LA FOI

Par Sri Hemanth Kumar



Toute la force spirituelle dont on a besoin !

Sri Hemanth Kumar, étudie actuellement à l’Institut de Swami

Ceci est la transcription du discours prononcé par Sri Hemanth Kumar dans la divine présence de Bhagavan Baba.


J’invoque les bénédictions de la Mère Divine, Sri Sai Saraswathi, sur tous ceux qui sont présents ici. J’offre mes salutations aimantes et humbles aux Pieds de Lotus de la Mère Divine. Honorables aînés, chers frères et sœurs, Sai Ram à tous.

Dans la clairière d’une forêt, il y avait là un énorme banian. Il avait un tronc gigantesque, de puissantes racines aériennes et des branches solides. Et dans le prolongement de l’une de ces branches solides, il y avait une petite brindille sur laquelle était posé un petit moineau. Une brise légère fit doucement ondoyer la brindille et le moineau pépiait en rythme. La brise forcit lentement et le nid du moineau se mit à trembler violemment. Mais le moineau pépiait de plus belle, alors que nul ne se souciait de sa mélodie. Le vent mugissait et hurlait ; le petit moineau gazouillait. Et dans la lutte disproportionnée qui se prolongeait, la brindille cassa, incapable de soutenir l’assaut. Qu’arriva-t-il au petit moineau ?


Vous êtes l’oiseau, Je suis vos ailes

C’était le 28 septembre 1995. J’étais en huitième. Bhagavan nous accordait un entretien à toute la classe. J’avais la chance d’être assis juste à Ses pieds et je Lui demandai (mentalement) : « Qu’est-il arrivé au moineau ? » Juste à ce moment-là, Bhagavan racontait le même incident. Il me regarda droit dans les yeux et Il ajouta joyeusement : « Il a déployé ses ailes et il s’est envolé. » La réponse fit mouche.

Bhagavan expliqua : « L’homme vit dans ce monde où il construit une maison, en y mettant tout ce qu’il a acquis dans la vie. Il s’y installe et il sifflote au fil de la vie. Mais quand les vents sont défavorables et quand le monde s’écroule autour de lui, il fait des bonds en se lamentant de sa situation désespérée. »

Le petit moineau perché sur la branche ne dépendait pas de la brindille ou de la branche ou du tronc gigantesque du puissant banian. Il dépendait de ses ailes ! De même, dans la vie, ne dépendons pas des simples brindilles de la passion et de la mode, de la souffrance et du bénéfice, de la richesse et de la gloire. Dépendons plutôt des ailes de la foi. La foi en Son nom, en Son amour, en Sa gloire, en Sa bienveillance et en Sa bénédiction !

Donne-nous, Seigneur, la capacité de développer ces ailes de la foi, car au moment où la tempête deviendra plus forte que nous ne pouvons le supporter, nous pourrons déployer ces ailes de la foi et nous laisser porter sans effort vers notre destination.


La foi est en vérité la vie

Une mère aime un enfant, car elle a foi que c’est le sien. Un enfant aime ses parents, car il a foi que ce sont les siens. Je suis ici pour parler, car j’ai la foi que ce que je dis est ce que je ressens. Et sur une note plus légère, beaucoup d’entre nous aurions les cheveux longs, si nous n’avions pas la foi que le coiffeur nous coupera les cheveux et non pas la gorge !

Pourquoi continuer ? Vous ne mangeriez pas, si vous saviez que la nourriture que vous prenez ne serait pas digérée. Vous ne dormiriez, pas si vous n’aviez pas la foi que vous vous réveilleriez. Vous n’oseriez pas respirer, si vous n’aviez pas la foi que la bouffée d’air que vous avez prise ne serait pas relâchée. La vie est en vérité la foi. Et dans cette vie, l’homme tend à progresser vers le bonheur. Et Bhagavan les rapproche tellement, lorsqu’Il dit :


Là où il y a la foi, il y a l’amour ;
Là où il y a l’amour, il y a la vérité ;
Là où il y a la vérité, il y a la paix ;
Là où il y a la paix, il y a la félicité ;
Et là où il y a la félicité, il y a Dieu !

Quelle meilleure inspiration y a-t-il que de placer notre foi en Lui qui est assis parmi nous, la Divinité suprême, la source de l’amour suprême ?

Atita pantanam tavacha mahima vangamanasaya ho
Prataya Vrityayam Chakitam abhidateyshritaneyapi

Ô Seigneur ! Mon esprit et mes pensées sont sidérés, lorsqu’ils tentent d’évaluer les sommets de Ta bienveillance et de Ta magnificence. Développons notre foi en Toi.

L’amour du Seigneur Narayana pour Son dévot

Une fois, le sage Narada qui effectuait son tour du monde en répandant la gloire de Dieu tomba sur un dévot du Seigneur assis sous un énorme banian. Ayant remarqué le grand sage, le dévot se prosterna devant lui et dit : « Ö grande âme, quand te rendras-tu à Vaikuntha pour y rencontrer le Seigneur ? » Narada répondit : « Après avoir propagé le message du Seigneur tout autour du monde, j’irai sûrement à Vaikuntha. » Le dévot mentionna alors sa prière : « Je médite depuis tant d’années. S’il te plaît, demande au Seigneur quand Il m’accordera Son Darshan. »

Le sage consentit à transmettre la prière du dévot et se rendit à Vaikuntha. Le Seigneur Narayana lui demanda : « Narada, quelles sont les nouvelles ? » Narada transmit alors la prière du dévot et le Seigneur Narayana dit : « Dis au dévot que Je ne lui accorderai Mon Darshan qu’après un certain nombre de naissances, égal au nombre de feuilles de l’arbre en dessous duquel il médite. »

Narada était découragé, mais après tout, il n’était qu’un messager, aussi il retourna auprès du dévot et lui dit : « Ô sot, tu n’aurais pas pu trouver un autre arbre sous lequel méditer ? Entre tous, tu as choisi un banian ! Le Seigneur t’accordera certainement Son Darshan, mais ce sera après un certain nombre de naissances, égal au nombre de feuilles de l’arbre sous lequel tu médites. »

A ce moment-là, une chose étrange se produisit. Le dévot connut une extase et le Seigneur apparut sur la scène. Alors que Narada était planté là, fulminant et grommelant, le Seigneur rencontra son dévot. On aurait dit un veau se précipitant vers sa mère ou une rivière se jetant dans l’océan.

Après l’union, le Seigneur s’approcha de Narada et lui dit : « Narada, pourquoi as-tu l’air si contrarié ? » Narada répondit : « Seigneur, peut-être n’accordes-Tu aucune valeur à Tes paroles, mais moi bien. Tu as dit une chose et Tu en as fait une autre. Explique-Toi. »

Et Vishnou s’expliqua : « C’est à cause de la foi du dévot. Il avait la foi – une foi totale. Je lui avais donné Ma garantie. Peu importe combien de temps cela allait prendre, mais J’avais donné Ma promesse et cette foi lui procura toute la joie que J’allais lui donner Mon Darshan, aussi J’ai dû revenir sur Ma promesse et apparaître devant lui. »

Quelle est la voie qui mène à Dieu ? Il n’y a pas de voie qui mène à Dieu ! Qui est la source de notre foi ? C’est un saut, car c’est un abîme ! Dans la quête de Dieu, c’est une question de 100 % de foi ou de pas de foi du tout ! Même 99,99 % ne fonctionne pas ! Dans ce domaine de Dieu, il n’est pas question de « si » et de « mais ». Tous les « si » et tous les « mais » sont tranchés ! C’est une question de 100 % de foi ou de pas de foi du tout.

Mais la situation de l’homme est si lamentable qu’il est prêt à croire en n’importe quoi, excepté sa propre voix intérieure. Chaque fois que nous montons dans un bus, nous remettons notre vie entre les mains du chauffeur, un mortel comme nous. Mais quand le Jagad Guru vient et dit : « Mon enfant, donne-Moi ton cœur et Je te ferai traverser l’océan de la vie », vous n’êtes pas intéressés.

Si le calendrier dit que demain, c’est jeudi, vous seriez prêts à mettre votre tête à couper, là-dessus. Mais quand Celui qui a mis le soleil, la lune et les étoiles à leurs places vient pour vous murmurer à l’oreille, « Mon enfant, suis Mes paroles », vous semblez désintéressés. Est-ce là notre foi ? Est-ce là toute la conviction que nous avons en Sa parole ?


Déluge d’amour

Bhagavan a raconté cet épisode qui s’est passé, il y a trente ans. Un dévot du district d’East Godavari était venu trouver Bhagavan et il avait prié pour qu’Il assiste à une pendaison de crémaillère.

Swami fut d’accord et Il fixa une date. Il ajouta même : « Je viendrai tel jour à 9 heures. » Nanti de cette divine garantie, le dévot s’occupa de tous les préparatifs pour recevoir Bhagavan chez lui, dans le district d’East Godavari. Comme d’habitude, les pluies saisonnières tombèrent en abondance et perturbèrent la vie des gens. Et cette année-là, un cyclone frappa le district d’East Godavari ! Alors que la Godavari montait, la ferveur des dévots augmentait simultanément avec leurs prières. Dieu leur avait donné Sa parole et leur avait certifié qu’Il serait là. Et ils avaient foi en cela.

Swami dit : « Il peut y avoir des gens qui souffrent parce qu’ils n’ont pas la foi, mais nul ne sera abandonné, s’il a la foi. » Forts de cette assurance, ils se préparèrent à recevoir Bhagavan dans le district d’East Godavari.

Malgré tout, ignorante de ce qui se tramait entre Dieu et Ses dévots, la nature continuait de déverser des pluies torrentielles sur le district d’East Godavari. Le seul lien que l’East Godavari conservait avec le monde, c’était le vieux pont de Rajahmundry. Pour des raisons évidentes, les autorités du district fermèrent le pont et il n’était maintenant plus possible de traverser la rivière.

Mais Bhagavan avait dit qu’Il irait et donc, à la date prévue, Il partit pour le district d’East Godavari avec quelques dignitaires. Quand ils s’approchèrent de la rivière, celle-ci était en pleine crue. Les fonctionnaires du district tentèrent de dissuader le groupe de traverser le pont.

Ils insistèrent pour que Bhagavan signe une déclaration, comme quoi Il entreprenait la traversée, à Ses risques et périls ! Considérez l’ironie de la situation où Dieu doit leur donner des garanties concernant Ses agissements !


« Il n’arrivera rien à ceux qui M’accompagnent ! »

Bhagavan écrivit alors : « Il n’arrivera rien à ceux qui M’accompagnent ! » Qui peut donner cette garantie, à part le Seigneur de l’Univers ? On prépara donc un petit bateau pour transporter Bhagavan de l’autre côté et il était situé de telle façon qu’il devait passer sous le pont pour atteindre l’autre rive.

Les dévots se rassemblèrent de chaque côté de la rivière pour voir ce qui allait advenir. A présent, le niveau de l’eau avait tellement monté que, lorsque le bateau s’approcha du pont, elle léchait la voûte et il n’était absolument pas possible que le bateau puisse passer en dessous. Les gens attendaient fébrilement en se demandant anxieusement ce qui allait arriver.

Bhagavan ordonna aux gens qui se trouvaient dans l’embarcation : « Fermez les yeux. Ne regardez pas ce qui va se passer. » Et, en une fraction de seconde, le bateau disparut brusquement pour réapparaître de l’autre côté !

Imaginez les rugissements des dévots de chaque côté noyant celui de la rivière ! La joie qui jaillit dans leurs cœurs était plus grande que les crues de la Godavari. Et comme promis, Bhagavan arriva chez le dévot à neuf heures pile ! Au cours d’une réunion publique, il a dit : « Quand Je suis venu sous la forme de Rama, l’océan a cédé ; il devait céder ! Quand Je suis venu sous la forme de Krishna, la Yamuna céda ! Maintenant que Je suis venu en tant que Sai, qu’est-ce que la Godavari ? »

Le Seigneur de Puttaparthi ne vous abandonnera jamais, Il ne vous laissera jamais tomber. Cet océan de miséricorde vous prendra par la main et vous guidera de l’autre côté. Il ne vous laisser jamais choir. Bhagavan parle de la foi comme d’un feu. De petits feux sont facilement éteints par la plus petite brise ; de même, une foi minuscule s’éteint-elle sous le vent du moindre doute. Notre foi devrait ressembler à un feu de forêt. Ô Seigneur, que cette foi que Tu insuffles en nous allume la lampe de l’amour dans nos coeurs, chassant ainsi les ténèbres, l’ignorance et la paresse.

Guide doucement, Lumière dans l’obscurité ambiante.
Continue de me guider. La nuit est sombre et je suis encore loin de chez moi.
Je ne demande pas de voir loin. Un pas à la fois, c’est assez pour moi.
Continue de me guider !

Sai Ram !


Heart2heart
Mai 2006