LUEUR DE VERTU ET DE GRÂCE

Mme Indra Devi



(Tiré de Heart2Heart du 1er février 2007, le journal sur Internet des auditeurs de Radio Sai)

Cet article, tout d’abord intitulé « Parva Nai », parut pour la première fois dans l’édition de février 1971 du Sanathana Sarathi. Nous ressortons ce mois-ci cet article des archives du Sanathana Sarathi pour célébrer le jubilé d’or de ce magazine sacré.

Bien que la plupart d’entre nous sachions que Baba est Bhagavan, le Seigneur, et que rien ne Lui est impossible, nous aimons cependant entendre parler de Ses mahima (miracles), nous en émerveiller, encore et encore, comme si cela n’allait pas de soi, venant de Lui.

C’est pourquoi, lorsque j’ai pris la parole lors de la quatrième Conférence pour toute l’Inde des Organisations Bhagavan Sri Sathya Sai Seva qui eut lieu à Prashanti Nilayam le 21 novembre (1970), j’ai préféré partager avec les délégués quelques-unes de mes expériences, plutôt que de les ennuyer avec un très long rapport sur les activités de la Famille Sai en Californie qui compte plusieurs centres – la Sathya Sai Society d’Amérique, le Sathya Sai Book Center, et la toute récente Sai Foundation (en remplacement de l’Indra Devi Yoga Foundation) avec un Centre au nº2720 de Sunset Boulevard, et Sai Nilayam, un lieu de retraite situé à Tecate (Californie), particulièrement apprécié des jeunes barbus aux cheveux longs, à qui cela évite de passer la frontière pour se rendre à Tecate (Mexique), où se trouve notre principal centre.

Sauvés des flammes

Récemment, un incendie, le plus important qu’il y ait jamais eu dans cette région, détruisit trois mille habitations et des milliers d’hectares de forêt. Il menaçait de réduire en cendres nos deux locaux, situés de chaque côté de la frontière entre le Mexique et les USA. Les fidèles de Sai Nilayam (notre lieu de retraite en Amérique) n’eurent même pas le temps de sauver leurs affaires qui se trouvaient dans une tente dressée près de la maison ; le feu se propageait très rapidement. Ils s’enfuirent tous en voiture au sommet du Mont Chuchuma où ils durent passer des heures entre la vie et la mort dans une petite bâtisse en ciment, tout en priant Baba.

La montagne entière prit feu et fut engloutie dans le brasier. Une fois que l’incendie fut calmé et qu’ils furent en mesure de redescendre, ils découvrirent à leur grand étonnement que, bien que le camion ait été détruit par le feu, la maison était restée intacte ! À l’intérieur, tout était recouvert d’une épaisse couche de suie, excepté la pièce de méditation où se trouvait la photographie de Bhagavan ! Dans cette pièce, le tapis était resté blanc ! Quelqu’un suggéra que Baba avait dû être là, protégeant l’endroit.

Ce feu se déclara alors que j’étais partie à Chicago donner une conférence sur Bhagavan. Aussi, quand je le vis à la télévision et que je lus dans les journaux qu’il s’était propagé jusqu’à 200 pieds (environ 60 mètres) de l’Indra Devi Yoga Foundation, la nouvelle ne me toucha du monde, ce dont je fus moi-même surprise.

Lorsqu’on me suggéra de prendre l’avion immédiatement pour rentrer chez moi, je répondis : « Pour quoi faire ? Cet endroit appartient à Bhagavan. S’Il souhaite le protéger, Il le fera. S’Il pense qu’il doit être détruit, qu’il en soit ainsi ! » Ils demandèrent : « Comment ? Votre foi en Lui est-elle si grande ? Je répondis, « Oui, elle l’est ».

Puis, je déclarai aux délégués de la Conférence qu’il y avait encore de nombreuses autres choses qui m’étaient arrivées, mais que je ne voulais pas abuser de leur temps. Mais un « PARVA NAI » (peu importe) de BABA m’encouragea. Je racontai donc un autre fait miraculeux qui eut lieu quelques mois auparavant, alors que je conduisais seule, à minuit, de Los Angeles à San Diego où je devais donner un cours à l’université le lendemain matin.

Un accident de voiture évité

Il pleuvait très fort et j’étais fatiguée. J’ai donc dû somnoler au volant pendant un instant et, soudain, ma voiture dérapa et, virant brusquement, fit une embardée jusqu’au côté opposé de l’autoroute, où les voitures défilaient dans le sens inverse à une vitesse de 65-70 miles à l’heure (environ 110 kilomètres à l’heure). Les autoroutes comportent huit voies – quatre de chaque côté. Ayant perdu le contrôle du volant, j’attendais l’inévitable accident, alors que la voiture continuait à tournoyer d’un côté à l’autre de l’autoroute, comme un tourbillon !
Heureusement, il y avait là une étroite bande d’herbe, servant de ligne séparatrice entre les deux moitiés d’autoroute, au lieu des grilles métalliques habituelles. De désespoir, je finis par supplier la voiture : « Stop, Stop, Stop ! » À cet instant, mes yeux tombèrent sur la photographie de Bhagavan. C’est alors seulement que je réalisai que mon pied droit était encore sur la pédale d’accélérateur !

Par la suite, lorsque la police vint me secourir (j’avais un pneu crevé), et que je racontai aux policiers ce qui s’était passé, ils n’arrivaient vraiment pas à comprendre comment j’avais pu échapper à un accident fatal. « Vous devez avoir un ange gardien spécial », me dit l’un d’eux. « Très spécial », répondis-je, sans mentionner Bhagavan, de peur qu’ils ne m’emmènent me faire soigner pour hallucinations dans un hôpital psychiatrique !

Toujours au sujet des accidents de voitures, je racontai brièvement à l’auditoire un autre évènement qui eut lieu alors que j’étais sur le point de rejoindre l’autoroute depuis une route inférieure et de prendre un virage, et qu’un autobus surgit à toute allure devant moi (!) comme un ouragan, manquant de peu l’avant de ma voiture ! Complètement sidérée, je m’arrêtai la bouche ouverte, au milieu de « Govinda Krishna Jai » et, après une profonde respiration, je continuai « Gopala Krishna Jai », chantant à Bhagavan une prière de gratitude pour m’avoir évité d’être écrasée par ce géant volant de bus (que je n’avais pas vu surgir, caché par un camion en stationnement au moment où je regardais si la voie était libre.)

Je terminai mon intervention en disant que de nombreuses choses miraculeuses m’étaient arrivées au cours de cette dernière année qui fut très éprouvante pour moi. Je déclarai que, s’il n’y avait eu l’aide et les conseils de Bhagavan, je ne sais pas comment j’aurais pu traverser tout cela sans dommages, car je fus confrontée aux situations les plus incroyables, y compris le recours à la sorcellerie et à la magie noir pour se débarrasser de moi.

Aux premières loges

« Parle-leur de la bague ! », conseilla vivement Bhagavan, alors que je terminais mon intervention. Je repris donc et parlai de la bague que Bhagavan m’avait donnée environ trois ans auparavant, satisfait des Yog?sana ou postures de Yoga que j’avais enseignées aux garçons du Sanskrit Patasala de Prashanti Nilayam. En fait, la bague qu’Il avait matérialisée et qu’Il m’avait tout d’abord offerte était différente. « Shadguna », dit-Il. « Des lueurs de Vertu ! », précisa-t-Il, alors qu’Il me la donnait. Lorsque je retournai à ma chambre, je ne me sentais pas si satisfaite que cela, parce qu’elle ne comportait pas Son image et que j’avais cessé de porter des bijoux, à partir du moment où j’avais commencé à enseigner le Yoga en 1939.

Le matin suivant, quand nous fûmes tous rappelés dans la « salle d’entretiens », la première chose que Bhagavan dit en Se tournant vers moi fut : « Donne-Moi la bague : « accha nahi hai » (elle ne convient pas). » Puis, la prenant dans Sa main, Il souffla simplement dessus, et elle se transforma en un anneau serti d’un seul diamant. « Tu voulais y voir Mon image ? » Il sourit, connaissant mes pensées. « Tu la verras chaque fois que Tu le désireras, mais personne d’autre ne la verra. » Sur ces mots, Il enfila la bague à mon doigt. « Porte-la, particulièrement lorsque tu sors », recommanda Bhagavan, « elle Me préviendra dès que tu seras en danger, afin que Je puisse te protéger. »

Un jour, alors que j’étais dans la lointaine Californie, je regardai la bague et y vis clairement Baba assis dans une voiture blanche ! « Il doit aller quelque part », me dis-je, et je notai la date dans le calendrier. À une autre occasion, je le vis faisant un discours à une foule de gens assis en demi-cercle. Cela ne ressemblait pas à Prashanti Nilayam. À nouveau, je pris note de la date et, lors de mon pèlerinage suivant à Prashanti Nilayam, je contrôlai les dates avec Frère Kasturi.

Il attesta que, lors de la première occasion, Bhagavan était parti en voyage à la date où je L’avais vu. « Il était dans une voiture blanche, alors que la Sienne est noire ! », indiquai-je. « Maintenant, Il en a une blanche », répondit Frère Kasturi. Il confirma également qu’à la seconde occasion Bhagavan prononçait un discours devant une assemblée au Kerala, où les gens étaient assis en demi-cercle !

« L’espionnez-vous ? », me demanda Frère Kasturi, en plaisantant ! Lorsque je mentionnai cette remarque de Frère Kasturi, Bhagavan et avec Lui l’auditoire tout entier éclatèrent de rire. Je sentis que c’était le meilleur moment pour moi de terminer mon discours.

Mme Indra Devi

Heart2Heart du 1er février 2007
Revue Prema 71