A PROPOS DU SANATHANA SARATHI



Dans le message qu’Il écrivit pour les lecteurs du premier numéro du Sanathana Sarathi, Baba explicita pourquoi Il avait ainsi nommé le magazine. « A partir de ce jour », déclara-t-Il, « Le Sanathana Sarathi conduira l’armée (les textes spirituels et les Ecritures) contre les forces du mal de l’injustice, du désordre, de la fausseté et de la méchanceté, conduites par le démon ego. Ce Sarathi luttera pour le ferme établissement de la paix dans le monde ; il proclamera sa victoire, aux résonnements des battements du tambour. Par son triomphe, il procurera l’Ananda à l’humanité toute entière. » En tant qu’aurige, Baba était déterminé à sortir le monde de la maladie, du désastre et du désespoir.

Pour ce qui est de l’Ananda, Baba avait affirmé dès 1947 que la raison pour laquelle Il avait enfilé le vêtement humain était de « secourir l’humanité d’un danger imminent et de conférer l’Ananda à tous les hommes, partout ». Le Sarathi n’était qu’un des instruments conçus par Sa volonté. Et par Sa grâce, je devins la mouche posée sur l’essieu du char qui pouvait se griser de penser que les roues bougeaient parce que j’étais là !

En 1954, Dorothy Sayers écrivit : « Futilité : absence de foi vivante ; dérive dans une moralité dissolue ; consommation avide ; irresponsabilité financière et colère non contrôlée ; individualisme forcené ; violence ; stérilité et absence de respect pour la vie et la propriété, dont celle en propre ; exploitation du sexe ; abâtardissement du langage par la publicité et la propagande ; commercialisation de la religion ; indulgence envers la superstition et conditionnement de l’esprit des gens par l’hystérie de masse et les envoûtements de toutes sortes ; vénalité et manipulation dans les affaires publiques ; malhonnêteté dans le domaine matériel ; malhonnêteté intellectuelle ; fomenter la discorde (classe contre classe, nation contre nation) pour ce que l’on peut en retirer ; altération et destruction de tous les moyens de communication ; exploitation des émotions de masse les plus basses et les plus stupides ; traîtrise, même envers les principes de la famille, de la nation, de l’amitié et du serment d’allégeance – telles sont les étapes par trop reconnaissables qui mènent à la mort lente de la société et à la destruction de toutes les relations civilisées. »

En 1958, Sai Baba nous assura que la « mort lente » sera annulée et la crainte de l’extinction, exorcisée. Baba a diagnostiqué que la maladie mortelle dont Dorothy Sayers a énuméré les symptômes était causée par un méchant virus, « ego egregius ». L’ego doit être plongé dans l’Ananda pour que son pouvoir toxique devienne pouvoir tonique. Cette Ananda n’est pas une émotion qui apparaît et qui disparaît. C’est une expérience positive et complètement satisfaisante. Ananda nous libère de la peur et de l’instabilité, de la jalousie et de l’hostilité, de l’orgueil et de la mesquinerie. Dans l’Ananda, nous sommes seul avec l’Unique.

Baba rappela aux lecteurs du Sanathana Sarathi que les initiales de Son nom, SSSB, expriment l’étendue et la nature des domaines de pensée et d’action qui Le préoccupent intimement. « S » représente Sangha (la société). Il recherchait, dit-Il, l’intégration et l’illumination de la société en tant qu’instrument d’élévation de l’individu qui y est moulé et modelé. Le second « S » représente Samskrithi (la culture). Il s’efforçait, dit-Il, de cultiver les instincts, les pulsions, les passions et les émotions de l’homme afin de promouvoir la paix et l’harmonie dans la société et la douceur et la sérénité chez l’individu. Le troisième « S », dit Baba, représente Sanathana (les valeurs éternelles). Il recherchait, dit-Il, la conservation et l’aboutissement des valeurs humaines, telles qu’elles furent découvertes et décrites par les voyants, les sages et les saints de tous les pays et de toutes les époques. Baba déclara que la lettre « B » signifiait « blocage » ! C'est-à-dire que les trois « S » indiquent Sa stratégie pour l’élévation humaine, tout ce qui ne s’y rapporte pas est « bloqué » ; Il le considère comme indigne d’attention. Ces trois horizons délimitent le ministère du Sanathana Sarathi. Tout le reste sort de la compétence de la revue.

Même quinze années plus tard, Baba rappela aux personnes chargées de préparer et de publier le magazine, qu’elles doivent promouvoir assidûment, sans égard pour l’ostentation décorative ou pour le calcul des pertes et profits, l’intégration de la race humaine.

Il nous assigna encore un autre devoir. « L’homme peut maîtriser l’univers, mais que peut-il prétendre connaître, quand il ne s’est pas maîtrisé lui-même ? Quand il n’a pas conscience de lui-même, il n’a pas connaissance du Connaissant. Le Sanathana Sarathi a pour mission l’affirmation de cette vérité, l’installation de cette vérité dans le cœur de l’homme, et l’insistance sur la pratique de cette vérité par chacun. »

« Sathya et Dharma – voilà ce que l’on devrait chercher à connaître, pas le monde de la nature, le corps ou l’esprit qui ne sont pas si essentiels, bien qu’une certaine connaissance les concernant est peut-être nécessaire et même inévitable comme « équipement ». La connaissance, de n’importe quel type, a pour base l’Atma. Dans chaque objet, l’Atma se manifeste comme forme et fonction. Le Sanathana Sarathi a pour idéal la communication de cette expérience. Il consacre tous ses efforts à attirer les chercheurs dans une nouvelle aventure – réguler les activités de la vie individuelle et assagir la vie sociale. « Puisse le Sanathana Sarathi s’écouler comme le Santosha Dai » (Celui qui donne la joie qui comble). « Puisse-t-il gonfler et déferler comme Prema Saayi » (l’Amour qu’est Sai). Puisse le Sanathana Sarathi parvenir à son accomplissement suprême, Sarva Jiva Samai Kya Vaaridhi (tous les êtres – union intégrale – océan), le but de « la Conscience de l’Un sans second », bénit Baba. En 1978, Baba écrivit encore : « Le Sanathana Sarathi est le pont qui vous conduit à Moi et qui M’amène à vous. »


Tiré de Loving God, du Prof. N. Kasturi

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