BANGAROO ! VOUS ÊTES DIVINS

Dr Sara Pavan


Peut-on être l’instrument de la transformation d’autrui ?


(Tiré de Heart2Heart du 1er octobre 2006,
le journal sur Internet des auditeurs de Radio Sai)


Le vieil adage déclare : « Le chemin vers Dieu est jonché de pierres et d’épines. »

L’histoire foisonne d’hommes et de femmes qui ont enduré des souffrances considérables sur la voie qui les mène à la sainteté. Ils ont été dénigrés et martyrisés par ceux que le pouvoir matériel intoxique. Mais, aujourd’hui, par la grâce de notre aimant et vivant Seigneur, Bhagavan Sri Sathya Sai Baba, un fidèle n’a nul besoin d’emprunter un sentier aussi dangereux.

Bien sûr, nous avons notre part de problèmes karmiques mais, avec la clémence et les conseils de Swami, leur impact sur nous sera minime, car Swami nous donne la capacité d’être témoins de ces évènements depuis un plan de conscience plus élevé. Il y a deux millénaires, il y avait deux hommes qui portaient les mêmes initiales : J.C. L’un utilisa son armée pour agrandir son royaume sur la Terre, l’autre se servit du pouvoir de son amour pour renforcer le Royaume des Cieux. Ils se nommaient respectivement Jules César et Jésus-Christ. De nos jours, nous ne nous souvenons que du dernier et nous le vénérons. Il a montré à l’humanité le chemin du Royaume éternel. On ne peut pas atteindre le sommet sans se transformer à nouveau en pur Soi, état à partir duquel tout a commencé.

Pourquoi les fidèles doivent-ils affronter tant de difficultés ?

De nombreux fidèles doivent faire face à d’innombrables difficultés et subissent des pertes importantes. Il est souvent demandé pourquoi des aspirants spirituels doivent affronter de tels problèmes, alors que ceux qui poursuivent un chemin matériel semblent avoir une vie heureuse et ne pas connaître autant d’épreuves !

Ceux qui, comme nous, ont été attirés vers Bhagavan ont fait non seulement l’expérience de Son Amour sans limite, mais ont également vu un bon nombre de leurs désirs matériels se réaliser. Nous avons baigné dans cette joie nouvellement découverte et prié pour que soient exaucés davantage de nos rêves matériels, nous engageant à passer tout notre temps disponible dans différentes « activités Sai ». Au début, nous ne pouvions pour ainsi dire pas cesser de parler de nos expériences avec Swami et de nos réussites.

Lors de la phase suivante, nous avons commencé à proclamer nos succès en oubliant Qui est en vérité Celui qui agit ! Au troisième stade, nous avons traversé des problèmes et notre ego, notre orgueil et notre possessivité ont été ramenés plus bas que terre. Nous nous sommes retirés en silence suite aux humiliations, aux conflits et à diverses sortes de pertes que nous avons subies.

Le défunt Professeur Kasturi appelait ces trois phases : Chatter-ji, Banner-ji et Mukher-ji ! Ce n’est que par la grâce de Swami que notre foi demeure intacte et que nous persévérons dans notre Sadhana d’introspection. Nous traversons notre « hiver spirituel » avec patience et attendons que le printemps spirituel vienne pour nous réjouir à la vue de bourgeons de valeurs et de vertus spirituelles plus élevées. C’est par cette manière, unique en son genre, que Swami effectue cette formidable tâche. Il a pris forme humaine pour assurer la transformation de l’être humain en être divin. Dans cet article, l’auteur essaie de transmettre des idées, aussi complexes que subtiles, fondées sur sa propre expérience avec Bhagavan depuis près de trois décennies dans l’espoir que le lecteur appréhendera cette contribution dans son propre contexte et s’abandonnera à son tour aux mains du divin Maître.

Nous sommes « Bangaroo » (de l’or) !

L’Univers a Dieu pour origine et il en est la manifestation. La Divinité est présente dans toute la création. L’essence de chaque personne est divine. Il n’est donc pas étonnant que notre bienaimé Swami s’adresse à nous en employant le terme de Bangaroo (or). À l’instar du joaillier qui retire toutes les impuretés de « l’or brut » avant d’en faire un bijou, l’Avatar, à Sa façon inimitable, nous débarrasse de notre nature animale et nous transforme en êtres Divins.

Nous pouvons essayer de sonder ce mystère en nous fondant sur nos propres expériences, sur le processus d’apprentissage par lequel nous passons ainsi que les épreuves et les vicissitudes que nous rencontrons. Parmi les huit millions quatre cent mille espèces de formes de vie existant sur la Terre, la naissance humaine est la plus précieuse. La vie sur cette planète n’a cessé d’évoluer depuis plus de cinq milliards d’années, en commençant par les minéraux, les plantes, les animaux et finalement la vie humaine. Celle-ci a émergé il y a environ 900.000 ans, soit 55.000 générations, pour parvenir au stade actuel de son évolution sur la Terre. Des six milliards et demi d’individus sur cette planète, seuls quelques-uns aspirent à explorer et expérimenter leur véritable nature d’un point de vue à la fois physique et spirituel. Parmi eux se trouvent ceux, extrêmement fortunés, qui sont venus pour un face-à-face avec Dieu.

Au milieu de nous se trouve, sous forme humaine, le Phénomène Causal dans lequel s’inscrit le Tout, la source de toute création. L’avènement de Bhagavan Baba a pour but d’élever spirituellement l’humanité toute entière et d’accélérer l’éveil de son inhérente Divinité.

La Création et le Joyau qui la couronne

L’Univers s’est manifesté à partir de l’Énergie première qui est la Conscience ou Brahman (Dieu) lui-même. À partir de cette pure Énergie, source primordiale de la création, les cinq éléments - l’éther, l’air, le feu, l’eau et la terre - se sont tout d’abord manifestés, donnant une forme au créé.

L’évolution commença à partir du monde minéral, qui ne percevait pas sa propre conscience. À chaque étape de l’évolution, en passant par les règnes végétal et animal, cette conscience a pris de l’expansion jusqu’à atteindre son zénith dans l’être humain. L’humanité est arrivée au seuil du progrès final pour faire l’expérience du Soi intérieur et vivre en pleine conscience. Considérée comme le couronnement de la nature, l’évolution a réalisé un « organe » doté de la « Conscience du Soi », qui peut penser dans l’Univers vivant et communiquer avec l’Intelligence Supérieure. Cela signifie que seul l’homme peut faire l’expérience de l’unité avec la Source infinie et se débarrasser de la sensation d’être séparé de la création sous tous ses aspects.

Les bêtes féroces et les oiseaux sont dépendants du mental, alors que l’être humain est capable de soumettre celui-ci à son contrôle. Les animaux, dans leur grande majorité, vivent d’une manière instinctive sur le plan physique. Ils ne pensent pas, ne s’inquiètent pas comme le font les êtres humains. Leur énergie et leur vitalité sont gouvernées par d’autres modalités situées plutôt sur le plan biophysique. En raison de leur mental primitif, la plupart des animaux réagissent plutôt à la manière de miroirs. Un chien va aboyer en réaction à un autre chien qui aboie ou il agitera la queue pour répondre à une attitude similaire chez un autre chien. À l’inverse de celui de l’animal, le mental humain peut penser et discerner. Par conséquent, lorsque l’homme réagit comme un animal, il n’arrive pas à la hauteur d’un être humain.

L’expérience de l’Unité – Réalisez la Divinité

La pensée elle-même est énergie. Elle génère ses propres vibrations. La vitalité et l’énergie d’une personne sont le reflet de son état d’esprit. Des pensées pures, ouvertes à tout, génèrent une énergie positive qui vibre à des fréquences plus hautes, alors qu’une énergie négative laisse pénétrer des pensées égoïstes et de rejet vibrant à des fréquences plus basses et drainant l’énergie. Ces vibrations sont tellement subtiles qu’elles sont même perçues inconsciemment par les espèces inférieures, et à plus forte raison par les humains. Il y a sept chakra ou centres d’énergie chez l’homme. Les trois chakra inférieurs vibrent à des fréquences inférieures et les trois chakra supérieurs vibrent à des fréquences supérieures, le chakra du cœur se trouvant sur la ligne centrale de division. Ce n’est que lorsqu’on se dépouille de ses qualités animales que l’on commence à manifester des qualités divines.

Les niveaux d’énergie s’élèvent très hauts et vibrent à travers les chakra supérieurs. Cette vibration ou énergie se trouve au niveau infime de chaque cellule ; elle n’est pas limitée à un organe spécifique, pas plus qu’à la colonne vertébrale qui n’est qu’un simple canal.
« Le principe de l’unité dans la diversité et de la diversité dans l’unité est un phénomène naturel et sacré de la création de Dieu. » Baba (page 41 de Mind and its Mysteries – La pensée et ses mystères) Ce n’est que lorsqu’on ressent l’Unité avec la création toute entière que l’on peut faire l’expérience de la Divinité, mais les qualités animales que nous avons véhiculées de vie en vie (vasana) nous empêchent de vivre une telle expérience. Celles-ci devront être abandonnées. Jusqu’à ce moment-là, ces caractéristiques continueront à apparaître en de nombreuses circonstances. Nous devons être exposés à une grande variété d’épreuves qui stimuleront ces mauvaises qualités et cela afin que nous soyons en mesure de les éliminer. Seul l’être humain doté d’un intellect est apte à discerner et à se débarrasser de ces qualités animales à mesure qu’elles font surface.

« Quelle est la raison de cette grande chute de l’être humain ? Ses propres désirs. Ce sont les désirs de l’être humain qui sont responsables de tout acte bestial, des conflits mutuels, de la jalousie et de la haine. Ses propres vasana en portent la responsabilité. Il faut donc faire des efforts pour éliminer les vasana et les désirs qui transformeraient l’homme en animal ou en insecte, et développer les qualités qui le rapprocheront de Dieu. » Baba (page 29, Mind and its Mysteries)

Par « éliminer les vasana et les désirs qui transformeraient l’homme en animal ou en insecte… », nous devons comprendre que Swami ne Se réfère pas à une régression de l’homme en animal ou en insecte dans une incarnation future, mais simplement à la récurrence ou persistance des qualités animales dans le comportement humain lequel, en conséquence, doit s’attendre à être traité comme un animal ou un insecte et à en souffrir les conséquences. Swami dit aussi (page 31) :
« S’identifier à ses sens et goûter les plaisirs de la chair n’est pas quelque chose d’extraordinaire. Les animaux quels qu’ils soient, oiseaux ou bêtes féroces, font de même. Ayant obtenu de naître en tant qu’êtres humains, chose inestimable et sacrée entre toutes, si les individus se comportent comme des animaux, où est donc leur grandeur ? Les animaux, à plumes ou à poils, sont tous contrôlés par leur mental, alors que l’être humain a la capacité d’amener le mental sous son contrôle. »

Sans dévotion, discipline et détermination, on ne peut y arriver. L’intellect tire ses forces de l’Atma qui est très proche de lui. Des occasions d’éliminer ces qualités animales et de nous élever nous sont données à maintes reprises, et ce, même au cours de plusieurs incarnations.

La nature : un infatigable professeur

Bien que la Nature soit le prêcheur et notre vie le professeur, nous échouons, par notre arrogance et notre sentiment de supériorité, à apprendre les leçons que la nature nous donne. Au lieu de nous comporter comme des protecteurs de la nature, l’illusion que nous sommes en les maîtres suprêmes nous pousse à l’exploiter comme si elle était là pour notre bon plaisir. Certains, n’écoutant que leur ego et leur égoïsme, vont même jusqu’à tirer avantage des plus faibles et à les soumettre de nombreuses façons. La loi de la nature est divine et ne fait montre d’aucune partialité. Toute action cause une réaction, un reflet et un écho. Voilà qui explique pourquoi et comment la nature frappe en retour quand nous l’exploitons et l’endommageons. Les individus, tout comme les nations, continuent à se quereller à cause de leur individualisme, inconscients du fait que ce sont eux-mêmes qu’ils blessent. Quand cela prendra-t-il fin ? Si nous nous entêtons à détruire la nature, elle répondra plus sévèrement encore – tsunamis, séismes, gigantesques feux de forêts, inondations, sècheresses, glissements de terrain, changements climatiques, trous dans la couche d’ozone et bien d’autres choses…

Nous ne pouvons pas continuer à fermer les yeux et à ignorer les pouvoirs néfastes du mental auquel Swami Se réfère en tant que « mental démoniaque ». Individuellement autant que collectivement, nous participons à créer des calamités autour de nous et sur l’ensemble de la planète. Les conflits et les guerres trouvent leur origine dans la pensée humaine. Les commérages et les calomnies peuvent eux aussi être la cause de grandes détresses. Lorsque nous regardons de plus près ce que nous appelons la civilisation moderne, l’éducation moderne, la prospérité matérielle et les moyens immodérés mis en œuvre pour parvenir au profit et créer des sensations, il est évident que les êtres humains aujourd’hui sont égoïstes et qu’ils font toujours davantage montre de qualités animales. Les animaux ont leur juste part de bagarres dans la jungle où des troupeaux de bêtes se battent les uns contre les autres pour assurer leur territoire.

Eh bien, force est de concéder qu’en tant qu’êtres humains nous démontrons parfois, nous aussi, de telles caractéristiques, qu’elles aient fait ou non l’objet de provocations ! Par le rappel constant que le Divin est en tous, nous devons fermement éviter des pensées ou des actes de ce type. Le doux avertissement de Swami est de nous inviter à nous remémorer que nous sommes des êtres humains et non des animaux. Dominée par l’individualisme et l’égoïsme, la conduite animale répétitive est difficile à éliminer. Mais nous devons être sincères dans notre Sadhana, alors la grâce de Swami se déversera en abondance.

« Il n’y a ni unité, ni pureté, ni divinité », dit Swami. Cela devrait pourtant être la marque distinctive de tout être humain pratiquant les cinq Valeurs Humaines. Nous nous profanons et nous détruisons de plus en plus la nature. Notre parodie de valeurs naturelles a atteint un point tellement critique que Dieu est descendu sur Terre pour intercéder et sauver la situation. Voilà exactement ce que Bhagavan Baba fait : Il transforme l’homme-animal en homme-Dieu. Ses méthodes sont inexplicables, uniques et subtiles. « La nature, dit Swami, est le meilleur des guides et votre propre vie est votre professeur. » La nature est également la manifestation de l’énergie divine et de la conscience, mais nous continuons à être ignorants et trop égocentriques pour apprendre de la nature. La Providence nous offre des opportunités uniques d’apprendre de nos erreurs dans nos relations avec la famille, les amis et les partenaires. Parfois, il nous faut faire face aux plus dures leçons pour éliminer ces spécificités animales et nous transformer.

Quand les Karmas sont inextricablement reliés entre des individus autant qu’avec des situations de la vie, il n’existe pas d’autre option que d’endurer ces difficultés et de s’interroger : « Qu’est-ce qui en moi a attiré tout cela ? » Seul Dieu sait ce qui est le mieux pour chacun de nous. Il enverra les gens et les instruments appropriés pour gommer certaines de nos qualités indésirables. Dans certains de Ses discours, Swami a comparé notre comportement à ces animaux : chiens, chats, rats, cochons, ânes, singes, serpents et d’autres encore. Swami a même observé que les animaux ont une raison pour agir et sont régis par des saisons, alors que l’homme n’a ni raison ni saison.

Dieu nous façonne… Toutes les occasions sont bonnes

À Ses fidèles qui sont sincères sur le sentier spirituel, Bhagavan donne davantage d’opportunités de se transformer. De la même manière qu’un médecin prescrit des traitements différents à des patients souffrant de différentes maladies tout en surveillant leurs progrès, notre « divin Docteur » peut nous placer dans des situations de vie sur mesure pour que nous en tirions de précieuses leçons et apprenions à supporter certaines difficultés. Avec sagesse, nous devrions apprendre à résoudre les conflits en nous-mêmes et avec autrui sans amertume et sans animosité.

Des tests de cet ordre peuvent se présenter à la fois dans notre vie privée et notre vie publique. Le conflit intérieur est une bataille avec notre conscience qui est finalement celle qui est gagnante sur le chemin spirituel. Les conflits interpersonnels sont dus à l’ego, à l’égoïsme et à la nature dominatrice et cela ne peut être résolu que par l’amour fraternel et la tolérance. Il y a des dizaines d’années de cela, Bhagavan Baba a prévenu Ses fidèles qu’ils auraient à affronter de nombreuses épreuves, mais qu’avec une perception appropriée nous nous rendrions compte que ces difficultés et ces conflits ont le pouvoir d’exorciser certains de nos traits négatifs.

Avec la grâce de Bhagavan et sous Sa protection, les conflits restent contrôlables ; ils ne causent ni dégâts matériels ni dommages secondaires. La souffrance est uniquement d’ordre mental et se dissipera avec un entraînement spirituel approprié du mental. Jamais, même dans le rêve le plus insensé, un recours en justice à l’encontre d’une autre personne ne pourrait être envisagé, et tout particulièrement contre un autre fidèle, comme c’est souvent le cas ailleurs. Au lieu de cela, nous ferons de notre mieux pour comprendre le problème plus en profondeur tout en acceptant le revers comme faisant partie d’un but plus élevé. Avec une détermination, un discernement et un amour plus grands, tous nos attachements et nos antagonismes fondent et se transforment en paix et en tolérance. Il y a quelques années, dans les sessions de Trayee Brindavan, à Whitefield, Swami déclara à ceux qui étaient autour de Lui qu’ils devraient faire un effort pour se débarrasser de toutes les animosités, faute de quoi, prévint-Il, ces sentiments obsédants se répercuteraient lors des vies futures. Puis, Il les bénit. Sa présence universelle et Ses conseils pleins d’amour sont toujours disponibles quelle que soit la tâche que le fidèle entreprenne en évoquant Son divin Nom.

Seul un diamant peut couper un autre diamant

La métaphore qui suit illustre comment un individu peut transformer un autre individu. Imaginez que, par hasard, vous trouviez une pépite d’or en creusant la terre. Plaçons cette pépite à côté d’un magnifique collier finement travaillé, le tout dans un coffret verrouillé. La pépite se trouve à présent en compagnie du collier qui, en son temps, fut lui aussi une pépite à l’état brut. La pépite va-t-elle se transformer spontanément du simple fait de sa proximité (Satsang) avec le collier ? Non, car elle n’est pas passée par les outils de transformation entre les mains du joaillier – le feu, l’enclume, le marteau, les pinces, les ciseaux, les polissoirs et j’en passe. Il est obligé d’utiliser tous ces instruments pour pouvoir façonner la pépite en un splendide bijou.

De quoi ces outils sont-ils faits ? Ils ne sont ni en plastique ni en bois, mais dans un autre métal tel que l’acier qui est noir et laid comparé à l’éclat de l’or. Nous en concluons que seul un métal peut transformer un autre métal, de même que seul un diamant peut couper un autre diamant. Il en va de même pour les humains : là aussi il est démontré que l’outil capable d’aider à la transformation d’un être humain ne peut être qu’un autre être humain !

Les hommes ne distinguent pas toujours leurs propres imperfections, mais ils sont prompts à détecter celles d’autrui. Bien que nous ne soyons pas conscients de nos traits négatifs cachés, Swami, qui est Dieu-présent-en-tous, les voit tous clairement. Nous ne pouvons rien Lui dissimuler, car Bhagavan réside en chacun. Dans Son infinie miséricorde et compassion, Il pardonne toujours et guide patiemment ceux qui font un premier pas vers Lui. « Vous voyez la paille dans l’œil du voisin alors que vous ne voyez pas la poutre qui est dans le vôtre », a dit Jésus. « Lorsque vous montrez quelqu’un du doigt, trois doigts sont pointés vers vous », réitère Bhagavan Baba. Nous ne percevons une faute chez autrui que parce que la même se dissimule en nous. Comment se fait-il que tous ne la voient pas ? Ils ne la voient pas car ils ne la possèdent pas. Ils sont comme de purs et innocents enfants ! Nous pourrions comparer cette situation à deux ordinateurs renfermant des dossiers compatibles. Ainsi, quand nous voyons un comportement spécifique chez autrui, cela signifie simplement que le défaut en question est aussi en nous. Seulement, le pouvoir de l’illusion et de l’ego ne nous permet pas d’entretenir de telles pensées !

Plus tôt nous apprendrons à accepter cette vérité et à nous y conformer, plus nous aurons à y gagner, nous donnant la force d’éliminer nos qualités négatives à mesure qu’elles se manifestent. À plusieurs reprises, Swami a dit à l’auteur qu’absolument rien de mauvais n’existe dans toute Sa création, même si ce que nous considérons comme négatif actuellement pourrait bien, après tout, ne pas l’être rétrospectivement ! « Si une épine blesse votre pied, vous aurez besoin d’une autre épine pour la retirer. Vous pourrez alors jeter les deux et vous serez débarrassés de votre douleur », dit Swami.

Seul un « moins » peut interagir avec un autre « moins » pour faire un « plus ». Aucun « plus » ne peut transformer un « moins » en « plus ». Ainsi, lorsque nous entreprenons une relation avec d’autres individus possédant les mêmes traits négatifs que nous, le divin Alchimiste commence Son travail, subrepticement, afin d’éliminer ces défauts en chacun – bien entendu, au commencement ce n’est pas sans douleur et sans angoisse. De telles expériences sont pénibles exclusivement pour notre ego. Les individus chez qui nous voyons des fautes ne font que nous rappeler que les mêmes fautes existent aussi en nous. Nous devons saisir toutes les occasions qui nous sont données pour déraciner nos propres défauts, tout comme l’épine est nécessaire pour déloger l’autre épine incrustée dans notre pied. Ce mécanisme est comparable à l’action d’immunisation, où une dose contrôlée de la même bactérie qui cause une infection agit comme un vaccin. Des frissons, de la fièvre et des douleurs s’ensuivront, mais l’immunité qui en résultera empêchera une possible infection mortelle plus tard.

Il éduque, forme et transforme… et toujours dans l’Amour

Dieu vient aussi sous la forme humaine d’un Avatar pour transformer l’humanité et la conduire vers la réalisation Divine. Swami Lui-même a déclaré que, s’Il était venu sous la forme d’un lion féroce, nous L’aurions mis en cage et, s’Il était venu sous la forme inoffensive et inimitable d’un être avec plusieurs têtes et membres, nous aurions exhibé cette unique « créature » comme un animal de foire en faisant payer l’entrée. Si nous devions envisager Sa manifestation en tant qu’éclairs, orages, ouragans et tremblements de terre terrifiants, nous n’aurions plus qu’à courir nous mettre à l’abri. Aussi, Dieu doit-Il descendre sous une forme humaine afin d’être notre ami, de nous guider et de nous transformer avec amour en de véritables êtres humains de façon à nous faire comprendre que, nous aussi, nous sommes divins. Bhagavan, dans Son amour, Sa gloire et Son infinie compassion, a attiré auprès de Lui, sous Sa protection, des millions de gens venant de tous les coins du monde, sans distinction de caste, de religion ni de statut social, sans parler de Ses innombrables miracles auxquels Swami Se réfère comme étant Sa carte de visite. Son pouvoir d’attraction est appelé « Chamatkar » Une fois dans Son orbite, commence « l’opération transformation », à la mesure de chacun de nous. Cette étape d’affinage est appelée « samskar » - la transformation de l’homme-animal en homme Dieu. Notre Omniscient et Compatissant Bhagavan place Ses fidèles, qui luttent pour réaliser la vérité supérieure, dans des situations de vie parfaites pour hâter leur évolution spirituelle. La vie peut devenir un creuset où les qualités indésirables sont épurées.

Une fois arrivés à ce stade, nous sommes confrontés avec plus d’intensité à des obstacles, à des déceptions et à des conflits avec les autres. Les institutions et les centres auxquels nous nous associons feront aussi office de révélateur tranchant pour notre ego, en le propulsant au premier plan dans le but de détruire les qualités animales et individualistes qui existent en nous. Nous pourrions faire le parallèle avec un lave-linge dans lequel le linge souillé est exposé à l’action des détergents et aux turbulences des pulsateurs et des agitateurs ayant pour finalité d’enlever la saleté et de la dissoudre dans l’eau d’essorage. Les nombreux Centres Sai, ainsi que les différentes institutions auxquelles nous adhérons, fournissent donc des opportunités uniques de nous transformer en nous lavant de notre égoïsme et de notre orgueil afin de devenir les instruments aptes à remplir le grand objectif de la Divine Mission de Bhagavan. Bhagavan Lui-même touche le cœur de millions de personnes et répand Son Amour, Sa Lumière et Son Message. C’est Lui seul qui fait tout, mais Il nous laisse nous en attribuer tout le crédit, nous inspirant ainsi à entreprendre davantage de service désintéressé avec un intérêt toujours plus grand. N’a-t-Il pas un jour déclaré : « Malheureux sont ceux qui quittent l’Organisation… » !

En prodiguant l’Amour…, on devient Amour

« L’homme-animal » a d’importantes limitations dues principalement au fait qu’il s’identifie à son corps. Reflet du mental, il se considère comme étant son corps. Nous ne percevons qu’une infime facette de notre totalité, laquelle est semblable à un iceberg, mais nous sommes incapables de voir l’énormité de notre mental subconscient (« mindberg » ou « partie visible du mental ») avec toutes ses fioritures, ses tendances négatives et animales qui se manifestent par la luxure, la colère, l’avidité, la possessivité, l’orgueil de la force extérieure (ego), l’envie et la jalousie ! Tout cela ne peut pas être détruit par des moyens matériels, mais uniquement par la pratique spirituelle. Ce n’est que par l’expérience personnelle et l’auto-investigation que nous pouvons nous engager dans une recherche de l’âme et une transformation significative. De la même manière que le fruit vient à maturité à son juste moment dans la chaleur du soleil, nous grandissons nous aussi dans notre stature spirituelle avec la grâce aimante de notre Bien-Aimé Swami pour atteindre la troisième étape de l’Amour en expansion, « Paraopakar », et finalement la Réalisation de Dieu, « Shaksatkar ». Bhagavan nous a souvent rappelé qu’Il connaît notre passé autant que notre avenir. Ses voies sont impénétrables et Il a le pouvoir de transformer n’importe quel être humain en une personne bonne et divine. Il est la Source de l’Énergie d’Amour Universelle et Infinie. Bhagavan est AMOUR. Son Amour ne connaît pas de limites et il est non seulement le plus formidable guérisseur qui soit, mais il transmute également sans exception toute personne qui vient dans Son orbite.

Loka Samasta Sukhino Bhavantu (Puisse le monde entier être heureux !)

Dr Sara Pavan

Heart2Heart du 1er octobre 2006
Revue Prema 70