était jamais une charge… En fait, c’était notre ticket d’entrée pour la félicité », continue Ramesh avec un sourire satisfait, ‘’parce que Bhagavan nous rendait fréquemment visite, pendant que nous travaillions et parce qu’Il passait beaucoup de temps à blaguer, à nous récompenser, à nous instruire et à nous inspirer. »


Mais, étant donné que le nombre des abonnés grimpait à des hauteurs stratosphériques et que le besoin d’une infrastructure plus efficace était plus que jamais ressenti, Swami déplaça toutes les opérations d’imprimerie et de postage à Bangalore. Et c’est ainsi qu’est née l’imprimerie Brij Brindavan à Bangalore en 1973, grâce à l’enthousiasme et à l’initiative inspirée d’un couple de dévots ardents, M. et Mme Ratan Lal. Chose intéressante, c’était la quinzième année du magazine et pour commémorer cela, dans le numéro de mars 1973, Swami donna un message spécial à tous les lecteurs qui disait :


Une nouvelle forme pour le véhicule du sans forme

« Les lecteurs sont conscients que le Sanathana Sarathi a été diffusé assidûment ces quinze dernières années, sans souci d’étalage décoratif ni de calcul de bénéfices, que l’intégration de la race humaine ne peut pas être réalisée par la mise à disposition de facilités pour de simples contacts extérieurs, car elle ne peut être réalisée que par la conviction intérieure de l’unité essentielle ; que l’homme doit absolument transcender ses niveaux d’expérience mental, vital et physique et atteindre les profondeurs spirituelles où se situe l’Atma, le Divin, et que la force qui jaillit de cette conscience nourrit les niveaux physique, vital et mental et élève l’homme à un statut qui se situe au-dessus et au-delà de la simple humanité, jusqu’à la Divinité même. Le Sanathana Sarathi entame avec bonheur sa seizième année et s’offre à tous ceux qui aspirent à la richesse mentale, morale et spirituelle. Le Sanathana Sarathi célèbre cette date comme une fête avec une forme et un aspect dotés d’une splendeur nouvelle. »

Oui, le Sanathana Sarathi possédait une forme, un aspect et une splendeur nouvelle, un nouvel avatar, pour ainsi dire, pour son quinzième anniversaire. Sa taille avait maintenant doublé. En terminologie d’imprimerie, son format était passé du crown octavo au crown quarto. Le stupa ornait sa couverture et après de nombreuses tentatives de persuasion, Swami avait accepté à contrecœur d’augmenter la cotisation annuelle de quatre à cinq roupies.

Dans Son message spécial lié à cette occasion, Swami rappela aussi toute la mission de ce magazine unique et déclara :

« L’homme ne peut se libérer qu’en se libérant lui-même. Il peut maîtriser l’univers, mais que peut-il prétendre connaître, lorsqu’il ne se maîtrise pas lui-même ? Lorsqu’il n’a pas conscience de lui-même, il n’a pas connaissance du Connaissant. Le Sanathana Sarathi a pour mission l’affirmation de cette vérité, son installation dans le cœur et sa mise en pratique réelle...

Puisse le Sanathana Sarathi continuer de ruisseler comme le Santhosha Dai (Celui qui accorde la joie) ; puisse-t-il gonfler et déferler comme Prema Sai (Celui qui apporte l’amour que Sai incarne) ; puisse le Sanathana Sarathi résider et trouver son accomplissement dans l’égalité et l’unité de l’océan de tous les êtres). Que tous puissent réaliser le bonheur, la paix et la prospérité. »


Renarrer l’histoire du Seigneur

C’était un déluge de bénédictions de la part du divin. Entre-temps, la série du Bhagavata Vahini de Swami était arrivée à son terme et un nouveau courant limpide de l’histoire du Seigneur avait commencé à jaillir de Sa plume – le Ramakatha Rasavahini. Cette série, que Swami continua d’écrire pendant une période extraordinaire de 91 mois consécutifs, s’étala sur 8 ans et c’est la narration la plus lucide de l’histoire de Rama qui existe.

Et pourquoi pas ? Le même Rama racontait Sa propre histoire et sans surprise, elle s’ornait de dialogues et de digressions que Valmiki (le premier auteur du Ramayana) n’avait pas imaginées, pas plus qu’aucun auteur postérieur. Remplie de détails subtils et d’événements jusqu’ici inconnus concernant la naissance de Rama et celle d’Hanuman, de circonstances révélatrices concernant le mariage de Rama, des vertus jamais entendues de Sumitra, d’Urmila et de Sruthakeerthi et de beaucoup d’autres événements et de rencontres supplémentaires du même acabit, l’histoire de Rama racontée par Swami expliquait les nombreuses lacunes et les liens qui manquaient qui avaient longtemps perturbé les admirateurs de cette grande épopée.

Swami restaura l’épopée jusqu’au pinacle de l’idéalisme parfait qu’elle exemplifiait pour l’humanité. Quand Swami conclut la série en août 1977, les lecteurs qui buvaient chaque mot de cette série comme du petit lait avaient le cœur saturé et l’esprit sublimé par la splendeur et par le but profond du séjour antérieur du Seigneur sur la Terre. En fait, ils pouvaient maintenant mieux comprendre et mieux apprécier l’Avatar Sai.

Même après ce récit marathon, Swami ne s’arrêta pas pour faire une pause, ne fût-ce qu’un mois. Après la grande épopée indienne, ce fut le tour de l’Inde, de ses valeurs précieuses et de sa spiritualité sacrée. En septembre 1977, Bhagavan écrivit pour toute l’humanité le Bharatiya Paramartha Vahini ou « Courant des Valeurs Spirituelles Indiennes » – un sujet très cher à Son cœur. Dans le premier article de cette série intitulé « La Réalité Suprême », Swami révéla : ‘’Le secret suprême, c’est que l’homme doit vivre dans le monde où il est né, comme la fleur de lotus qui, bien qu’elle soit née dans l’eau, flotte dessus sans être touchée ni mouillée par elle. Bien sûr, il est bon d’aimer et d’adorer Dieu dans le but d’obtenir quelque bénéfice précieux ici ou dans l’au-delà, mais étant donné qu’il n’y a pas de bénéfice ni d’objet plus précieux que Dieu ou de plus valable que Dieu, les Védas nous conseillent d’aimer Dieu sans l’ombre d’un désir dans notre esprit. Aimez, puisque vous devez aimer pour l’amour lui-même ; aimez Dieu, car, quoi qu’Il puisse donner, c’est moins que Lui-même ; aimez-Le, Lui et Lui seul, sans aucun autre vœu ni autre demande. Ceci est l’enseignement suprême des Bharathiyas (les anciens de l’Inde). »


Le courant continu de Sa grâce

Pendant seize mois d’affilée, Swami expliqua, par le biais d’essais éclairants, les vérités essentielles qui alimentent et qui nourrissent la culture indienne depuis les temps préhistoriques. Etant donné l’importance de ces précieuses vérités éternelles pour l’esprit boueux de l’homme qui vit dans le monde moderne, Bhagavan décida en janvier 1979 de prolonger le courant éclairant et instructif sous un nom plus global et plus significatif : « Sathya Sai Vahini » – le Gange qui jaillit des Pieds de Lotus du Seigneur – « Le Courant de la Grâce Divine de Sai ». A l’intérieur de ces pages sont éparpillées des perles de sagesse éternelle ressuscitées par Sai. Echantillon. Swami écrivit : « Trois types d’activités touchent Dieu et gagnent Sa grâce. La première : l’activité qui n’est pas mue par le désir personnel. La deuxième : l’activité qui émane de l’amour désintéressé. Et enfin, la prière qui s’élève des cœurs purs. »


« L’intermédiaire qui nous relie » – Swami

Le numéro de janvier 1979 qui célébrait la 21ème année du Sanathana Sarathi fut incontestablement marquant à cause du message exceptionnel que Swami délivra aux dévots en inaugurant la série rebaptisée ‘’Sathya Sai Vahini’’. Il écrivit et engloba tout le monde en déclarant : « Mu par la nécessité urgente d’apaiser la brûlure du conflit et d’étancher la soif atroce de connaissance de vous-même dont vous êtes affligé, voici le Sathya Sai Vahini, vague après vague, avec le Sanathana Sarathi comme intermédiaire entre vous et moi. »«

Le Sanathana Sarathi, avec sa série de Vahinis inestimables, était véritablement devenu le soutien de l’âme de chaque dévot. Quand le Sarathi arrivait, Sai leur manquait moins, parce que c’était comme s’Il s’était assis à côté d’eux, qu’Il répandait Son amour et qu’Il les débarrassait de leur fardeau terrestre, car, comme Sri Devi, du Koweit, écrit : « Il transforma notre perspective quotidienne envers la vie et il se mit à nous faire ressentir la présence de notre bien-aimé Baba en permanence.

En plus de nous guider sur le droit chemin, les messages divins du Sanathana Sarathi nous réconfortaient dans les moments de dépression, nous corrigeaient, quand nous avions tort, nous motivaient, quand nous étions apathiques et diffusaient des paroles d’amour. Nous savions, nous sentions qu’Il est toujours avec nous, autour de nous, au-dessus de nous, en dessous de nous et en nous. »

En février 1981, Bhagavan mit un terme au Sathya Sai Vahini avec un dernier article sur le fondement sociologique de la culture et de la société indienne. « Les quatre varnas (les divisions professionnelles de la société) sont les membres du corps divin, du seul et unique Seigneur. La caste est la Personne cosmique Elle-même qui se manifeste en tant que société humaine », expliqua-t-Il et Il insista : « Il n’y a qu’une seule caste, la caste de l’humanité. »


Elever l’éducation jusqu’à des hauteurs éthérées

En 1981, cela faisait déjà 23 ans que Bhagavan avait commencé à écrire pour ce magazine sacré. Mais la main divine continua de s’employer afin d’exorciser les mauvaises tendances incrustées en l’homme depuis des siècles. Et c’est ainsi qu’en mars 1981, Sai, l’Instructeur éternel, lança encore une nouvelle série, le « Vidya Vahini » ou le « Courant de pensée qui éclaire ». Dans les dix-neuf essais que Swami écrivit, Il énuméra clairement : Qu’est-ce que le vrai savoir ? Quel est le but du savoir ? Et quelle est la meilleure façon d’apprendre ? Les devoirs et les responsabilités des enseignants et des étudiants furent aussi clairement définis. Chose intéressante, c’était l’année où Swami inaugura l’Ecole Secondaire Sri Sathya Sai et son aile primaire. Et non seulement cela, novembre 1981 marqua aussi l’ouverture du grand temple de l’apprentissage – l’Institut Sri Sathya Sai des Etudes Supérieures. Beaucoup d’articles de cette série furent en partie dus à des appels que des éducateurs et des académiciens lancèrent à Swami pour clarifier les principes qui doivent guider quelqu’un pour restaurer l’éducation comme un instrument efficace pour établir la paix et la liberté en soi et dans la société.

« Le Vidya Vahini de Bhagavan Baba est la version la plus authentique de Son interprétation de l’éducation pour la vie et de l’éducation globale », dit le Prof. S. Saraf, deuxième vice-recteur de l’université de Swami dans son livre « Bhagawan Sri Sathya Sai Baba – the Eternal Educator ». Il déclare encore : « Il (le Vidya Vahini) présente la philosophie et le concept de base dans sa forme multidimensionnelle qui couvre tout le spectre de l’éducation d’une vie entière sous ses différents aspects, de l’enfance à l’âge adulte et il comprend une magnifique explication des méthodes pour atteindre le but. »


Le sagace Sutra Vahini

Avec l’ouverture de l’université, à Puttaparthi, Swami, le recteur, était bien occupé à structurer cet édifice ; mais néanmoins, Son rôle de recteur de l’univers et sa compassion pour l’humanité Le poussèrent à continuer de transmettre l’essence de la sagesse spirituelle et c’est ainsi qu’en octobre 1982, Swami écrivit le Sutra Vahini. Sutra signifie « ce qui par quelques mots seulement révèle un vaste sens ». Les « Brahma Sutras » de l’Inde ancienne sont les fleurs multicolores cueillies dans les Upanishads et chaque syllabe contenait un volume de pensée philosophique profonde. Swami révéla ici cette précieuse sagesse spirituelle et l’ordonna de telle façon qu’aussi bien un profane qu’un littérateur puisse l’apprécier et l’appliquer dans sa vie quotidienne.

Après vingt-cinq ans, quinze séries de volumes spirituels et 312 mois d’écriture continue, Swami n’en avait pas encore terminé. Alors que Sa mission divine se déployait avec l’inauguration de « Trayee Brindavan », le nouveau temple de Brindavan, Bangalore et l’ouverture de la conférence des Seva Dals à « Shivam », Son temple d’Hyderabad, respectivement en avril et mai 1984, Swami, pour le plus grand plaisir de Ses dévots, leur offrit un nouveau joyau divin, le « Leela Kaivalya Vahini », dont le nom lui-même avait une consonance si éthérée. Fidèle à son nom qui signifie « Le Divertissement Cosmique de Dieu et de l’Etre Eternel Universel », cette série de Swami était destinée à purifier la conscience de l’homme dans tous ses aspects et à la remplir de félicité. Dans le numéro de mars 1984, Swami déclara Lui-même : « A partir de la prochaine fête de Yugadi (la Nouvelle Année), cette série qui porte le nom de « Leela Kaivalya Vahini » annihilera tous les obstacles et vous remplira d’Ananda (félicité). Elle vous conduira sur la voie du progrès spirituel. »

C’est précisément ce que, non seulement ce Vahini, mais chaque page du Sanathana Sarathi, a fait pour des milliers de personnes, partout dans le monde. « J’attends impatiemment l’arrivée mensuelle du Sanathana Sarathi et je lis chaque parole de l’Avatar et chaque fois, cela me procure un nouveau sens, une nouvelle compréhension. Je dois avoir lu la majorité des Vahinis à plusieurs reprises, en anglais et en gujarati, seul et en groupe. J’ai lu plusieurs fois la Bhagavad Gita, mais après avoir lu le nectar de Ses discours, chaque fois, la Gita m’offre un sens nouveau et une compréhension plus profonde », dit Sri Chandrahas Shas, de Mumbai.

Le Dr Joseph Phaneuf, un médecin américain, dit : « Le Sanathana Sarathi est ma Bible vivante. Lire les paroles du Seigneur qui arpente actuellement la Terre est la plus grande opportunité de nombreuses vies. Les paroles nectarines de Swami sont si simples, si directes et si pratiques, elles vont droit au cœur.

J’essaye de mettre au moins un point en pratique. J’ai tellement d’opportunités de mettre Son enseignement en pratique dans mon travail quotidien de médecin. Quand je réussis à mettre Ses enseignements en pratique, tout se fait plus en douceur et soigner mes patients est beaucoup plus agréable. Swami nous rappelle encore et encore que servir notre prochain, c’est la même chose que servir Dieu. Cette conscience introduit du respect, de l’humilité, de l’amour et beaucoup de joie dans mon travail avec mes patients. »


Une robe orange

Même si Swami cessa d’écrire des articles détaillés pour le magazine après octobre 1984, Son implication et Son intérêt pour le magazine étaient aussi vifs que jamais. Que ce soit la couverture, les photos à l’intérieur, Ses discours ou les articles des dévots, chaque détail était important pour Swami et sous Sa direction, le Sarathi s’améliora et atteignit même des hauteurs sublimes. Par exemple, après le milieu des années 80, Swami voulut une transformation de la couverture du magazine.

Elle passa du bleu, du vert, du bordeaux, etc. des numéros précédents à l’orange sublime et sacré. « Swami appréciait beaucoup l’orange et Il ordonna que cette couleur devrait être conservée pour tous les futurs numéros sans aucun changement », se souvient Sri C.M. Prakash, un ancien étudiant du collège de Swami que Swami avait désigné pour servir à l’imprimerie, dès 1979. « Même une légère modification de la teinte orangée n’était pas acceptable pour Swami », ajouta-t-il en plongeant dans sa mémoire.

C’est à cause de Sa grâce et de Sa guidance que la splendeur de cet « organe du Seigneur » devint grandeur avec chaque jour nouveau. Etant donné que le volume de travail pour le magazine augmentait de manière alarmante, au début des années 1980, le Prof. Kasturi reçut aussi l’aide de Sri V.K. Narasimham, journaliste réputé, ancien rédacteur en chef de l’Indian Express et lauréat du Goenka Award, la consécration suprême du journalisme indien. Swami le nomma éditeur adjoint du magazine. Le milieu des années 1980 vit des changements considérables dans l’impression, la production et la distribution du Sarathi. Swami décida qu’il était temps que le magazine soit imprimé à Puttaparthi même et c’est ainsi qu’en quelques semaines, tout l’équipement fut déplacé dans la spacieuse Ecole Secondaire Easwaramma où Swami désigna quelques pièces pour accueillir la nouvelle « Imprimerie Sri Sathya Sai » qui reprit du service. C’était en juin 1986. (Pendant quelques mois, tandis qu’on déplaçait et qu’on installait les machines, le travail d’impression du Sarathi fut sous-traité à un imprimeur de Chennai).


Les étudiants de Sai, responsables de la mission du magazine

Mais cette fois, Swami voulut que la presse soit manipulée et gérée par Ses seuls étudiants. « Quelqu’un est-il volontaire pour rejoindre l’imprimerie ? », demanda-t-Il au groupe de garçons triés sur le volet qu’Il avait choisis d’emmener avec Lui à Ooty en 1985. Avant que quelqu’un ne puisse répondre, Swami regarda intensément Ramesh Reddy et lui demanda : « Es-tu prêt pour suivre la formation ? » Swami voulait envoyer deux garçons à Cochin pour se familiariser avec le fonctionnement et la maintenance de la machine à imprimer.

Mahesh Reddy était silencieux et hésitant, non pas parce que cela ne l’intéressait pas de travailler dans l’imprimerie ou parce qu’il était peu disposé à rester et à servir dans Sa mission ; il était triste parce que Swami lui manquerait. « Ce n’est que pour 18 jours ; après cela, tu seras de nouveau avec Moi », lui expliqua Swami avec un amour maternel et Il le consola encore en disant : « Lorsque Je vais à Brindavan, tu le supportes, n’est-ce pas ? C’est parce que tu sais que Je vais revenir. C’est la même chose ici. Après quelques semaines, tu Me reviendras. » Mais Mahesh n’était toujours pas convaincu.

« Après Ooty, Swami veut m’envoyer à Cochin, pendant que Lui se rendra avec tous les autres garçons à Kodaikanal » – Cette pensée était trop déprimante pour lui. Mais l’omniscient Swami lui certifia : « Je ne vais pas à Kodaikanal. Je rentrerai à Brindavan après le voyage d’Ooty. » Pour l’intéresser un peu plus, Swami dit : « Le Kerala (l’Etat où se situe Cochin) est un magnifique pays. Tu pourras y faire du tourisme. Je prendrai toutes les dispositions pour ton voyage. Maintenant, prépare-toi. »

C’est ainsi que Mahesh et qu’un autre étudiant que Swami avait choisis se rendirent à l’usine HMT de Kalamaseri (dans le district d’Ernakulam, dans le Kerala) pour y Avec Swami, à Ooty apprendre les méthodes et la maintenance des machines à imprimer. Après leur formation, avant d’entamer le voyage du retour, ils envoyèrent un télégramme à Swami, L’informant de leur arrivée à Brindavan. Après avoir reçu leur message, le doux Seigneur qui s’apprêtait à rentrer ce jour-là à Puttaparthi, resta un jour de plus à Brindavan pour les accueillir affectueusement et combler leurs cœurs de Son tendre amour.

Le lendemain matin, aussitôt que Swami les vit, Il leur fit signe et Il s’enquit de leur bien-être. Après le darshan du matin, Swami appela ces deux garçons avec d’autres dévots seniors pour une longue séance privée durant laquelle Swami les interrogea littéralement sur chaque petit détail de leur séjour et de leur formation.

« Où preniez-vous votre petit-déjeuner ? » « La nourriture de l’usine était-elle bonne ? « « La cantine de l’usine servait-elle aussi le dîner ? » « Comment va votre santé ? » « Comment avez-vous trouvé la formation ? » « Les gens se sont-ils montrés coopératifs ? »… Swami, comme une mère inquiète, voulait tout savoir. Il veille sans cesse sur Ses enfants.

Plus tard, quand Mahesh et son condisciple offrirent à Swami le solde non dépensé de ce qu’Il leur avait donné avant le voyage, Swami, comme une mère toute fière, toisa les dévots seniors et leur dit : « Voyez comme mes garçons utilisent l’argent judicieusement et comme ils me restituent le solde. Si cela avait été des garçons de l’extérieur, ils auraient emprunté et dépensé plus. »

Quelques jours après leur arrivée à Puttaparthi avec Swami, Il les bénit tous les deux un jour auspicieux en disant : « Rejoignez l’imprimerie dès aujourd’hui. « Swami visita même l’imprimerie, ce jour-là et Il inspecta l’équipement et leur environnement de travail. Ils en retirèrent une joie immense.

Après quelques mois de travail, alors que Mahesh n’était pas pleinement heureux dans son cœur, Swami le sentit et au cours d’un entretien qu’Il donna au personnel de l’ashram, Il lui dit : « Je sais, tu n’es pas heureux. » Ce n’était pas le travail en lui-même qui embêtait Mahesh, mais la nature dévorante du temps qu’il nécessitait. Il ratait souvent les darshans et les bhajans et ceci l’attristait toujours. Le doux Swami connaissait la douleur du dévot ainsi que la panacée. Il l’appela tout près de lui et lui dit : « Tu vois, tu fais un travail tellement sacré en imprimant le magazine de l’ashram. Celui-ci touche tellement de gens partout dans le pays et dans le monde. Ce n’est pas un travail minable, son importance est immense. Ce que tu fais réellement, c’est le « Virat Eshwara Seva » ou servir le Seigneur cosmique omniprésent. Aussi, ne sois jamais malheureux. »

C’est ainsi que Swami s’occupait de chaque membre du personnel de l’imprimerie. Son intérêt et Son implication dans chaque opération concernant le magazine, depuis son lancement, ne diminuèrent jamais. Même maintenant, Swami approuve et choisit parfois Lui-même les photos qui doivent être mises en couverture du magazine. Depuis son premier numéro, le premier exemplaire du Sarathi qui sort de l’imprimerie est toujours présenté à Swami. Le Sarathi a toujours été le phare de Swami qui guide l’humanité et à aucun moment, Swami ne s’en est désintéressé.

En 1987, après le décès du Prof. Kasturi, Swami désigna Sri V.K. Narasimhan, comme éditeur. Ancien journaliste ayant beaucoup voyagé et ayant servi dans trois journaux nationaux indiens pendant un demi siècle, Sri Narasimhan était l’homme de la situation pour ce travail à une époque où le Sarathi devenait de plus en plus international. Au début des années 90, sortirent des éditions du Sanathana Sarathi en plusieurs langues étrangères, comme le japonais, le népalais, l’espagnol, le grec, etc. Sri C.M. Prakash se rappelle que Sri Narasimhan appelait le magazine un « miracle mensuel «. Il était incroyable qu’avec une infrastructure apparemment inadéquate et un staff limité, les milliers de copies puissent être imprimées et expédiées aux quatre coins de la planète. Il y avait même des abonnés dans des pays comme Curaçao, l’Estonie et les Iles Rodrigues.


Le Sanathana Sarathi trouve ses lecteurs

La manière dont le magazine a parfois trouvé ses abonnés est aussi très étonnante. « Pendant l’été 1994, je fis le voyage jusqu’en Inde, depuis les Etats-Unis », dit le Dr Raghu Nathan, un radiologue. « A cette époque, Swami résidait à Brindavan, Bangalore. J’avais le désir de m’abonner au Sanathana Sarathi, mais je ne savais pas qui contacter pour démarrer l’abonnement. En attendant le darshan de Swami, j’exprimai ce vœu à un pieu senior qui faisait la file juste derrière moi. Et imaginez que cette personne s’avéra être le coordinateur des abonnements étrangers au Sanathana Sarathi ! Il prit sur le champ mon adresse et il termina les formalités requises et dès mon retour en Amérique, le numéro courant du Sanathana Sarathi m’attendait à mon domicile ! C’était peut-être une simple coïncidence, mais pour moi, c’était une incidence Sai ! Comme je vis très loin en Californie, le Sanathana Sarathi est le prasadam mensuel de Prasanthi Nilayam que j’attends avec impatience. »

Vincent Green, un dévot écossais raconte : « J’ai fais un bon rêve avant de recevoir mon premier exemplaire du Sanathana Sarathi. J’ai rêvé que je me trouvais dans une bibliothèque et que Swami me donnait à manger des oranges succulentes – beaucoup d’oranges succulentes ! Je crois à présent que c’était le nectar de sagesse que je devais recevoir que Swami signalait par là. »

Les modes du divin dépassent l’entendement humain. En fait, c’était Lui, à Sa manière insondable, qui écrivait les articles, qui recrutait les abonnés et qui dirigeait tout le show. Et au niveau matériel, Swami a toujours guidé et orienté tous ceux qui s’occupaient du magazine. Quand la nécessité d’un espace plus vaste et d’une nouvelle infrastructure se firent sentir, Swami ordonna que l’imprimerie soit déménagée vers de nouveaux locaux qui se situaient maintenant à l’intérieur de l’enceinte de l’ashram. C’est dans ces locaux spacieux que l’Imprimerie Sri Sathya Sai opère aujourd’hui avec la toute dernière machine offset et une kyrielle de bénévoles pour aider. Et comme l’autre fois, Swami envoya de nouveau deux de Ses étudiants pour apprendre la mécanique et la maintenance de cette nouvelle machine, à Kolhapur dans l’Etat du Maharastra. Après leur retour, après deux semaines de formation, ils devinrent des atouts inestimables pour l’imprimerie et pour l’extension de la Mission Sai. « C’est une grande opportunité et un grand privilège de faire partie de cette sainte entreprise et je serai toujours reconnaissant envers Swami pour le rôle qu’Il m’a donné, quelle que soit sa modestie, pour faire partie de cette glorieuse mission «, dit Saravanan, un des étudiants qui entra à l’imprimerie en 1995.


La saga de Sai et la saga du Sarathi entrelacées

La saga du Sanathana Sarathi n’est pas différente d’un autre mégaprojet de service de Swami : c’est en fait beaucoup de grandeur avec une glorieuse histoire de cinquante ans. C’est celle qui publia des comptes-rendus passionnants, quand Bhagavan annonça la création de l’hôpital super spécialisé de Prasanthi Nilayam, le mégaprojet d’approvisionnement en eau d’Anantapur, la création de la seconde merveille médicale à Bangalore, l’ouverture du Chaitanya Jyothi Museum ou même les récents projets d’approvisionnement en eau de Chennai et des deux districts de la Godavari (est et ouest), en Andhra Pradesh. Et ce sont ces miracles imposants de Swami que le magazine montrait en couverture depuis les cinq dernières années (abandonnant ainsi l’orange de plus d’une décennie), sous la guidance de Swami. Après le décès de Sri V.K. Narasimham, en mai 2000, Swami nomma un nouvel éditeur, Sri G.L. Anand, un éducateur expérimenté qui avait servi au NCERT (National Council of Educational Research and Training) pendant plusieurs décennies et un ardent dévot du Seigneur.

Au fil des ans, les éditeurs ont changé, la composition du contenu a subi de nombreuses modifications, l’esthétique s’est beaucoup améliorée, le nombre des abonnés a augmenté de manière exponentielle, et le magazine touche quasiment tous les point de la planète, mais le Maître et Sa mission pour ce magazine sont restés les mêmes. Comme le Prof. Venkataraman le dit : « Le Sanathana Sarathi est le phare de Sathya, Dharma, Shanti et Prema dans un monde qui est autrement spirituellement plein de ténèbres. »


Le Sarathi exemplifie l’idéal des médias du monde

En cette époque moderne où les médias sont devenus un « jeu d’argent » avec même des groupes de médias réputés qui sont prêts à faire passer comme nouvelles tout ce qui peut vendre, sans se soucier le moins du monde de l’impact sur la société ou les nouvelles générations, et qui sont prêts à transiger et à commercialiser tout et n’importe quoi avec la logique « qu’autrement, c’est intenable », le Sanathana Sarathi se distingue comme un modèle, tout comme les autres projets de service de Swami. C’est la pureté immaculée caractéristique du Sarathi qui l’a rendu cher à des centaines de milliers de dévots et d’aspirants spirituels, partout dans le monde, aujourd’hui.


Toucher des cœurs et transformer des vies

Si Arturo Salazar, du Venezuela, dit : « C’est l’aliment parfait pour mon âme » ou si Ravi Rudra, de Nouvelle-Zélande, assure « En lisant les articles, je sens le Seigneur qui communique directement avec moi pour m’inspirer et me transformer afin que je puisse être comme Lui » et si Perampalam, d’Auckland, témoigne : « J’ai maintenant une plus grande conscience de ma divinité innée, du but de ma vie et de la nécessité d’exprimer ceci dans des actes d’amour, de compassion, de sacrifice, de service désintéressé, de toujours aider et de ne jamais blesser «, c’est parce que le magazine a touché leurs vies comme rien d’autre.

Vraiment, ce que le Sanathana Sarathi a accompli est peut-être incomparable par rapport aux autres mégaprojets de service de Swami, parce que sa mission, son mode opératoire et son impact non mesurable ont été si transformateurs pour l’esprit. Il a opéré dans une dimension tout à fait différente par rapport aux autres projets de grande envergure de Swami en faisant subtilement, lentement, mais sûrement ressortir le meilleur de chaque être humain et en élevant sa conscience jusqu’à un nouveau royaume de paix et de félicité.

Il nous élève de l’état mortel à l’immortalité

Peut-être que la transformation qu’il a inspirée dans l’esprit de ses lecteurs peut s’exprimer au mieux par un poème que Bhagavan a Lui-même écrit pour le 59ème numéro anniversaire du « véhicule divin « de Son message immortel. Méditons ce message éclairant et élevons nos vies :


« Celui-ci est Mien »

Je n’ai besoin d’aucune richesse ; pourquoi le devrais-je ?
Un esprit sans souci me suffit, Ô Père,
Cela vaut des millions pour moi !

Je ne convoiterai pas la fortune ; pourquoi le devrais-je ?
Ton visage éclairé par un sourire me suffit, Ô Père,
Cela vaut des millions pour moi !

Je ne me languirai de rien, pourquoi le devrais-je ?
Un seul regard de Toi me suffit, Ô Père
Cela vaut des millions pour moi !

Je n’aurai pas soif de possessions, pourquoi le devrais-je ?
La joie d’être à Toi me suffit, Ô Père,
Cela vaut des millions pour moi !

J’ai assez avec les choses que j’ai,
Tout ce que Tu m’as donné, maintenant
Pourquoi penser à obtenir plus ?

Je les aurai, quand Tu le désires ;
Ta grâce qui ne diminue jamais
Et qui touche tous ceux que Tu as bénis avec ces mots :
« Celui-ci est Mien »,
Cela me suffit.


Heart2Heart
Février 2007