DU PAIN CUIT
A LA FARINE DE L’AMOUR

Par Mme Rita Ivanova, Lettonie



Il était une fois un homme qui avait sept fils, mais pas une seule fille. Quoique sa femme était épuisée par les fréquentes grossesses, l’homme continuait de rêver du jour où sa femme donnerait naissance à une fille.

Avec les corvées et les responsabilités interminables d’une mère de sept enfants, la femme était submergée par le désespoir et drainée de toute énergie. Finalement, par pur désespoir, elle pria Dieu de prendre pitié d’elle en guidant son mari pour qu’il renonce à son obsession d’avoir une fille.

Dieu fut ému de voir que son visage autrefois magnifique s’était ridé sous le poids des fardeaux. Il faillit ne pas la reconnaître, même s’Il l’avait créée comme un don divin pour son mari afin qu’elle soit pour lui une patiente servante.

En réponse à ses prières, Dieu donna comme instruction à la femme de Lui envoyer son mari au lever du soleil.

L’homme était ravi que Dieu l’ait fait appeler. Il se prépara à la rencontre bénie en se bichonnant et il demanda à sa femme de cuire son pain le plus savoureux pour l’offrir à Dieu.

Au lever du jour, l’homme se mit en route. Il était extatique à l’idée que Dieu l’invitait à Le rencontrer. Il se sentait très honoré et spécial pour ce privilège. Dans son euphorie, il s’absorba tellement en lui-même qu’il ne remarqua même pas les gouttes de rosée matinales qui scintillaient dans l’herbe grasse, les boutons de fleurs prêts à éclore au lever du soleil, les oiseaux qui battaient des ailes pour créer la brise qui rafraîchirait son voyage ou le sable moelleux sur la route qui supportait ses pas afin de faciliter sa marche. Tout ce à quoi il pouvait songer, c’était à sa rencontre imminente avec Dieu.

Quand l’homme arriva enfin, il trouva que la porte de la maison de Dieu était verrouillée. La maison était totalement calme et déserte.

L’homme pensa que Dieu vaquait probablement à Ses corvées matinales et qu’Il était un peu en retard. Il s’assit sous le porche de Dieu, déterminé à attendre. Il resta là jour et nuit sans remarquer que le temps passait. Tout ce qu’il voyait, c’est que Dieu l’honorerait à l’heure de leur rencontre.

Le temps passait imperceptiblement, mais Dieu ne revenait toujours pas.

C’est alors qu’il se mit à avoir faim. L’odeur du pain cuit par sa femme se répandit partout. Sa faim devint insupportable. L’homme sortit le pain protégé par une serviette tissée et brodée par sa femme ; il le rompit en petits morceaux qu’il mit sur sa langue. Le pain fondit comme du miel dans sa bouche et soudain l’homme aperçut une vallée verdoyante et ensoleillée, une rivière à l’eau cristalline et une belle femme qui y puisait de l’eau. C’était la vision qu’il avait eue le jour où il avait rencontré sa femme pour la première fois.

Il revit le jour de son mariage, la douceur de sa femme, le contact de sa main qui apaisait son âme. Il revit sa femme qui le veillait nuit et jour, lorsqu’il était malade et qui gardait sa main fraîche et pâle sur son front pour calmer sa fièvre.

Il se rappela le goût de la nourriture que sa femme lui donnait tous les jours avec tant d’amour et de tendresse et ses meilleurs voeux.

Il se souvint de la naissance de chacun de ses enfants quand, malgré la douleur de l’enfantement, sa femme préserva son calme et son comportement affectueux.

Il se souvint de tous les moments où il fut heureux, parce que cette femme que Dieu lui avait donnée était simplement à ses côtés.

Des larmes coulèrent le long de ses joues. Il vit à quel point il avait été aveugle en tentant de trouver Dieu, là où il n’était pas. Pendant tout ce temps, Dieu était au côté de sa femme.

L’homme se leva et courut chez lui.

En entrant dans la maison, il vit Dieu assis à côté de sa femme qui sirotait du thé en se délectant de petits gâteaux qu’elle avait préparés.

L’homme tomba immédiatement aux pieds de sa femme en les baignant de ses larmes et il rechercha son pardon pour son aveuglement et son insensibilité à son égard. La femme posa sa main fraîche et pâle sur la tête de l’homme et il se sentit tout de suite calme. Il sentit que l’amour et que la paix remplissaient son cœur. C’était la bénédiction que sa femme gardait toujours en elle et qu’elle partageait avec son entourage.

Dieu se leva, remercia la dame pour les petits gâteaux et se dirigea vers la porte. L’homme était agenouillé devant sa femme.

Lorsque Dieu fut sur le point de sortir, l’homme dit tranquillement : « Merci, Dieu, pour m’avoir ouvert les yeux. »

Dieu sourit avec tendresse et avant de s’éloigner, Il dit : « Ce n’est pas Moi qui t’ait ouvert les yeux, mais le pain de ta femme qui est fait avec la farine de la paix et de l’amour. Ta femme est rentrée dans ta vie, parce qu’elle est Mon cadeau pour toi que tu avais autrefois mérité. Permets à la paix et à l’amour de te suivre, toi et ta famille, parce que Dieu est là où l’amour se trouve. »

Dans presque chaque discours, Bhagavan Baba insiste sur le principe de l’amour désintéressé et inconditionnel qui est égal au Divin. L’amour est dévouement et désintéressement. Baba dit et ajoute : « L’amour est Dieu ; vivez dans l’amour. » On doit toujours être reconnaissant pour tous les « amours « qui remplissent chaque jour de nos vies sous la forme d’une mère, d’un père, d’une sœur, d’un frère, d’une épouse, d’une grand-mère, etc. Ce sont tous des cadeaux de Dieu et c’est seulement quand nous chérissons ces cadeaux et que nous les aimons sincèrement que Dieu nous aimera de plus en plus.


Heart2Heart
Juillet 2009