LA MATÉRIALISATION
DU COLLIER DE NARAYANA



Depuis que Swami a mis en place le chant des Vedas dans le Sai Kulwant Hall le 18 septembre 2003, il y une de très bons progrès et beaucoup d’intérêt pour les Vedas. Non seulement une majorité d’étudiants des institutions de Swami (dont l’école primaire) chantent les Vedas avec l’aplomb de brahmanes érudits, mais il y a aussi une résurgence mondiale avec des dévots de nombreux pays qui apprennent à prononcer les anciens mots sanscrits avec leurs palais d’occidentaux.

D’après la tradition ancienne, c’est le Seigneur Narayana Lui-même qui donna corps à l’ensemble des connaissances sous la forme des quatre Vedas (Rig Veda, Yajur Veda, Sama Veda et Atharvana Veda) pour le bien-être de l’humanité. Le Seigneur Suprême fit ainsi don à l’homme de cet ensemble sacré de connaissances pour l’aider à évoluer et à s’élever du niveau de l’humanité au niveau de la divinité.

L’une des missions de Swami souvent proclamée est veda poshana ou l’entretien des Vedas et la restauration de leur prééminence et de leur gloire immaculée dans la société humaine. Ainsi, nous les dévots, nous avons fait des progrès en apprenant les Vedas par cœur et nous les chantons peut-être même avec une intonation valable, mais nous devons encore nous poser la question - est-ce suffisant ? Est-ce tout ce que Swami désire ?

Il y a l’histoire d’un saint croyant qui récite un texte sacré à voix haute avec un sentiment ardent. Un autre saint, érudit, peut-être un peu plus sage, lui demande s’il comprend ce qu’il récite. Le premier saint répondit qu’il n’avait pas besoin de le comprendre, parce qu’il le récitait pour son Dieu et que son Dieu le comprenait parfaitement.

Cette histoire charmante résume peut-être aussi au mieux notre situation. Avons-nous la suffisance de croire que Swami vient s’asseoir dans le Sai Kulwant Hall et qu’Il retire du plaisir en nous écoutant chanter les Vedas ? Ou peut-être veut-Il maintenant que nous passions à l’étape suivante et que nous comprenions réellement leur sens. Après tout, cette affaire de chanter les Vedas est réellement pour notre propre bénéfice et non pour le bénéfice ou le plaisir du Seigneur. Donc, à présent que nous chantons voluptueusement en pensant « Il comprend, même si nous ne comprenons pas », il est peut-être temps de franchir l’étape suivante et de comprendre leur sens pour que nous puissions chanter avec un sentiment, une intensité et une implication totales et que nous en retirions le bénéfice maximal. Le bénéfice de réaliser notre potentiel divin complet ! Que nous sommes Dieu !

Après ce préambule, nous aimerions raconter ce qui s’est passé dans le Sai Kulwant Hall, l’après-midi du 3 juillet (2005). Swami est arrivé comme d’habitude, alors que les étudiants, le staff et les dévots chantaient les Vedas. Après qu’Il ait pris Sa place sous la véranda, Il s’est mis à lire les lettres que les dévots Lui tendent habituellement. En ouvrant une grande enveloppe, Il sortit ce qui ressemblait à une brochure. Swami la feuilleta soigneusement et Il appela un de nos frères, un ancien étudiant de l’institut de Swami qui travaille maintenant pour l’ashram et qui fait partie du groupe qui dirige l’assemblée dans le chant des Vedas. En lui remettant la brochure ouverte à une page contenant une bande dessinée sur Vivekananda intitulée JE SUIS DIEU, Swami lui dit qu’il devrait la lire pour comprendre l’importance des Vedas qu’ils chantent. Notre frère prit respectueusement la brochure et regagna sa place.

Après quelques minutes, il fut rappelé dans la Divine Présence et Swami lui donna des instructions pour la récitation de la Narayana Upanishad et pour que le sens en soit expliqué à l’assemblée. Le « groupe des Vedas » chanta d’abord quelques strophes de l’hymne épique qui furent ensuite traduites par notre frère pour le bénéfice de l’assemblée. Et cela continua, quelques strophes à la fois jusqu’à ce que tout le mantra de la Narayana Upanishad soit traduit pour le bénéfice de l’assemblée des fidèles.


La Narayana Upanishad traite de la gloire du Seigneur Narayana tel qu’Il est loué dans les quatre Vedas. Les premières strophes traitent de la création et décrivent ce que nous apprenons du Rig Veda—que de Narayana sont issus le principe vital, le mental, tous les sens, l’éther, l’air, le feu, l’eau et la terre, qui tous se combinèrent pour former l’univers. Brahma, Maha Rudra, Indra, tous les prajapathis et les autres demi-dieux, tous sont issus de Narayana. Les douze Adityas, les onze rudras, les huit seigneurs des directions, tous les Vedas et tous les types de richesse sont issus de Narayana. Il entretient tout et en fin de compte, tout se fond en Lui.

Du Yajur Veda, nous apprenons que Narayana est le principe éternel. Brahma, Siva et Indra sont tous Narayana. La Terre et le Ciel, le Temps et les Directions sont tous Narayana. Narayana forme les mondes intérieurs et extérieurs. Tout est la manifestation de Narayana. Le passé et le futur sont des manifestations de Narayana. Narayana est sans souillure, toujours bienheureux et non duel. Il n’y a rien qui ne soit Narayana. Narayana est le Soi Suprême, l’Un sans second. Narayana et Vishnou imprègnent l’univers entier. Narayana seul existe.

Le Sama Veda déclare que le son primordial « OM » doit d’abord être prononcé et suivi par « Namo ». Puis vient la méditation sur « Narayana ». « Om » possède une syllabe, « Namo » possède deux syllabes et « Narayana » possède cinq syllabes. Tous ensemble, ils forment le mantra de huit syllabes OM NAMO NARAYANA qui est le roi de tous les mantras. Ceux qui chantent ce mantra avec une foi et une dévotion sincères obtiendront une bonne santé, une longue vie et la prospérité Ils obtiendront aussi le statut de « Prajapathi ». Ils parviendront à l’état immortel de Narayana Lui-même.

Le Pranava (OM) est constitué de trois lettres A, U et M. Le Pranava est en vérité le principe de vie. Le Pranava est suprême félicité. C’est l’état suprême de Brahma ou de l’Atma. Les maître du yoga qui le savent vénèrent le Pranava en chantant « Om » et atteignent le lieu de la libération. Ces yogis brisent les chaînes de la naissance, de la vie et de la mort. Ceux qui vénèrent le mantra, « Om Namo Narayana » parviendront à la demeure suprême, « Vaikunta ». Narayana est « Parabrahma ». Son siège est le lotus du cœur. La connaissance de ce Seigneur est la plus haute sagesse. Cette sagesse illumine comme la foudre. Sri Krishna, le fils de Devaki, est l’incarnation de Brahma. On L’adore aussi sous le nom de Madhusudhana. Il réside dans tous les êtres. Il est le fondement de tout. Lui-même est sans cause. Il est la cause sans cause de tout. C’est ce que déclare l’Atharva Veda.

La dernière strophe du mantra appelle « joyau de la couronne de l’essence des quatre Vedas » cette Narayana Upanishad. Si cette Upanishad est chantée le matin, elle détruit le péché commis la nuit précédente. Si elle est chantée le soir, elle supprime le péché commis pendant la journée. Si elle est chantée à midi, elle pulvérise les cinq grands péchés. Celui qui chante cette Upanishad obtiendra le mérite de l’étude des Vedas et réalisera finalement l’unité avec Narayana.

Pendant la traduction qui expliquait l’importance du mantra OM NAMO NARAYANA et comment celui-ci nous aiderait à atteindre la demeure suprême, Vaikunta, Swami posa une question (en anglais) à notre frère qui faisait la traduction sur un ton juste assez audible pour porter jusqu’à lui : « Quelle est la signification de Vaikunta ? » Ah ! Question divine astucieuse ! Pour la plupart d’entre nous, la réponse aurait été toute prête et prévisible— Vaikunta est la demeure du Seigneur Vishnou. Mais ce frère, mieux informé que la plupart et avec une grande présence d’esprit se souvint d’une définition que Swami avait donnée dans un discours et répondit : « Vaikunta est tout ce qui n’est pas étroit, mais vaste et toujours en expansion ». Swami manifesta Son contentement, suite à cette réponse qu’Il attendait et arbora le sourire fier d’une maîtresse d’école qui réalise que ses élèves ont enfin « saisi ».

A la fin du mantra, un silence dense régna dans tout le hall. Swami leva la main comme Il le fait si souvent pour élever l’humeur de chacun. Et puis brusquement, sans avertissement, Bhagavan agita vigoureusement Sa main droite et matérialisa un magnifique collier en or. Après avoir ouvert le fermoir, Il appela le frère qui avait fait la traduction et lui tendit le collier. Bhagavan lui dit aussi quelque chose qu’il écouta très attentivement.

A présent, toute l’assemblée était électrisée. La magnificence du collier était clairement visible pour tous, même pour ceux qui étaient assis au dernier rang. Nous nous demandâmes aussi s’il allait y avoir une révélation et nous ne fûmes pas déçus.

Le frère se tourna vers l’assemblée en brandissant le collier. On se hâta de lui installer un micro. Il expliqua alors à tout le monde la signification du collier, comme Bhagavan la lui avait expliquée. Bhagavan avait dit que le collier contenait le pouvoir du mantra sacré « Om Namo Narayana ». Il déclara ensuite que Swami lui avait expliqué que tous les Vedas, les Upanishads et les autres Ecritures illuminent le chemin que l’homme doit prendre pour atteindre sa destination finale - la Divinité. Le mantra « Om Namo Narayana » contient l’essence et le pouvoir de toutes les Ecritures. L’aspect paternel et maternel de la divinité est contenu dans ce mantra. Sans l’un ou sans l’autre, il ne peut y avoir de création. Mais si l’on méditait profondément, dit Swami, on réaliserait qu’il n’y a aucune différence entre les deux aspects - Purusha (Dieu) et Prakruthi (nature), ils sont effet un et identique.

A la fin de ses explications, le frère se retourna vers Swami et s’apprêta à Lui remettre le collier. Swami lui demanda de le garder dans sa poche et de le Lui rendre plus tard. Quel honneur ! Et quelle merveilleuse après-midi à baigner dans Sa divine présence. Combien lentement et patiemment Swami nous ramène à Lui. Pour nous tous présents ici, la Narayana Upanishad prendra vie chaque fois qu’elle sera chantée, car alors, les images divines des événements de cet après-midi nous reviendront à l’esprit et nous feront frissonner au plus profond de notre être. Manifestement, le temps est venu. Et le temps, c’est maintenant. Levons-nous, éveillons-nous, aspirons, adorons et réalisons Dieu !


Heart2Heart
Août 2005