L’EXPÉRIENCE DE KODAIKANAL

Rendez-vous avec Anil Kumar


Il est dit que Prasanthi Nilayam est le bureau de Swami, que Brindavan est Sa demeure et que Kodaikanal est Son terrain de jeu. Pour ainsi dire, c’est vrai, particulièrement dans le cas de Kodaikanal, car c’est ici que l’on peut apercevoir le Sai des années quarante, spécialement en ce qui concerne les Leelas divines. Cela ne dure que quelques semaines, mais quelles semaines extraordinaires pour ceux qui ont le privilège de goûter à l’intimité divine !

Kodaikanal est une station montagneuse du sud de l’Inde située à quelque 400 km au sud-est de Bangalore près des villes temples de Madurai et de Palani. Autrefois, chaque été, Swami avait l’habitude d’emmener avec Lui quelques étudiants sélectionnés avec soin. Pour vous permettre de mieux connaître la nature du séjour de Swami à Kodai, nous reproduisons ici la transcription d’un dialogue entre le Prof. Anil Kumar et le Prof. G. Venkataraman diffusé précédemment par Radio Sai. Tous deux proviennent de
l’Institut d’Enseignement Supérieur Sri Sathya Sai.

GV : Anil Kumar Garu, bienvenue dans les studios de Radio Sai ! D’habitude, je commence par demander à nos visiteurs ou à nos invités de se présenter. Dans votre cas, toutefois, ce n’est manifestement pas nécessaire. Je ne dirais pas que vous venez juste après Dieu, mais vous vous tenez si souvent à coté de Dieu ( !) que la majorité des gens vous connaissent certainement. Cependant, je pense que la majorité d’entre nous ne savent pas comment vous êtes arrivé chez Swami. Nous voulons savoir comment Il a tiré les ficelles dans votre cas pour vous attirer auprès de Lui.

AK : Je m’appelle Anil Kumar, je proviens de l’Etat d’Andhra Pradesh et je fais partie du Brahmo Samaj fondé par Rajaram Mohan Roy. Ma famille suit cette foi du Brahmo Samaj depuis trois générations.

GV : Qu’y a-t-il de spécial à propos du Brahmo Samaj ?

AK : Les brahmos ne pratiquent pas l’idolâtrie. L’adepte du Samaj croit en la fraternité des différentes fois et en la pratique religieuse du groupe des fidèles. Le Brahmo Samaj n’accepte pas les classes ni le système des castes. Il croit que toutes les religions sont égales. Il travaille pour l’émancipation des femmes.
GV : Tout ce qui est dit dans le Védanta est là dans cette philosophie ?

AK : Oui, et c’est la raison pour laquelle le fondateur Rajaram Mohan Roy est parfois appelé le Prophète de l’Inde Moderne. Mes deux grands-pères étaient des missionnaires Brahmos qui ont consacré leur vie entière à cette cause. Je suis venu voir Swami pour la première fois en 1970 à cause d’un problème à la maison. Ma femme était malade ; je l’ai emmenée voir 13 médecins et j’ai dépensé des milliers de roupies. Mais après être venue chez Swami, elle a été totalement guérie. Puisque je m’intéressais à la philosophie depuis mon enfance grâce à mon grand-père, j’ai commencé à lire la littérature Sai et j’ai vite découvert que Baba expliquait mieux les idéaux du Brahmo Samaj que le fondateur, Rajaram Mohan Roy lui-même ! Avec comme résultat que je suis un meilleur Brahmo maintenant qu’auparavant.

GV : Oui, c’est ce que Swami dit toujours. Soyez un bon chrétien, soyez un bon musulman, soyez un bon juif, etc. Maintenant, vous êtes un très bon professeur et vous savez également fort bien comment Swami, en tant qu’Instructeur suprême, moule Ses étudiants. Je vais donc vous poser quelques questions à ce sujet. En particulier, je veux que vous partagiez avec tous nos auditeurs l’expérience exaltante de Kodaikanal. Il est dit que Kodaikanal est le terrain de jeu de Swami, tandis que Prasanthi Nilayam est son bureau et Brindavan est Sa demeure. Combien de fois vous êtes-vous rendu au terrain de jeu ?

AK : Au moins six fois.

GV : C’est très bien et je suppose que beaucoup de voyages vous attendent encore.

AK : Merci, monsieur.

GV : L’excursion à Kodai semble être un événement extraordinaire qui a aussi un but spécial. Pourquoi ne nous raconteriez-vous pas l’excursion à Kodai depuis le début ?

AK : Eh bien, monsieur, Swami sélectionne les étudiants pour le voyage et cette sélection se base sur tous les aspects de leurs performances au collège – au niveau scolaire, de la conduite, de la dévotion, de l’excellence dans les pratiques sportives et dans les jeux, du talent pour chanter et pour l’art dramatique également. Tous les étudiants talentueux qui sont aussi très dévoués sont sélectionnés par Swami. Quelques professeurs sont également inclus dans le groupe. Kodaikanal est un si bel endroit. Si je devais dire à quoi ressemblerait le Paradis, il ne pourrait être différent de Kodai.

GV : Quand Swami se rend-il à Kodai, typiquement ?

AK : Généralement, Il s’y rend début avril et Il revient avant le 5 mai, Donc, en gros, Il passe environ un mois à Kodai. Mais certaines fois, Il est resté le 6 mai également et Il a fêté la journée de commémoration d’Easwaramma là-bas, à Kodai. Cela s’est produit deux fois, je crois. Kodai est fort intéressante, parce que Swami y est fort, fort proche des étudiants et ils peuvent apprendre beaucoup, beaucoup de choses de Swami.
GV : J’imagine que les étudiants sont également très proches de Swami.

AK : Très, très proches.

GV : Combien d’heures par jour Swami passe-t-Il avec eux, généralement ?

AK : Immédiatement après le petit-déjeuner, Il passe une heure avec eux. Après cela, Bhagavan va donner le Darshan aux dévots et Il leur accorde des entretiens. Pendant ce temps-là, les garçons se promènent un peu autour du lac et ils rentrent pour 9h30. De 9h30 à 11h00, Swami parle de nouveau aux étudiants jusqu’au déjeuner. Ensuite, nous avons le thé vers 14 heures. Puis, Swami parle encore aux garçons de 14h30 à 16 heures. De 16 heures jusqu’à 17 heures, il y a une rencontre publique à laquelle les étudiants assistent. Après la rencontre publique, Swami parle aux étudiants et à certains dévots privilégiés au cours d’une séance qui se veut l’écho de ce qui a précédé – la rencontre de l’après-midi est passée en revue.

GV : La rencontre publique, c’est aussi un discours ?

AK : Oui, bien sûr. Le discours est donné dans la salle des bhajans de Sai Sruthi, le Mandir de Swami à Kodai.

GV : Donc, Swami parle du matin au soir ?

AK : Il donne au moins cinq discours par jour !

GV : Mon Dieu !

AK : Quatre de ces discours sont exclusivement réservés aux étudiants. De plus, il est merveilleux de voir comment Swami traite les garçons. Il se renseigne sur leur famille, leurs frères, etc.

GV : OK, passons en revue tous les détails et commençons à Bangalore. Il part toujours de Bangalore, n’est-ce pas ? Cela doit être très excitant de faire tout le voyage de Bangalore à Kodaikanal. Racontez-nous tout sur le voyage entre Bangalore et Kodaikanal.

AK : Le groupe des étudiants voyage dans un grand minibus doté de l’air conditionné et de sièges confortables inclinables. Swami dit aux garçons d’entrer dans le minibus qui est chargé de friandises et de denrées en tous genres, sans compter les fruits qui abondent. On peut manger non-stop jusqu’à Kodaikanal ! Pendant le voyage, Swami s’arrête à une quinzaine, si pas à une vingtaine d’endroits. C’est parce que l’Etat du Tamil Nadu où Kodai se situe est rempli de dévots Sai. Chaque village du Tamil Nadu possède son centre Sai. Le long de la grand-route, les dévots ont érigés d’immenses pandals et s’y assoient en chantant des bhajans, tout en attendant Baba. Swami s’arrête, descend de Sa voiture, bénit tous les dévots, fait un tour rapide, reçoit l’Arathi et puis retourne dans Sa voiture.

GV : Il prend aussi des lettres ?

AK : Oui, Il prend aussi des lettres, Il sourit et Il demande : « Comment allez-vous ? » Et après qu’Il ait retrouvé Sa voiture, le convoi se remet en marche.

GV : Combien de temps vous faut-il pour aller de Bangalore à Kodaikanal avec les arrêts pour déjeuner, etc. ?

AK : Nous quittons Bangalore vers 5h00 et nous arrivons à Kodaikanal vers 17h00 ou 18h00.

GV : Douze heures ?

AK : Douze heures d’affilée et il y a des endroits importants comme Dindigul, Salem et Coimbatore où de grands groupes d’environ vingt-cinq mille personnes se rassemblent.

GV : Vingt-cinq mille ?

AK : Oui, vingt cinq mille personnes qui attendent Bhagavan. Les autres centres n’en compteront pas moins de mille ou deux mille. Mais ces grosses villes sont des endroits où Bhagavan s’est adressé aux dévots il y a de cela de nombreuses années. Ils se souviennent encore de Lui et c’est pourquoi ils se rassemblent en grands nombres, quand Swami se rend à Kodaikanal. Arrivé à Kodai, Il donne un sac de couchage à chaque étudiant. Une fois qu’ils sont dedans et qu’ils ont tiré la tirette, on ne sait pas dire si c’est un sac de riz ou si c’est un étudiant qui dort à l’intérieur !

Ce n’est pas tout. Le lendemain matin, Swami distribue des kits contenant brosse à dent, dentifrice, mousse à raser, lotion après-rasage, lames, rasoir, etc. Ensuite viennent les serviettes, de nouvelles tenues, des appareils photos et le reste. Une valise remplie de cadeaux utiles pour la vie quotidienne et des cadeaux importants que nous avons envie de préserver pour la postérité.

GV : Donc, vous pouvez partir sans aucun bagage et accumuler des tas de bagages ?

AK : Vous pouvez emmener une valise et revenir avec trois !

GV : Qu’en est-il alors de l’enseignement qui dit qu’il faut se charger de moins de bagages ? (Rires)

AK : Et puis, il y a les repas somptueux, là-bas. Pour le petit-déjeuner, il y a trois mets, dix pour le déjeuner, quatre pour le thé de l’après-midi et encore dix pour le dîner.

GV : Dites-moi, Anil Kumar, après avoir mangé tout cela, comment réussissez-vous à rester éveillés pendant les cinq séances durant lesquelles Swami parle ? (Rires)

AK : Les discours de Swami nous mettent en appétit. Plus nous L’écoutons, plus nous mangeons !

GV : De la nourriture pour l’estomac, de la nourriture pour l’esprit et de la nourriture pour le cœur !

AK : Parfois, Swami emmène les étudiants en pique-nique et Il joue presque avec les garçons. Il chante même avec eux. Toutes sortes de choses amusantes se produisent.
GV : Cela vous rappelle-t-il Krishna et Ses jeunes vachers, les Gopalas ?

AK : Oui, je pense que c’est la répétition d’une séquence, comme une bande que l’on rejoue.

GV : Excepté la différence d’âge entre le corps physique du Seigneur et ceux qui sont avec Lui cette fois-ci ?

AK : Peut-être, mais Bhagavan franchit toutes les barrières temporelles, quand Il matérialise certaines choses. Je sais, Monsieur, qu’une année, Il matérialisa la bague portée par le Seigneur Rama qui lui fut offerte par son père, Dasaratha.

GV : Oh là là ! La bague offerte par Dasaratha ?

AK : C’est bien cela. C’était une bague avec un diamant et Swami souriait en regardant à gauche et à droite tout en matérialisant une autre bague – cette fois une bague avec un saphir qui fut offerte au Seigneur Rama par son beau-père, l’empereur Janaka.

GV : On m’a dit que c’était de très grosses bagues ?

AK : Très grosses, en effet. J’ai dit : « Swami, elle est presque faite pour mon poignet. Comment se fait-il que cette bague soit si grosse ? » Swami répondit : « Le Seigneur Rama était un Aajanubhau’’, ce qui signifie quelqu’un de très grande stature. »

GV : Deux mètres cinquante, à peu près ?

AK : Oui, Swami matérialisa ensuite le Mangalasutra ou médaillon de mariage sacré, complet avec la chaîne sacrée qui supporte le médaillon. Elle fut portée par Mère Sita lors de son mariage. J’ai également vu Swami matérialiser la chaîne portée par Ravana.

GV : Ravana ?

AK : Oui, complète avec 365 Shiva Lingas et un pendentif constitué de trois gros Shiva Lingas, un jaune, un vert et un bleu. Les 365 Lingas étaient d’or, tandis que les trois du pendentif, au centre, étaient de cristal. C’était la chaîne que Ravana portait.

GV : Qu’est-il arrivé aux bijoux, après ?

AK : Retour dans les entrepôts Sai ! (Rires) Swami a également matérialisé une réplique en or du cerf qui fascinait Sita, ce qui l’a mise plus tard dans une situation difficile.

GV : Avez-vous pu toucher ces objets ?
AK : Oui, monsieur. Une fois, Swami a dit : « Demain, c’est la cérémonie de mariage de Balarama (le frère de Krishna) et de Revathi. Vous êtes tous invités à déjeuner ! » Naturellement, le lendemain, il y eut un déjeuner fabuleux et l’après-midi, Swami parla du mariage de Balarama et de Revathi. Et à la fin, Il matérialisa un collier magnifique orné de diamants avec trois ou quatre rangées de diamants.

GV : Mon Dieu ! Quelle était la dimension du collier ?

AK : Une quinzaine de cm. Au centre du collier en forme d’arc, il y avait un cygne suspendu à une chaîne en or. Le cygne était transparent et vous pouviez voir à travers ses yeux, son bec, son estomac, etc. Tout le monde s’est mis à le regarder. Swami est venu près de moi et Il a dit : « Regarde, regarde profondément. » C’est ce que j’ai fait et là, au milieu de l’estomac de cet oiseau, j’ai pu voir Bhagavan Baba allongé dans la position classique du Seigneur Narayana sur Son serpent aux mille capuchons, Adisesha. C’est ce que j’ai vu. C’était absolument fantastique. Swami matérialisa aussi le Choodamani ou l’ornement que Sita portait sur sa tête. C’est le Choodamani qu’Hanuman rapporta comme preuve de sa rencontre avec Sita, quand il fit son rapport au Seigneur Rama.

GV : Comment les garçons se sentent-ils en de telles occasions ? Ils doivent être transportés dans un monde différent.

AK : C’est cela, dans un monde totalement différent. Ils étaient venus si près qu’ils avaient même pris la liberté de presque harceler Swami en disant : « Swami, laisse-nous voir, laisse-nous voir ! » Swami laissa largement l’opportunité à chacun de voir ces objets matérialisés de près. Il les posa sur la table pour que chacun puisse plus tard les observer à loisir. Des photographies furent prises et quelques-unes se trouvent maintenant ici dans notre musée.

GV : Fantastique ! Pouvez-vous vous souvenir d’épisodes réellement touchants, spectaculaires ou réconfortants. Je suis sûr qu’il a dû certainement y en avoir quelques-uns.

AK : Eh bien, il y a eu cet épisode impliquant un étudiant du Kerala.

GV : Cet épisode s’est passé il y a combien de temps ?

AK : Il y a environ six ou huit ans. Swami montrait un intérêt particulier pour ce garçon. Nous nous demandions pourquoi. En fait, j’étais même jaloux ! Swami matérialisa une bague pour lui, une chaîne pour lui, une montre pour lui, etc., et il semblait que tout le voyage était destiné rien qu’à ce garçon ! Après quelques jours, Swami matérialisa une paire de boucles d’oreilles pour ce garçon.

GV : Des boucles d’oreilles ?

AK : Oui, monsieur, des boucles d’oreilles pour filles. Comment était-ce possible qu’Il matérialise des boucles d’oreilles pour ce garçon ? Nous n’arrivions pas à comprendre. Le lendemain, Swami matérialisa une autre paire de boucles d’oreilles pour le même garçon. Je me dis en moi-même : « Swami, j’ai trois filles, Tu peux aussi m’en donner une paire (rires), pourquoi rien qu’à ce garçon célibataire ? « Et puis, une semaine plus tard, au cours d’un discours, Swami dit : « Beaucoup se demandent pourquoi Swami a fait preuve d’un intérêt particulier pour un garçon bien spécifique. Certains sont spécialement curieux de savoir pourquoi J’ai donné des boucles d’oreilles à ce garçon. Ce garçon a perdu sa mère, il y a longtemps. J’ai vu le garçon pleurer, assis dans un coin. Je l’ai appelé tout près de Moi et Je lui en ai demandé la raison. Il M’a alors parlé de la mort de sa mère et il M’a dit que sa mère voulait offrir des boucles d’oreilles à ses deux filles, c’est-à-dire aux deux sœurs de ce garçon. Avant de pouvoir le faire, elle est décédée. A présent, Je suis Sa Mère et aussi la Mère de ces filles. Qui d’autre prendrait soin d’eux ? C’est la raison pour laquelle J’ai matérialisé tant de choses pour ce garçon. Vous comprendrez rarement ce que Je fais. Tout ce que Je fais et tout ce que Je dis a une signification plus profonde et un sens plus caché. Par frustration, le père du garçon a voulu se suicider. J’ai fait venir ici le père du garçon, Je lui ai soutiré la promesse qu’il ne tenterait plus de se donner la mort. Je prends maintenant soin de la famille. A partir de ce jour-là, ce garçon a commencé à sourire. » Cette histoire toucha vraiment mon cœur. Je dis : « Swami, Tu es la Mère des mères, plus chère et plus proche que la mère physique. Tu prends vraiment soin d’eux. « Je suis sûr qu’aucun d’entre nous ne peut réellement faire l’expérience de la profondeur et de l’intensité totale de l’amour de Swami.

GV : Oui, c’est vrai. Swami a toujours ce sentiment pour nous ; seulement, nous sommes incapables de le voir. Au lieu de cela, nous faisons toutes sortes de déclarations stupides comme « Swami est fâché, Il ne parlera pas », etc. Nous ne réalisons pas que Swami ne peut rien faire d’autre qu’aimer. Dans ce contexte, Swami dit que Dieu ne change pas et que l’homme seul change. Un jour, il dit que Dieu est bon ; un autre jour, il dit que Dieu n’est pas si grand ! Le problème est toujours avec l’homme et jamais avec Dieu.

AK : Oui monsieur et Il donne également un exemple. Quand nous nous rendons en train à Bangalore, nous disons, à l’approche de la ville : « Bangalore arrive. Bangalore arrive. » Et quand nous quittons Bangalore, nous disons : « Bangalore s’en va. » Bangalore ne bouge pas. C’est seulement nous qui nous y rendons et qui en repartons.

GV : Y a-t-il d’autres épisodes mémorables dont vous puissiez vous rappeler de vos voyages à Kodaikanal ?

AK : Oui. A Kodai, Swami distribue souvent toutes sortes de choses, dont des pastilles de menthe, des barres de chocolat, etc. Brusquement, un jour Il a dit : « Je distribue tous ces bonbons et tous ces chocolats pour que vous les mangiez, mais il y en a un ici qui ne les mange pas ; à la place, il les fourre dans son sac. Allez, les garçons ! Fouillez tous les sacs ! » C’était quelque chose comme une descente d’huissier (rires)! Alors, j’ai dit : « Swami, Bhagavan, pourquoi tout ce raffut ? Je suis celui qui ne les mange pas, je garde tout dans mon sac. » Bhagavan demanda alors : « Pourquoi fais-tu cela ? » Je répondis : « Swami, j’ai quatre enfants. Ils attendent quelque chose de moi. Quand je ramènerai ces précieuses choses, comme les pastilles de menthe – tout ce que Tu donnes est le plus précieux pour nous – quand je leur donnerai toutes ces choses, les enfants sauteront de joie. » Swami dit : « Ah, c’est ainsi ? » Il dit alors aux étudiants : « Dorénavant, vous remettrez à Anil Kumar cinq friandises, quatre pour ses enfants pour mettre dans son sac et une pour lui pour manger avec vous et se sentir heureux. » Comment pourrais-je jamais oublier cet épisode ? Je ne me rappelle de personne m’aimant plus que Bhagavan Baba. En fait, ceci est le sentiment de chaque dévot. Voilà l’opportunité que vous m’avez donnée, monsieur : décrire mon expérience qui est aussi l’expérience de millions de dévots, partout dans le monde.

GV : Qu’est-ce que Swami attend en retour de tout ceci ? C’est une question typiquement humaine, parce que je sais que Dieu n’attend rien en retour. En tout cas, écoutons ce que vous avez à dire.

AK : Swami veut seulement que nous apprenions de Lui que, tout comme Il nous aime, nous devons aimer notre famille, les autres êtres humains et Dieu. Et c’est parce que Dieu est amour et que l’amour est Dieu. Vivez toujours dans l’amour – voilà Son message.

GV : On m’a dit qu’une année, le jour où l’on commémore Easwaramma, Swami a distribué des couvertures aux pauvres pour sortir ensuite en distribuer aux gens qui ne pouvaient se déplacer à Sai Sruthi, le Mandir de Kodai. Etiez-vous présent ? Ceci semble être un épisode très inhabituel et émouvant. Pourriez-vous nous en parler ?

AK : Oui, des couvertures furent d’abord distribuées aux pauvres rassemblés à Sai Sruthi, ce jour-là, le six mai, la journée qui commémore Easwaramma. Brusquement, Swami a dit « Partons «. Il est monté dans Sa voiture et le convoi s’est mis en route. En chemin, chaque fois qu’Il voyait des pauvres, Il arrêtait la voiture, en descendait et se mettait personnellement à distribuer les couvertures.

GV : A-t-Il expliqué pourquoi ?

AK : Bhagavan a dit qu’il fallait tout faire pour prendre soin des pauvres, des nécessiteux et des malheureux. C’est une leçon que tout le monde devrait apprendre de Bhagavan. Vous ne devriez pas attendre qu’ils viennent à vous pour rendre service ; vous devez allez vers eux, les Daridra Narayana ou Dieu déguisé en pauvres.

GV : Etait-ce aussi parce que certains d’entre eux ne pouvaient pas venir, parce qu’ils sont handicapés ?

AK : Absolument. Et il n’y a pas que cela, monsieur. Sur la route de Kodaikanal, Sa voiture s’arrêtait parfois soudainement, lorsqu’Il voyait un mendiant ou une villageoise transporter du bois sur sa tête. Il les appelait et Il leur donnait de l’argent ; ce sont des gens qui n’ont jamais vu Swami et qui ne connaissent rien de Lui, encore moins qu’Il était Sai Baba. Il fait tout le temps des choses comme cela. Si je Le regarde curieusement, Bhagavan dit : « Je ne peux pas supporter que ces pauvres gens souffrent ainsi. » Monsieur, je pense que vous serez encore plus ravi et enthousiasmé, si je vous dis qu’à Kodai, Bhagavan achète des feuilletés au sucre et d’autres sucreries. Une fois, il en a acheté vingt-cinq qu’Il a ramenés dans Sa voiture – Sa voiture en était pleine. Plus tard, Il les distribua aux VIP qui étaient stupéfaits. Bhagavan dit alors : « Savez-vous pourquoi Je les ai achetés ? Ici, à Kodaikanal, il y a des personnes âgées qui ne peuvent pas se déplacer et leurs enfants gagnent leur vie en vendant ces feuilletés au sucre. Donc, si Je les achète, ils rentrent chez eux avec de l’argent et ils peuvent donner à leurs parents et ils sont tranquilles pour ce jour-là. » A partir de ce jour-là, tout le monde se mit à acheter des feuilletés au sucre. Pour vingt-cinq feuilletés au sucre, vous pouvez peut-être payer dix roupies, mais Swami leur a donné cinq cent roupies. Je questionnai : « Swami, pourquoi autant ? » Il répondit que ce n’était pas le prix des sucreries qu’Il donnait, mais Son amour ! Ce n’est pas le prix du sucre, c’est l’amour de Bhagavan à leur égard. Un jour, je fus vraiment très heureux, quand Il appela les étudiants pour leur dire : « Écoutez, les garçons, vous avez vu ces jeunes Tibétaines qui vendent des vêtements en laine. Que chacun aille en acheter pour qu’elles soient heureuses ! » Quand Sai Baba est à Kodai, tout le monde fait de bonnes affaires. Et vous avez certainement dû entendre parler des chapeaux de paille.

GV : Des chapeaux de paille ? En fait, j’ai une photo de Swami et de Narasimhamoorthy avec des chapeaux de paille.

AK : Un jour, Swami est descendu de voiture, Il a acheté un chapeau de paille qu’Il a placé sur Sa tête. Avec Swami qui portait ce chapeau, bientôt, tout Kodaikanal fut pleine de chapeaux de paille. Bhagavan dit : « Tu vois, ils ont maintenant beaucoup d’argent et ils sont très heureux ». Ce sont tous de pauvres gens qui attendent que Bhagavan arrive à Kodai, parce qu’avec Swami, Lakshmi (la déesse de la richesse) suit et prend soin de leur vie. Un autre jour, Swami appela deux domestiques, des femmes très pauvres et Il leur donna des saris en soie. Je me demandai pourquoi.

GV : Comment a-t-Il choisi ces deux femmes ?

AK : Elles travaillaient à l’ashram où elles faisaient la vaisselle. Swami leur a donné des saris en soie. J’interrogeai : « Swami, des saris en soie pour des domestiques ? » Swami me regarda et dit : « C’est Moi qui donne ; pourquoi devrais-tu te plaindre (rires) ? Es-tu jaloux ? » Je répondis : « Non, Swami. Elles ne peuvent pas s’offrir de tels saris en soie. Je ne sais pas pourquoi Tu leur donnes des vêtements aussi coûteux. » Il répondit : « Pour qu’elles puissent les porter à l’occasion de mariages et de telles cérémonies. Lorsqu’elles rendront visite à la famille avec ces saris, elles diront : « Sai Baba nous les a donnés. » Cela leur procurera beaucoup de joie. Pourquoi penses-tu ainsi ? » Sai aime tout le monde et Son amour est uniforme.

GV : Il s’efforce toujours de rendre les gens heureux.

AK : Très heureux.

GV : Le message est que nous aussi nous devrions nous efforcer de le faire. Dites-moi comment Swami, à Sa manière subtile, enseigne-t-Il aux étudiants. Je vous demande ceci parce que vous dites que vivre avec Swami est une expérience. Quelles en sont les leçons ?

AK : Il observe comment chaque étudiant se comporte et montre immédiatement les carences.

GV : Il a des yeux comme des rayons X !

AK : S’il y a la moindre erreur, Il le remarquera. Pour commencer, les manières à table, comment l’on devrait se conduire en dînant avec autrui. Généralement, ce sont les garçons qui servent en premier. Il y a tellement de points à considérer ici – comment servir, comment recevoir les invités, comment prodiguer l’hospitalité, comment parler aux aînés, comment s’habiller, toutes sortes de menus détails. Aujourd’hui, les parents n’ont pas le temps d’observer et d’éduquer. Ils sont occupés de leur côté. Mais Bhagavan est plus qu’un parent. Il s’occupe de Ses étudiants avec comme résultat que le garçon devient si bon que ses parents se demandent s’il s’agit du même enfant. Quand ils quittent la maison, les garçons ont un certain genre, mais quand ils reviennent, ils sont totalement transformés. Telle est la transformation que Swami opère.

GV : Trouviez-vous étrange que Dieu s’occupe de tout ceci ?

AK : Eh bien, Dieu vient pour réformer et pour transformer. La réformation du monde et la transformation de notre être intérieur.

GV : Vous dites que Swami sélectionne les étudiants talentueux. Comment fait-Il ressortir ces talents à Kodaikanal ?

AK : De manières multiples. Pendant les bhajans, Il leur demandera de chanter. Plus tard, Il demandera aux garçons de jouer d’un instrument. Il demandera aux étudiants avec des talents d’orateur de donner des discours.

GV : Y a-t-il des Kavi Sammelans, des sessions consacrées à la poésie ?

AK : L’Institut Sathya Sai est assez unique en ce sens que nous avons des étudiants qui proviennent de toutes les régions du pays. Nous avons en tout une quinzaine de langues. Chaque étudiant composera un poème ou un chant dans sa propre langue. Un jour, Swami organise le Kavi Sammelan, l’assemblée des poètes qui présentent leurs compositions. Swami dira à chaque étudiant : « Allez, chante un chant ou récite un poème dans ta propre langue. » Et pendant que le garçon s’exécute, Swami traduit, ajoute des explications et des interprétations, en plus de corriger le garçon, chaque fois qu’il commet une erreur.

GV : Il traduit ? Et si c’est un poème en bengali ?

AK : Il traduit toutes les langues.

GV : Alors, pourquoi a-t-Il besoin de vous ? De toute façon, c’est quelque chose d’incroyable. Dites-nous quelque chose à propos du pique-nique. Cela doit être quelque chose de très inhabituel.

AK : Swami emmène les garçons dans une région montagneuse proche de Kodaikanal. Le groupe se rend là-bas avec des lunch- packets. Tout le monde s’assied en formant un grand cercle et Swami plaisante à propos de la tenue et de la démarche des étudiants, en plus de les imiter, pour le plus grand amusement de tous. C’est très humoristique. Bien sûr, quand Il se moque de quelqu’un, c’est réellement pour aider le garçon à corriger ses erreurs. Il dira à un garçon : « Tu marches comme une femme », et ce garçon apprendra à marcher comme il faut. Il se tournera vers un autre et dira : « Pourquoi es-tu si empâté ? Tu ferais mieux de faire de l’exercice. », en faisant rire tout le monde. Après quelques plaisanteries de cet acabit suivent les jeux. Des petits papiers sont préparés avec des instructions diverses comme « Tu dois danser », « Tu dois chanter », « Tu dois raconter une blague «, etc. Le nombre de petits papiers préparés est égal au nombre de gens qui constituent le cercle. Un papier est mis dans une boite et la boite fait le tour du cercle sur un fond musical. Brusquement, la musique s’interrompt et le garçon qui tient la boite à ce moment-là doit précisément faire ce qu’il y a d’inscrit sur le papier à l’intérieur.

GV : Tout le monde tire un papier, même Swami ?

AK : Même Swami.

GV : Oh, mon Dieu !

AK : Une fois, le Prof. Sampath était là, avec le groupe. Il prit un papier. Le Prof. Sampath est une personne merveilleuse, un scientifique bien connu, un homme à l’esprit vif et plein d’humour et il personnifie les valeurs humaines. Quand vint le tour du Prof. Sampath, il considéra le petit papier à l’intérieur. Il était écrit : « Vous devriez chanter une chanson ». Le professeur dit : « Swami, je ne sais pas chanter. » Swami répondit : « Je ne peux pas vous aider. Vous devez suivre les règles du jeu et faire ce que dit le papier. » Le Prof. Sampath implora alors : « Swami, ne puis-je pas être exempté ? » En riant joyeusement, Swami dit : « Non, non, vous devriez faire ce que dit la note ». Le Prof. Sampath se mit à chanter de sa grosse voix ; il n’avait pas du tout l’habitude de chanter et chacun se boucha les oreilles pour ne pas l’entendre. Cela ajouta un peu de piment à la farce. Tout le monde se roulait par terre.

GV : Je me souviens que le Prof. Sampath m’a raconté cette histoire. Il l’a fait avec bonne humeur. C’est quelqu’un de joyeux et vivant, un homme merveilleux. Maintenant, si vous deviez résumer cette expérience extraordinaire que Swami offre à Kodaikanal, comment vous y prendriez-vous ?

AK : Eh bien, à Kodaikanal, nous avons des tas d’opportunités de poser à Bhagavan tout de sortes de questions concernant tous les sujets. Les étudiants sont aussi influencés par ce qu’ils voient. Lorsqu’ils sortent avec Bhagavan, ils voient des milliers de dévots qui L’attendent sur le côté de la route. C’est alors qu’ils réalisent la chance qu’ils ont ! Ils se disent en eux-mêmes : « Ces gens attendent depuis les petites heures dans le froid pour un simple coup d’œil de Bhagavan, alors que nous, nous sommes tout le temps avec Swami. Nous sommes si chanceux. » C’est la première réaction. La deuxième : Swami observe un étudiant manger un met particulier. Il veille à ce qu’il reçoive une portion supplémentaire. Et la façon dont Il s’occupe d’eux ! L’intérêt et l’amour extraordinaires de Swami touchent naturellement les étudiants et c’est ce qui provoque la transformation. Ils se demandent : « Que ferai-je en retour pour tout le temps qu’Il passe avec moi et pour tout l’intérêt et l’amour qu’Il me témoigne ? Comment rembourser ma dette ? »

GV : Que dit Swami à ce sujet ?

AK : Il dit : « Je ne veux rien de vous. Tout ce que J’attends de vous, c’est que vous obteniez une bonne réputation pour vous-mêmes, pour vos parents et pour votre Institut – voilà comment exprimer de la gratitude à Bhagavan ». C’est ce qu’Il dit. « Faites le bien, soyez bon, voyez le bien » – c’est la quintessence de Son message.

GV : Tout cela est incroyable. Cette émission va être entendue dans le monde entier et ainsi, vous avez littéralement apporté l’expérience de Kodaikanal à des milliers de personnes, partout dans le monde. Nous vous en sommes très reconnaissants à Radio Sai et nous espérons avoir d’autres opportunités pour vous parler de ce sujet. Après votre prochain voyage à Kodai, vous feriez bien de vous présenter immédiatement dans notre studio pour tout nous raconter !

AK : Je suis impatient d’avoir cette chance.

GV : Au moins pour cela, j’espère que vous serez repris pour le prochain voyage ! Merci beaucoup et Jai Sai Ram.

AK : Merci et Sai Ram.


Heart2Heart
Février / Mars 2004