FAUT-IL DES DEFIS ?



Un vieux fermier rompu et aguerri était un jour très en colère contre Dieu, bien qu’il fût un grand dévot. Il dit à Dieu dans sa prière matinale : « Il faut dire les choses telles qu’elles sont – cela suffit comme ça ! Tu ne comprends pas l’ABC de l’agriculture ! Quand il faut de la pluie, il n’y a pas de pluie ; quand il n’en faut pas, il n’arrête pas de pleuvoir ! Où est la logique là-dedans ? Si Tu ne comprends rien à l’agriculture, Tu peux me demander – je lui ai consacré toute ma vie. Donne-moi une chance la saison prochaine ; laisse-moi décider et Tu verras ce qui arrivera. »

C’est une vieille histoire. A cette époque, les gens avaient une telle foi qu’ils pouvaient parler directement à Dieu et leur foi était telle que la réponse venait immanquablement. Dieu dit : « OK, tu décides, cette saison ! « Le fermier décida donc et il était très heureux, car chaque fois qu’il voulait du soleil, il y avait du soleil, chaque fois qu’il voulait qu’il pleuve, il pleuvait et chaque fois qu’il voulait un temps couvert, il y avait un temps couvert.

Et il évitait tous les dangers ; tous les dangers qui pouvaient détruire ses récoltes, il les rejetait simplement – pas de tempête, pas la moindre possibilité de destruction pour ses récoltes. Et son blé commença à pousser et à atteindre des hauteurs inédites, du jamais vu, il dépassait la taille d’un homme ! Il était très heureux.

Il pensa : « Je vais Lui montrer, à présent ! » Après la moisson, il fut très étonné. Il n’y avait pas le moindre grain – rien que des enveloppes vides. Que s’était-il passé ? Des plantes aussi grandes – assez que pour avoir donné quatre fois plus de blé que des plantes ordinaires – mais il n’y avait pas le moindre grain. Et brusquement, il entendit rire dans le ciel.

Dieu riait et Il dit : « Maintenant, qu’en dis-tu ? » Le fermier dit :
« Je suis perplexe, parce qu’il n’y avait aucune possibilité de destruction et tout ce qui était utile a été fourni. Et les plantes croissaient si bien et les cultures étaient si vertes et si belles. Qu’est-il arrivé à mon grain ? » Dieu dit : « Parce qu’il n’y avait pas de danger – tu as évité tous les dangers – il était impossible que le grain se développe. Il a besoin d’épreuves. »

Nous fuyons tous la douleur et nous recherchons tous le plaisir en oubliant qu’il y a des moments dans la vie de chacun où quelque chose de constructif naît de l’adversité. Lorsque les choses semblent particulièrement mauvaises, cela nous incite à échapper à l’accablement et à réaliser notre force en créant des changements salutaires dans notre monde extérieur ou en nous transformant à l’intérieur et en réalisant notre potentiel caché.

Bhagavan Baba a expliqué pour nous le mystère de la souffrance :

« Quand la souffrance vient, pourquoi vous éloignez-vous du Seigneur ? Il vous donne la souffrance pour votre propre bien, pour que votre dévotion progresse. Quand la souffrance vous est accordée, vous recherchez la paix, vous recherchez la connaissance du mystère, vous allez voir les sages pour écouter les différents aspects de la vérité. Sans la souffrance, la douceur ne peut pas survenir. »


Adapté de East and West – Février 2007

Heart2Heart
Juin 2007