PRÉCIEUSE INTIMITÉ AVEC BHAGAVAN


Par Sri B. Arvind



Voici la transcription du discours prononcé par Sri B. Arvind, qui étudie actuellement à l’Institut de Swami, en la divine présence de Bhagavan Baba, le 29 juillet 2005 :

J’offre mes humbles Pranaams aux Pieds de Lotus de Bhagavan.
Honorables aînés, chers frères et sœurs,


Le message du Messie

Il était une fois un Messie qui était venu sur Terre. Après y avoir passé une longue période, il décida de s’en aller. Il se rendit au sommet d’une montagne et il annonça à tous ceux qui étaient présents : « Écoutez ! Aujourd’hui, je m’en vais. Je ne suis plus un Messie. » Les gens étaient choqués. Ils dirent : « Tu ne peux pas t’en aller ! Si tu nous quittes, comment allons-nous communiquer avec Dieu ? » « Comment pourrons-nous garder le contact avec Lui ? Tu ne peux pas faire cela ! » Il dit : « Écoutez ! Vous êtes pêcheurs. Si vous êtes fatigués, vous n’allez pas pêcher. Vous êtes managers. Si vous êtes fatigués, vous n’allez pas travailler. Je suis un Messie et je ne veux plus faire ce travail, aussi je m’en vais. »

Les gens ne parvinrent pas à le convaincre. Aussi ils dirent : « Avant que tu ne partes, s’il te plaît, donne-nous un message de Dieu. Un message qui fera en sorte que nos vies soient comblées en le suivant – la plus grande et la plus merveilleuse leçon que Dieu doit nous donner. »

Le monde cherche toujours la concision, les raccourcis. C’est ce qu’ils demandèrent au Messie. Ils dirent : « Avant de partir, fais cela pour nous. » Il dit : « Donc, vous voulez savoir ce que Dieu veut que vous fassiez ? » Ils répondirent tous en chœur : « Oui. »

« D’accord. Je vais vous le dire. Mais êtes-vous prêts à suivre Ses directives ? »

Ils dirent : « Oui ! Nous sommes prêts à les suivre, même si cela veut dire renoncer à nos vies, même si cela veut dire renoncer à nos femmes, à nos enfants, à nos maris, à nos relations, à tout le monde. Nous sommes prêts ! »

Il dit : « Réfléchissez. Etes-vous prêts ? » Ils dirent : « Oui, même si cela veut dire subir les feux de l’enfer. Même si cela veut dire être crucifiés la tête en bas. Nous sommes prêts à endurer n’importe quelle torture, n’importe quelle peine pour Dieu. »

Le Messie sourit et dit : « Écoutez… Dieu veut que vous soyez tous heureux ! »

Et il y eut un silence abasourdi.

Frères et sœurs, nous sommes tous prêts à souffrir pour Dieu. Nous sommes tous prêts à endurer la douleur pour Dieu. Mais sommes-nous prêts à être joyeux pour Dieu ? A être heureux pour Dieu, à chaque instant de nos vies ? Qu’est-ce que nous voulons dans nos vies ? Nous voulons être heureux à chaque instant. Et qu’est-ce que Dieu veut de nous ? Il veut que nous soyons heureux à chaque instant. Alors, où est le problème ? Pourquoi ne sommes-nous pas heureux à chaque instant de nos vies ?

Il a été répondu à cela de plusieurs façons, dans plusieurs Écritures, par plusieurs religions. Et je pense qu’en étant à l’Institut Sri Sathya d’Enseignement Supérieur, ceci est le plus grand don que nous recevons : le don de cet enseignement supérieur, le don d’apprendre comment être toujours heureux.

Nous sommes malheureux à cause de ce que les gens nomment Maya – l’ignorance, et nous avons le Jagad Guru, le Seigneur des Seigneurs parmi nous pour nous aider à la surmonter. En parlant d’ignorance, de Maya, ceci me rappelle une anecdote intéressante.

C’est l’histoire d’un pêcheur qui se rendait à la plage pour y lancer son filet de pêche. Il attrapait du poisson, puis il rentrait chez lui. Dans la mer, il y avait beaucoup de poissons, mais il y avait un poisson particulier qui ne se faisait jamais prendre. Tous ses amis et ses parents s’étaient faits prendre, mais pas ce poisson. Aussi, un jour, tous les autres poissons s’approchèrent de lui et lui demandèrent : « Comment se fait-il que tu n’as jamais été pris dans le filet ? » Le poisson expliqua : « Quand le pêcheur vient, il lance son filet. A ce moment-là, je nage près de ses pieds, aussi je ne suis pas pris dans le filet. »

Pour échapper au filet de Maya, le seul moyen, c’est de prendre refuge aux pieds du pêcheur – notre Seigneur ! C’est ce que Jésus avait en tête, lorsqu’il s’approcha des pêcheurs et qu’il dit : « Je suis un pêcheur d’hommes. » C’est ce que Bhagavan dit aussi dans Son tout premier discours, lorsqu’Il était petit garçon : « Manasa Bhajare Guru Charanam, Dushtara Bhava Saagara Taranam. »

A l’Institut Sri Sathya Sai d’Enseignement Supérieur, Swami est notre Mère, notre Père, notre Gourou, notre Ami, notre Tout :

Tvameva Mata Cha Pita Tvameva,
Tvameva Bandhus Cha Sakha Tvameva ;
Tvameva Vidya Dravinam Tvameva,
Tvameva Saranam Mama Deva Deva.
Mama Sai Deva.

C’est comme vous pensez

Je me demandais : comment établir un rapport avec mon Maître, mon Gourou, mon Ami et mon Tout ? Et alors, ce que je fis fut ceci : (Je suis très honnête et franc en exposant devant tout le monde ce que j’ai fait et comment cela a merveilleusement fonctionné.)

Bien que je ne pouvais pas toujours voir mon Bhagavan avec moi, j’imaginais que mon Bhagavan était avec moi, quand je mangeais, quand je dormais, quand je parlais, quand j’étais en classe. Je m’imaginais que Bhagavan était avec moi et je Lui parlais. Tout ce que je trouvais inintéressant, je le Lui disais : « Swami, ceci ne m’intéresse pas. « Tout ce que je trouvais intéressant, je le Lui disais aussi.

En fait, cela prit de telles proportions qu’en marchant sur la route, je disais : « Bhagavan, Tu marches de ce côté-ci, parce que les véhicules viennent de ce côté là. « Je disais également : « Swami, tant de gens viennent, maintenant. S’il Te plaît, ne va pas leur parler. Reste seulement avec moi. » (Je veux dire dans mon imagination uniquement.) C’est parce qu’au début, je priais, « Bhagavan, ne lâche pas ma main, tiens-la toujours. »

Une nuit, Il vint dans mon rêve. Il m’appela et Il me dit : « Tu pries de la mauvaise manière. Rappelle-toi que Je ne lâcherai jamais ta main. Toi, tu ne Me lâches pas la main, OK ? »

Et cela continua ainsi. J’imaginais que mon Bhagavan m’accompagnait toujours. Parce que c’est la vérité : bien que nous ne puissions pas Le voir, bien que nous ne puissions pas L’entendre, Il est toujours là. Tous les jours, cela continuait, et j’étais heureux.


Tout ceci n’est-il qu’une hallucination ?

Mais un jour, un petit problème surgit. Je dis à Bhagavan : « Bhagavan, voilà le problème, je ne parviens pas à le résoudre. » Et je le notai dans une lettre, puis je me rendis au Mandir. Et j’étais si sûr que lorsque Bhagavan viendrait, Il prendrait la lettre. J’étais assis là et quand Bhagavan passa, je Lui tendis ma lettre. Il passa, sans même me regarder. Sur le moment, je me sentis anéanti. J’eus l’impression que tout ce que je faisais n’était qu’une hallucination !

Est-ce réellement vrai que Bhagavan est avec moi ou est-ce que je L’imagine seulement ? Tout cela n’est-il qu’hallucinations ? J’étais ébranlé. Je dis : « Alors à qui est-ce que je raconte ceci ? » C’était quelque chose dont je ne voulais parler à personne et je dis : « Je ne peux même pas en parler à Bhagavan. Suis-je seul au monde ? N’ai-je réellement personne ? » Et la semaine qui suivit fut une torture, parce que je me sentais si seul. Je me sentais désespéré.

Et puis, une nuit, j’eus un autre rêve. Dans ce rêve, on aurait dit que le monde entier voulait m’étrangler. Et tandis que je courais, Bhagavan apparut et me dit : « Viens avec moi. » Même dans le rêve, j’étais encore fâché contre Bhagavan, aussi me contentai-je de marcher avec Lui. Alors, Bhagavan dit : « Allons-nous au parc ? » Je Lui dis : « Pourquoi me le demandes-Tu ? Fais ce que Tu veux ! »

Alors, Bhagavan dit : « Non, non, non. Avant que tu ne fasses quelque chose, tu Me le dis. Comment puis-Je faire quelque chose sans te le dire ? Alors, allons-nous au parc ? » J’étais surpris.

Alors que nous nous dirigions vers le parc, Bhagavan dit : « Arvind, J’ai peur de marcher de ce côté-ci de la route. Puis-Je marcher de ce côté-là ? » Une fois arrivés au parc, Bhagavan dit : « Tu t’assieds ici et tu me caches, parce que tu vois ces gens là-bas ? S’ils Me voient, ils viendront pour Me parler. Alors, avec qui parleras-tu ? » J’étais choqué.

Dans le rêve, je dis : « Bhagavan, comment sais-Tu tout cela ? » A ce moment-là, Bhagavan fit mine d’être fâché. Il dit : « Jusqu’il y a quatre jours, tu Me racontais tout. Tu partageais et nous étions tellement heureux. Depuis quatre jours maintenant, tu es si silencieux. Je ne sais pas pourquoi. » Et le rêve se termina là.

Bhagavan est toujours avec nous, mais il se peut que nous ne L’entendions pas. Si le poste de radio est en panne, pouvez-vous accuser l’émetteur ? Non. Les ondes radio circulent toujours. Le système de réglage est défectueux, aussi nous ne pouvons pas être à l’écoute et nous accusons l’émetteur ! C’est ce qui se produit.

Une fois, il arriva que Bhagavan confie à un professeur : « Tant de gens écrivent des lettres », ce à quoi le professeur répondit : « Bhagavan, ils ont peut-être une urgence, voilà pourquoi. » Bhagavan le regarda alors et lui dit : « Quoi ? Une fois qu’ils sont sous Ma responsabilité, peuvent-ils avoir une quelconque urgence ? Dès qu’ils viennent à Moi, ils n’y a plus d’état d’urgence dans leurs vies ! » Ceci est le plus grand bénéfice dont nous jouissons. Nous sommes tous sous la responsabilité de Sai.

Laissez-moi vous raconter un incident. Nous pensons toujours que nous sommes venus à Puttaparthi. Nous sommes arrivés chez Swami par train, par la route ou par avion. Permettez-moi de vous raconter un incident qui vous fera comprendre à tous à quel point nous avons de la chance.

« Le moment n’est pas encore venu pour vous »

A Indore, il y avait un coordinateur, M. Mandalay. Chaque jeudi, il organisait des bhajans dans sa maison. Il remarqua que le nombre de dévots assistant aux bhajans augmentait et que beaucoup de visages lui étaient inconnus, aussi il s’approcha de ces gens et leur demanda : « Etes-vous de nouveaux dévots de Bhagavan ? » Ils dirent : « Non. » A la gare ferroviaire, il y a un sanyasi qui dit : « Si vous voulez la paix de l’esprit, allez le jeudi dans cette maison et vous l’obtiendrez. » M. Mandalay fut très surpris en apprenant cela. Il décida de se rendre à la gare et de vérifier par lui-même. En s’approchant du sanyasi, le sanyasi lui dit : « Stop ! N’approchez pas de moi. Si vous voulez vous approcher, il y a deux conditions. Première condition, vous ne devriez pas toucher mes pieds. Deuxième condition : c’est moi qui toucherai vos pieds. »

M. Mandalay était stupéfait. Le sanyasi lui dit alors que lorsque Bhagavan visita le nord de l’Inde, il se rendit à l’ashram de Swami Shivananda. Il dit : « J’étais un disciple de Swami Shivananda. Swami Shivananda était mon Mentor, mon Guide, mon Guru, mon Maître. Quand Bhagavan est arrivé, il courut, se prosterna devant Lui et il passa la journée entière avec Bhagavan. »

Le lendemain, nous demandâmes tous à notre Guru : « Qui était ce garçon ? » (Swami était très jeune, à l’époque.)

Swami Shivananda proclama : « Il est le Jagat Guru ! »

Ensuite, le sanyasi ajouta : « Chaque fois que je méditais dans la zone du troisième œil, je pouvais toujours voir Swami. » Mais il ne fit jamais aucun effort pour se rendre à Puttaparthi.

Un jour, en route pour Madras, il vit une photo de Bhagavan et il s’enquit à Son sujet. Des gens lui dirent que Swami se trouvait à Puttaparthi, en Andhra Pradesh, ce qui le rendit fou de joie.

Il leur demanda : « Comment me rendre là-bas ? » Ils dirent : « C’’est très simple. Vous prenez le train pour Dharmavaram et de là, vous prenez le bus pour Puttaparthi. »

Il dit : « Je pris le train pour Dharmavaram. Quand j’arrivai à Dharmavaram, il était tard, aussi je décidai de dormir et de prendre le bus pour Puttaparthi, le lendemain matin. » Mais il ajouta : « Le lendemain matin, je me réveillai dans une grotte lointaine dans les Himalayas. Puis, j’entendis une voix qui me dit : « Bangaru, le moment n’est pas encore venu. Il te faudra attendre. »

Il dit : « Monsieur, je n’ai pas pu fouler la terre sainte de Puttaparthi, alors que vous la visitez de temps en temps. Vous avez eu la chance d’avoir Darshan, Sparshan et Sambhashan avec Bhagavan Baba. Dites-moi, devriez-vous tomber à mes pieds ou devrais-je tomber à vos pieds ? »

Frères et sœurs, n’oublions jamais quelle grande opportunité nous avons de simplement nous asseoir et d’observer Bhagavan. Les sages et les saints d’antan ont prié pendant des siècles pour n’obtenir qu’un simple coup d’œil. Nous, nous avons droit au Darshan pendant des heures. Il est temps que nous réalisions notre chance.


Que nos vies soient la fierté de Bhagavan

Je voudrais terminer par une chose qu’un frère aîné m’a dite. Je lui ai demandé : « Frère, que penses-tu que nous devrions faire pour que nos vies ne soient pas gaspillées ? » Il m’a dit quelque chose qui m’a paru très radical, mais j’aimerais le partager avec tout le monde, parce que c’est la vérité.

Il a dit : « Arvind, à la fin de l’avènement de Baba, suppose que le Seigneur Indra vienne Le trouver et qu’il Lui demande : « Bhagavan, Tu es revenu ! Comment s’est passée Ta mission ? » Et avant que Bhagavan ne puisse répondre, Indra Le regarde et dit : « Bhagavan, tu vois cet Arvind, là-bas, il est resté avec Toi pendant trente ans, mais il n’y a aucun changement en lui ! Que s’est-il passé, Bhagavan ? »

Et ce frère me dit que cela ne devrait jamais se produire. Ce qui devrait arriver, c’est que si Indra vient et qu’il demande, « Bhagavan, comment s’est passée ta mission ? «, Bhagavan le regarde et dise : « Tu vois cet Arvind, là-bas ? C’était un rebut, lorsqu’il est venu Me trouver. Quand tu vois ce qu’il est devenu aujourd’hui, tu peux comprendre Ma mission. »

Chacune de nos vies devrait permettre à Bhagavan de dire : « Si vous voulez constater la qualité de Ma mission, examinez la vie de ce dévot. Examinez la vie de cet étudiant. » Notre vie doit être un témoignage de la mission de Bhagavan.

Bhagavan, je n’ai qu’une prière : « Donne-nous cet Amour et permet que notre Amour pour Toi croisse à chaque instant. Qu’il devienne de plus en plus fort. »

Parce que dans cette vie, il n’y a rien, je dis bien qu’il n’y a rien de plus important ou de plus grande valeur que d’aimer Bhagavan, d’aimer Dieu, de tout son cœur.
Jai Sai Ram !


Heart2Heart
Juin 2006