MON SAI

LA SOURCE, LA DOUCEUR
ET LA NOURRITURE DE MA VIE


Par le Dr Narendranath Reddy


Le Dr Narendranath Reddy a obtenu son diplôme avec distinction de la Faculté de Médecine Sri Venkateswara de Tirupati. Il fut formé à la médecine interne à la Faculté de Médecine et de Dentisterie du New Jersey et fit sa sous-spécialisation en endocrinologie et métabolisme à l’Ecole de Médecine du Mont Sinaï, New York. Il exerce comme interniste endocrinologue en Californie du Sud depuis plus de 25 ans. Il est membre de la Société Américaine de Médecine Interne et de l’Académie Américaine des Endocrinologues et il est assistant professeur de médecine à l’Institut de Médecine Keck de l’Université de Californie du Sud. Le Dr Reddy a présenté des articles à la Société Américaine de Recherche Clinique de Boston. Il est Président du Comité Médical International de l’Organisation Sri Sathya Sai et il est membre du Conseil de Prasanthi. Il exerce la fonction de directeur de la Fondation Mondiale Sri Sathya Sai qui est l’organe directeur de l’Organisation Internationale Sri Sathya Sai.


Premier Darshan divin

J’ai eu mon premier Darshan de Swami à Puttaparthi, quand j’avais à peu près cinq ans. Mes parents m’avaient emmené voir Bhagavan pendant les célébrations de Dasara, en 1950. Toutefois, mon père qui était un adepte ardent de Sri Ramakrishna ne fut pas attiré par Swami, pensant que c’était un homme de miracles. Sri Ramakrishna avait averti que les miracles étaient des obstacles pour les chercheurs spirituels. Malheureusement, nous avons appliqué à l’Avatar la restriction destinée à un aspirant spirituel.

Car les miracles sont l’expression naturelle de l’amour divin d’un Avatar. Parce que nous n’avions pas la foi, même le kumkum (vermillon) qui nous fut offert comme prasad disparut sur le chemin du retour. Mon père était surpris que Swami fût emmené en palanquin, tout comme la déité d’un temple. Plus surprenant encore pour lui le fait que les dévots marchaient à reculons dans la procession en faisant face à Swami, à l’inverse de la pratique habituelle des gens qui avancent, le dos tourné vers la divinité.

Plus tard, lui et les autres membres de la famille apprirent que les dévots faisaient face à Baba pour observer les changements sur Son visage (comme Rama, Krishna, Durga, Lakshmi, Sarasvatî, par ex.) et pour attraper les bonbons et les médaillons matérialisés et lancés par Lui, de temps à autre.

Ultérieurement, nous entendîmes le discours de Swami à Hyderabad, en 1970. Nous admirâmes Sa parole comme celle d’un saint homme, mais nous ne L’avons pas reconnu en tant qu’Avatar. C’est seulement après notre arrivée aux Etats-Unis que Swami nous a attirés à Lui par l’intermédiaire du Centre Sri Sathya Sai Baba de Hollywood, en 1977. Après la retraite de mon père, mes parents sont venus vivre avec nous comme immigrants, en mai 1981 et nous nous rendions tous régulièrement au Centre Sathya Sai de Hollywood. Toute la famille fut très vite attirée par les enseignements uniques et universels de Swami.

Mon père développa le désir intense de rentrer en Inde, de demeurer en présence de l’Avatar et de rendre service dans Son ashram, en conséquence de quoi, mes parents regagnèrent l’Inde en juillet 1983 et arrivèrent à Prasanthi Nilayam, le 15 juillet. Bhagavan Baba accéda gracieusement au désir de mon père de rendre service dans Son ashram en lui accordant une fonction à l’Université Sri Sathya Sai et en lui permettant de servir comme membre du Sathya Sai Central Office et du Sri Sathya Sai Books and Publications Trust.


« C’est le bon moment pour toi »

Après que mes parents se soient fixés à Prasanthi Nilayam, je visitai périodiquement l’ashram avec ma famille. Au cours de mon premier entretien avec Swami en 1984, je Lui demandai pourquoi Il m’avait fait attendre pendant toutes ces années, quand bien même je vénérais Shirdi Sai depuis mon enfance et que j’avais eu mon premier darshan de Parthi Sai en 1950. La réponse pertinente de Swami ne se fit pas attendre : « Mon enfant, toute chose vient à son heure et c’est le bon moment pour toi. » Par exemple, quand nous avons une cataracte, le docteur ne l’opère que quand elle est mûre ; sinon, l’œil est endommagé. De même, si votre corps est blessé et si vous enlevez la croûte avant que la blessure ne guérisse complètement, elle saignera, tandis que si la blessure guérit naturellement, la croûte tombera d’elle-même. Prenons un fruit sur un arbre. Lorsqu’il est mûr et qu’il tombe, il est très sucré. Mais si vous le cueillez, quand il n’est pas mûr, vous gâchez le fruit, parce qu’il ne sera jamais sucré. Donc, pour tout, le moment doit être juste. C’est le bon moment pour toi.

Dorénavant, la romance divine se poursuivit avec des visites plus fréquentes et des échanges plus nombreux avec Swami. L’attraction principale qui nous attira aux Pieds de Lotus de Bhagavan, c’est Son message unique et universel de vérité et d’amour qui va droit au cœur. Je m’intéresse à l’étude des Ecritures depuis ma plus tendre enfance, mais c’est seulement Swami qui m’a fait comprendre très clairement la spiritualité. Avant d’être exposé à Lui, c’était plus une gymnastique intellectuelle qu’une expérience pratique.


Le Divin veut une famille de docteurs

Swami est le maître du temps – passé, présent et futur, et nous devrions écouter attentivement la moindre de Ses paroles, parce qu’Il mélange le passé, le présent et le futur, ce qui provoque parfois de la confusion. Au cours de l’une de ces premières visites, quand je voulus prendre congé, je dis, comme d’habitude : « Swami, je m’en vais. » Il me répondit, « Tu pars et tu viens, tu pars et tu viens. » Maintenant, je comprends ce qu’Il voulait dire à l’époque à cause de mes récentes fréquentes visites à l’ashram. Chose curieuse également, une fois, quand Swami appela notre famille pour un entretien, Il nous présenta à un autre groupe en disant que nous étions tous des docteurs. A ce moment-là, seuls ma femme et moi nous étions docteurs, mais mes deux filles qui n’étaient pas encore adolescentes furent aussi comprises par Swami comme étant docteurs. Cependant, les paroles de Swami se réalisent toujours et à présent, mes deux filles sont des médecins mariés à des médecins !


Des bénédictions pour le mariage de ma fille

Swami a répandu Sa grâce sur notre famille en de multiples occasions, mais nous ne pourrons jamais oublier une occasion particulière pour laquelle nous Lui serons toujours redevables. C’est Swami procédant au mariage de ma première fille en juin 1995 à Brindavan, Whitefield. Swami décida du lieu et de la date de mariage et nous guida de bout en bout.

Avant que je ne quitte Prasanthi Nilayam, je demandai à Swami, quand je devrais venir. Swami dit : « Le 9 juin. «, ce qui était la date du lendemain du mariage. Imperturbablement, je dis : « Je viendrai le 9 juin, si tel est Votre ordre divin. » Swami rit et me dit de venir trois jours avant le mariage. En conséquence, ma femme et moi, nous arrivâmes à Brindavan trois jours avant la cérémonie. Des amis comme le colonel Jogarao plaisantaient : « Oh ! Les principaux invités arrivent ! »

Bien qu’ils plaisantaient, c’était vrai, parce que Swami était le maître d’œuvre qui avait tout organisé : le menu, la fanfare militaire, le logement des invités et les préparatifs dans la salle des mariages.

Swami s’occupa personnellement du moindre détail, ce qui incluait la nappe, la façon dont les serviteurs devaient être habillés et s’ils devaient porter des gants et comment les invités devaient être correctement traités.

Un jour, Il me gronda pour ne pas avoir rendu visite ni accueilli les invités du futur marié, logés dans la maison des hôtes de Swami. Parce que, quand je suis avec Swami j’oublie tout le reste !

Avant le mariage, tandis que je circulais en voiture avec Swami, Il discutait de tous les détails des préparatifs du mariage. Le jour du mariage, Swami s’assit dans la salle durant toute la cérémonie et nous guida à chaque étape.

Il expliqua aux gens assis autour de Lui le sens spirituel du mariage hindou. Il fut très affectueux et Il matérialisa le mangala sutra (le collier de mariage sacré), Il monta sur l’estrade, bénit les jeunes mariés et toute la famille et Il posa pour les photographes.

Après la cérémonie, au moment des préparatifs du repas, Swami vint et donna Lui-même des directives quant aux plats qui devaient être servis et Il répandit en abondance Son amour et Ses bénédictions sur les invités. Il nous remit à tous de généreux cadeaux sous la forme de vêtements et de bijoux, mais Son plus grand cadeau, c’était Son amour maternel. Quand ma fille avait 10 ans, Il avait promis qu’Il organiserait la procession du mariage avec une fanfare militaire. Il tint Sa promesse en prenant des dispositions pour qu’une merveilleuse fanfare militaire accompagne le mariage. Il participa aussi au Narayana Seva qui suivit immédiatement le mariage en servant de la nourriture et en remettant des vêtements de Ses mains divines à quelques âmes fortunées avant que nous tous, nous suivions Son exemple.

Mon beau-fils qui ne connaissait pas Swami ne réalisait pas ce qu’il recevait et il était naïf dans son comportement, mais Swami, le grand Maître divin, le fit se sentir très à l’aise et commença à l’attirer lentement grâce à Son pur amour divin semblable à du nectar. Ensuite, après le mariage, il y eut une réception organisée à Hyderabad. Je ne désirais pas m’y rendre, mais Swami me convainquit d’y aller et prit même des dispositions pour que notre famille soit accueillie à l’aéroport d’Hyderabad et visite Sivam, le temple de Swami et le célèbre Kalyana Mantapam d’Hyderabad. Quand Sa grâce tombe, c’est une averse torrentielle. Il y a beaucoup d’exemples de guérisons divines de diverses maladies physiques chez plusieurs membres de la famille. J’aimerais en partager quelques-uns ici.


Swami sauve des membres de la famille

Ma seconde fille qui est obstétricienne et gynécologue attrapa au cours de son adolescence une forte fièvre toxique après son retour aux Etats-Unis d’un pèlerinage à Puttaparthi. Nous consultâmes un spécialiste des maladies infectieuses qui diagnostiqua la fièvre typhoïde, en attendant les hémocultures et commença les antibiotiques par intraveineuse. Entre-temps, mes deux filles se mirent à prier Swami, parce que ceci a une implication majeure aux États-Unis. Si c’était la typhoïde, ma fille ne pourrait pas rentrer à l’école avant de nombreux mois et toute la famille serait examinée pour voir si on n’était pas porteur du germe. Alors qu’elles finissaient leurs prières, nous eûmes la surprise agréable de recevoir un coup de fil du laboratoire annonçant que les cultures hémophiles étaient négatives concernant toute prolifération bactérienne. Quand nous retournâmes voir Swami, Il confirma qu’Il avait guéri sa maladie grave. Nous étions tous émus aux larmes par Son amour.

Mon père souffrit d’un sévère et grave mal de dos en 1996, alors qu’il était âgé de 75 ans et il était très fortement handicapé. En désespoir de cause, ma mère me somma de venir les aider dans cette situation critique. Je pris tout de suite l’avion à Los Angeles et j’arrivai à Bangalore, où mon père avait été transporté par ambulance de Puttaparthi. On procéda à une IRM de la colonne vertébrale qui montra deux énormes hernies discales affectant les nerfs, ce qui provoquait une douleur atroce. Nous consultâmes un chirurgien orthopédiste de Bangalore, un neuroradiologue et un neurochirurgien aux États-Unis.

Tous recommandèrent de l’opérer immédiatement pour le soulager de la pression exercée sur les nerfs. Quand j’interrogeai Swami, Il conseilla d’annuler l’opération et Il me donna le meilleur remède : de la vibhuthi matérialisée de Ses mains divines, à frotter sur le lieu de la douleur. Il n’est pas nécessaire de dire que la douleur déclina remarquablement et que jusqu’à ce jour, il peut fonctionner sans le moindre déficit neurologique. Par contraste, à la même époque, j’ai reçu une patiente de 46 ans dans mon cabinet avec un problème identique vu en 1996. Elle a subi une neurochirurgie aux Etats-Unis et par la suite, elle devint définitivement handicapée et dut quitter son travail. Ceci montre combien notre doux Seigneur est meilleur que les meilleurs neurochirurgiens.

Il y eut une crise de santé majeure en février 2000, lorsque mon père eut des attaques convulsives et que nous dûmes faire appel aux paramédicaux pour une attention médicale d’urgence. Il ne répondait pas et fut immédiatement conduit dans la salle d’urgence la plus proche. Il subit un examen médical approfondi et le neurologue redoutait qu’il puisse avoir une tumeur au cerveau. Toutefois, le diagnostic final fut une encéphalopathie due à un déséquilibre électrolytique, à savoir une grave hyponatrémie. Par la grâce et les bénédictions de Bhagavan et, surprise agréable pour nous, tout ceci fut corrigé par des fluides intraveineux et il put rentrer chez lui dans les 24 heures. Alors que les ambulanciers paramédicaux s’occupaient de mon père, ma mère courut dans la pièce réservée au culte et elle appela bruyamment et désespérément Swami à l’aide. Au cours de notre voyage suivant, Swami nous raconta comment ma mère s’agrippait à Ses Pieds et appelait à l’aide. Encore une fois, ceci témoigne de Son omniprésence et de Sa réponse prompte et aimante aux prières des dévots.

En 1985, je fus impliqué dans un accident de voiture en Californie, quand un gros camion entra en collision avec ma voiture. La voiture fut gravement endommagée, mais je n’eus pas la moindre égratignure. Quand je vis Swami à Prasanthi Nilayam, Il raconta les détails de l’accident et comment Il m’avait sauvé du danger. De plus, Il observa que je ne m’étais souvenu de Lui qu’après l’accident, mais pas au moment de la collision. Seigneur compatissant ! Il pense à nous et nous protège tout le temps, quand bien même nous L’oublions parfois.


Les leçons personnelles de Swami

Une fois, lorsque je demandai à Swami : si la vie est un rêve, fait-Il aussi partie du rêve, la réponse du Seigneur de la Vérité fusa immédiatement – Il est dans les quatre états de veille, de rêve, sans rêve ainsi que turiya (l’état transcendantal). Il révéla ainsi qu’Il est le suprême Brahman sans attribut et sans forme, toute chose, partout et à jamais. Pour toute la grâce et tout l’amour que Swami répand sur nous, j’avais l’impression que nous ne rendions jamais assez service au Seigneur. Humblement, j’exprimai à notre cher Seigneur Sai mon désir de Lui rendre service en traduisant Ses discours sur la vie de Shirdi Sai du télougou en anglais.

Mais Sai Shiva m’admonesta gracieusement avec la révélation que le service réel, c’est de découvrir « qui suis-je ? » Je plaidai avec le Seigneur à propos de la difficulté de cette voie, à cause des vasanas de plusieurs vies qui s’érigent en obstacles. Bhagavan m’encouragea gentiment en disant qu’on peut éliminer l’obscurité d’une caverne qui prévaut depuis des millénaires en un instant en allumant une lampe. Ainsi, la lumière de la sagesse apparaît-elle avec Sa grâce et notre aspiration sincère.

Ma déité d’élection était Shirdi Sai avant que je ne vienne à Swami. Aussi, lors de ma première rencontre avec Swami, je Lui dis que pendant ma puja, j’offre d’abord des fleurs à Shirdi Sai et puis à Sathya Sai. Swami, dans Sa libéralité, dit que c’était très bien de faire ainsi, parce que tous les noms et toutes les formes sont Siens. En fait, Il a dit que je pouvais placer des fleurs sur ma propre tête, parce que moi aussi, je suis divin. Une autre fois, Swami transmit un message similaire, tandis que je l’accompagnais dans Sa voiture. Beaucoup de dévots lancent des fleurs sur la voiture de Swami et une dévote occidentale essayait de lancer une fleur sur la voiture de Swami, mais en raison de sa faiblesse, elle retomba sur elle et n’atteignit pas la voiture. Swami me regarda et dit : « Tu vois cette pauvre dame ? Elle voulait vénérer Swami avec une fleur, mais elle est tombée sur elle ; sans le savoir, elle a fait ce qui est juste, parce qu’elle est elle-même divine. »

Lors de notre première visite à Prasanthi Nilayam, ma femme fut gravement touchée par la dysenterie et elle ne put venir au darshan pendant trois jours. Je pensais devoir la conduire à Bangalore pour la faire hospitaliser, mais par la grâce de Bhagavan, elle se rétablit, elle assista au darshan le quatrième jour et elle s’assit sur une chaise à côté des personnes handicapées. Ce jour-là, Swami s’approcha de moi, alors que j’étais assis dans les lignes du darshan sur le sable et Il dit : « Ta femme est venue. »

Je ne me rendis pas compte qu’elle était venue au darshan avant de retourner à la chambre. Je me demandai comment Il avait pu détecter sa présence parmi des milliers de dévotes. Comme Il le dit, Dieu sait tout, mais Il prétend ne rien savoir, tandis que l’homme ne sait rien, mais il prétend tout savoir. Une autre fois, lorsque nous étions dans la salle d’interview, il y avait beaucoup de dévots et un des hommes s’efforçait de présenter un jeune garçon comme le fils de son frère dévot. Avant même qu’il n’y soit parvenu, Swami dit qu’il connaissait chacun et confirma la déclaration précédente.

Au cours de ma première entrevue, je remis un livre à Swami pour qu’Il le bénisse de Sa signature et à ce moment précis, les lumières s’éteignirent et il n’y eut plus d’électricité. Je me demandais comment Il pouvait voir et signer. Il me regarda droit dans les yeux et dit : « Je peux même voir dans l’obscurité une petite fourmi qui rampe au loin. » A ce moment-là, je portais des lunettes et Swami signala que Sa vision était meilleure que la mienne, même sans lunettes. Je dis : « Swami, c’est à cause de Votre pouvoir divin. »

Mais Swami me corrigea en disant qu’il n’utilise pas Son pouvoir divin pour ces choses personnelles, mais que c’est dû à sa façon de vivre et de manger disciplinée. Il dit que je pouvais avoir des capacités similaires, si moi aussi je menais une vie disciplinée comme Lui.

Permettez-moi de relater un incident indiquant la révélation spontanée de Bhagavan de Sa divinité au cours d’une conversation informelle. Un jour, nous nous inquiétâmes auprès de Swami de ce que la petite quantité de nourriture qu’Il ingurgite ne peut pas soutenir un être humain et nous Le priâmes d’augmenter Son apport en calories. Mon père observa que, comme les yogis, Swami tirait peut-être directement de l’énergie des cinq éléments. Spontanée fut la réponse divine négative : ce sont les cinq éléments qui dépendent de Lui pour leur maintien !


La Vérité, par le Seigneur de la Vérité

A Brindavan, Whitefield, Swami avait l’habitude de m’appeler ainsi que feu M. V.K. Narasimhan, l’éditeur du Sanathana Sarathi et en de nombreuses occasions, Il parla avec nous de sujets spirituels. Un jour, Swami parlait du plus haut Védanta, parce qu’il mentionna que tout est un rêve et Il dit que ce que nous expérimentons pendant la journée, c’est du rêve comme les rêves nocturnes que nous avons la nuit. Après notre discussion, quand je me retrouvai avec M. V.K. Narasimhan qui est un solide vishnouite et un adepte de Ramanuja, il exprima vigoureusement l’idée que la philosophie non dualiste de Shankara avait ruiné l’Inde. Il dit : « Qui s’intéressera à un Dieu où toutes les fleurs sont de la même couleur et où il n’y a pas de variété dans les fleurs et qui sera intéressé par la vision d’un écran vide, quand il n’y a pas de projections de belles images sur l’écran ? » Je ne fis que l’écouter et je me tins coi, bien que je ne partageais pas ses idées.

Le lendemain, Swami nous appela de nouveau tous les deux et je parlai innocemment à Swami de la discussion que nous avions eue le soir précédant et je voulais que Swami me dise la vérité. Swami répondit clairement :
« Je te dis la vérité absolue qui est que l’expérience de l’unité est la seule réelle et que tout le reste est une illusion, comme un rêve. Ne sois pas influencé par le point de vue de V.K. Narasimhan qui est valable pour lui, mais qui n’est pas la vérité la plus haute. » Une autre fois, je me trouvais avec Swami chez Lui au Poornachandra au cours d’une séance où Swami répandit beaucoup d’amour sur moi.

Je m’exclamai : « Swami ! Que ce lien d’amour dure toujours et je veux renaître lors de Votre prochaine descente pour Vous aimer et Vous servir. » Swami dit : « Ce n’est pas correct, ton but devrait être que ceci-ci soit ta dernière naissance et tu ne devrais pas désirer renaître. Comment peux-tu être sûr que tu puisses être aussi proche de Swami que ceci lors de ta prochaine naissance ? » Je dis également à Swami : « Que cette relation d’amour soit permanente et immuable. » Swami dit : « Pourquoi devrais-tu avoir de tels doutes ? Je suis un aimant puissant et J’attire toujours une aiguille métallique pure. Si le métal ne subit pas d’attraction, c’est à cause de la rouille et de la poussière qui le recouvre. Donc, préserve ta pureté et ta relation sera toujours la même. »

Je dis : « Swami, permettez-moi d’avoir cette plénitude (prapthi) « et Il dit : « Si je veux, Je peux créer prapthi, Je peux rendre le vase plus grand pour qu’il puisse recevoir plus de grâce. Cela veut dire que la grâce divine peut transcender toutes les lois spirituelles. »

Une autre fois, alors que j’accompagnais Swami en voiture, Swami dit : « Emi Samacharam (quelles nouvelles ?), dis quelque chose. » Je dis : « Swami, s’il Vous plaît, accordez-moi la faveur de toujours me souvenir de Votre divinité et de n’être jamais trompé par Votre maya qui subjugue le monde. » Swami dit : « Penses-tu être plus grand que des sages tels Vasishta, Viswamitra et Jamadagni qui furent aussi trompés par la maya du Seigneur ? Sois toujours vigilant. »


Des miracles à Kodai

En 1994, Swami nous invita, moi et ma femme, à Kodaikanal. Nous y vécûmes beaucoup d’expériences merveilleuses, dont un pique-nique avec Swami. Une fois, Swami se rendit chez un dévot et cueillit deux prunes à un bougainvillier qu’Il tendit à deux étudiants. Comme je désirais les avoir ! Nous séjournions dans une maison où Swami avait pris Ses arrangements ce soir-là et quand nous nous éveillâmes le lendemain matin, il y avait deux prunes sur la table de nuit à côté du lit. Moi et ma femme, nous nous les partageâmes et nous nous délectâmes de ces délicieuses prunes. Ensuite, nous nous renseignâmes pour voir si quelqu’un les avait mises là, mais personne n’était au courant des prunes. Alors, je réalisai que Swami exauce même les désirs mineurs de Ses enfants, sans même le demander. Swami me donna l’opportunité de partager cet incident avec les étudiants à Trayee Brindavan après notre retour de Kodaikanal.

Au cours de ce voyage, Swami me donna la chance de chanter pour Lui en deux occasions. A Kodaikanal, il faisait froid le matin et je mettais un pull. Swami désigna mon pull et dit qu’Il ne mettait qu’une simple robe et pas de pull. Désormais, je ne mis plus de pull, apprenant de Swami la leçon de transcender les paires d’opposés du chaud et du froid. Quand nous nous rendîmes en pique-nique avec Swami, il y avait une grande caravane qui L’accompagnait. En descendant, j’avais aux pieds mes chaussures de sport et Swami les montra du doigt ; je saisis l’allusion et je retirai de suite mes chaussures. En conséquence de quoi, je ne tombai pas à cause du sol qui était glissant en raison de la présence de branches de pin sur le sol. Certains étudiants qui portaient des chaussures tombèrent à cause du sol glissant. Faire attention à l’allusion de Swami m’épargna une chute. Au cours de ce voyage, Swami me donna cinq opportunités de parler devant Lui et Il dit que bien que je vivais aux Etats-Unis, j’étais bon en sanscrit et que j’avais appris la dévotion de ma mère.

Mais au cours de mon dernier exposé, Swami m’interrompit brusquement par une remarque tranchante, quand je citai un sloka du Bhaja Govindam sur la façon dont l’homme gaspille son énergie pendant son enfance en jouant avec des jouets et lorsqu’il est jeune, avec les plaisirs sensuels. Swami était d’avis qu’il n’était pas indiqué de dire de telles choses devant des étudiants. Toutefois, feu M. Sampath, le vice-recteur de l’université de Swami, me soutint en disant que c’était une composition d’Adi Shankara. Swami n’était toujours pas d’accord. C’est alors que je réalisai que Swami tentait de broyer mon ego qui montrait sa tête, parce que tout le monde faisait l’éloge de mes exposés, dont Swami. Swami est donc une machine à broyer l’ego, parce que pour les chercheurs spirituels, l’ego est le plus grand obstacle.

Quelle bénédiction et quel bonheur pour nous d’avoir ce beau, ce doux et cet affectueux Seigneur qui nous protège et qui nous guide ! Utilisons cette chance unique pour L’adorer, pour Le vénérer, pratiquer Ses enseignements et nous fondre en Lui qui est notre Source.


Heart2Heart
Juin 2007