L’EAU, SOURCE DE VIE

Forum Mondial de l’eau
Projet d’approvisionnement en eau potable de Sai



Introduction

Le 4ème Forum Mondial de l’Eau s’est tenu il y a peu à Mexico du 16 au 22 mars 2006 sur le thème d’ «Actions locales pour un défi global «. Le Forum Mondial de l’Eau est le sommet vedette du Conseil Mondial de l’Eau qui fut créé en 1996 à l’initiative de spécialistes de l’eau réputés et d’organisations internationales. Sa mission est de « conscientiser, de favoriser une réelle motivation politique et d’inciter à l’action sur les questions essentielles liées à l’eau à tous les niveaux, y compris au plus haut niveau décisionnel, afin de faciliter sur une base écologique durable la conservation, la protection, le développement, la planification, la gestion et l’utilisation efficaces de l’eau dans toutes ses dimensions pour le bénéfice de toute vie sur terre. »

Le Projet d’Eau Potable Sri Sathya Sai d’Anantapur est un exemple de la manière dont, avec une direction inspirée et un partenariat public-privé adéquat, des objectifs fantastiques peuvent être accomplis. Dans l’étude de cas préparée par le Conseil Mondial de l’Eau sur le projet d’Anantapur de Swami, le dernier paragraphe stipule :
« Le caractère unique du projet (d’Anantapur) réside dans chaque aspect de la gestion du projet, depuis sa conception, sa planification, son ingénierie, son exécution, sa rentabilité, son service de distribution, son exploitation et sa maintenance, sa gestion du temps et des coûts, sa reproductibilité et pour finir l’accomplissement du but final de fournir une eau potable sans fluorure à un million d’habitants du district et améliorer par là leur état de santé et leur assurer une meilleure qualité de vie. Une organisation non gouvernementale a ouvert la voie en montrant que la réussite de tout l’effort dépend de l’unité, de la pureté et de la divinité. »

Pour vous donner plus de détails sur ce qui s’est exactement passé pendant ce forum, nous avons ici une interview avec le Prof. Anantharaman qui a récemment présenté l’étude de cas des projets d’eau potable de Swami au Forum de Mexico. Le Prof. Anantharaman a travaillé en tant que directeur général de plusieurs multinationales en Afrique, en Asie, en Europe, aux Etats-Unis, également en tant que président et directeur général d’un conglomérat d’affaires transnational basé en Suisse. Il a servi comme professeur adjoint dans diverses écoles de commerce dont la Harvard Business School et il est actuellement membre honoraire de la faculté de l’Ecole de Gestion Commerciale de Puttaparthi. Le Prof. G. Venkataraman (GV), ancien vice-recteur de l’Université de Swami, s’entretient avec le Prof. Anantharaman (AN) :


Entretien du Prof G. Venkataraman avec le Prof. Anantharaman

GV : Sai Ram ! Nous avons ici avec nous dans nos studios le Professeur Anantharaman que vous connaissez peut-être, car nous l’avions déjà invité dans nos studios. Cette fois-là, nous avions parlé de la manière dont il était arrivé chez Swami et de ses expériences. Aujourd’hui, il est ici pour une raison très spécifique et quelque peu différente. Le Professeur Anantharaman vient juste de rentrer de Mexico où il a participé au 4ème Forum Mondial de l’Eau.

Avant cela, il avait participé au 3ème Forum Mondial de l’Eau à Kyoto, il y a trois ans.

Qu’est-ce que le Forum Mondial de l’Eau a à voir avec Swami, pourriez-vous vous demander ? Je vais maintenant demander au Professeur de nous dire quelque chose au sujet du lien entre le Forum Mondial de l’Eau et Swami.

Professeur, bienvenue dans nos studios ! Je pense que vous devez commencer par nous informer un peu à propos du Forum Mondial de l’Eau et de ce qu’il représente. Qui l’organise ? A quelle fréquence est-il organisé, où et pourquoi ?

AN : Le Forum Mondial de l’Eau s’organise tous les trois ans. Le 3ème Forum Mondial de l’Eau a eu lieu il y a trois ans, à Kyoto et à Kyoto et lors des forums précédents également, on a établi certains « objectifs du Millénaire pour le développement » (OMD) en ce qui concerne la disponibilité de l’eau pour les peuples du monde entier.

GV : Le Forum Mondial de l’Eau, par hasard, ferait-il partie des Nations Unies, officiellement ou non ?
AN : C’est un organisme non officiel des Nations Unies. Et ONU-HABITAT avait soutenu un programme spécial, lors des 3ème et 4ème Forums Mondiaux de l’Eau pour se concentrer sur les objectifs du Millénaire pour le développement.

(ONU-HABITAT est l’agence des Nations Unies pour le programme des établissements humains ; elle a été créée en 1978 et son siège se situe au bureau des Nations Unies de Nairobi, au Kenya.)

L’un des objectifs du Millénaire pour le développement, du Forum Mondial de l’Eau est de réduire le nombre de gens qui sont sans eau de 50 % dans les dix à vingt années qui viennent. Pour ce faire, ils voulaient étudier plusieurs actions locales qui ont été menées dans le monde entier, en complément du travail gouvernemental afin d’être certains d’atteindre l’objectif du Millénaire pour le développement. Ils se sont intéressés au Projet d’Eau Potable Sri Sathya Sai d’Anantapur, lors du 3ème Forum Mondial et par la suite, lors du 4ème Forum Mondial.

GV : Comment ont-il été mis au courant du Projet d’Anantapur ? Parce que, même ici, certaines personnes ne le connaissent pas !

AN : Je pense qu’ONU-HABITAT qui fut l’un des parrains de ce Forum Mondial de l’Eau, connaissait notre projet d’Anantapur. En fait, ils nous avaient rendu visite, ici. ONU-HABITAT avait même demandé à la Société pour l’Habitat et le Développement Urbain de Delhi1 de faire une étude d’incidence, il y a quelques années. Et la Banque de Développement Asiatique qui a financé l’étude d’incidence connaissait également notre projet. Donc, ONU-HABITAT sait que nous avons réalisé avec succès ce programme d’action locale et nous avions présenté ce projet lors du 3ème Forum Mondial de l’Eau.

GV : Comment aviez-vous été invité au 3ème Forum Mondial de l’Eau ?

AN : A la base, le représentant d’ONU-HABITAT était à Prashanti Nilayam, à un moment donné. A cette époque, il s’est trouvé que j’étais également ici. Nous nous sommes parlé – en fait, c’est dans votre bureau qu’il y a eu la réunion. M Chakravarti (le Secrétaire du Sri Sathya Sai Central Trust) était là et vous étiez là aussi.

GV : Oh oui ! C’était il y a longtemps !

AN : Donc, nous avons discuté de ceci, moi par intérêt théorique et également d’un point de vue de la gestion. Le représentant d’ONU-HABITAT était d’avis qu’une étude de cas devrait être écrite à propos du Projet d’Eau d’Anantapur. C’est ainsi que, lorsque le 3ème Forum Mondial de l’Eau fut organisé à Kyoto, je fus invité pour présenter l’étude de cas que j’étais censé avoir écrite à propos du Projet d’Eau d’Anantapur. Voilà comment le lien s’est opéré.

GV : Alors, qu’avez-vous donc raconté à l’auguste assistance de Kyoto ?


Le discours du Prof. Anantharaman, lors du 3ème Forum Mondial de l’Eau

AN : A Kyoto, il était prévu que mon discours concerne le modèle financier des programmes d’actions locales du projet d’eau. Il y eut d’autres discours concernant la période de remboursement, le coût du projet, le recouvrement, etc. L’accent était principalement mis là-dessus et lorsque je suis entré, j’ai dit que maintenant, je n’allais rien dire concernant les aspects financiers du projet qui n’étaient pas très pertinents.

Ce qui était plus pertinent concernant le projet, c’est comment tout le projet fut conçu et mis en œuvre – aussi, je n’ai pas du tout parlé des aspects financiers. J’ai dit que je ne voulais pas leur parler d’une étude de cas ou de finance, mais que je voulais leur raconter une histoire – une histoire d’amour. Et je leur ai dit que ceci était une histoire d’amour. Tout le projet a débuté comme une histoire d’amour.

GV : Ils ont dû être choqués !

AN : Cela a capté l’attention, je suppose, parce qu’avant, les gens parlaient de périodes de remboursement, de charges financières et de reproductibilité. Que quelqu’un parle ensuite d’une histoire d’amour en relation avec un programme d’activité publique a certainement capté l’attention des gens !

GV : Quel impact a eu l’histoire d’amour ? Avez-vous reçu un Oscar ?

AN : Non, je n’ai pas reçu d’Oscar !

GV : Mais comment a-t-elle été reçue ?

AN : Elle a bien été reçue. Comme c’était la première tentative pour présenter ce programme, beaucoup de participants étaient intéressés. La presse locale voulait tout connaître sur le projet d’eau et un peu Swami, donc le lancement a été bon.

GV : OK. Avant que nous n’en arrivions à parler de cela, je pense que vous devez nous dire et raconter pour notre bénéfice ce qu’il en est de cette histoire d’amour, comment vous l’avez racontée et quel était l’amour dont vous parliez.


L’histoire d’amour de Swami – Le Projet d’Ean d’Anantapur

AN : Fondamentalement, ce que je leur ai dit, c’est que j’étais ici pour présenter une étude de cas pour un projet d’eau dans le district d’Anantapur dans l’Etat d’Andhra Pradesh, en Inde. Je ne connais pas beaucoup tout ce qui concerne l’eau et je ne souhaite pas non plus vous parler de l’aspect financier. Je ne veux même pas vous parler d’une étude de cas. Ce dont je veux réellement vous parler, c’est du fait que c’est une histoire et pas une simple histoire, mais une histoire d’amour. Comment l’amour et la compassion d’un homme pour un grand nombre de personnes souffrant du manque d’eau firent en sorte de s’assurer que l’eau soit disponible pour eux en permanence via ce projet. Et ensuite, j’ai introduit Swami et j’ai continué.

GV : Quel genre de questions vous a-t-on posé ? Manifestement, votre présentation doit avoir été très différente de toutes les autres et elle doit les avoir pris par surprise !

AN : Durant la séance, je n’ai pas dû faire face à beaucoup de questions à cause des contraintes de temps, mais à l’extérieur, dès que le programme fut terminé, il y eut beaucoup d’intérêt. Les gens m’ont demandé : quelle est cette histoire d’amour dont vous parlez ? Aussi, j’ai répété toute l’histoire d’amour.

GV : Quelle sorte de gens sont venus vous trouver ?


L’intérêt de la part des délégués de la conférence

AN : Des gens du service public, des secrétaires de gouvernement, des ministres de plusieurs pays, des gens en relation avec l’eau et avec des projets d’eau d’universités qui étaient également des activistes pour et contre le fait que l’eau soit un droit fondamental des gens.

GV : Il y a des gens qu sont contre le fait que l’eau soit disponible ?

AN : Non, à la base, ce sont des activistes qui pensent que les ressources en eau doivent devenir la propriété de chacun.

GV : Oh ! Vous voulez dire qu’elle devrait être socialisée.

AN : Exactement. Elle devrait être socialisée. Ils s’opposent au fait que les compagnies pharmaceutiques prennent l’eau.

GV : Ils étaient contre la privatisation de l’eau !

AN : Exactement ! Il y avait également des universitaires, des décideurs publics et privés.

GV : Quel genre de questions vous ont-ils posé au départ ?
AN : Au départ, ils posèrent directement la question de savoir qui était cette personne qui a fait de ceci un programme d’action locale complet. Quel est son intérêt ? Pourquoi s’est-elle impliquée dans un secteur du gouvernement ? Qu’y avait-il là-dedans pour elle ? Pourquoi devait-elle le faire ? Qui est-elle ? Où est-elle et comment est-elle ? Rapidement, le sujet a passé de l’eau à Swami Lui-même.

Je pense qu’il y eut plus de questions à propos de Swami et de la raison pour laquelle Il a réalisé cela que concernant la manière dont Il l’a fait, ce qui était censé être le point focal du programme.

GV : Alors, quelles furent leurs impressions, selon vous, après avoir écouté tout ceci ?

AN : Je crois que leur impression était sans aucun doute que si du bon travail doit être réalisé en faveur de la société, si une guidance appropriée est fournie pour s’occuper de ce travail, il y a assez de gens dans le monde qui peuvent se présenter et le faire.

Si une guidance inspirée est disponible, nous pouvons élever le bien commun de tous, même quand le gouvernement n’est pas capable de fournir une guidance inspirée. Chacun désire contribuer quelque chose pour le bien commun. Il y a un désir fondamental de la part de chaque individu de faire le bien.

GV : Ont-ils compris que Swami a réalisé le projet gratuitement et qu’Il en a fait don gratuitement ?

AN : En fait, la question de savoir d’où provenaient les fonds était ce qu’ils voulurent savoir en premier. Et quand j’ai dit que ces fonds provenaient de contributions de sociétés civiles du monde entier, ils furent surpris d’entendre qu’une société civile d’un autre pays contribue à un projet d’eau, ici. Deuxièmement, quand ils découvrirent que tout le projet fut réalisé à partir de ces contributions pour finalement être remis au gouvernement, ils furent réellement très surpris – pourquoi quelqu’un ferait-il ceci sans raison ou sans avantage évident ? Ils ne pouvaient tout simplement pas croire qu’une telle chose était possible au 20ème siècle ! (Le Projet d’Eau d’Anantapur fut officiellement transféré au gouvernement indien en octobre 1997.)

GV : Je ne suis pas surpris. OK, alors que s’est-il passé après Kyoto ? Y a-t-il eu une suite quelconque ou une tentative pour apprendre de cet exemple ?


Le Projet d’Eau d’Anantapur est choisi comme exemple

Que s’est-il passé entre Kyoto et Mexico où eut lieu ce 4ème Forum Mondial de l’Eau ? Je ne suis pas au courant de ce qui s’est exactement passé, mais ONU-HABITAT m’a informé que durant cette période, ils ont sélectionné plusieurs projets dans le monde où l’action locale peut fournir un bon soutien et se substituer à l’action du gouvernement et sur la manière dont ceci peut réussir. Le Projet d’Eau d’Anantapur était l’un des dix projets qui furent sélectionnés. Et l’étude de cas du Projet d’Eau d’Anantapur et celle des neuf autres qui furent sélectionnés ont été transmises à des organismes de politique publique du monde entier, créant ainsi une plus grande conscience de ce que l’action locale peut accomplir.

GV : Connaissez-vous les autres projets ?

AN : L’un des dix provient du Pakistan où quelqu’un avait conçu un système de comptage pour la distribution d’eau et un autre provenait du Salvador. Tous semblaient plutôt concerner la conception de nouveaux types d’équipement pour la distribution ou pour la préservation de l’eau, etc.

GV : La gestion de l’eau plutôt que l’approvisionnement en eau.

AN : Celui-ci fut probablement le seul projet du genre où il y eut coopération entre l’organisation non gouvernementale, le gouvernement, l’entrepreneur et les bénéficiaires.

GV : Ici également, l’objectif est d’apporter un soulagement à des gens qui sont dans la détresse.

AN : Exactement. Le fait qu’il se situe dans le district d’Anantapur, un des districts les plus arides où il y eut onze famines sur les quatorze de tout l’Etat, je pense que l’accent a bien été mis là-dessus. Je pense qu’il a été apprécié que beaucoup de soulagement de la souffrance humaine ait été accompli ici.


Le Prof. Anantharaman au Forum Mondial de l’Eau du Mexique

GV : Et un million de personnes en ont profité ! OK, nous en arrivons à Mexico, en l’an 2006. Dites-nous ce que vous avez vu là-bas et si c’était différent ou pas de Kyoto.

AN : ONU-HABITAT m’a de nouveau invité à Mexico pour présenter le Projet d’Eau d’Anantapur à un groupe de gens, puisque nous étions l’un des 10 projets sélectionnés parmi les 10 meilleurs projets du monde.

GV : La participation était-elle la même ou différente ?

AN : En fait, la participation fut beaucoup plus importante, puisque le nombre total des gens qui assistèrent au Forum Mondial de l’Eau à Mexico était de 17 000 personnes !

GV : 17 000 !

AN : Mais bien sûr, les 17 000 n’ont pas toutes assisté à cette séance. Il y eut plusieurs séances, une vingtaine.
GV : Des séances parallèles ?

AN : Oui, des séances parallèles et c’était l’une des séances. Mais le nombre des participants de Mexico était au moins le double ou le triple de celui de Kyoto, donc, l’affaire était beaucoup plus importante.

GV : Avant que j’en arrive à votre présentation, juste pour satisfaire notre curiosité, quel genre de personnes ont participé à la Conférence du Mexique ? En d’autres termes, provenaient-elles plus du tiers-monde ou y avait-il une distribution égale entre le ‘’premier monde’’ et le tiers-monde ?

AN : Je dirais qu’il y avait un plus grand nombre de gens qui provenaient du tiers-monde que du « premier monde «. Il y avait aussi des gens du « premier monde », mais les participants semblaient provenir principalement du tiers-monde. Mais si je parle des gens qui firent des présentations, je pense que plus provenaient du « premier monde » que du tiers-monde.

GV : Les problèmes se situent plus dans le tiers-monde – à tout le moins, il y eut plus de participants provenant du tiers-monde. Maintenant, retournons à votre propre présentation. Comporta-t-elle des différences par rapport avec ce que vous avez dit à Kyoto ?

AN : Eh bien, ce qu’ils pensaient, c’est que je devais assurer une continuité depuis Kyoto et franchir une étape supplémentaire. Aussi, j’ai brièvement commenté en disant que, quand cette présentation a eu lieu il y a trois ans à Kyoto, j’ai dit que c’était une histoire d’amour, mais maintenant, je veux franchir un pas de plus et je dis que ce n’est pas seulement une histoire d’amour, mais c’est aussi une histoire de compassion.

Parce que par lui-même, l’amour est inutile, à moins qu’il ne résulte dans l’action. La compassion est nécessaire pour cela. J’ai mis l’accent ici sur le fait que le fondateur de ce trust possédait cette compassion pour ce nombre très important de personnes qui n’avaient pas d’eau. Et cette compassion l’a poussé à réaliser ce projet et comme dans la séance précédente, il y eut des questions concernant la viabilité et la reproductibilité de tous ces autres projets. Je n’ai pas passé beaucoup de temps à décrire la structure du projet, mais j’ai parlé essentiellement du type d’impact que ce projet a eu par la suite.

Je pense que Radio Sai avait réalisé un poster qui fut affiché à Kyoto, à propos du caractère unique du projet, de son impact et de ses bénéfices. Il y eut par exemple l’histoire d’une petite fille qui disait qu’à partir de demain, elle pourrait se rendre à l’école. Il y eut celle d’une mère qui reprit son travail, parce qu’elle ne devait plus passer autant de temps à aller puiser de l’eau. Il y eut l’histoire de cette autre petite fille qui dit que jusqu’à hier, elle passait tellement de temps à puiser l’eau, mais qu’à partir de demain, elle pourrait se rendre à l’école. Il y eut l’histoire d’une autre petite fille qui dit qu’elle faisait 7 km pour aller chercher de l’eau, tous les jours, mais que maintenant, elle pouvait avoir de l’eau juste en dehors de chez elle. Après avoir évoqué la compassion, je me suis plus concentré sur l’impact sur la société de cette région.


L’exemple de Swami au monde

GV : Vous avez mentionné un mot – reproductibilité. Racontez-nous ce que vous leur avez dit à propos de la reproductibilité. Comment avez-vous défini ce mot ?

AN : En ce qui concerne la reproductibilité, ce qu’ils voulaient évaluer, c’est s’il était possible de reproduire le même concept avec la même méthode de financement. J’ai dit que la preuve de la reproductibilité, c’était que le projet avait déjà été reproduit. Parce qu’en utilisant le même type de coopération et de gestion, après Anantapur, nous avons eu Medhak, Mehboobnagar, Chennai et Godavari.

En combinant tous ces projets, il y a un total de 10 millions de personnes qui n’avaient pas d’eau et qui ont maintenant accès à l’eau. Un des objectifs du Millénaire pour le développement, c’est d’aider le milliard de personnes dans le monde qui n’ont pas d’eau. 10 millions, c’est 1 % du milliard. Par conséquent, un seul programme d’action locale a résolu le problème d’1 % du total des gens dans le monde qui n’ont pas d’eau.

Le projet a été reproduit dans 4 ou 5 zones différentes. La structure est différente, les projets sont différents, mais le concept est exactement le même.

GV : Ici, j’aimerais citer le Dr Safaya. Vous savez, le Dr Safaya est le directeur de nos hôpitaux surperspécialisés. Beaucoup de visiteurs qui le voient demandent si ceux-ci peuvent être reproduits ailleurs. Et sa réponse standard, c’est que, oui, si vous avez un Sai Baba, vous pouvez les reproduire ! Je voulais juste vous demander si on vous a posé ce genre de questions.

AN : Pas exactement ce genre de questions, mais cette question est impliquée.


Le monde peut-il suivre ?

GV : D’accord. Je vais jouer l’avocat du diable et je vais vous demander ce qu’un journaliste vous aurait demandé. Il aurait dit : « Bien, il y a eu une force motrice ici sous la forme de Sri Sathya Sai Baba dont l’amour a motivé et a créé ces projets. Comment pouvez-vous dire que c’est reproductible, puisque que cela ne concerne qu’une seule personne ? »

AN : La guidance a été fournie par Sathya Sai Baba grâce à Son amour et à Sa compassion. Mais fondamentalement, ce que Swami a fait, c’est stimuler le désir des êtres humains de faire du bien aux autres, de coopérer et de travailler ensemble, etc. Et à cet effet, Il a créé un projet conjoint entre 4 ou 5 groupes différents qui ont travaillé ensemble pour une cause commune. Il est possible de créer cette coopération ailleurs en utilisant ce modèle ; tout ce que cela nécessite, c’est quelqu’un d’autre pour reproduire ce modèle et le transplanter ailleurs.

GV : Puis-je l’exprimer ainsi ? Nous possédons tous en nous cette bonté latente. Si les portes peuvent être ouvertes et si la guidance peut être trouvée pour exploiter cette bonté, alors le modèle devient reproductible.

AN : Absolument ! En fait, il y a 2000 ans, l’homme ne voulait rien de plus que de faire du bien à autrui. Il y a ce désir fondamental de faire le bien ; il y a ce désir fondamental de faire partie d’une communauté. Le désir fondamental de travailler ensemble est toujours là.

GV : Donc, puis-je dire que si quelqu’un suit l’exemple de Swami en fournissant une guidance toute aussi inspirée, ces projets peuvent être réalisés ailleurs, peut-être pas à la même échelle ?

AN : Cela devrait être possible, sans aucun doute.

GV : Très bien, OK. Maintenant combien de jours la rencontre du Mexique a-t-elle duré ?

AN : La rencontre du Mexique a duré presque une semaine, à raison de six séances par jour. L’échelle était beaucoup plus importante, parce qu’ici, on n’a pas parlé que de l’eau, mais aussi des installations sanitaires.

GV : Les deux problèmes sont liés ?

AN : Oui, les deux problèmes sont liés. Je dirais que puisque le nombre de gens était plus important, une conscientisation beaucoup plus grande à propos du projet d’eau s’est opérée lors de la présentation de Mexico. En fait, à la fin de la séance, quand je parlais du projet de la Godavari, j’ai mentionné les histoires que Swami relata sur la manière dont nos ingénieurs furent confrontés aux naxalites, quand ils se trouvaient là-bas. Et quand il leur fut dit que Swami avait envoyé des gens pour poser les conduites d’eau, les naxalites furent totalement abasourdis que quelqu’un se soucie d’eux qui sont des hors-la-loi et ils se mirent à aider nos gens.


« J’aime bien votre patron »

Quand ceci fut mentionné, je pense que cela a suscité une réaction très favorable chez les gens. En fait, à la fin de cette présentation, un monsieur est venu me trouver et m’a dit : « J’aime bien ce que fait votre patron. » J’ai répondu : « Je lui communiquerai certainement que vous appréciez ce qu’Il fait. » Il a dit : « Écoutez, nous sommes un groupe de gens qui avons beaucoup d’argent. Nous sommes de la Côte Ouest. »

GV : C’était un Américain ?

AN : Oui, c’était un Américain. « Moi et mes amis, nous voulons faire quelque chose. Que pouvons-nous faire ? Pouvons-nous venir et rencontrer votre patron ? » J’ai dit : « Vous pouvez certainement venir et rencontrer mon patron, comme vous l’appelez. « Il a dit : « Vous avez sa carte ? « J’ai dit : « Je n’ai pas Sa carte, mais voici Sa photo ; vous pouvez avoir Sa photographie. » « Il n’a pas d’adresse e-mail ? » « Normalement, Il ne s’occupe pas de courrier électronique, mais voici une photographie. C’est l’endroit où Il habite. Vous pouvez venir Le voir et Il vous parlera. » Et il y eut d’autres demandes diverses, car ils voulaient que des copies des présentations power point leur soient envoyées.

Il y a eu des demandes de la part de plusieurs universités pour que ceci leur soit envoyé. Il y a eu aussi 2 ou 2 organisations basées aux Etats-Unis, formées pour établir des projets d’utilité publique dans le tiers monde. Elles voulaient connaître le projet plus en détail. En fait, après cette présentation, j’ai passé beaucoup de temps à parler avec toutes ces personnes, ce qui a généré une conscientisation beaucoup plus grande.

GV : Des leaders mondiaux ont-ils participé au forum ?

AN : Il y avait des ministres de plusieurs pays. Particulièrement des visiteurs des pays d’Afrique de l’Ouest, de l’Est et du Sud. Il y avait un très gros contingent chinois, un groupe du Cambodge et du Japon et j’ai pu constater qu’il y avait beaucoup de ministres de l’Utilité Publique et de l’Eau, etc.

GV : Le Secrétaire général des Nations Unies était-il présent ?

AN : Le Secrétaire général de l’ONU n’était pas là, mais le chef d’ONU-HABITAT qui est un assistant du Secrétaire général des Nations Unies et qui a une relation d’information directe avec le Secrétaire général des Nations Unies était présent.


Interviews avec les médias

GV : Les médias ont-ils témoigné de l’intérêt pour votre présentation du projet de Swami ?

AN : Oui, il y avait des gens d’une télévision locale mexicaine présents durant la séance qui ont voulu me parler et il y avait une autre agence de télévision, teleSUR qui émet dans toute l’Amérique du Sud. C’est une chaîne de télévision qui émet en espagnol et qui est très populaire. Ils ont voulu m’interviewer et la séance a eu lieu 2 ou 3 jours plus tard pendant près d’une heure.

GV : Que vous ont-ils demandé et que leur avez-vous répondu ?

AN : La journaliste de teleSUR voulait se concentrer plus sur cet activisme qui tourne autour de l’eau que sur n’importe quoi d’autre et elle m’a posé des questions concernant mes convictions sur le fait que l’eau soit un droit fondamental des gens. J’ai tenté de la dissuader complètement et j’ai dit que je ne voulais pas parler de droits ici.

Fondamentalement, nous nous préoccupons de responsabilités. En tant que personnes liées à ce projet, nous pensons que nous avons la responsabilité de nous assurer que l’eau soit rendue accessible aux gens pour que les gens puissent la boire. Je mettais l’accent sur la responsabilité et elle sur les droits et cette partie de ping-pong se poursuivit presque jusqu’à la fin, mais peu après la moitié de l’interview, tous voulurent tout savoir à propos du projet d’eau.

GV : Et étaient-ils intéressés par Swami ?

AN : En fait, je ne savais pas très bien comment introduire Swami, parce que, chaque fois que je voulais parler du trust et du fondateur de ce trust, la journaliste me parlait des droits de l’eau et je reparlais du trust et elle me reparlait des droits de l’eau. Cette bataille dura un certain temps. Je me sentais très mal à l’aise de ne pas avoir pu présenter Swami jusqu’ici et j’allais m’en satisfaire, si c’était la volonté de Swami de ne pas être présenté ici. Il veut seulement que le monde sache ce qui est en train d’être fait.

Mais tout à la fin, d’entre eux tous, le caméraman se tourna brusquement vers moi et me demanda : « Écoutez, avez-vous une photographie du fondateur du trust ? « Fort heureusement, je m’aperçus que j’avais une photographie de Swami dans la poche de mon veston. Je la sortis et tandis qu’il cadrait la photo de Swami, j’eus l’opportunité de parler un peu de Swami. Je suis certain que les dévots sud-américains furent très heureux de voir cela, car il y a une très grande couverture en Amérique du Sud.

GV : Si vous n’y voyez pas d’inconvénient, j’aimerais faire un peu de publicité pour Heart2Heart. Le numéro d’avril 2006 propose un article de fond sur les activités Sai en Amérique du Sud qui débute avec le Mexique. Nous avons un article qui parle de l’Amérique du Sud, parce que beaucoup de gens ne connaissent pas bien l’Amérique latine, ils ne connaissent que l’Amérique du Nord. Il y a un article concernant les activités Sai au Mexique et la façon dont ceci a débuté, etc. Maintenant, pour en revenir à votre visite au Mexique, en dehors de cette interview télé, avez-vous assisté à des programmes Sai là-bas ou avez-vous au moins rencontré des dévots ?


La visite d’un Centre Sai vibrant à Mexico

AN : En fait, nous étions trois ou quatre dévots Sai à cette conférence. Il y avait moi, il y avait aussi M. Ramakrishnan de Larsen & Toubro et il y avait également Kalyan Ray d’ONU-HABITAT. On nous a demandé à tous de venir assister à la réunion du Centre Sai. On a demandé à Kalyan Ray de faire une présentation du projet Sai Net en Afrique ainsi que des méthodes d’enseignement des Valeurs Humaines. Ils m’ont aussi demandé ainsi qu’à Ramakrishnan de parler et de partager nos expériences. J’ai participé à plusieurs réunions de Centres Sai dans différentes parties du monde, mais je dois dire que l’intensité et la chaleur de la dévotion dont j’ai pu être le témoin au Centre Sai de Mexico fut quelque chose d’extrêmement touchant. Les gens étaient très heureux de nous voir. Ils ont posé toutes sortes de questions pertinentes sur ce qui se passe à Prasanthi Nilayam, sur ce que fait Swami, etc. Ce fut une expérience très émouvante d’être avec eux.

GV : Combien de gens y avait-il au Centre Sai de Mexico ?

AN : Je dirais une cinquantaine ou une soixantaine.

GV : C’est une grosse ville, il doit y avoir beaucoup de Centres.

AN : C’était l’un des quatre Centres et la rencontre au Centre s’est si bien passée qu’ils nous ont demandé de revenir le lendemain et de leur parler. Plus de gens sont venus ce jour-là, ils étaient tous très heureux de nous voir. Le degré d’amour et de dévotion qu’ils avaient pour Swami est exceptionnel. Ils m’ont remis une photographie d’eux tous et ils ont dit : « S’il vous plaît, remettez-la à Swami et dites-Lui que le Mexique l’aime «. Je leur ai dit que j’essayerais autant que possible.


Le prochain Forum Mondial de l’Eau ?

GV : C’est très intéressant, c’est très bien. Avant de vous remercier, j’aimerais savoir quand aura lieu le prochain Forum Mondial de l’Eau ?

AN : Dans trois ans.

GV : Où aura-t-il lieu ?

AN : En Asie du sud ou en Asie occidentale, peut-être à Istanbul, en Turquie.

GV : Vous irez ?
AN : Je ne sais pas, nous verrons.

GV : OK, si vous vous rendez en Turquie, vous devriez prendre de l’eau du Gange – pas nos rivières. Peut-être que vous ne trouverez plus d’eau dans les rivières. Je lisais l’autre jour que sur les 117 fleuves qui dépassent les 1000 km que compte le monde, presque la moitié d’entre eux sont à sec. L’eau ne s’écoule plus de leur source jusqu’à leur embouchure. C’est le genre de situations dans lesquelles nous nous trouvons actuellement. L’eau est un sujet vital. En fait, comme le diraient certains, l’eau est devenue plus importante que le pétrole. Tout le monde n’a pas besoin de pétrole – si vous n’avez pas de voiture, vous n’avez pas besoin de pétrole. Mais tout le monde a besoin d’eau et vous ne pouvez pas vivre sans eau pendant plus de quelques heures, ainsi l’eau va-t-elle devenir un très gros problème !

AN : En fait, dans un numéro de Heart2Heart, vous aviez présenté des statistiques très intéressantes sur l’eau que j’ai également utilisées dans ma présentation, où vous disiez que 97 % des eaux du monde se trouvent dans les océans. Et sur les 3 % qui restent, 95 % des 3 % existent sous la forme d’icebergs.

GV : C’est tout ce qui reste pour notre usage. L’eau douce est très limitée et nous allons connaître de graves problèmes avec l’eau plus tôt que nous ne le réalisons. Je pense que nous devrions faire très attention aux enseignements de Swami à ce sujet. Peut-être explorerons-nous ce sujet une autre fois. Je voudrais vous remercier, mais j’aimerais mentionner un point relatif à l’amour et à la compassion, si je puis.

Swami dit que l’amour sans la compassion est dépourvu de sens. Vous ne pouvez pas professer l’amour, s’il n’y a pas de compassion dans votre cœur. D’autre part, la compassion sans amour est impossible. Et Swami est l’incarnation des deux. Et quand les deux vont de pair, alors de grands miracles se produisent. Et ils se sont produits, comme vous devez l’avoir dit au Mexique, dans le cas des hôpitaux de Swami et dans le cas des infrastructures pédagogiques de Swami.

AN : En fait, j’ai conclu en disant que l’amour et la compassion donnaient naissance à de telles actions. Comme exemple, ce trust ne s’implique pas seulement dans des projets d’eau.

Il y a des hôpitaux super spécialisés où l’on réalise des opérations à cœur ouvert ; il y a une université où l’éducation est gratuite, de la maternelle au doctorat – tous utilisant le même modèle de guidance prolongée basée sur ces mêmes valeurs de l’amour et de la compassion. Cela touche tous les domaines de l’activité humaine, pas nécessairement juste l’eau.

GV : Et bien, merci encore de nous avoir accordé un peu de votre temps et Sai Ram.

AN : Merci. Sai Ram.


Heart2Heart
Juin 2006