LE CADEAU LE PLUS PRÉCIEUX :
LE TEMPS DE L’AVATAR

Par Sri Sanjay Sahani


Sri Sanjay Sahani est un ancien étudiant de l’Institut de Swami et il est actuellement le directeur du campus de Brindavan, Bangalore. Voici le texte du discours qu’il a prononcé en Présence Divine, le Jour d’Ugadi, le 9 avril 2004. Cette année (2006), Ugadi, c'est-à-dire le Nouvel An télougou, tombe le 30 mars.


J’offre mes salutations aimantes aux Pieds de Lotus de notre bien-aimé Bhagavan


Temps précieux

Le Seigneur est adoré par beaucoup de Noms. Les Védas Le décrivent comme Kalaya Namaha, Kala-Kalaya Namaha, Kala-Atilaya Namaha – Il est l’Incarnation du Temps, Il est le Maître du Temps, Il transcende le Temps. Il est le Principe intemporel. Il est de tradition en Inde d’adorer cette facette de la divinité en célébrant la Nouvelle Année.

Que faisons-nous, quand nous adorons le temps ? Dieu, qui est le temps et qui transcende également le temps nous enseigne que pour adorer le principe du temps, nous devons faire le meilleur usage du don de vie. Comment pouvons-nous faire le meilleur usage du temps ? Swami dit : « Temps gaspillé = vie gaspillée ! » Quel est le but de la vie ? Paropkarat Kam Idam Sharinam – Le corps est destiné à servir autrui.

Jantu Naam Narjanam Durlabam dit Adi Shankara dans son Viveka Chudamani. Le don de la vie humaine est quelque chose qui est très, très spécial. Pendant des vies, l’homme a évolué de la bête jusqu’à l’humain. Et l’Avatar vient pour rappeler à l’homme, pour conscientiser l’homme que sa vraie destinée, c’est de réaliser qu’il n’est nulle autre que la Divinité même !


Du mercenaire au missionnaire


Nous pouvons trouver différentes catégories de gens dans la société. A une extrémité du spectre, il y a ce que nous pourrions appeler le mercenaire. C’est celui qui pour l’argent ferait n’importe quoi. Si vous le payez un bon prix, il est prêt à tout.

Un peu meilleur que lui, il y a le carriériste qui est totalement obsédé par les 3 « P » – paye, perspectives et promotion.

Un peu meilleur que le carriériste, il y a le professionnel. Il examine la rémunération qu’il reçoit et dans cette optique, il fournit l’effort approprié.

Un cran plus haut que le professionnel, il y a la personne qui a l’esprit orienté vers le service. Elle ne regarde pas combien elle va obtenir en retour. Elle examine quelle autosatisfaction elle retire en faisant du bien à autrui. Mais il existe une trace d’égoïsme en elle aussi.

A l’extrémité du spectre, il y a le missionnaire. Nous utilisons ce mot dans beaucoup de contextes, mais le véritable missionnaire n’est nul autre que l’Avatar Lui-même ! Dès Sa naissance, un Avatar est toujours conscient de Son avènement et de Son but. Pourquoi cet avènement a-t-il eu lieu ? Swami dit : « Je suis venu écrire un chapitre en lettres d’or dans l’histoire de l’humanité, où le mensonge échouera, où la vérité triomphera et où la vertu règnera ! » C’est pour entretenir et pour nourrir ces graines de bonté dans le cœur de l’homme, qui le conduiront finalement à la sainteté que l’Avatar est parmi nous.


Le souci de Swami pour tous, y compris les colporteurs !

A ce moment, je me rappelle un incident qui s’est produit il y a de nombreuses années. Il y a mille et un moyens par lesquels Bhagavan nous enseigne, nous pousse et nous incite à adhérer à la voie de la bonté. C’était en 1989 et nous avions accompagné Bhagavan à Kodaikanal. Déjà à cette époque, la petite salle des bhajans était trop exiguë pour les dévots et le projet de Bhagavan était que la colline voisine soit aménagée pour qu’un hall de bhajans spacieux puisse y être construit. C’est ainsi qu’Il ordonna à tous les dévots, aux étudiants et aux professeurs qui étaient avec Lui d’entreprendre ce seva.

Le matin, après le déjeuner, tous les dévots et les étudiants prenaient différents outils et se lançaient dans les activités de service et bien sûr, Swami faisait le tour et Il donnait Son Darshan du sommet du bâtiment – c’étaient des instants magnifiques pour nous.

Où que Swami aille, que ce soit à Brindavan, à Prashanti Nilayam ou à Kodaikanal, il y a des colporteurs qui vendent des petites photographies et des babioles pour gagner péniblement leur vie. Ainsi, ces colporteurs avaient étalé leurs marchandises sur la route du lac de Kodaikanal, à l’extérieur de Sai Shruti. Un jour, un inspecteur de police passa par là et il pensa qu’ils obstruaient la circulation et en conséquence, il confisqua toutes leurs marchandises. Cet incident fut rapporté à Swami.

Le lendemain matin, les dévots étaient venus pour le Darshan et cet inspecteur de police était là aussi dans un coin. Swami circulait parmi les dévots. Il se rendit auprès de ce gentleman et de loin, nous vîmes qu’il y eut un bref échange entre eux. Nous ne savons pas quelle transformation s’opéra dans l’esprit de cet inspecteur de police. Ce qui se produisit ensuite, c’est qu’après, Il restitua toutes les marchandises aux colporteurs !

Quand nous nous trouvions dans Sai Shruti avec Swami, ces colporteurs avaient remis une prière à Bhagavan via quelqu’un et c’était une prière très spéciale : « Swami, quand vos dévots et vos étudiants accomplissent ce seva, notre propre travail nous occupe et nous ne pouvons pas participer à ces activités de service. Mais quand vos dévots font une pause pour le déjeuner, à ce moment-là, nous sommes libres. Si vous nous autorisez, nous prions pour obtenir votre permission et vos bénédictions pour que, pendant la période où vos étudiants et vos dévots se reposent, nous puissions avoir la chance d’aider à la construction, de sorte que cette activité de seva puisse continuer sans interruption du matin jusqu’au soir. »

Swami fut tellement touché par la prière de ces vendeurs que non seulement, il les bénit en leur offrant cette opportunité, mais il les cita en exemple devant nous en disant : « Voyez, regardez ce sentiment avec lequel ils se sont présentés pour effectuer cette activité de service ! »

Je réfléchissais à cette expérience en pensant que ces gens sont perdus dans le monde. Des gens sont venus pour obtenir le Darshan de Bhagavan et ils se demandent : « Comment pouvons-nous gagner quelques roupies de plus, maintenant que ces dévots sont là ? » C’est leur manière de gagner leur vie. Mais par un concours de circonstances, Swami les a poussés et les a inspirés à s’engager dans ce seva et Il a sanctifié leurs vies !


Personne n’est trop jeune pour servir…

Et je vois ceci dans nombre d’occasions ! Une fois, ici, à Prashanti Nilayam, c’était la période qui précédait le Grama Seva. A cette époque, dans le Hill View Stadium, nous avions une journée où tous les étudiants et les enseignants ainsi que des seva dal nourrissaient les Narayanas. C’était une grande bénédiction que Swami avait accordée au personnel et aux étudiants de l’université et tout ceci était très méticuleusement organisé. Nous avions réparti tout le travail entre les étudiants, mais il restait ce groupe d’étudiants de 8ème (13 ans), que nous pensions trop jeunes et qui par conséquent avaient été « oubliés ».

Lors de cette matinée mouvementée, Swami sortit de la salle d’interview, alors que nous étions tous occupés par les préparatifs dans le stade. Lorsque Swami sortit de la salle d’interview, Il vit ces étudiants de 8ème assis dans le Mandir. Il en fut tout étonné ! « Et alors ? Ne savez-vous pas que c’est la journée du Narayana Seva, aujourd’hui ? Que faites-vous ici ? » Et les garçons informèrent Swami avec véhémence : « Swami ! Tous ces étudiants des grandes classes ont pris le travail. Ils ne nous ont rien laissé ! » Et voici ce que Swami répondit aux enfants :

« Prenez au moins de l’eau et aller servir les Narayanas. Et gagnez quelque mérite ! « Du plus jeune au plus âgé, il n’y a personne qui ne remplit pas les conditions pour emprunter la voie du seva, selon Swami.


…Et personne n’est trop vieux 

Dans ce contexte, je me rappelle ce qu’un de nos aînés m’a dit une fois. Après sa retraite, il s’installa à l’ashram et Swami lui demanda d’aller à la cantine servir les dévots qui y prenaient leur repas. Et après quelque temps, Swami contrôla son travail : « Les dévots viennent–ils à toi pour avoir de l’eau ou vas-tu avec ta carafe de table en table servir de l’eau ? » Et il dit : « Je me rends auprès de chaque dévot pour servir l’eau. » Et Swami était si content qu’il le mentionna dans un discours et dit : « Voyez, c’est ainsi que le seva devrait être fait ! » Donc, du plus jeune au plus vieux, personne n’est sans qualifications !

Regardez Bhagavan ! Même à cet âge, combien Il fait pour l’humanité ! Quelle joie Il donne à des milliers de personnes, et pas seulement en agissant Lui-même, mais en inspirant d’autres à faire pareil ! Sa sensibilité aux sentiments des gens, Sa motivation personnelle, Son engagement à instaurer un idéal, Il vient montrer un idéal à l’humanité !

L’Avatar ressemble à un sergent instructeur. Il dit : « Je suis le Maître des maîtres ! Et en tant que maître, Je ressemble à un sergent instructeur. Je ne fais pas que dire-Je montre ! » Le sergent instructeur doit lever et baisser les bras et pas seulement parler ! C’est ainsi que ses élèves suivent. C’est ainsi que Swami forme personnellement l’humanité, à l’aide de Son exemple personnel !


Sai partage notre douleur

Je ne pourrai jamais oublier cette journée mouvementée, avant le commencement du Grama Seva, il y a 4 ou 5 ans. Swami avait donné comme consigne à tous les professeurs de se rassembler dans le hall des bhajans. Il était venu un peu plus tôt dans le hall des bhajans et Il attendit presque une demi-heure que tout le monde arrive. Ensuite, plusieurs professeurs parlèrent. Puis, Swami Lui-même s’adressa à l’assemblée. Et ce qu’Il dit fut le point de départ de tout le mouvement du Grama Seva. Il fit référence à un incident qui fut rapporté dans un journal qu’Il avait eu l’occasion de lire.

Il y avait cette mère, trop pauvre et incapable de nourrir ses enfants, incapable de les voir pleurer, parce qu’ils mouraient de faim. Et incapable de supporter ce genre de situation, elle leur avait donné du poison qu’elle avait prit ensuite pour se tuer ! Quand Swami narra cet épisode particulier, je ne pourrai jamais oublier que Son corps tremblait !

A ce moment-là, nous réalisons que Dieu n’est pas une entité quelque part dans le ciel bleu qui laisse l’humanité en plan en disant, « Ok, c’est ton karma et tu dois le supporter ! Tu souffres pour les actes que tu commets ! » Dieu ressent ! Il ressent la souffrance de chaque âme individuelle, peut-être même plus que l’âme elle-même, parce qu’Il ressent ce sentiment d’unité avec toute la création ! Il a créé le monde, mais Il est également là pour le nourrir, pour le soutenir !

En dépit de toutes les choses stupides que l’homme fait aujourd’hui, Dieu n’a pas perdu espoir en lui ! Rabindranath Tagore, notre Prix Nobel, a dit très joliment : « Chaque fois qu’un enfant naît, il porte le message que Dieu ne désespère pas de l’homme ! » Si Dieu avait perdu tout espoir en l’humanité, aucun nouvel enfant ne naîtrait ! Il a ce genre d’affection pour le joyau de Sa création.

A ce moment précis, Swami dit :

« Nous sommes dans le pays d’Annapurneshwari (la Déesse de la prospérité)! Une telle chose devrait-elle se produire dans ce pays ? Ceci est le pays où l’on dit Matradevo Bhava, Pitradevo Bhava (Révérez votre mère et votre père comme Dieu). Dans un tel pays, cet événement aurait-il dû se produire ? C’est Mon intention ferme, à partir d’aujourd’hui jusqu’au dernier jour de Ma vie d’être intimement lié au service rural ! »

Et de là a débuté le Grama Seva qui continue chaque année. C’est une grande bénédiction pour les étudiants et pour le personnel de l’université – et c’est un bon exemple pour l’humanité.


L’esprit de Swami – Empathie pour toute la création

Comment devrions-nous faire du seva ? Il y a une petite histoire de Swami, une Chinna Katha à ce sujet. Un saint homme traversait un village où un veau était tombé dans un marais. Il luttait pour en sortir, mais en vain. Constatant que cela amusait beaucoup les gamins du village, le saint homme se précipita dans le marécage, saisit le veau et le remit sur la terre ferme.

Les gamins du village étaient très ennuyés et se plaignirent : « Maître, pourquoi nous as-tu privé de notre divertissement ? » Et le saint homme s’excusa en disant : « Pardonnez-moi, s’il vous plaît. Lorsque j’ai vu ce veau qui luttait, j’ai ressenti dans mon cœur une douleur vive et intense. Pour me soulager de cette douleur, je suis entré dans cette zone marécageuse et j’ai secouru le veau. A présent, je me sens beaucoup mieux. C’est pour soulager ma douleur que j’ai sortit le veau du marécage. »

Swami dit qu’en faisant du seva, ne pensez pas que vous servez quelqu’un d’autre – vous vous servez vous-mêmes. Nous devrions avoir ce sentiment d’unité !

Je me rappelle encore, il y a quelques années, quand Swami fit rénover le foyer de Brindavan et refaire les salles de bain. Le directeur du foyer exprima de la gratitude à Swami au nom de tous les étudiants. Swami dit : « Je n’ai pas fait cela pour les étudiants, Je l’ai fait pour Moi-même ». Tel est l’esprit de Swami !

Si nous intégrons cet esprit dans nos vies et si nous pouvons faire en sorte que cet esprit soit le souffle de nos vies où que nous allions dans le monde, quand les gens nous rencontrent, quand les gens nous parlent, ils auront l’impression de ne pas nous avoir rencontrés, nous, mais d’avoir rencontré et vu Swami Lui-même ! C’est ainsi que le temps doit être sanctifié !


Le saint Kabir et les pleurs du bébé

Si nous vivons avec ce sentiment, nous pourrons réaliser ce que le grand poète Kabirdas a observé dans l’un de ses célèbres distiques : Kabira, Jab Hum Paida Huye, Jag Hasey Hum Roye. Aisi Karni Kar Chalo, Hum Hasey Jag Roye (Quand nous naissons, tout le monde rit et nous pleurons ; nous devrions accomplir de tels actes qu’au moment de partir, nous rions et tout le monde pleure). La beauté de sa poésie, c’est qu’il saisit de grandes vérités de sa vie quotidienne et qu’il en retira de grandes leçons et de grandes intuitions.

Il dit que lorsqu’un enfant naît, les premiers signes de vie sont les pleurs du bébé ! Tout le monde se réjouit, parents, amis et sympathisants. « Oh, notre nouveau bébé est né ! » Jag Hasey Hum Roye (Tout le monde rit, nous pleurons). Kabirdas pense en lui-même : « Pourquoi pleurons-nous ? Mon Dieu ! Je n’ai pas bien appris les leçons de la vie, la dernière fois ! J’ai échoué à l’examen, la fois passée ! Je suis revenu pour une nouvelle tentative, pour passer un nouvel examen. Il me faut à nouveau tenter de passer cet examen ! » Aussi l’enfant pleure-t-il !

A la fin de l’existence – Aisi Karni Kar Chalo. Vivez votre vie, de sorte que pendant vos derniers moments, tout le monde pleure, sauf vous ! « Oh, c’était une personne si bonne qui nous quitte et qui part. Nous n’aurons plus la chance de la revoir. « Les gens devraient pleurer, vous devriez vous réjouir. Pourquoi devriez-vous vous réjouir ? Parce que vous retournez à la Source ! Vous retournez auprès du Seigneur qui vous a envoyé dans le monde pour diffuser Sa parole et Son message ! C’est l’esprit dans lequel nous devrions mener nos vies et notre grand exemple, c’est Swami !


L’idole idéale

Je suis arrivé aux Pieds de Lotus de Swami, quand j’étais écolier. A cet âge, il est très important d’avoir des idoles – et pas uniquement des idoles, mais des idéaux ! Swami n’était pas seulement mon idole, mais c’était aussi mon idéal. Puissions-nous imiter, ne fût-ce qu’une fraction de ce que Swami représente, puissions-nous donner de la joie à un autre être humain, ne fût-ce qu’en proportion infime de ce que Swami fait Lui-même !

Il y a quelques jours, à Brindavan, les diplômés sortants en terminaient et je leur demandai : « Ceci est le dernier cours où vous allez être ensemble, aimeriez-vous partager quelques pensées ? » Un des garçons s’avança et puis, ce fut un défilé ! Incroyable- nous ne pouvons pas nous imaginer quel impact Swami a eu dans leurs vies !

La guérison d’un cœur

Le premier garçon qui parla dit : « En rejoignant l’école primaire d’Ooty, j’étais très maladif – vous nommiez une maladie et je l’attrapais ! Mon père m’emmena à l’hôpital AIIMS de Delhi et les médecins découvrirent que j’avais un trou dans le cœur qui était la cause de toutes mes maladies. Mes professeurs, le directeur, ma titulaire – tout le monde s’inquiétait tellement pour moi. Et ils mirent Swami au courant et Swami se déplaça jusqu’à l’école primaire (à cette époque, les enfants d’Ooty avaient déménagé à l’école primaire de Prashanti Nilayam).

Il se rendit dans le dortoir et demanda : « Qui est ce garçon ? » Ils dirent : « Swami, c’est le garçon. » Et Swami toucha mon cœur et dit : « Il n’y a aucun problème avec lui ! » Lorsque je retournai à l’hôpital AIIMS pour effecteur des tests supplémentaires, il fut constaté que le trou dans le cœur avait disparu ! »


La sensibilité de Sai

Un autre garçon raconta cet incident. C’était la distribution des prix de l’école primaire et un étudiant de chaque classe devait se lever et recevoir le prix des mains de Swami. Celui qui avait reçu le plus grand nombre de prix représenterait la classe.

Pour la dernière classe, le nom d’un petit garçon fut cité et il se fait que deux garçons portaient le même nom dans cette classe ! Il semble que le garçon qui devait recevoir le prix ne se soit pas levé immédiatement, aussi certains camarades se mirent à donner des coups de coude au deuxième garçon. « Regarde, il n’y a personne qui y va, alors vas –y ! » Ainsi, innocemment, il se leva et se rendit auprès de Swami. A ce moment-là, le garçon qui devait recevoir le prix s’était déjà rendu auprès de Swami, avait reçu son prix et était reparti.

Donc, quand il arriva auprès de Swami, le petit garçon était fort embarrassé. Il ne restait plus de prix et il comprit que le prix avait déjà été remis par Swami, aussi il courut dans le fond de la salle et il se mit à pleurer. Swami remarqua que le garçon pleurait parmi le bon millier d’enfants et Il le fit appeler. Il le fit asseoir sur Ses genoux, prit Son mouchoir et lui essuya les yeux. Il appela la directrice, lui demanda de trouver un prix pour l’enfant et Il le remit personnellement à l’enfant !

Quand j’entends de telles expériences de la bouche de nos étudiants – et elles sont légions ? je me rends compte à quel point Il est sensible, même envers les sentiments d’un enfant, à quel point Il est sensible à chaque être doué de sensations de Sa création !

Un fois, Il sortait du Mandir de Trayee Brindavan et des gens remarquèrent que la démarche de Swami était très prudente. Quelqu’un eut l’audace de Lui demander : « Swami, pourquoi marchez-Vous ainsi ? » Et Il dit : « Des fourmis traversent le chemin. Je prends garde à ne pas les écraser. » Il a tellement d’amour et de sensibilité, même pour une fourmi de Sa création !

Le don le plus précieux

J’ai débuté par le principe du temps. Il y a tant de choses précieuses dans le monde. Il y a tellement de ressources, mais la ressource la plus précieuse est le temps. Si nous n’utilisons pas le temps que nous avons aujourd’hui correctement, ce moment est à jamais perdu ! C’est vrai pour chacun d’entre nous ! Si précieuse est la ressource du temps.

Mais plus précieux encore est le temps de l’Avatar ! Aujourd’hui, c’est Yugadi (nouvelle ère). L’Avatar ne vient qu’une fois par millénaire et en ce moment, nous sommes Ses contemporains ! Comprenons-nous à quel point c’est spécial et combien nous sommes bénis de baigner dans Son intimité ? Et de profiter de Son Darshan, de Son Sparshan et de Son Sambashan ?

Le temps de l’Avatar nous est offert et c’est une ressource tellement précieuse. Simplement Le voir est la récompense d’une vie entière ! Combien nous sommes bénis, si nous réalisons le but pour lequel Bhagavan est venu parmi nous et si nous faisons le meilleur usage de Son avènement.

Lors de l’Anniversaire de Krishna, Swami a dit : « Quand Krishna est venu, tant d’âmes ont été libérées ! » L’allusion indirecte était : « Qu’en est-il de vous tous ? Je suis venu ; qu’en est-il de vous tous ? Cela fait-il partie de vos projets ? » Oui ! Si nous empruntons la voie qu’Il nous a montrée, le but est certain ! Le passé est le passé ! Ne vous inquiétez pas du passé ! L’avenir est incertain ! Ne vous inquiétez pas de l’avenir ! Le moment qui nous est donné, c’est maintenant ! C’est le présent. Et ce présent n’est pas le présent ordinaire – c’est l’Omniprésent !

Si nous réalisions quel moment précieux c’est d’être ici, maintenant, en présence de Dieu ! Face à face avec Dieu ! En absorbant cet esprit et cette inspiration, en les traduisant en action, nous serions les personnes les plus chanceuses de toute la race humaine.

C’est avec ces derniers mots qu’une fois encore j’offre amour et Pranaams aux Pieds de Lotus de Bhagavan et que j’en termine.


Heart2Heart
Mars 2006