LES ANNÉES MERVEILLEUSES

Par Mlle Bhavani Munshi



Mlle Bhavani Munshi est une élève de 6ème secondaire actuellement inscrite au programme Baccalauréat International du Lycée Catholique St. Robert de Thornhill, dans la province de l’Ontario au Canada. Elle a eu la chance de vivre et d’étudier à l’Ecole Primaire Sri Sathya Sai de Prashanti Nilayam pendant cinq ans entre 1996 et 2001 où elle a suivi les classes de la 1ère à la 5ème primaire.


Au cours de ces huit dernières décennies, Swami nous a enveloppés dans Son aura divine et Il nous a donné des souvenirs de Son omniprésence, de Son omnipotence et de Son omniscience à chérir pour le restant de nos vies. Il nous a octroyé Son énergie qui nous a aidés à traverser les situations les plus difficiles. Personnellement, Swami m’a aidée dans des milliers de circonstances, que j’ai été consciente de Son aide ou non, et ceci en est juste une qui, selon moi, a vraiment eu un impact sur qui je suis et qui je deviendrai.

Je connais Baba depuis toujours. Dans ma compréhension d’enfant, Il était Dieu et cela résumait à peu près tout. Je pensais qu’Il était quelque chose comme Superman, élevé à la puissance 10. Je ne peux pas dire que je savais qui était Dieu ou que j’avais jamais eu le temps de me soucier de telles questions philosophiques, mais jusqu’à l’âge de cinq ans, je croyais en Lui, parce que tout le monde autour de moi croyait en Lui. En grandissant, cependant, j’ai voulu des preuves de Sa divinité, et je les ai eues.


Le don de toute une vie

C’était en décembre 1995. J’allais avoir 5 ans, le 18 décembre, et comme n’importe quel enfant, j’étais très excitée. Pour ajouter à mon excitation, j’étais à Puttaparthi, en Inde, lieu de naissance et ashram de notre bien-aimé Baba. C’était ma toute première visite.

Le matin de mon anniversaire, mes parents me firent la surprise d’une ardoise et d’une craie. Ils m’expliquèrent que la craie et l’ardoise, c’était pour que Baba y écrive le symbole AUM. Alors, ce matin-là, je me rendis au Darshan avec mes nouveaux cadeaux sous le bras. Après un moment, Swami apparut et se mit à marcher dans ma direction. Comme j’étais trop timide pour demander à Swami d’écrire sur mon ardoise, ma maman dut L’appeler.

Je me souviens très bien qu’Il s’est tourné vers nous en souriant. Il s’est approché de moi et chose assez décevante, je n’ai pas de souvenir de ce qu’Il a fait après. Ma maman m’a dit qu’Il m’a bénie en répandant du riz sacré sur moi et qu’Il a dessiné le symbole sacré AUM sur mon ardoise pour marquer mon initiation dans l’apprentissage de la sagesse intérieure.

La seule chose que je me souviens avoir senti, c’était Sa présence divine établissant le contact avec moi et j’ai ressenti une émotion qui n’a probablement pas encore été identifiée – peut-être de la félicité, mais n’ayant rien à quoi la comparer, je ne suis pas sûre. C’est à ce moment-là que j’ai décidé d’étudier à l’Ecole Primaire Sri Sathya Sai de Puttaparthi.

Je ne sais pas comment j’ai pu avoir l’accord de mon père, ne fût-ce que pour tenter d’y entrer, mais je peux vous dire que cela n’a pas été facile. Heureusement, Maman est une ancienne étudiante du collège de Swami et par conséquent, elle n’a pas été trop dure à persuader. Quand Papa m’a finalement permis d’essayer, il a dit que je devrais travailler réellement dur pour être admise à cause de la différence de niveau.

Au Canada, mon expérience de la maternelle se concentrait sur l’artisanat, le coloriage, les puzzles, ‘’show and tell’’ et l’heure du déjeuner. Mais en Inde, les enfants savent généralement additionner, soustraire, lire et parfois même multiplier, à cet âge. J’étais loin derrière, mais cela n’a pas diminué ma confiance. Dans mon esprit de 5 ans, il était clair que j’avais ma place dans l’école de Swami. J’étais impatiente d’y entrer et j’étais déterminée à faire tout ce qu’il faudrait, même si cela voulait dire abandonner Barney pour les tables de multiplication. Finalement, en mai 1996, ma maman, ma cousine âgée de 10 ans et moi, nous partîmes en Inde pour l’inscription. Là, ma maman demanda à Swami dans les rangs du Darshan si ma cousine et moi, nous serions admises, et Il a dit oui. Après cela, je n’ai eu aucun doute quant à notre acceptation dans Son école.

Après avoir passé nos examens d’entrée à Puttaparthi, nous nous rendîmes à Whitefield, parce que la liste de ceux qui seraient admis serait affichée là, étant donné que Swami était à Whitefield et donc, la majorité des dévots. Tout comme Swami l’avait dit, je fus admise et bientôt, la nouvelle que ma cousine était admise arriva. Ma joie fut incommensurable, jusqu’à ce que je réalise que ma situation n’était pas aussi parfaite que je l’avais imaginé.

Choc culturel

En dépit de l’euphorie initiale, il m’apparut soudainement que je devrais maintenant vivre loin de chez moi au Canada et laisser mes parents pendant dix mois d’affilée. Il était absolument impensable que je puisse y arriver. J’avais peut-être passé une nuit chez une amie, mais je savais que je ne survivrais pas sans mes parents. Les laisser, ma maison et tout ce qui m’était familier, m’apparaissait comme une forme de torture. Je réalisai que mon papa ne serait plus là pour me donner ses étreintes d’ours chaque jour après l’école.

Ma maman ne serait pas là non plus pour me lire mes contes de fée favoris. Ils seraient à des milliers de kilomètres, au Canada, et j’étais certaine que même leurs baisers volants prendraient beaucoup de temps pour m’atteindre. Un étrange sentiment de crainte et d’incertitude s’empara de moi. J’avais 5 ans et quelques mois et j’avais jusqu’alors inflexiblement demandé à mes parents ce cadeau de l’éducation Sathya Sai. Maintenant que je l’avais, j’étais effrayée et nerveuse. C’est alors que je décidai d’écrire chaque jour à Swami et de Lui demander de me donner la force de survivre sans mes parents.

Avec mon écriture difforme et penchée vers l’arrière, je demandai à Swami le courage de pouvoir vivre sans mes parents. Chaque lettre que j’écrivis était totalement sincère, un appel franc à Dieu pour m’aider. Il était le seul à pouvait faire cela. Je ne connaissais pas mieux alors et je ne connais toujours pas mieux.


La réponse à un cœur languissant

Tous les jours, j’écrivais des petites lettres à Swami disant des choses comme « Baba, je T’aime à 100 % » et « S’il Te plaît, donne-moi la force de vivre sans ma maman ni mon papa ». Chaque lettre était toujours accompagnée de petits dessins de Baba, de mes parents, de moi-même et de ma cousine ou parfois de fleurs. Swami se donnait toujours la peine de venir jusqu’à moi et de prendre mes lettres. Ces lettres m’ont aussi appris une leçon. Swami ne se soucie pas de la longueur de votre lettre, du niveau de votre vocabulaire ou de la grammaire. Tout ce qu’Il veut, c’est que chaque lettre soit écrite avec dévotion.

Un beau jour, j’étais assise en deuxième ligne et j’attendais le Darshan de Swami. Comme d’habitude, ma lettre était bien placée sur mes genoux, en attendant d’être réceptionnée par Swami. Swami arriva et Il se mit à marcher dans ma direction. En s’approchant, Il se tourna vers moi et me fixa simplement. Il me regarda avec une telle intensité avec Ses yeux sombres, affectueux et profonds, touchant mon cœur profondément. Ce fut un échange de regards très puissant qui m’émut de l’intérieur et je commençai à pleurer.

Je ne savais pas pourquoi je pleurais, les larmes coulaient simplement de mes yeux. M’entendant sangloter, ma mère se tourna vers moi et me demanda ce qui n’allait pas, mais je
ne pus répondre. Je tentai de retenir mes larmes, mais je n’avais aucun contrôle sur elles. Après quelques minutes, j’arrêtai de pleurer et je réalisai ce qui s’était passé. Pendant ce temps-là, Il avait également pris ma lettre, bien que je n’en ai aucun souvenir, tellement j’étais absorbée par la réception de Sa douce grâce. Je le réalisai plus tard, quand ma mère me le signala.

Durant ce moment unique, Swami avait lu mon inquiétude et Il avait répondu à mes prières en me donnant le courage et la force de vivre sans ma mère terrestre. Il avait consenti à ma prière de vivre avec ma Mère Divine Sai, Celle qui veille sur nous à chaque instant de nos vies, quel que soit l’endroit où nous sommes ou ce que nous faisons. Je savais alors et je sais maintenant que je n’aurais pas pu rester les cinq ans que j’ai passés à l’Ecole Sri Sathya Sai de Prashanti Nilayam, s’il n’y avait eu la réponse de Swami à ma prière qui me donna la force intérieure.

En entrant dans Son école, je réalisai que la nourriture, les vêtements et presque tout le reste étaient différents et difficiles à s’habituer. Mais après quelque temps, j’oubliai toutes les différences, grâce à mes condisciples accueillantes et à l’amour qui circule dans la brise de Puttaparthi. Je n’avais pas le temps de songer à mes parents, occupée comme je l’étais avec mes études et par d’autres activités. Rapidement, je perdis la notion du temps et ma première année à Puttaparthi était terminée.

Un souvenir que j’ai de ma première année là-bas, c’est ma cousine qui est tombée malade. Comme ma cousine et moi nous étions devenues très proches, les derniers mois, je finis par passer beaucoup de temps avec elle dans la chambre des malades et naturellement, moi aussi je tombai malade. Nous avions toutes les deux de fortes fièvres. Et puis un jour, Swami visita l’école. A cette époque, Ses visites devenaient rares, aussi était-ce une agréable surprise. Swami arriva à l’improviste dans le dortoir et quand Il nous vit, Il leva la main en signe de bénédiction. Après Sa visite, nous nous rendormîmes et le lendemain matin, nous nous réveillâmes en nous sentant parfaitement bien. Le souvenir de Sa bénédiction, avec Sa main divine levée et son effet curatif sur nous est un souvenir que ma cousine et moi nous chérirons toujours.


Dieu prodigue santé et bonheur

Juste avant d’entrer dans Son école à Puttaparthi, les médecins découvrirent que je souffrais d’un problème cardiaque mineur connu sous le nom de « prolapsus de la valvule mitrale ». Bien qu’il était insignifiant pour moi, mes parents étaient très inquiets, principalement parce qu’il nécessitait que je prenne un médicament (un antibiotique) avant toute intervention impliquant une perte de sang. Un simple travail dentaire devait être précédé par la prise de ce médicament et mes parents s’inquiétaient tout le temps de ma sécurité sur la cour de récréation. Mais le 11 janvier 1998, j’expérimentai une fois de plus la guérison, des mains de Swami durant l’apothéose de notre représentation, lors de la Journée Sportive.

Il s’approcha de l’endroit où j’étais assise et Il me demanda : « D’où viens-tu ? » Je répondis que je venais du Canada, parce que dans l’excitation de l’instant, je ne pus trouver une réponse spirituellement plus correcte comme « De Toi, Swami ! » Swami sourit alors et me tapota la joue. Cet été-là, quand je rentrai chez moi au Canada pour les vacances d’avril et mai, j’allai passai mon check-up annuel chez le cardiologue. A la surprise de tous, mon cœur apparut tout à fait normal et mon corps avait apparemment vaincu le prolapsus de la valvule mitrale. Mon docteur n’avait pas d’explication, mais je savais que c’était le résultat du contact avec Swami.

A la fin de chaque année scolaire, je rentrais sans problème au Canada et deux mois plus tard, j’étais de retour à Puttaparthi pour la nouvelle année académique. Le cycle se poursuivit et je continuai d’en profiter jusqu’à la fin de ma 5ème primaire, quand la réserve de patience de mon père se tarit à la suite de mes appels annuels pour une prolongation d’une année d’étude supplémentaire à Puttaparthi. Pour finir, en 2001, je rentrai pour du bon au Canada et j’ai repris ici ma scolarité à partir de la sixième primaire.


Un impact indélébile

Néanmoins, les souvenirs de mon aventure divine à Puttaparthi vivent en moi. Tout ce que j’ai appris là-bas est devenu une partie de moi. Je suis devenue plus indépendante à cause de ces expériences et j’ai grandi de tellement de façons, trop nombreuses à décrire. Mon aventure prouve que vous n’êtes jamais trop âgé ni trop jeune pour écouter votre cœur et pour suivre votre rêve !

Aujourd’hui, je suis une élève de 6ème secondaire qui fréquente un lycée catholique dans la banlieue de Toronto et qui sait qu’en dehors de la connaissance livresque, la conscience de soi et la croissance intérieure sont extrêmement importantes. Et je ne l’aurais jamais su, s’il n’y avait eu la présence de Swami dans ma vie. Ma vie a été modelée sur cette base et elle le restera. En tant qu’adolescente, je fais face à beaucoup de problèmes et de choix que je dois opérer dans toutes les sphères de ma vie.

Je suis reconnaissante à Swami d’avoir suffisamment confiance en moi pour pouvoir choisir sagement et avec circonspection. Cet amour de la vertu et cette crainte du péché sont le don de Swami à chacun d’entre nous, Ses filles et Ses fils, qui ont été bénis de vivre dans Sa proximité physique. Ce fut une expérience extraordinaire pour moi de vivre avec Dieu comme voisin, à Puttaparthi, pendant cinq années mémorables. L’impact de Sa compagnie est indélébile. Où que j’aille ou quoi que je fasse, je sais qu’Il me guidera, parce qu’Il est Dieu et qu’Il m’aime, comme je L’aime et rien ne pourra jamais changer cela.


Heart2Heart
Décembre 2007