DU COURAGE ET DU CARACTÈRE !

Mme Preeti Sahoo



Ou comment vous pouvez transformer le monde autour de vous et vos vies d’une manière incroyable, quand vous défendez avec courage vos convictions.


Mme Preeti Sahoo est une ancienne étudiante du campus d’Anantapur de l’Université Sri Sathya Sai, où elle a reçu sa licence d’économie en 2006. Puis, elle a travaillé comme ingénieur essai dans une société d’informatique basée à Bangalore pendant trois ans et elle est auditrice interne agréée ISO 9001:2000. Jeune femme dynamique, elle a fondé un groupe musical sur son lieu de travail et elle a aussi dirigé le programme d’assistance sociale de la société. Elle poursuit actuellement une maîtrise en gestion commerciale.


Je me suis inscrite à l’Université Sri Sathya Sai en 2003 (campus d’Anantapur), mais avant cela, j’ai eu le bonheur de profiter de la sublime influence positive d’un environnement Sai depuis ma tendre enfance. En tant que petite fille, j’ai participé aux Bal Vikas (Programme d’Education Sathya Sai aux Valeurs Humaines organisé par l’Organisation Sai). Et aujourd’hui encore, après avoir franchi le portail de cette sainte université avec mon diplôme, je chéris les valeurs que cette institution m’a insufflées et je m’efforce de rester fidèle aux leçons que Baba m’a enseignées.

Bhagavan Baba exhorte Ses étudiants à être courageux comme le lion. Il nous dit que le roi de la jungle est sans crainte et majestueux et Il n’attend rien de moins, de notre part.

Ce que j’ai appris par Son exemple et de Ses enseignements, c’est de ne jamais compromettre mon intégrité…et une partie essentielle de ma formation, en tant qu’étudiante Sai, fut d’être assez courageuse pour représenter le droit.


Le courage ne transige pas avec l’intégrité

Après avoir terminé ma licence d’économie à l’Université Sri Sathya Sai, je suis entrée dans une société d’informatique basée à Bangalore, en tant qu’analyste testeur.

Il était temps pour moi de sortir du port et de prendre la mer. Qui aurait pu imaginer tout ce que j’ai retiré de mes trois années de séjour passées dans l’université de Bhagavan, au niveau de la force et de la clarté pour faire face aux défis de la vie et prendre des décisions en accord avec ma conscience ?

Ce chant magnifique et poignant composé et chanté par Bhagavan Baba (initialement en télougou) a toujours été un phare pour moi qui guide mon bateau dans les eaux de cette vie :

Avec Sathya, Dharma, Shanti et Prema,
Poursuis le voyage de la vie, Ô homme.
Le Karma Yoga est ton devoir impérieux.
Le souvenir du Seigneur est le grand secret
Et la Sadhana, la caractéristique du dévot.
Ô homme, avance dans le pèlerinage de la vie,
Avec Sathya, Dharma, Shanti et Prema.

Quand j’ai mis les pieds dans le monde, j’ai réalisé avec une grande joie que, tandis que certains à l’extérieur étaient occupés à construire des bateaux, mon Maître nous avait préparés à être les phares qui guideraient ces navires.

En entrant dans cette société d’informatique, j’étais résolue à pratiquer certains idéaux que je chérissais profondément depuis l’université, l’intégrité étant le tout premier d’entre eux. J’étais déterminée à gagner, par un dur et honnête labeur, chaque roupie qui me serait versée pour mon travail.

Je travaillerais avec zèle durant les 40 heures de la semaine pour mériter les 40 heures de salaire. En remplissant ma feuille de présence, à la fin de chaque semaine, je vivais un instant personnel d’intégrité, car c’était une pratique courante au travail de manipuler sa feuille de présence.


Le courage, c’est défier l’injustice

Au cours de mon emploi dans cette société, j’ai été le témoin accidentel de comportements déplacés de la part de collègues plus anciens qui violaient toute décence. Après avoir séjourné dans une ambiance où l’on accordait une importance capitale à la conduite et à la discipline, il était choquant d’être le témoin d’actes délictueux envers des dames et d’actes qui transgressaient l’intégrité professionnelle.

Ma voix intérieure me dit clairement que je ne devrais pas permettre à la situation d’empirer, car cela donnerait une mauvaise image de la société. Mon impression, c’était que je devais soumettre ceci à l’attention des responsables. Avec la ferme résolution de suivre ma conscience, j’abordai cette question sensible avec quelques-unes de mes proches collègues qui, à ma grande consternation, partagèrent aussi des récits similaires de situations auxquelles elles avaient été confrontées ou dont elles avaient été témoins.

A ce moment-là, je sentis que c’était ma responsabilité morale de mentionner mon inquiétude concernant cette question à l’équipe dirigeante et j’allai trouver le PDG pour lui exposer tout ce dont j’avais été témoin et mes inquiétudes à ce sujet. Tout d’abord, le PDG fut choqué et incapable de l’accepter, car il ne pouvait pas croire qu’un ancien employé de la société puisse mal se conduire de la manière la plus inattendue. Mais ensuite, lorsqu’il apprit toutes les histoires et tous les incidents, il prit le problème au sérieux et il interrogea l’employé concerné.

Après avoir fait ce qui était juste, selon moi, même si c’était risqué, j’étais même prête à quitter la société, car j’attribuais plus de valeur à mon intégrité qu’à ma sécurité financière. Mais d’autres personnes du conseil d’administration m’en empêchèrent, car elles étaient très fières et très reconnaissantes de mon action courageuse.

Regrettablement, mes autres collègues ne purent confirmer mes dires, car elles craignaient de perdre leur emploi, et donc, mon directeur fut d’autant plus heureux de l’initiative audacieuse que j’avais prise pour le plus grand bien de la société en risquant même ma propre sécurité d’emploi.

Il insista pour que je ne quitte pas la société et il dit : « En tant qu’étudiante de l’Université Sathya Sai, vous êtes la gardienne de cette société. » Ma bravoure et ma franchise le rendirent si heureux. Il m’assura en outre que je ne devrais pas craindre ni hésiter à mentionner d’autres situations troublantes similaires dans le futur. Rapidement, des actions furent rondement menées contre les employés irresponsables.

Sans avoir été formée dans le moule du puissant système de valeurs que j’ai reçu à l’institut de Baba, je n’aurais peut-être pas eu le courage de combattre les pratiques contraires à l’éthique et j’aurais choisi de rester une spectatrice tranquille de l’injustice.

Il y a toujours un million de raisons tentantes pour compromettre notre intégrité et ne pas prendre courageusement position en faveur de la rectitude morale. Notre mental peut trouver des justifications qui paraissent pleines de bon sens et qui nous permettent de bien dormir. Mais à la fin de la journée, si nous mettons en balance nos rationalisations et notre intégrité, nous pourrions arriver à la conclusion que nous avons vendu quelque chose d’inestimable pour une maigre pitance. Il n’y a rien de plus précieux que notre bonne réputation et que de pouvoir se regarder chaque jour dans le miroir avec une conscience claire.

Simultanément, la pratique de la valeur du courage nécessite une immense force intérieure. Il faut des ressources intérieures pour mettre en œuvre des idées nobles et pour rester imperturbable face à l’opposition et au ridicule des pairs et des supérieurs.

En fait, mon périple vers une vie courageuse a commencé très tôt sous Sa protection.


Le courage d’initier et de mettre en œuvre des idées qui ennoblissent

J’ai passé mes années scolaires formatrices à l’école catholique de ma ville natale. En dehors de l’école, pendant la même période, nous apprenions les hymnes védiques auprès de notre guru Bal Vikas. Au cours de l’un de Ses discours, Baba a dit que les Védas purifient le cœur de non seulement celui qui chante, mais aussi des auditeurs.

Le lendemain, le directeur adjoint auditionna les étudiants qui connaissaient de telles prières. Beaucoup chantèrent le Gayatri Mantra, car c’est tout ce qu’ils connaissaient. Mais quand ce fut mon tour, je chantai les Védas. Et après avoir terminé de chanter en répétant trois fois « Shanti », il y eut un silence absolu pendant les deux minutes qui suivirent.

Finalement, le directeur adjoint dit : « Je n’ai jamais rien entendu de semblable auparavant. S’il te plaît, débute les prières à partir de demain avec les chants védiques. » J’étais heureuse qu’il avait été répondu à ma prière, mais en même temps, cela me peinait que sur les 2000 étudiants et quelque, il n’y en avait aucun qui connaissait ces anciennes prières qui font partie de notre riche héritage culturel.

La tradition védique insiste sur l’unité dans la diversité au niveau universel, en tenant compte des besoins et des aspirations de l’homme, de sa quête de paix et du lien qui devrait être établi entre Dieu et l’âme individuelle.

La mine de sagesse védique a mis à jour certains secrets que la science a redécouverts ultérieurement. Il a été prouvé que, même si l’on chante des mantras védiques sans comprendre leur signification, des effets positifs sont produits sur le corps. C’est le pouvoir des vibrations acoustiques engendrées par l’interprétation de ces hymnes. Comme je suis fière de notre culture et de notre héritage !

Le lendemain, alors que je me tenais seule devant toute l’école rassemblée pour la prière matinale, je ressentis fortement la présence de Baba autour de moi. En entonnant « Gananam Thva… » suivi du Durga Suktam (un autre hymne d’adoration dédié à la Mère Divine), je m’imaginai dans le Hall Sai Kulwant, debout en Sa Présence, et chantant la même chose.
Les étudiants me regardèrent
avec une admiration teintée de respect et à partir de ce moment-là, beaucoup de mes pairs et de mes professeurs me virent sous un jour différent. Beaucoup de professeurs vinrent me trouver et exprimèrent leur joie à propos de cette nouvelle évolution dans l’école.

Je me rappelle encore mon professeur d’histoire qui a dit : « Quand tu récites les Védas, toute l’atmosphère répercute les vibrations des chants ; on a l’impression que tout l’environnement a été purifié. »


Le courage d’être soi-même avec une confiance totale en Son soutien

Mes grands débuts dans la récitation des Védas devant toute l’assemblée de l’école suscitèrent beaucoup de respect et d’admiration, mais il y avait un revers à la médaille. Beaucoup d’étudiants plus âgés vinrent me trouver et commencèrent à me taquiner. Ils m’entouraient et ils singeaient les chants. L’un d’eux dit : « Arrête tous ces braillements. Cela ne vaut rien du tout. Nous serions heureux, si tu pouvais chanter des albums de rock ! »

Cette réaction me déconcerta, mais je réalisai ensuite que c’est ainsi que Dieu nous teste. Par la suite, je demeurai toujours sans réaction face à leurs propos et je leur souriais toujours, quand ils lançaient leurs piques. Ceci continua longtemps et chaque fois, je réagissais de la même façon car dans le tréfonds de mon cœur, je croyais au pouvoir des Védas et je savais que non seulement, ils protégeraient celui qui les chante, mais qu’ils transformeraient aussi les auditeurs.

Je notai aussi de la réserve de la part de professeurs qui provenaient de milieux religieux différents. Ils se demandaient comment on pouvait chanter ce genre de prières dans une école catholique ! Néanmoins, ils n’eurent jamais aucun mot dur, mais c’était évident, de la manière dont ils me parlaient.

Noël approchait et ce fut le moment de préparer les chants de Noël. Et grâce à Bhagavan Baba, Ses enseignements et mes visites à Puttaparthi, je connaissais presque tous les chants de Noël et même mieux que les fidèles chrétiens ! Ce qui fait que maintenant, j’enseignais aussi les chants de Noël aux étudiants !

Les mêmes professeurs qui se conduisaient avec moi avec indifférence auparavant furent pris par surprise et leur antagonisme se transforma en admiration. Les vents du changement soufflaient désormais dans les couloirs de l’école.

Beaucoup d’étudiants plus âgés qui me taquinaient et qui me brimaient s’approchèrent de moi plus tard et après s’être excusé, ils demandèrent si je pouvais leur enseigner les chants védiques ! Ils voulaient apprendre les Védas !

Notre directeur, qui était un prêtre missionnaire, m’appela un jour et il demanda comment je connaissais à la fois les Védas et les chants de Noël. Je lui parlai de Baba et de Son message d’amour et de service à l’humanité. Il fut touché et il dit qu’il prierait pour pouvoir visiter Puttaparthi et rencontrer Baba.

J’ai quitté mon école il y a plus d’une décennie, mais la tradition de chanter les hymnes védiques est restée. Quand je rends visite à mon école, mes professeurs se souviennent de moi comme de la petite fille qui a introduit la tradition védique universelle dans une école catholique.

Ceci n’est que l’une des multiples occasions où j’ai suivi mon cœur avec courage et où j’ai contribué à instaurer une nouvelle tendance. Je me souviens d’une autre entreprise similaire, alors que j’étais à la maison durant la période des vacances universitaires.


Le courage d’aimer d’une manière désintéressée

Ma mère et moi, nous eûmes l’opportunité de visiter un centre de détention pour jeunes à Rourkela, en Orissa. Nous y vîmes des enfants condamnés pour tous les crimes imaginables. En communiquant avec eux et en les observant, il n’était pas difficile de sentir qu’ils avaient commis ces crimes en totale ignorance, parce qu’ils n’avaient pas grandi avec un système de valeurs dont beaucoup de gens comme moi avaient pu bénéficier.

Une autre « bonne » raison qui les poussa à accomplir ces crimes, c’est l’influence destructrice du cinéma sur leurs esprits crédules. Je me rappelai à quel point Bhagavan avait toujours insisté pour que les jeunes esprits ne soient jamais exposés à trop de télévision qui est un véritable poison, selon Lui. Plus j’écoutais leurs histoires, plus il devenait évident que tous leurs méfaits étaient des imitations de scènes de cinéma.

Il y avait un tel sentiment de culpabilité chez ces enfants qu’ils courbaient la tête, saisis par un profond remords et qu’ils pleuraient, incarcérés par la réalité au lieu de profiter de la vie comme de jeunes enfants devraient le faire.

En voyant leur état pathétique, je compris que je devais faire quelque chose pour permettre aux limites étroites de leur conscience de s’élargir et d’embrasser l’espoir et la foi en eux-mêmes. Je commençai à partager avec eux l’amour abondant que Dieu avait répandu sur nous tous. Des épisodes et des expériences de l’amour désintéressé et inconditionnel de Baba amorcèrent lentement chez eux une transformation qui ne peut être qualifiée que de miraculeuse.

Je leur dis aussi que ces mêmes amis qui les avaient égarés et poussés à commettre des erreurs ne prenaient même pas la peine de venir les voir en prison. Ils commencèrent à saisir que la phase actuelle difficile par laquelle ils passaient était une période pour réaliser leurs erreurs et comprendre qu’il n’y a que Dieu qui serait leur véritable ami et que leurs situations n’étaient qu’une excuse pour que Dieu entre dans leurs vies.

En entendant le pouvoir rédempteur de l’amour divin, ces enfants sortirent lentement de leur dépression, ce qui surprit même le psychiatre qui leur rendait visite chaque semaine. Le docteur reconnut qu’il était merveilleux que les enfants s’ouvrent lentement aux conseils en vue de leur réinsertion future. Je remerciai le Seigneur qui nous a montrés le chemin d’une vie courageuse qui ne dépend que de Lui et où l’amour peut opérer des miracles.

Avec tendresse, je me souvins d’un chant souvent repris à l’époque d’Anantapur et qui est très proche de mon cœur :

Nous avons un Seigneur, grand et merveilleux, nous avons un Seigneur, grand et merveilleux !
Un Seigneur qui aime chacun de nous et qui fait tellement pour nous.
Nous avons un Seigneur, grand et merveilleux !
Il ne nous abandonne jamais, Il est toujours avec nous, Il nous ramasse, si nous trébuchons. Nous sommes la prunelle de Ses yeux.
Nous avons un Seigneur, grand et merveilleux !


Le courage de s’attacher à son travail et de se détacher des récompenses, du succès et des revers

En tant qu’étudiantes Sai, nous comprîmes la nécessité de compléter mutuellement nos efforts, plutôt que de lutter comme des rivales, afin de créer réellement l’esprit d’équipe nécessaire pour susciter la réponse tant souhaitée « chala santhosham (très heureux) » de notre bien-aimé recteur.

Nous ne cherchions jamais à nous attribuer égoïstement le mérite de nos accomplissements collectifs. C’est la différence criante qui me frappa, dès que je mis le pied dans le monde de l’entreprise. Au départ, il était troublant de constater ce climat de requins qui se dévorent entre eux persistant, où les valeurs sont régulièrement foulées au pied et mises à mal par les performances.

Les moyens n’ont aucune importance, comparativement à la fin. Néanmoins, derrière cet écran de comportement sidérant, je vis la raison qui le motivait : l’insécurité, et celle-ci se manifeste à divers niveaux – émotionnel, matériel, etc.

Un petit incident me fit réaliser que je suis tout ce que je pouvais être. Je ne puis être plus que ce que je suis. Je suis complète. Je n’attends pas quelque chose ou quelqu’un pour me compléter.

Cet exemple s’est passé une fois encore pendant la période où je fus employée dans une société d’informatique. Je travaillais sur trois projets différents simultanément et j’étais totalement concentrée sur le travail qui m’était assigné. Il était nécessaire que je rentre chez moi pendant une semaine et à mon retour, mon chef me dit qu’une autre fille m’assisterait dans ces projets, étant donné que j’étais surchargée de travail.

Comme elle était nouvelle, je dus passer de longues heures à lui expliquer les divers aspects de notre travail en dépit de mes propres échéances imminentes. Je fis de nombreuses heures supplémentaires. Plus tard, mon chef me dit que je devrais effectuer le transfert des connaissances, puisqu’elle travaillerait aussi aux projets comme second membre de l’équipe. En quinze ou vingt jours, je pus l’aider à comprendre le processus et la dynamique totale du projet.

Comme nous nous trouvions aussi en période de récession économique, notre PDG exigeait des réunions de bilan périodiques pour être au courant des progrès des projets respectifs de chaque équipe. Quand il arriva à l’équipe de test pour laquelle je travaillais, il fut demandé à ma collègue, si j’avais effectué pour elle le transfert de connaissance, mais elle resta totalement muette et sans réaction !

Ce fut un sacré choc ! Cela donnait l’impression aux gens que je n’avais rien fait dans cette optique et que tout était fait par mon autre collègue. J’essayai de dire au PDG que j’avais effectué un transfert de connaissance complet, mais il n’y eut aucun soutien de la part de la fille ou de mon chef.

Mon chef, qui connaissait tout de mon travail, semblait favoriser mon autre collègue et il fit tout pour minimiser mes accomplissements et souligner son efficacité à elle. Pour finir, endéans le mois, mon chef me dit qu’il ne fallait plus qu’un seul membre dans l’équipe de test et que je pouvais chercher ailleurs de meilleures opportunités.

Après avoir fourni tous ces efforts et après avoir été l’exécutante émérite de ce projet pendant ces trois dernières années, à cause du parti pris de mon chef en faveur de la nouvelle collègue, elle empocha tout le crédit pour mon travail ainsi que le job. Mes autres collègues de bureau et mes amis me dirent d’aborder énergiquement ceci avec mon chef et les autorités supérieures et de riposter pour retrouver ma place dans la société.

J’essayai bien une fois de parler directement au PDG, mais sa réponse à la situation ne fut pas assez convaincante pour que je me batte pour ma place et pour survivre dans un environnement de travail très peu agréable. La société avait perdu ses scrupules et donc, je décidai de quitter la société.

J’étais naturellement déçue ; après avoir travaillé aussi dur en tant que membre fondateur de l’équipe dans cette société, on me traitait si injustement. Mais je ne fus pas anéantie pour autant.

Grâce à mon enracinement dans les valeurs et dans notre culture puissante, je puisai du courage dans le dialogue éternel entre le Seigneur Krishna et Arjuna dans le Chant Céleste, la Bhagavad Gita :
« Quand un homme s’attarde en pensées sur les objets des sens, il se produit un attachement envers eux. Le désir naît de l’attachement et du désir provient la colère. La colère engendre la confusion ; la confusion, la perte de mémoire et la perte de mémoire, la destruction de l’intelligence et à cause de la destruction de l’intelligence, il périt. » (Bhagavad Gita, II, 62-63)

Me remémorant ces versets pertinents intemporels, je ne laissai aucune emprise à la colère, à la blessure ou à la déception. Quand quelque chose que vous avez construit pendant des années vous est subtilisé de la manière la plus inappropriée, il faut puiser de la force du réservoir profond de détachement et d’équanimité intérieurs et vous éloigner de l’expérience sans perdre la leçon.

« Avec le corps, le mental, l’intellect et même simplement les sens, les yogis agissent pour leur auto-purification, ayant abandonné tout attachement. Celui qui est discipliné dans le yoga, ayant abandonné les fruits de l’action, parvient à une paix stable. » (Bhagavad Gita, V, 11-12)

Il semblait que j’avais subi un revers dans ma carrière, mais ce point de vue fut de courte durée. Les gens et les événements qui nous mettent en colère et qui nous blessent sont les instructeurs idéaux qui nous aident à apprendre les leçons qui nous aideront à briller – au travail, à la maison et dans la vie. De plus, Dieu est toujours là !

Avec le temps, je réalisai que quitter un job à plein temps me fournissait en fait l’opportunité précieuse de satisfaire mon aspiration toujours postposée de continuer mes études. Je finis par m’inscrire au programme de maîtrise de gestion. Et chose incroyable, quelques jours après que j’eus quitté la société, j’appris qu’elle avait perdu le client à cause de l’incompétence de mon chef et de l’autre testeur, à qui il fut finalement demandé de quitter la société.

Et pour des gens comme moi qui ont goûté la douceur nectarine de Son amour, il y a certainement des buts plus élevés à atteindre dans la vie qu’un salaire plus lucratif.

« Fixe ton esprit sur Moi, sois-Moi dévoué, offre-Moi ton service, incline-toi devant Moi et tu parviendras certainement à Moi. Je te le promets, parce que tu es Mon ami très cher. » (Bhagavad Gita, XVIII, 65)

Et mon voyage avec le Seigneur aimant et vivant n’aboutit jamais dans une impasse. Il aboutit
à un nouveau commencement où Il me choisit comme instrument dans Sa mission d’amour et de service. Après être retournée dans ma ville natale, j’eus l’occasion de jouer un rôle actif dans l’organisation d’une Conférence Medicare Sathya Sai Inter-Etats pour les Médecins.

Vraiment, quand Dieu ferme une porte, Il en ouvre toujours une autre qui est plus grande, plus belle et meilleure.


Etre courageux comme il faut

Et dans la poursuite de ma vie, avec mon caractère ancré dans la puissante vertu du courage (que j’appelle le facteur « C » de ma vie, car il m’apporte la complétude), les revers ne sont que des tremplins.

Je me souviens d’un magnifique poème attribué à Mère Teresa qui répercute les expériences de ma vie :

Les gens sont illogiques, déraisonnables et égocentriques.
Aimez-les quand même !

Faites le bien, et les gens vous accuseront d’avoir des arrière-pensées égoïstes.
Faites le bien quand même !

Si vous réussissez, vous gagnez de faux amis et de vrais ennemis.
Réussissez quand même !

Le bien que vous faites aujourd’hui sera oublié demain.
Faites le bien quand même !

L’honnêteté et la franchise vous rendent vulnérable.
Soyez quand même honnête et franc !

Les hommes et les femmes les plus grands aux idées les plus larges peuvent être descendus en flamme par les hommes et les femmes les plus mesquins aux esprits les plus étroits.
Pensez grand quand même !

Les gens sont favorables aux faibles, mais ils ne suivent que les forts.
Luttez quand même pour les faibles !

Ce que vous passez des années à construire peut être détruit en un seul jour.
Construisez quand même !

Les gens ont réellement besoin d’aide, mais ils peuvent s’en prendre à vous, si vous les aidez.
Aidez-les quand même !

Donnez au monde le meilleur que vous avez et vous en prendrez plein les gencives.
Donnez-lui quand même ce que vous avez de meilleur !

Les gens sont illogiques, déraisonnables et égocentriques.
Aimez-les quand même !


Heart2Heart
Juillet 2009