LA DILATATION DE L’AMOUR, C’EST LA VIE

Prof. Anil Kumar



Question : « Qu’est-ce qu’un gouvernement idéal ? »

Bhagavan : « Dans un gouvernement idéal, chacun observe volontiers les règles et les réglementations de l’Etat. Chacun s’acquitte de ses responsabilités. Etre gouverné par Dieu est supérieur au gouvernement. Mais aujourd’hui, nous voyons des gens qui se battent pour leurs droits, tout en oubliant leurs devoirs. Vous ne devriez laisser aucune latitude à la paresse. Tous les salariés devraient travailler le plus sincèrement et faire honneur au salaire qu’ils reçoivent tous les mois. Autrement, ils tromperont ou trahiront leurs concitoyens ou le gouvernement. Les gens devraient cultiver samarasyam, l’intégration, samagrata, la coordination, samaikyata, l’unité et saubhratrata, la fraternité.

Regardez ce morceau de tissu. Il est très solide, parce que ses fils sont parfaitement entrelacés. Mais si vous séparez les fils, vous pouvez le couper avec vos doigts. Chacun devrait savoir que la force réside dans l’unité. L’Inde a pu obtenir l’indépendance, mais pas l’unité. Vous êtes libres de circuler en agitant votre bâton de marche, pour autant que vous ne cogniez pas le nez d’un autre piéton et que votre liberté ne vole pas l’indépendance d’autrui. Des règles de base applicables par tous doivent être suivies. L’individu est moins important que la communauté ou que la société. Il vaut toujours mieux que vous parveniez à vous employer à apprendre ces choses qui sont nécessaires à la société. Votre éducation devrait vous aider à améliorer la communauté. »

Question : « Swami, qu’est-ce qui est essentiel pour nous, maintenant ? »

Bhagavan : « Si vous avez l’amour, c’est suffisant. Tout vous sera donné de surcroît. Le service, le sacrifice, l’humilité, la dévotion, la discipline, etc. sont contenus dans l’amour. C’est seulement l’amour qui stimule et développe toutes les vertus. Là où il y a de l’amour, il n’y aura pas d’ego, de haine, de jalousie ni d’autres qualités animales basses et viles. Il y avait une dame à Paris. Elle vivait avec le peu d’argent qu’elle avait. Un jour, elle vit des SDF démunis qui frissonnaient dans le froid. Elle fut profondément émue par cette scène. Tous les jours, elle emportait quelques couvertures avec elle et elle les offrait à ces pauvres malheureux nécessiteux. Ceci avait attiré l’attention des aînés et, finalement, du gouvernement. Ils décidèrent de lui rendre hommage. Quelques jeunes vinrent pour la féliciter. Elle dit qu’elle n’était pas heureuse, puisqu’elle ne pouvait pas aider chacun, alors que le Dieu Tout-Puissant compatissant aidait toujours chacun. Elle ajouta qu’elle se sentait honteuse et frustrée, car son aide ne pouvait être prodiguée à chacun.

Je vais vous raconter une autre histoire. Il y avait dans une armée un soldat qui avait perdu ses deux jambes à la guerre et qui devait se déplacer à l’aide de béquilles. Comme son service fut relativement court, il n’avait pas droit à tous les avantages de la retraite. Le major de son unité lui donna quelque argent et lui demanda de rentrer chez lui. Sur le chemin du retour, le soldat dut s’arrêter dans un village et s’abriter dans une auberge, car il pleuvait très fort. L’argent disponible fut vite épuisé. Le lendemain, une écolière qui passait dans la même rue vit le soldat et elle se renseigna. La jeune fille fut profondément touchée par sa détresse. Depuis lors, elle se rendit à l’école une heure plus tôt chaque jour pour cueillir des fruits en chemin, les vendre et acheter quelques chapatis (du pain indien) pour le soldat.

Après plusieurs semaines, le major emprunta par hasard la même route et il remarqua le soldat. Le major fut très surpris de le voir, car après un temps aussi long, il n’était pas encore rentré chez lui à cause du manque d’argent. Le major découvrit comment le soldat s’était débrouillé pendant tout ce temps. Au même moment, la jeune fille arriva pour servir les chapatis au soldat. Le major la suivit jusque chez elle. En le voyant, les parents pensèrent que leur fille avait commis un acte délictueux et qu’il était venu faire une enquête. Alors qu’ils s’apprêtaient à la réprimander, le major intervint et il dit aux parents : « Vous avez vraiment beaucoup de chance ! Combien d’entre nous ont de tels enfants avec de la magnanimité, de l’amour, du souci pour les nécessiteux et l’esprit de service ? » Il allait remettre quelques pièces d’or aux parents qui dirent : « Monsieur. Nous n’en voulons pas. Nous pouvons vivre avec notre argent gagné à la sueur de notre front. Qui veillera sur ces pièces d’or à la maison ? S’il vous plaît, laissez-nous tranquilles, monsieur ! » Le major se sentit heureux et il rentra chez lui. Il trouva un candidat au mariage pour cette jeune fille et il célébra son mariage. Telle est la véritable richesse de l’amour ‘’La dilatation de l’amour, c’est la vie. La contraction du cœur, c’est la mort. »


Extrait du livre Satyopanishad du Prof. Anil Kumar :

Sai Inspires – Sunday Special – 13/05/2007

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