RÉSURRECTION ET RÉINCARNATION

NAITRE POUR NE PLUS RENAITRE

Père Charles Ogada



Un jour, Jésus emmena ses proches disciples, Pierre, Jacques et Jean sur une montagne élevée. Jésus y révéla à Ses disciples un aperçu de Son effulgence divine. Sous leur regard, Jésus fut transfiguré. Son aspect changea, de sorte que Son visage resplendit de l’éclat d’un million de soleils et Sa tunique devint d’un blanc éblouissant. Soudain, Moïse et Elie apparurent et se mirent à parler avec Jésus. Pierre s’exclama : « Seigneur, c’est merveilleux ! Si tu le veux, je dresserai trois tentes, une pour Toi, une pour Moïse et une pour Elie. «

Cette expérience divine fut trop forte pour Pierre et il voulut qu’elle soit permanente. Mais alors même qu’il prononçait ces paroles, ils furent enveloppés dans un nuage de félicité. Dans cet état supra conscient, ils entendirent le Son Primordial du Silence : « Celui-ci est Mon Fils bien-aimé qui Me satisfait pleinement. Écoutez-Le. » Cette expérience intense asséna aux disciples un choc spirituel. Ils tombèrent face contre terre. Jésus, la Mère toute compatissante, s’approcha d’eux et les « ressuscita ». « Levez-vous », dit-Il, « n’ayez pas peur. » Après les avoir légèrement touché, ils retrouvèrent leur conscience normale et lorsqu’ils regardèrent, ils ne virent que Jésus avec eux. (Matthieu 17.1-9)

Jésus ordonna à Ses disciples de ne parler à personne de leur expérience avant qu’Il ne se soit relevé d’entre les morts. C'est-à-dire, jusqu’à ce qu’Il ait montré au monde qu’Il a le pouvoir de déposer Son corps et de le reprendre. (Jean 10.18)

Cette expérience divine insuffla dans le cœur des disciples la vérité de la divinité de leur Maître. « Oui, Il est le Messie promis, Celui qui doit venir. » Toutefois, un doute subsistait dans leurs esprits. Les prophètes du passé avaient donné des signes clairs qui annonceraient la venue de l’Oint. L’un d’entre eux était que le grand prophète Elie qui vécut 850 ans avant le Christ reviendrait pour préparer la route du Messie. « Voici que je vous enverrai Elie, le Prophète, avant que ne vienne le grand jour du Seigneur. » (Malachie 3.23) Puisque la prophétie n’avait pas été accomplie, les disciples se demandaient pourquoi Jésus prétendait être le Messie promis. Et tandis qu’ils descendaient de la montagne, ils rassemblèrent assez de courage pour Lui demander : « Pourquoi ceux qui enseignent la loi religieuse insistent-ils sur le fait qu’Elie doit revenir avant que le Messie apparaisse ? »

Jésus, le Maître du Temps, leur dit qu’Elie était déjà venu en la personne de Jean le Baptiste mais que les gens ne l’avaient pas reconnu et qu’il était maltraité. (Matthieu 17.12 et 11.14)

Dans le drame de Jean le Baptiste – la réincarnation d’Elie – et de Jésus, la résurrection du Christ, nous voyons le double jeu de la réincarnation et de la résurrection. La résurrection, c’est la réalisation de qui nous sommes. Puisque notre essence, notre vrai Soi, est l’essence même de toutes les choses, créées et non créées, la résurrection, c’est la connaissance et la totalité de toutes les choses. La réincarnation est l’ignorance de qui nous sommes. C’est l’illusion qui identifie l’Esprit illimité et immortel aux limitations du complexe corps-mental.

La résurrection est, par conséquent, l’aboutissement de la réincarnation. Le but même de la naissance, c’est de triompher du cycle des renaissances. Nous naissons pour apprendre comment ne plus renaître. Notre bien-aimé Swami a dit une fois lors d’un discours à Brindavan que le plus grand don que l’on puisse faire à la Mère, c’est de ne plus renaître dans le sein d’une mère.

Dans ce processus d’émancipation, nous faisons face aux complexités du destin et du libre-arbitre, nous affrontons le jeu du karma et de la grâce et les énigmes de la souffrance et de la mort. Comment pouvons-nous vaincre la mort ? Quand Jésus dit : « A moins de mourir, vous ne vivrez pas «, que voulait-Il dire exactement ? Qu’est-ce que la mort ? Qu’est-ce qui doit mourir ? Qu’est-ce qui se réincarne ? Qu’est-ce qui ressuscite ? Qu’est-ce qui est non né et qui ne meurt pas ?

Tout au long de l’Histoire, l’humanité a bataillé avec ces questions, d’âge en âge. On peut lutter avec ces questions tant que l’on veut, la solution finale n’apparaîtra que le jour de la résurrection, le matin de ce jour de soleil (sun-day) où le soleil étincelant de l’Atma se lèvera dans nos cœurs. Alors, tous les doutes disparaîtront, comme le brouillard se dissipe avec l’apparition du soleil matinal. Car rien n’est caché qui ne sera révélé. (Luc 12.2) Cet exposé n’est pas destiné à fournir l’esquisse d’une réponse aux questions qui précèdent, mais à vous inciter à plonger dans la profondeur de votre être où il n’y a pas de secrets.


L’histoire de Jean le Baptiste qui fut Elie

La conception et la naissance de Jean le Baptiste furent un miracle divin. Tout commença avec un prêtre juif, Zacharie, qui vécut quand Hérode était roi de Judée (-37 ? -4). Zacharie appartenait à l’ordre sacerdotal d’Abia. Sa femme, Elisabeth, provenait de la lignée d’Aaron. Tous deux étaient droits devant le Seigneur. Ils observaient les commandements et les instructions du Seigneur de façon irréprochable, mais ils n’avaient pas d’enfant, parce qu’Elisabeth était stérile et tous les deux étaient déjà d’un âge bien avancé.

Un jour que Zacharie était occupé dans ses fonctions sacerdotales au temple, il eut une expérience inhabituelle. Un ange du Seigneur lui apparut avec ce message : « Ta femme Elisabeth portera un fils et tu devras l’appeler Jean. Il sera une joie et un ravissement pour toi et beaucoup se réjouiront de sa naissance, car il sera grand devant le Seigneur. »

Il ne boira jamais de vin ni d’autre boisson fermentée et il sera rempli de l’Esprit Saint dès sa naissance. Il reconduira beaucoup d’Israéliens au Seigneur, leur Dieu. Et il marchera devant le Seigneur avec l’esprit et la puissance d’Elie pour tourner les cœurs des pères vers leurs enfants et les désobéissants vers la sagesse des justes – afin de préparer un peuple qui soit prêt à recevoir le Seigneur. (Luc 1.5-13)

Zacharie mit en doute le message de l’ange Gabriel, parce qu’il ne pouvait pas comprendre comment sa femme qui avait dépassé l’âge d’une grossesse pourrait donner naissance à un fils. A cause de son incrédulité, Zacharie fut rendu muet par l’ange et il ne put reparler qu’après la naissance de Jean. C’est le huitième, jour lors de la cérémonie de l’attribution du nom que Zacharie put de nouveau parler, pour la plus grande joie de tous et révéler le nom que l’ange avait donné à l’enfant : « Il s’appellera Jean. « On nous dit que l’enfant Jean grandit dans l’Esprit et dans la Puissance de Dieu et qu’il vécut seul une vie très austère et simple dans le désert. Jésus dit que Jean ne mangeait ni ne buvait rien. (Matthieu 11.18)


Jésus, dans le sein de Marie visite Jean, dans le sein d’Elisabeth

Six mois après le début de la grossesse d’Elisabeth, l’ange Gabriel fut de nouveau envoyé par Dieu chez une vierge nommée Marie pour lui annoncer la bonne nouvelle qu’elle serait la mère choisie de Dieu – elle porterait l’Enfant Divin, Jésus. Après ce message, l’ange dit à Marie que sa parente (cousine ou tante) Elisabeth, que l’on disait stérile, allait avoir un enfant à son âge respectable et qu’elle en était maintenant à son sixième mois.

Car rien n’est impossible à Dieu ! Marie, qui était alors enceinte de l’Enfant Divin Jésus, se hâta vers le pays vallonné de Judée pour rendre visite à Elisabeth. Quand Marie salua Elisabeth, on nous dit que l’enfant en son sein tressaillit de joie ! Déjà comme fœtus dans le L’ange du Seigneur transmet sein de sa mère, Jean reconnut la présence de Jésus dans la bonne nouvelle à Marie le sein de Marie. Marie séjourna trois mois auprès d’Elisabeth. En d’autres termes, Marie doit être restée afin d’aider Elisabeth jusqu’à la naissance de Jean. (Luc 1.56)


Jean fut celui qui annonça la divinité de Jésus

Avant que Jésus ne commence Son ministère public en Israël vers l’âge de 29 ans, les gens se rassemblaient autour de Jean dans le désert où il prêchait et où il baptisait dans le Jourdain. Les gens étaient curieux de connaître l’identité de Jean. Ils se demandaient dans leur cœur si Jean pouvait bien être le Christ, le Messie promis. Jean le nia catégoriquement. « Je ne suis pas le Messie «, dit-il.

« Je vous baptise avec de l’eau, mais il y a quelqu’un parmi vous qui est plus puissant que moi, quelqu’un dont je ne suis pas digne de porter les sandales. Il vous baptisera avec l’Esprit Saint et le feu. » Ils demandèrent ensuite à Jean s’il était Elie ou l’un des prophètes. « Non », dit Jean. (Jean 1.21) Il est intéressant de remarquer ici que Jean ne savait pas qu’il était Elie. Mais Jésus qui était uni au principe du temps savait qui il était. La condition de Jean était l’expérience ordinaire de la majorité qui n’a pas atteint l’état supraconscient de l’Etre où l’on peut voir toutes choses – passées, présentes et futures.

Lorsque finalement, Jésus apparut sur la scène, ce fut Jean le Baptiste qui annonça Son identité au monde. « Regardez ! Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ! Il est celui dont je parlais, lorsque j’ai dit : « Bientôt viendra un homme qui est beaucoup plus grand que moi. » Dorénavant, Il doit croître et moi je dois décroître. « (Jean 1.29 et suivants)


Jésus fut baptisé par Jean

Jésus alla près de Jean se faire baptiser. Le baptême est un rituel religieux juif/chrétien qui symbolise la nouvelle naissance dans l’Esprit. C’est un signe extérieur qui initie l’aspirant spirituel sur le sentier intérieur qui conduit à la résurrection de l’Esprit éternel et immortel. Jésus a dit une fois : « La vérité, c’est que nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu, s’il ne naît d’eau et d’Esprit. La chair engendre la chair, mais l’Esprit engendre l’Esprit. « (Jean 3.5)

L’eau que l’on utilise dans le rituel du baptême représente le processus de purification qui mène à la purification interne du cœur. Bénis sont les cœurs purs, car ils verront Dieu. Jean baptisait avec de l’eau. Mais Jésus baptisait avec le feu et avec l’Esprit Saint. L’eau ne peut purifier que l’extérieur. C’est pourquoi le baptême de Jean est considéré comme incomplet. Mais les agents spirituels du feu et de l’Esprit Saint qui représentent le baptême du Christ purifient l’intérieur et l’extérieur et unissent l’intérieur et l’extérieur. C’est l’initiation à l’état le plus élevé.

Jean fut surpris que Jésus vienne le trouver pour se faire baptiser. Il savait que Jésus était pur à l’intérieur et à l’extérieur. Il protesta en disant : « Je suis celui qui a besoin d’être baptisé par Toi, et Toi tu viens à moi ? » Jésus dit : « Qu’il en soit ainsi maintenant ; il est approprié pour nous d’agir ainsi pour accomplir tout ce qui est juste. »

Alors, Jean consentit. De cette façon, nous pouvons dire que Jean le Baptiste fut le gourou de Jésus qui l’initia sur le sentier de l’Esprit, comme le Seigneur Rama fut initié par le sage Vashishta et le Seigneur Krishna par le sage Sandeepani. Ils prirent un gourou, non pas parce qu’ils en avaient besoin, mais parce qu’ils voulaient enseigner à l’humanité la nécessité de l’initiation spirituelle sur le sentier de la libération.

Après son baptême, alors que Jésus sortait de l’eau, les Cieux s’ouvrirent et Jean vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et se poser sur Lui. Et une voix dit du Ciel : « Celui-ci est Mon Fils bien-aimé qui Me donne entière satisfaction. » (Matthieu 3.17)


Jean emprisonné par Hérode

Hérode Antipas (né en -20) régnait sur la Galilée et sur la Pérée où Jésus et Jean le Baptiste concentraient leur ministère. Le roi Hérode avait violé la loi juive de l’Ancien Testament qui interdisait le mariage d’un homme avec la femme de son frère. (Lévitique 18.16) Hérode avait mis le grappin sur Hérodiade, la femme de son frère Philippe, alors que son frère était toujours en vie.

Jean dénonça ouvertement ce mariage en disant à Hérode : « Il n’est pas légitime pour toi de posséder la femme de ton frère «, en conséquence de quoi, Hérodiade nourrit de la rancune à l’égard de Jean et voulut le tuer par tous les moyens. Hérode redoutait Jean, parce que tout le peuple croyait que Jean était un prophète. En guise de compromis avec sa femme, il fit mettre Jean en prison en 30 ou 31.


Jean doute de la divinité de Jésus

En prison, naturellement, Jean pria Jésus de le libérer des chaînes de ceux qui voulaient le tuer. Jean savait très bien que Jésus avait le pouvoir de le libérer. Jésus était totalement muet concernant la situation délicate de Jean. Seul celui qui s’est déjà retrouvé derrière les barreaux comprendra l’angoisse de Jean le Baptiste dont la vie était suspendue à un fil. Qu’est-ce que Jean ne fit pas pour Jésus ? Il Lui fut loyal depuis le sein de sa mère. Jésus dit que Jean était l’aboutissement de tous les prophètes mis ensemble. Jean avait sacrifié chaque goutte de son sang et chaque goutte de sa sueur pour la mission de Jésus.

Pour Jésus, Jean passa l’entièreté de sa vie dans l’austérité et les dangers du désert, sans manger ni boire. La raison même de sa naissance fut de préparer le peuple à la venue du Messie. Cette mission, il l’exécuta de toute son âme, de tout son coeur et de toute sa force. Sur le plan physique, Jean était le parent de Jésus. Quelles autres conditions un dévot devrait-il remplir pour attirer la compassion du Seigneur ?

La grande question est « Pourquoi Jésus n’a-t-il rien fait pour aider Jean ? « Parfois, les dévots font appel au Seigneur dans l’angoisse de leurs souffrances, mais tout ce qu’ils expérimentent, c’est un impénétrable silence. Celui qui a créé les oreilles ne peut-Il entendre ? Celui dont l’essence est pur amour peut-Il être indifférent à l’angoisse de la souffrance ?

Cette situation souleva bon nombre de doutes dans l’esprit de Jean. Il était déjà au courant des œuvres puissantes que Jésus accomplissait, aussi renvoya-t-il ses disciples qui venaient lui rendre visite en prison chez Jésus pour Lui demander : « Es-tu réellement le Messie que nous attendons ou bien devons-nous chercher quelqu’un d’autre ? « Jésus leur dit : « Retournez chez Jean et parlez-lui de ce que vous avez entendu et de ce que vous avez vu – les aveugles voient, les estropiés marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts sont ressuscités et la Bonne Nouvelle est prêchée aux pauvres. » Et dites-lui : « Béni celui qui ne perd pas la foi dans le Fils de l’homme. » (Matthieu 11.6) Le test de la foi véritable est cette dévotion inconditionnelle et inébranlable envers le Seigneur au sein des contradictions de la raison. Il n’est pas possible de plaire à Dieu sans la foi. (Hébreux 11.6)


La décapitation de Jean le Baptiste

La haine qu’éprouvait Hérodiade pour Jean le Baptiste était inextinguible. Elle ne pouvait se contenter de son emprisonnement. Finalement, le moment opportun arriva. Le jour de son anniversaire, Hérode donna un banquet pour ses hauts fonctionnaires, les chefs de son armée et les hommes en vue de Galilée. Hérodiade avait manigancé de faire danser sa fille, Salomé, devant Hérode et ses invités. La danse de Salomé plut à Hérode et à ses convives et dans un élan de passion, Hérode lui promit sous serment qu’il lui accorderait tout ce qu’elle demanderait, et ce y compris jusqu’à la moitié de son royaume. La petite fille retourna près de sa mère et dit : « Que vais-je demander ? » « La tête de Jean le Baptiste », répondit-elle.

Immédiatement, la fillette retourna auprès du roi avec cette requête : « Je veux que vous me remettiez tout de suite la tête de Jean le Baptiste sur un plateau ». Hérode regretta bien vite sa promesse irréfléchie, mais à cause de son serment et parce qu’il ne voulait pas faire marche arrière devant ses invités, il donna les ordres nécessaires. C’est ainsi que Jean fut décapité en prison et que sa tête fut apportée sur un plateau et remise à la fillette qui l’apporta à sa mère. Les disciples de Jean vinrent chercher la dépouille et l’ensevelirent. Puis, ils racontèrent à Jésus ce qui s’était passé.

Ainsi se termine l’histoire de Jean le Baptiste, pour autant que l’esprit humain peut le percevoir. C’est une histoire très triste du point de vue humain limité qui ne voit qu’une partie du tableau. L’histoire de Jean le Baptiste, telle qu’elle est là, laisse beaucoup de questions sans réponses. Elle suscite pas mal de contradictions au sujet de Dieu tel qu’on nous apprend à Le voir ? tout amour, omniscient, tout-puissant, parfaitement juste et omniprésent. Elle provoque un sentiment d’angoisse existentielle, de dégoût et de vengeance envers la vie et envers l’Etre. Pourquoi Jésus nous dit-Il : « Aimez vos ennemis « ? Cet amour peut-il vraiment être authentique, si nous nous trouvons dans la situation de Jean le Baptiste ? Pourquoi Jésus nous dit-Il : « Ne jugez pas. » ? Dans la situation de Jean le Baptiste, comment ne pas émettre de jugement à l’encontre de Hérode et de Hérodiade ?

Jusque-là, nous avons considéré l’histoire du point de vue de Jean le Baptiste qui est aussi notre propre point de vue, le point de vue humain. Le mental humain ne peut voir que des fractions, parce que sa nature même est le morcellement. L’Esprit voit toutes choses, parce que Son essence est la totalité. Considérons maintenant l’histoire, non pas à partir du point de vue humain fragmenté, mais à partir du point de vue divin, holistique où tous les points, passé, présent et à venir convergent.


Pourquoi Dieu est-Il silencieux ?

La vie présente est un petit intervalle dans la totalité vaste et infinie de la vie.

Bien que Jean le Baptiste fût totalement ignorant de son passé, Jésus le connaissait déjà avant sa naissance. Le Seigneur dit au Prophète juif, Jérémie : « Avant de te façonner dans le sein de ta mère, Je te connaissais. Avant ta naissance, Je t’ai distingué et désigné comme Mon porte-parole dans le monde. » (Jérémie 1.5) Le Seigneur Krishna dit à Arjuna dans la Bhagavad Gita : « Toi et moi, nous sommes passés par de nombreuses naissances. Je connais chacune d’entre elles, mais toi, tu les ignores. »

Comment se fait-il que Jésus et Krishna connaissaient et pouvaient voir des naissances antérieures, alors que nous ne pouvons même pas nous souvenir exactement des détails de ce qui s’est passé dans nos vies il y a dix ans, voire la veille ? Si tel est le cas concernant les événements d’une seule journée, alors que dire d’événements de vies antérieures ?

Nous nous trouvons dans cette situation, parce que nous oeuvrons à partir d’un niveau de conscience qui a une capacité de mémoire très faible. C’est la conscience de l’état de veille, communément décrite comme état conscient. Chacun possède trois autres niveaux de conscience qui demeurent inexploités par la plupart des gens. Ces trois états sont l’état subconscient, l’état inconscient et l’état supraconscient (Turiya).

Notre bien-aimé Swami nous a fourni de nombreuses explications simples concernant ces niveaux de conscience dans Ses discours divins. Le premier niveau de conscience, décrit comme l’état conscient, se rapporte à l’état de veille. Dans cet état, nous voyons le soleil qui éclaire divers objets et la lune qui joue un rôle similaire pendant la nuit. Nous en concluons que le soleil et la lune sont responsables des choses que nous voyons au cours d’une journée. Mais quand nous rêvons, nous voyons également beaucoup de choses. Cependant, le soleil et la lune de l’état de veille ne sont pas là pendant l’état de rêve, de même que tout autre type de lumière. Et néanmoins, dans l’état de rêve, nous pouvons voir tout un monde, à savoir le monde de rêve. Qu’est-ce qui illumine ce monde ? Cet état de rêve a été décrit comme état subconscient. Dans le subconscient sont emmagasinées toutes les informations concernant nos vies antérieures dans leurs moindres détails.

Dans l’état de sommeil profond sans rêve, c’est l’obscurité absolue. Il n’y a ni connaissance ni sagesse dans cet état. Mais si nous investiguons plus loin, nous serons amenés à la question : comment savons-nous qu’il en est ainsi ? Quelle est la lumière de la conscience qui nous permet de voir et de connaître cette obscurité ? On appelle l’état de sommeil profond « état inconscient «. L’état inconscient se situe au-delà du mental. C’est la tranquillité paisible de la félicité associée au corps causal qui voile le Soi Suprême. C’est la totale absorption dans la pure béatitude sans objet. Dans le sommeil sans rêve, nous pouvons contacter ce niveau de conscience qui donne un repos et une fraîcheur parfaits au complexe corps-mental. Quand nous sortons de l’état de sommeil profond, nous nous sentons tout à fait rafraîchis et pleins d’énergie. Devenir conscient de l’état inconscient (la conscience de l’inconscience), c’est parvenir à cette tranquillité paisible du silence, au-delà de la multiplicité du son.

Il y a un quatrième état qui transcende tous ces autres états. On peut le décrire comme état supraconscient ou Turiya. Dans cet état de conscience, vous pouvez tout voir partout et jouir de la félicité suprême. Ceux qui ont réalisé cet état de conscience sont les maîtres du temps et de l’espace. Ils sont partout, ils savent tout et ils peuvent tout faire.

Ces quatre états de conscience sont en chacun, tout comme le beurre est dans chaque goutte de lait. Le fait que l’on n’ait pas baratté le beurre du lait ne signifie pas qu’il ne s’y trouve pas. De la même manière, le fait que l’on ne puisse pas voir ses vies antérieures ne signifie pas que l’on apparaisse pour la première fois dans cet univers terrestre.

Si nous ne percevons qu’une seule vie sur des millions, comment pouvons-nous avoir un jugement correct ? C’est la limite qu’impose le mental. Seuls ceux qui se sont unis au Principe divin peuvent avoir un jugement correct. Puisque Jésus a dit que Jean le Baptiste était Elie dans sa vie antérieure (850 ans plus tôt), creusons maintenant les sables de l’Histoire pour y trouver les fossiles cachés qui révéleront les mystères du silence de Dieu et qui expliqueront certains mystères de la réincarnation.


L’histoire inénarrable d’Elie

Elie vécut et prophétisa vers -850, durant le règne du roi Akhab. Il fut l’un des plus grands prophètes d’Israël. Beaucoup de grands signes miraculeux et de miracles lui furent attribués, dont ressusciter les morts. A la fin de sa vie, le corps d’Elie ne passa pas par le processus naturel de la mort et de la décomposition. A la place, son corps se dématérialisa en énergie pure, la Bible fait référence à un chariot de feu. (2 Rois 2.11) Telle fut la grandeur du Prophète Elie, le Tishbite.

Une des plus grandes confrontations à laquelle Elie dut faire face durant son ministère de prophète fut la bataille pour la liberté religieuse d’Israël. Israël, en tant que nation, vénérait Yahvé, le Dieu de ses ancêtres. Ils convinrent d’un accord (une alliance) en tant que peuple avec Yahvé qui les délivra de l’esclavage en Egypte. D’une part, Yahvé devait être le Dieu personnel (le Gourou) du peuple d’Israël et de l’autre, Israël devait obéir aux lois de Yahvé qui incluent les dix commandements ainsi qu’une liste plus longue de règles qui furent consignées dans le « Code de l’Alliance «. (Exode 21.1-23)

Le roi Akhab s’en alla marier une étrangère, Jézabel, la fille d’Ethbaal, roi de Sidon. Quand Jézabel partit pour Israël, elle y introduisit le Baal, le dieu de son peuple, qu’elle vénérait. Du temps s’écoula et elle obligea son époux à faire du Baal la religion d’Etat. Très rapidement, presque tout Israël vénéra le Baal et ceci violait l’Alliance qu’Israël avait conclue avec Yahvé.

Bien que Dieu soit Un et qu’Il peut être approché sous des formes différentes, Dieu veut que nous nous en tenions à une seule forme et à un seul nom. Sans concentration de l’esprit et cette foi inébranlable dans le gourou choisi, il est impossible de contrôler la nature capricieuse et fluctuante de l’esprit. Pour atteindre ce niveau de conscience où nous sommes un avec Dieu, nous devons nous en tenir au gourou choisi.

Il y a une véritable idolâtrie dans la nature volage de l’esprit qui papillonne d’un gourou à l’autre à la moindre insatisfaction concernant les attentes investies dans le gourou. De nos jours, les dévots critiquent leur gourou et papillonnent d’un gourou à l’autre. Ce n’est pas la faute du gourou. C’est la faute du mental de l’homme. Les vrais Maître ne cèderont jamais devant les vicissitudes de l’esprit du dévot. Les vrais Maîtres sont un. Suivez un seul Maître.

Leur tâche consiste aussi en une seule tâche, à savoir, détruire les attentes des disciples. Les dévots accourent auprès d’un gourou avec une montagne de désirs. Mais l’unique désir du gourou est de rendre le disciple sans désir. Si le dévot ne peut pas s’abandonner à cette action du gourou, comment le but de la vie peut-il bien être atteint ? Il en résulte une succession de gourous et très rapidement, le dévot commencera à se vanter du nombre de gourous qu’il aura rencontrés !

Il est vrai que des trésors sont cachés dans le sein de la Terre Mère. Mais si vous ne creusez pas en un seul endroit, comment espérez-vous atteindre la profondeur où se trouve le trésor ? La concentration du cœur, de l’esprit et de la force est le plus grand commandement imposé au peuple d’Israël pour atteindre la Terre Promise de la paix, de la félicité et de la béatitude suprêmes. « Ecoute, Ô Israël, Yahvé est un. Et tu aimeras le Seigneur ton Dieu (Yahvé Adonaï) de tout ton esprit, de tout ton cœur et de toute ta force. « (Deutéronome 6.4)

La mission d’Elie consistait en ceci : rendre le cœur et l’esprit de peuple d’Israël à son Gourou, Yahvé et suivre Ses enseignements. Ce fut une bataille à laquelle il se livra avec un zèle religieux.


La grande confrontation du Mont Carmel

Le culte religieux du Baal était florissant en Israël, parce qu’il jouissait du soutien de l’Etat. Les prophètes du Baal augmentèrent en nombre jusqu’à ce qu’il y en ait 450. Elie était le seul Prophète de Yahvé qui restait. Finalement, Elie put convaincre le roi d’organiser une rencontre religieuse entre les prophètes du Baal et lui-même qui se déroulerait sur le Mont Carmel.

Le roi Akhab réunit tout le peuple et les prophètes du Baal sur cette montagne. Elie fixa les termes de l’arrangement. Il leur dit : « Vous invoquerez le nom de votre dieu et j’invoquerai le nom de Yahvé et Celui qui répondra par le feu, qu’Il soit le Dieu du peuple d’Israël. Et tout le peuple répondit que c’était bien parlé. » (1Rois 18.24)

Les prophètes du Baal préparèrent leur sacrifice. Puis ils se mirent à prier et à invoquer le Baal afin qu’il vienne consumer l’offrande avec le feu du ciel. Ils prièrent depuis le matin jusqu’à midi en dansant autour de l’autel qu’ils avaient fait jusqu’à ce qu’ils soient épuisés. Alors, Elie se moqua d’eux en disant : « Criez plus fort ! Peut-être qu’il médite ou qu’il se soulage. Ou peut-être est-il parti en voyage ou qu’il dort et qu’il a besoin d’être réveillé ! »

Alors, ils crièrent plus fort et suivant leurs coutumes, ils se tailladèrent avec des couteaux et des épées pour apaiser Baal et pour qu’il réponde à leurs prières. Ils délirèrent tout l’après-midi jusqu’au soir, mais il n’y eut ni réponse, ni voix ni réaction.

Ensuite, ce fut le tour d’Elie. Elie érigea son autel suivant la tradition de la religion juive. Il disposa son offrande sur l’autel qu’il avait fabriqué et demanda au peuple de creuser un fossé autour de l’autel. Puis, Elie ordonna au peuple de verser des litres d’eau sur l’offrande jusqu’à ce que l’eau dégouline et déborde du fossé.

Puis, le Prophète Elie s’approcha de l’autel et pria : « Ô Adonaï, Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, prouve aujourd’hui que Tu es le Dieu d’Israël et que je suis Ton serviteur. Prouve que j’ai fait tout ceci par Ton ordre. » Immédiatement, le feu du Seigneur jaillit du ciel et consuma l’offrande, le bois, les pierres et la poussière et lécha toute l’eau du fossé ! Quand le peuple vit cela, il tomba face contre terre et s’écria : « Yahvé est Dieu ! Yahvé est Dieu ! » (1Rois 18.38)


Elie décapite les 450 prophètes du Baal

Après cela, Elie ordonna au peuple : « Saisissez tous les prophètes du Baal ! Ne laissez pas un seul d’entre eux s’échapper ! » Le peuple les captura tous et Elie les conduisit dans le ravin du Qishôn où il les fit périr. (1Rois 18.40) Cet acte fut une violation de l’accord dont Elie avait convenu avec le peuple et les prophètes du Baal. Ce n’était pas non plus la volonté de Yahvé. Elie succomba à la tentation du fanatisme religieux.

Quand Pierre, un des disciples les plus proches de Jésus, dégaina son épée pour combattre les soldats romains venus arrêter Jésus dans le Jardin de Gethsémani, Jésus lui dit : « Pierre, range ton épée, car tous ceux qui tirent l’épée périront par l’épée. » (Matthieu 26.52) C’est l’immuable loi du karma. Nous récoltons ce que nous semons. (Galates 6.7) Il y a certaines graines qui demandent du temps avant que l’on puisse en récolter les fruits.

Ce n’est pas au moment où vous semez des graines de maïs que vous faites la récolte. Certaines graines donnent une récolte annuelle. D’autres graines donnent deux récoltes par an, mais pour d’autres, il leur faut plus de temps pour donner du fruit. Il est sot de penser que nos pensées, nos paroles et nos actes ne portent pas à conséquence, parce qu’on n’expérimente pas leur effets immédiatement ou dans la vie actuelle. Les effets de certains actes peuvent nécessiter plusieurs vies avant de se manifester. Ce fut le cas pour Elie qui renaîtra sous la forme de Jean le Baptiste, comme nous le verrons.


Le parcours de l’âme d’Elie, d’une vie à l’autre

Lorsque la reine Jézabel apprit ce que le Prophète Elie avait fait subir à ses prophètes, elle fit le vœu de mettre un terme à la vie d’Elie. Jézabel envoya un messager à Elie pour lui dire : « Que les dieux me fassent ceci et plus encore si demain à la même heure, je n’ai pas fait de ta vie ce que tu as fait de la leur ! « (1Rois 19.2) Jézabel avait ce désir enraciné dans son esprit. Elle poursuivit Elie pour lui ôter la vie. Elie s’enfuit pour sauver sa peau.

Mais son désir ne fut pas exaucé dans cette vie. Notre bien-aimé Swami nous a dit qu’il y a trois raisons pour qu’un homme renaisse : la première est le péché, la deuxième est un désir ou une expérience non réalisée et la troisième est le manque de sagesse ou l’ignorance. Ce peut être aussi une combinaison des trois. Le résidu de vies entières de désirs, d’activités et d’expériences, rejetés dans l’oubli (c’est-à-dire dans l’esprit subconscient) par des événements subséquents exerce un impact sur le caractère et sur la personnalité. Nos façons d’agir, nos habitudes, nos talents, nos relations et nos dispositions remontent à des naissances antérieures. La haine qu’éprouvait Hérodiade pour Jean le Baptiste provenait de son désir de tuer Elie dans sa vie antérieure, où elle avait été Jézabel.

Elie pria Dieu, alors qu’il fuyait Jézabel. Il marcha pendant 40 jours et 40 nuits jusqu’au Mont Sinaï, la montagne de Dieu et là, il eut une expérience de la présence de Dieu. Il ne devait pas mourir des mains de la reine Jézabel au cours de cette vie-là.

Toutefois, les conséquences de nos actions sont inévitables. Elles peuvent être reportées, mais l’âme doit passer par leur creuset purifiant pour apprendre les leçons de l’évolution. Dans des situations extrêmes, Dieu descend sous forme humaine pour annuler l’effet des péchés en les prenant sur Lui-même.

Ce qui ne se produit que lorsqu’un dévot s’abandonne totalement ou lorsque notre Mère la Terre gémit sous le fardeau du péché collectif de l’homme. Le Prophète Isaïe écrivit ceci à propos de Jésus : « Il fut blessé à cause de nos péchés, broyé à cause de nos iniquités, par Ses blessures, nous sommes guéris « (Isaïe, chapitre 53, Isaïe qui vécut vers -700). Il y a tellement d’exemples où notre bien-aimé Swami a pris sur Lui les souffrances de Ses dévots.

Aujourd’hui aussi, alors que notre Mère la Terre est au bord de la destruction totale à cause du fardeau de l’Age Noir (le Kali Yuga), l’Avatar Sai a promis qu’aucune destruction majeure n’aurait lieu. Aujourd’hui, nous sentons la joie de notre Mère la Terre, puisque l’Avatar Sai l’arpente, pieds nus. Chaque jour, nous voyons notre Mère Sai prendre sur Elle les énergies négatives de notre conscience collective.

Certains faibles d’esprit disent : « Pourquoi Swami ne peut-Il pas se guérir ? Il en guérit d’autres, mais Il ne peut pas se guérir Lui-même ! » Ce sont les mêmes qui dirent à Jésus : ‘’Descends de la croix. Tu prétends être Dieu, mais tu es incapable de descendre de la croix.’’ (Matthieu 27.40-41)

Mais réfléchissez ! L’Avatar sait que l’une des raisons principales de Son incarnation est de guérir les blessures dues à nos péchés en les prenant sur Lui. Qu’il est sot de notre part de mettre l’Avatar au défi de se guérir Lui-même ! S’Il se guérit, alors nous sommes morts.

Ramana Maharshi, le sage d’Arunachala, se mourait du cancer. Une de ses dévotes le supplia, en larmes : « Oh Ramana, je ne puis supporter la souffrance qui est la vôtre. S’il vous plaît, donnez-la moi. Permettez-moi de la supporter dans mon propre corps. » Le bon Ramana la regarda avec une infinie tendresse et lui dit : « Mais qui me l’a donnée en premier ? « Oui ! L’Avatar est notre reflet ! Ses souffrances sont nos souffrances. Tout ce qu’Il fait ou tout ce qu’Il subit, c’est pour le bien de l’homme. La grâce de Dieu neutralise les effets de notre Karma.

Le jeu du Karma : ce qui tourne retourne !

Jésus, le Maître du Temps, nous a dit que Jean le Baptiste était Elie. La parole du Maître est la pure vérité. Il n’est pas nécessaire d’investiguer davantage à ce sujet. Cependant, il est possible d’inférer que nous voyons le même environnement du temps d’Elie qui se perpétue dans tout le drame de Jean le Baptiste. Le roi Akhab est réapparu sous la forme du roi Hérode et la reine Jézabel sous celle de la reine Hérodiade. Dans le passé, Akhab alla à l’encontre de la loi des Israélites en mariant une étrangère, Jézabel, qui causa beaucoup de troubles en Israël en lui imposant une religion étrangère. A l’époque de Jésus, Hérode, l’ancien roi Akhab, alla également à l’encontre de la loi en épousant la femme de son frère Philippe.

Avant, donc, Elie avait condamné fielleusement l’action de Jézabel, ce qui finalement conduisit à la grande confrontation du Mont Carmel. Plus tard, Jean le Baptiste dénonça avec véhémence le mariage d’Hérode et d’Hérodiade, parce qu’il était illégitime aux yeux de Dieu. Auparavant, Jézabel avait nourri la profonde vengeance de supprimer la vie d’Elie, parce qu’il avait tué ses prophètes. Hérodiade trouva le moment opportun de réaliser ce rêve qu’elle avait nourri, il y a 850 ans.

Pourquoi Dieu resta-t-Il silencieux ? Parce que sans résoudre notre Karma, nous ne pouvons pas être libre. Car chacun doit rendre compte de chaque parole proférée. (Matthieu 12.36) Dieu demeure le Témoin silencieux de ce drame. Jésus savait que s’Il libérait Jean le Baptiste à l’aide de Ses pouvoirs divins, Il ne contribuerait pas du tout à l’émancipation spirituelle de Jean le Baptiste. Jésus savait aussi très bien que s’Il avait libéré Jean, cela n’aurait été qu’une liberté terrestre provisoire et que Jean devrait revenir pour effacer les conséquences de ses actes. Et cette opportunité divine ne se représenterait peut-être pas avant 850 nouvelles années !

A présent, nous comprenons pourquoi Jésus nous a dit d’aimer nos ennemis ! A présent, nous entrapercevons pourquoi Jésus nous a dit de ne jamais porter de jugement. Comment puis-je aimer mon « ennemi », si je ne sais pas que mon « ennemi » est mon meilleur ami, parce qu’il m’aide à éponger mes dettes ? Sans cet « ennemi «, je ne peux pas être libre ! Ou, comment puis-je juger quelqu’un d’autre, si je sais qu’en jugeant quelqu’un d’autre, je me condamne moi-même ? Tout ce qui m’arrive, je l’ai moi-même attiré et ce que j’attire œuvre pour l’émancipation du Soi de l’enchevêtrement du non Soi. Tout ce qui arrive au Soi est un don du Soi au Soi pour le plus grand bien du Soi qui est la libération du Soi.

Maintenant, il devient compréhensible pourquoi Jésus, le Maître omniscient, a dit : « Si quelqu’un te frappe sur une joue, tends-lui l’autre et si quelqu’un te demande ta tunique, donne-lui également ton manteau. » (Luc 6.29) Si nous réagissons aux actions, nous répétons la chaîne d’action, puisque l’action et la réaction sont égales et opposées. Si je vous frappe et si vous me frappez à votre tour et si je réagis et si vous vous vengez et si je vous blesse et si vous m’amochez, jamais nous n’échapperons à la roue des renaissances. La douleur de la mort et de la naissance ne peut cesser que par la non réaction. Nous devons agir, mais nous ne devons jamais réagir.

Agis simplement !
Sans compulsion et sans répulsion.
Agis simplement !

Cela s’appelle action dans l’inaction,
Sans regard sur le résultat
Et sans aucun sentiment de je et de mien.
Agis simplement !

…Pour la joie de l’action !


L’homme est né dans le Karma, l’homme meurt dans le Karma et l’homme se fraie un chemin vers Dieu à travers le Karma.

Qu’est-ce qui est né ? Le corps.
Qu’est-ce qui meurt ? Le corps.
Qu’est-ce qui renaît ? Le mental.
Qu’est-ce qui doit mourir pour mettre un terme aux renaissances ? Le mental.
Qu’est-ce qui n’est jamais né et qui ne mourra jamais ? L’Atma.


Quand Jésus a dit : « A moins qu’une personne ne meure, elle ne vivra pas ! «, Il ne faisait pas allusion à la mort physique du corps, mais à la dissolution du mental dans la Sur-Âme. La mort physique implique la désintégration des cinq éléments qui composent le corps physique. Quand le mental s’unit au corps subtil, nous disons que la personne a perdu conscience. Elle n’entend pas. Si vous l’appelez, elle ne répond pas. L’éther (le son), le premier élément, s’est fondu dans l’éther.

Ensuite, la personne cesse de respirer. C’est le moment où les médecins la déclarent morte. Mais ceci n’est pas le moment de sa mort. C’est seulement le moment où le deuxième élément, l’air, qui est relié au sens du toucher, s’est fondu dans le souffle universel. Après cela, le troisième élément, le feu, se désintègre. Le corps devient froid à partir des pieds.

Le feu qui est relié au sens de la vision est retourné au Feu. Après cela, le quatrième élément, l’eau, qui est relié au sens du goût, commence à suinter de chaque pore et de chaque cavité. C’est pourquoi les médecins placent le corps dans une chambre froide. Et enfin, la terre, qui est reliée au sens de l’odorat, retourne à la terre, la poussière à la poussière. Le corps est enterré ou brûlé.

Quand le corps physique, qui est constitué des cinq éléments, qui sont reliés aux cinq sens, aux cinq organes des sens et aux cinq organes d’action, se désintègre, la force vitale se retire dans le corps subtil, composé du mental. En réalité, le processus est inversé.

Quand la force vitale s’est retirée dans le corps subtil, le mental, le corps physique se désintègre. Le mental ne meurt pas avec la mort du corps. Parce que le mental est la banque qui renferme nos souvenirs, nos expériences, nos habitudes, nos désirs, nos attentes, etc., et ces informations ne s’effacent pas lors de la mort du corps physique.

Elles subsistent dans la puce de l’esprit subconscient et se transmettent de naissance en naissance. Ceux qui sont capables de puiser dans les racines de l’esprit subconscient connaissent la vérité à propos de leurs vies antérieures. Quand le mental, inférieur et supérieur, est libéré de cette pile d’informations, il n’y a plus de naissances et il n’y a plus de morts. C’est pourquoi les mystiques chrétiens ont parlé de cette voie de la transcendance mentale comme du « nuage d’inconnaissance « et les mystiques orientaux l’ont également décrite comme la ‘’voie négative, pas ceci, pas cela.’’

Swami nous a fourni une très belle analogie. Prenons un grain de riz avec son enveloppe. Si nous plantons le riz avec son enveloppe, il germera et il produira beaucoup de grains. Si nous plantons le riz sans son enveloppe, il ne germera jamais. L’enveloppe, c’est le mental. Le riz, c’est le corps. Tant que le mental subsiste, la renaissance est inévitable.

Sitôt que l’enveloppe du mental est enlevée, le corps ne peut plus renaître. Quand cela se produit, l’Atma ressuscite dans son état sans forme véritable. C’est l’équation spirituelle : l’homme moins le mental égale Dieu. Dieu plus le mental égale l’homme. L’habileté à tuer le mental qui est cette dissolution de l’ego – qui est la racine de toutes les activités mentales – est l’alchimie qui transmute l’homme dans son état divin. C’est le sens de la Résurrection. C’est aussi le sens de la Croix : le « je » est mis en croix. Sans la Croix, la mort de la conscience égotique, il n’y a pas de résurrection. Ici se trouve l’essence même du christianisme et de toutes les religions.


Le moyen le meilleur, le plus simple, le plus sûr, le plus rapide et le plus agréable de tuer le mental

Beaucoup de maîtres spirituels ont dit que c’était avec le mental que vous pouviez conquérir le mental. Et c’est vrai. Mais voilà, c’est très difficile. Pourquoi ? Parce que naturellement, le mental ne veut pas mourir. Comment alors pourriez-vous l’amener par la ruse à se détruire lui-même ! Comme c’est difficile pour le voleur de s’attraper lui-même ! Le sage Ramana Maharshi racontait l’histoire du voleur - qui était le mental - et qui arborait la tenue d’un policier à la recherche de lui-même, le mental. Toutes les actions que l’on exécute se font par l’intermédiaire du mental. Toutes les paroles prononcées doivent passer par la porte de la conscience du « je ». Tous les rituels, japa, tapas et les exercices spirituels se font par l’intermédiaire du mental.

Comment pourrions-nous détruire le mental par ces moyens, puisqu’on a besoin du mental pour les pratiquer ? La vérité, c’est que ces exercices spirituels peuvent seulement purifier le mental. Ils ne peuvent que rendre le mental très incisif pour pénétrer les subtilités intérieures, mais ils ne peuvent jamais réussir à éliminer le mental. Il nous faut la grâce de Dieu pour tuer le mental.

Même lorsque l’on aura réussi, par le biais d’exercices spirituels rigoureux, à vider l’esprit de toute pensée et de tout désir, cette minuscule impulsion racine, semence, le siège de la conscience égotique, le sentiment du « je » d’où germent toutes les pensées subsistera encore.

St Augustin d’Hippone (354-430) était troublé par ce problème. Comment le mental peut-il connaître Dieu ? Un jour, il se promenait le long de l’océan, perdu dans une contemplation silencieuse. Au cours de sa promenade, il rencontra un petit garçon qui avait fait un tout petit trou en bordure des sables de la plage et il transférait l’eau de l’océan dans ce petit trou.

Augustin était perplexe. Il s’arrêta et il demanda au petit garçon ce qu’il voulait faire. Le garçon lui dit qu’il voulait transférer l’océan dans le trou qu’il avait fait. Le saint fut amusé par l’audace de l’enfant. Il dit à l’enfant que c’était une pure perte de temps.

Tout d’abord, le trou n’était pas assez grand pour contenir les eaux de l’océan et secundo, même s’il était assez grand, il faudrait à l’enfant un nombre incalculable de vies pour transférer l’eau avec la petite tasse qu’il tenait en main. L’enfant leva alors les yeux et dit au saint : « Il en est de même pour l’esprit qui veut comprendre Dieu ! « L’enfant disparut immédiatement et Augustin réalisa que c’était Jésus qui était venu sous la forme de ce petit garçon pour lui enseigner cette leçon.


Comment peux-tu saisir l’insituable ?
Comment peux-tu englober l’infini ?

Ce qui est sans fond,
Comment peux-tu le sonder
Et ce qui n’a pas de dimensions,
Comment peux-tu le mesurer ?

Qui peut estimer les profondeurs du cœur
Ou à l’aide de catégories mentales
Dire ce que les mots
Ne peuvent définir ?

Qui peut confiner l’Esprit infini
Ou, avec les limites du Temps
Spécifier ce qui est
Au-delà du son ?

Le profond appelle le profond
Dans la profondeur de ce qui est sans profondeur.
Oh, comment l’âme peut-elle dire
L’ineffable vérité
Qu’Il ne peut t’atteindre
Qu’en te traversant ?


Osez laisser Dieu agir

Il y a un moyen simple de s’en sortir. Et parce que ce moyen est très simple, il est très facile, puisqu’il vous permet d’être à l’aise et en paix tout au long du processus. Permettez à Dieu de tuer le mental. N’essayez pas de tuer le mental. Vous pourriez ne pas avoir réussi après des milliards de vies. A la place, permettez à Dieu de le faire. D’abord, seul Dieu peut le faire, parce que Lui seul a le pouvoir de la dissolution du mental. Dieu est le Maître du mental. Seul le Maître peut libérer l’esclave. Ensuite, Il n’a pas besoin de temps pour cela. Swami a dit qu’Il pouvait conférer la libération du Soi en un clin d’œil. Osez laisser Dieu agir ! Ceci veut dire que vous devez remettre votre mental à Dieu. Quand Dieu Lui-même livre bataille, alors non seulement vous êtes certain de la victoire, mais vous apprécierez aussi la lutte. La lutte sera amusante. C’est parce que vous ne serez pas touché par tout ce qui se passe, puisque le Seigneur est votre bouclier. Vous resterez calme et équanime dans le froid et la chaleur, de jour comme de nuit, dans la tristesse et la joie, la perte et le profit, parce que vous savez que vous vous situez dans cette zone divine où vous êtes totalement protégé des dualités du mental. C’est aussi le message de la Bhagavad Gita.


Le roi Janaka offre son esprit au sage Astavakra

Notre bien-aimé Swami nous raconte une belle histoire pour illustrer ceci. Une fois, le roi Janaka envoya un message qui invitait les érudits et les pandits, les sages et les saints, les yogis et les mahatmas à lui enseigner la connaissance de l’Atma. Le roi cherchait le moyen le meilleur, le plus facile, le plus sûr, le plus rapide et le plus agréable de tuer le mental. Il annonça : « Dans l’intervalle qu’il me faut pour grimper sur mon cheval, on devrait pouvoir me donner la pleine connaissance de l’Absolu. »

Les sages et les érudits étaient soucieux. Ils pensaient : « Ce sera un sacré test pour notre érudition et notre savoir. » Nul n’osa se présenter pour satisfaire la demande du roi.

Entre-temps, un très jeune sage qui s’appelait Astavakra pénétra dans le royaume. Alors qu’il s’approchait de la capitale, il vit des érudits et des rishis rassemblés là. Ils semblaient soucieux et découragés. Il les interrogea. « Quelle est la cause de tous vos soucis ? » Ils lui expliquèrent la situation et il dit : « Pourquoi s’effrayer d’une si petite chose ? Je peux résoudre ce problème. » Et il entra à la cour du roi Janaka. Il dit au roi : « Roi, je suis prêt à vous enseigner la connaissance de l’Atma, mais ceci ne pourra se faire dans ce palais qui est rempli de rajas et de thamas. Il faut d’abord que je vous conduise dans un endroit Sattvique (serein). »

Ils prirent quelques chevaux et quelques soldats et ils quittèrent le palais. Ils parvinrent à un endroit isolé et Astavakra dit au roi : « Maintenant, je vais vous enseigner la connaissance de l’Atma. Je suis le précepteur et vous êtes le disciple. Etes-vous prêt à accepter ce rapport ? Si vous acceptez, alors vous devez me donner l’offrande que le disciple doit donner au gourou (le précepteur). C’est seulement après que je commencerai mon enseignement. » Le roi Janaka dit à Astavakra : « La réalisation de Dieu est la chose la plus importante pour moi, aussi je suis prêt à vous donner absolument tout ce que vous voulez. » Alors, le gourou dit au roi : « Je ne veux rien, à l’exception de votre esprit. » Le roi Janaka répondit : « Je vous l’offre. Jusqu’à présent, je pensais qu’il s’agissait de mon esprit, mais dorénavant, c’est le vôtre. « Alors, le gourou amena un cheval et il demanda au roi de s’asseoir par terre au milieu de la route de son royaume. Il laissa le roi, se retira dans la forêt et il s’assit tranquillement sous un arbre.


Janaka obtient la réalisation du Soi

Les soldats attendirent longtemps le retour du roi, mais ni le roi ni Astavakra ne réapparurent. Ils désiraient savoir ce qui leur était arrivé, et un par un, ils se mirent à leur recherche. Ils découvrirent leur roi assis au beau milieu de la route assis à côté d’un cheval. Le roi avait les yeux fermés et il était absolument immobile. Astavakra était invisible. Ils craignaient surtout qu’Astavakra n’aie jeté un sort au roi, ce qui lui aurait fait perdre conscience. Ils allèrent trouver le premier ministre et ils le ramenèrent auprès du roi.

Le premier ministre s’adressa au roi : « Ô roi ! Ô roi ! Ô roi ! » Mais le roi n’ouvrit pas les yeux ni ne répondit en aucune manière. Le premier ministre et tous les autres courtisans étaient inquiets, car ils ne pouvaient pas éveiller le roi ni lui offrir aucune nourriture ou aucun rafraîchissement. Ils se demandaient quoi faire. N’ayant pas d’autre alternative, le premier ministre envoya chercher la reine en pensant que si celle-ci appelait le roi, il répondrait à ses supplications. La reine parut et supplia, mais le roi resta silencieux.

Pendant ce temps-là, les soldats étaient partis à la recherche d’Astavakra dans la forêt. Ils le trouvèrent assis sous un arbre, baignant dans une paix totale. Ils se saisirent de lui et le ramenèrent là où le roi était assis. Astavakra dit : « Le roi est sain et sauf, il va très bien. Vous pouvez le voir par vous-mêmes. » Les ministres, la reine et les autres dirent à Astavakra : « Il n’a pas ouvert la bouche ni les yeux. » Astavakra s’approcha du roi et parla au roi. Immédiatement, le roi ouvrit les yeux et répondit : « Maître. »

Astavakra interrogea le roi : « Les ministres et la reine sont venus, les soldats et beaucoup d’autres sont venus et tous ont essayé de vous parler. Pourquoi ne leur avez-vous pas répondu ? » Le roi répondit : « Les pensées, les paroles et les actes sont liés au mental. Comme je vous ai fait l’offrande totale de mon esprit, j’ai d’abord besoin de votre permission avant de prononcer un mot. Quelle autorité ai-je de parler à quiconque ou d’employer cet esprit en aucune façon ? Je vous l’ai offert, il est vôtre. Je ne ferai rien sans votre permission ou votre ordre. » Alors, Astavakra lui dit : « Vous avez atteint l’état de la Réalisation divine. »

Alors, Astavakra lui demanda de mettre le pied dans l’étrier et de grimper sur le cheval. Avant d’avoir passé la deuxième jambe par dessus le cheval, il avait reçu l’expérience de la félicité du Soi divin.

Comme ce fut le cas entre Astavakra et Janaka, de même entre Krishna et Arjuna. Certains chercheurs spirituels poseront sûrement cette question : Comment donne-t-on son esprit à Dieu ? Cela veut-il dire que je doive cesser tout processus de pensée ou bien m’asseoir comme le roi Janaka dans une immobilité totale toute la journée ? Considérons ceci d’un autre point de vue.


Si vous ôtez le fil, le tissu disparaît !

Qu’est-ce qui rend une action bonne ou mauvaise ? En d’autres termes, quand sommes-nous liés par l’action ? Si nous étudions la question, nous trouvons que ce n’est pas l’action elle-même qui fait qu’elle soit bonne ou pas, mais les circonstances qui entourent l’action. Ces circonstances sont au nombre de sept : qui (sujet), qui (objet), pourquoi, quand, où, quoi et comment. Ces circonstances sont les attributs de l’esprit ou les fruits de l’action et elles seules rendent une action bonne ou mauvaise. Par exemple, le fait d’uriner n’est en soi ni bon ni mauvais. Mais si vous urinez à l’intérieur de l’église ou du mandir, tout le monde criera au sacrilège ! Ici, ce n’est pas l’acte d’uriner qui pose problème, mais le lieu. Si c’était un bébé d’un mois qui avait accompli cette même action, les mêmes personnes n’auraient pas sourcillé, parce que le sujet était différent.

Le secret de l’action désintéressée (de l’action sans ego), c’est d’abandonner à Dieu les sept circonstances de l’action. Si nous abandonnons à Dieu ces catégories mentales, nous trouvons que nous avons donné à Dieu tout notre esprit.

La première est le « qui « (sujet). Vous devez sentir que Dieu est Celui qui fait l’action. Dieu vous porte, vous et votre fardeau (et le SEUL fardeau, c’est le fardeau du mental). N’est-il pas sot d’encore charger votre cœur de ce poids ? Le sage Ramana l’a très joliment dit : ce qui doit arriver arrivera, quoi que vous fassiez pour que cela n’arrive pas. Et ce qui ne doit pas arriver n’arrivera pas, quoi que vous fassiez pour que cela arrive. Sachant cela, permettez à ce qui doit arriver d’arriver et à ce qui ne doit pas arriver de ne pas arriver. En essayant de faire arriver ce qui ne doit pas arriver et de ne pas faire arriver ce qui doit arriver, nous sommes simplement emportés par la roue infinie du karma. C’est l’ignorance qui lie l’homme de naissance en naissance : penser que vous êtes celui qui fait arriver les choses. Dieu est Celui qui agit, mais Il fait comme s’Il n’agissait en rien. L’homme ne fait rien, mais il prétend tout faire. Cette mentalité doit changer. Permettez à l’Etre d’être, tous simplement ! Soyez un canal de ce qui doit arriver. Ne vous inquiétez pas de ce qui ne doit pas arriver. Là se trouve la félicité du bonheur, l’union de l’âme. Déposez les soucis de la vie et jouissez du frisson de voler sur les ailes de l’abandon total à Dieu. Dieu fait tout ! Vous n’êtes pas différent de ce Dieu. Détendez-vous ! C’est à ce moment-là que les choses arrivent réellement.

La deuxième est le « qui » (objet). Vous devez sentir que Dieu est le destinataire de chaque action. Jésus dit : « Tout ce que vous faites à l’un de ces petits, c’est à Moi que vous le faites ! » Et puisque vous et Dieu êtes Un, il s’ensuit que tout ce que vous faites à quelqu’un, c’est à vous que vous le faites. D’où la règle d’or : « Faites aux autres ce que vous voudriez qu’il vous soit fait. » Réaliser que l’autre, effectivement, n’existe pas, c’est parvenir à cette transcendance mentale où il n’y a plus de différence entre le « qui » (sujet) et le « qui » (objet).

La troisième est le « comment ». Nous devons ressentir que Dieu est le moyen de chaque action. Dieu est le Grand Pourvoyeur. Dieu est aussi la Providence ! Dans Son trésor, rien ne manque. Si nous laissons à Dieu le « comment » de chaque action, nos vies deviennent un flux de miracles divins et de surprises ! « Avec Dieu, tout est possible. » (Matthieu 19.26)

La quatrième est le « pourquoi ». Nous devons ressentir que Dieu est la raison de chaque action et que Sa raison est cet Amour qui se situe au-delà de la raison et qui ne connaît pas de saison. Nous devons accepter chaque chose qui nous arrive comme un cadeau divin et précieux d’Amour pur destiné à notre plus grand bien. De cette façon, nos vies deviennent un chant divin de louange et d’action de grâce. Les Ecritures disent : ‘’Rendez grâce en toute circonstance, car c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus. (1 Thessaloniciens 5.16)

La cinquième est le « quand ». Nous devons ressentir que le moment de Dieu est le meilleur pour chaque action et que le moment de Dieu, c’est maintenant. Offrir le « quand » de nos vies à Dieu, c’est vivre dans le calme du présent où nous expérimentons le pouvoir de la Présence de Dieu qui est omniprésent. « Soyez tranquille et sachez que JE SUIS. » (Psaume 46.10)

La sixième est le « où ». Nous devons ressentir que Dieu est la présence en arrière-plan de chaque action. Dieu est partout ! En Lui, nous avons la vie, le mouvement et l’être. (Actes 17.28)

La septième est le « quoi ». Nous devons ressentir que Dieu n’est pas seulement la cause efficiente de chaque action, mais aussi la cause matérielle de l’action. Dieu n’est pas seulement l’orfèvre, Dieu est aussi l’or.

Dieu est la substance et l’essence, la somme et le substrat. Dieu est la Totalité et nous somme cette Plénitude d’où le Complet s’est séparé afin de s’aimer Lui-même.

Ces sept circonstances de l’action sont le fil à partir duquel est fabriqué le tissu du mental. Si ces fils disparaissent, le mental ne peut pas subsister.

Mais tant que nous dicterons à Dieu les « qui » (sujet), « qui » (objet), « comment », « pourquoi », « quand », « où » et « quoi » de nos vies, la naissance et la renaissance sont inévitables, parce que le fil servira toujours à tisser un nouveau tissu.

Elie n’a pas su voir Dieu (le « qui » ? objet) dans les 450 prophètes du Baal. Il n’a pas pu réaliser que Dieu est le bénéficiaire de chaque action. C’est pourquoi il les a massacrés. Il a donc dû renaître pour apprendre la leçon de l’âme que tout ce que vous faites aux autres, vous vous le faites à vous-même, puisqu’il n’y a pas d’autre. Lorsque nous rendons notre esprit à Dieu en abandonnant ces catégories mentales, nous avons réellement détruit la semence même du péché et de la mort. Si nous supprimons le fil avec lequel le tissu est tissé, le tissu disparaît aussi.

De la même façon, si nous abandonnons les opérations de l’esprit :

Cet impératif de comprendre,
Cette volonté de vouloir,
Cette pulsion de faire,
Cette répulsion à ne pas faire
Et cette impulsion de forcer les choses,
Comment l’esprit peut-il subsister ?

La bonne nouvelle à propos des sept circonstances de l’action, c’est qu’il n’est pas nécessaire de renoncer à toutes simultanément. Dès que l’on renonce à une circonstance, le reste se désagrège naturellement. Si par exemple, nous renonçons au « qui » (sujet), les « quoi «, « qui » (objet), etc. cèderont naturellement. Si nous abandonnons le sentiment d’être l’auteur de l’action – « Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi », comme le dit St Paul – alors, le reste des catégories mentales disparaîtra. Si Dieu est Celui qui agit (le « qui » – sujet), alors Il sera aussi le Pourvoyeur (le comment) et Il déterminera les « quand », les « où », les « qui » (objet) et les « pourquoi ».

Si nous choisissons de renoncer au « quand » et de vivre dans ce calme silencieux où nous expérimentons l’essence de la Présence de Dieu, nous découvrirons que le mental se dissipe automatiquement. Le mental ne peut pas subsister dans le silence du maintenant ! La même chose vaut pour les autres catégories mentales. Parce qu’elles sont intrinsèquement reliées, une fois que l’une est détruite, les autres perdent leur pouvoir de lier.

En cette sainte saison de Pâques où nous célébrons la Résurrection de la vie immortelle, nous prions pour obtenir la grâce de pouvoir abandonner notre esprit à Dieu :
Ô Seigneur,
Je T’offre la totalité d’aujourd’hui,
Je T’offre les qui, que, quoi, dont, où, comment, pourquoi de chaque action.

Amen.

L’auteur de cette histoire, le Père Charles Ogada, est un prêtre catholique de l’Ordre des Pères du Saint-Esprit. Il enseigne actuellement à l’Ecole Sri Sathya Sai de Ndola en Zambie, qui est dirigée par M. Victor Kanu.

Heart2Heart
Avril 2007