LES ANNÉES MERVEILLEUSES

par Bhavani Munshi



(Tiré de Heart2Heart du 1er décembre 2007,
le journal sur Internet des auditeurs de Radio Sai)

Bhavani Munshi est une lycéenne, qui prépare un baccalauréat international au Lycée catholique de Thornhill, dans l’Ontario, au Canada. Elle a eu la chance de vivre et d’étudier à l’école primaire Sri Sathya Sai de Prashanti Nilayam pendant 5 ans, de 1996 à 2001, ce qui correspond pour nous aux années allant du cours préparatoire au cours moyen 2ème année.

Pendant les huit dernières décennies, Swami nous a enveloppés dans Sa divine aura et nous a donné des souvenirs de son omniprésence, omnipotence et omniscience à chérir pour le reste de nos vies.

Il a déversé sur nous Son énergie qui nous a aidés à traverser les situations les plus difficiles.

Personnellement, Swami m’a aidée dans des millions de circonstances, que j’en ai été consciente ou pas, et il y en a juste une dont je pense qu’elle a eu véritablement un impact sur qui je suis et qui je serai.

J’ai toujours connu Baba. Dans ma compréhension d’enfant, Il était Dieu et c’était ce qui comptait plus que tout. Je supposais qu’Il était quelque chose comme Superman, avec dix fois plus de pouvoir. Je ne peux pas dire que je savais ce qu’était Dieu, ou que je n’ai jamais eu le temps de me soucier de telles questions philosophiques, mais jusqu’à ce que j’aie cinq ans, je croyais en Lui parce que tout le monde autour de moi croyait en Lui. Cependant, comme je grandissais, je voulais la preuve qu’il était Dieu et je l’obtins.

Le cadeau de toute une vie

C’était en décembre 1995. J’allais avoir 5 ans le 18 décembre et, comme n’importe quelle enfant, j’étais très excitée. Pour ajouter à mon excitation, je me trouvais en Inde, à Puttaparthi, le lieu de naissance de notre bien-aimé Baba, où se situe également son ashram. C’était ma première visite.

Le matin de mon anniversaire, mes parents me firent la surprise de m’offrir une ardoise et une craie. Ils m’expliquèrent que c’était pour Baba, pour qu’il écrive dessus le symbole Aum. Aussi, ce matin-là, j’allais au darshan avec mes nouveaux cadeaux sous le bras. Après quelque temps, Swami sortit et commença à marcher dans ma direction. Comme j’étais trop timide pour demander à Swami d’écrire sur mon ardoise, maman dut le Lui demander.

Je me Le rappelle parfaitement, revenant vers nous et souriant. Il vint près de moi, et, malheureusement, je n’ai aucun souvenir de ce qu’Il fit après cela. Maman dit qu’Il
m’a bénie en déversant sur moi de l’akshat, ou riz consacré, et qu’Il traça le symbole sacré AUM sur mon ardoise, pour signifier mon initiation à l’étude de la sagesse intérieure.

La seule chose dont je garde le souvenir est la sensation de Sa divine présence, se penchant vers moi, et je ressentis une émotion inconnue jusque là - ce devait être la béatitude, mais n’ayant pas vécu de situation semblable à quoi la comparer, je n’en suis donc pas sûre.

C’est à ce moment que je décidais d’étudier à l’école primaire ?r? Sathya Sai de Puttaparthi.

Je ne sais pas comment je réussis à amener papa à accepter de me laisser essayer d’y aller, mais je peux vous dire que ce ne fut pas facile. Par chance, maman était une ancienne étudiante de la faculté de Swami et fut moins difficile à convaincre. Quand papa me laissa finalement essayer, il dit que je devrais avoir à travailler très dur pour réussir, à cause de la différence de niveau.

Au Canada, mon expérience du jardin d’enfant était centrée sur des travaux manuels et artistiques, coloriages, puzzles, contes et … le déjeuner. Mais, en Inde, les enfants savent habituellement faire des additions, des soustractions, lire, et parfois savent faire des multiplications au même âge. J’en étais loin, mais cela ne me découragea pas. Dans mon mental de 5 ans, il était clair que je devais aller à l’école de Swami. J’avais très envie d’y rentrer et j’étais déterminée à faire tout ce qu’il fallait, même délaisser mon Nounours pour les tables de multiplications. Finalement, en mai 96, maman, ma cousine de 10 ans et moi partîmes en Inde pour l’admission. Là, pendant le darshan, maman demanda à Swami si ma cousine et moi pourrions rentrer dans Son école, et Il dit « oui ». Après cela, je n’eus plus aucun doute sur notre acceptation dans Son école.

La joie d’être à Prashanti !

Avec grand-mère sur la propre terre de Dieu.

Après l’écrit de notre examen d’entrée à Puttaparthi, nous allâmes à Whitefield, parce que la liste des admis devait y être affichée, Swami y étant ainsi que la plupart des fidèles. Juste comme Swami l’avait dit, j’étais admise, et la nouvelle que ma cousine était également admise nous parvint aussitôt. Ma joie était sans borne, jusqu’à ce que je réalise que la situation n’était pas aussi idyllique que je l’avais pensé.

Le choc des cultures

Malgré mon euphorie initiale, il m’apparut soudain que je devrais maintenant vivre loin de chez moi au Canada, laisser mes parents pour dix mois consécutifs. Je n’avais jamais fait cela. J’avais peut être dormi une nuit chez une amie, mais je savais que je ne pourrais pas survivre sans mes parents. Les quitter, laisser ma maison et tout ce qui m’était familier, m’apparaissait comme une forme de torture.

Je réalisais que papa ne serait plus là pour me serrer dans ses bras chaque jour à mon retour de l’école. Maman ne serait plus là pour me lire mes contes de fées favoris. Ils seraient à des milliers de kilomètres, au Canada, et j’étais presque sûre que même les baisers qu’ils m’enverraient prendraient très longtemps pour me parvenir. Une étrange sensation de peur et d’incertitude m’envahit. J’avais cinq ans et quelques mois et j’avais Bhavani – la fille chérie de Papa.

Demandé à mes parents ce cadeau de l’Éducation Sathya Sai avec tellement d’obstination ! Maintenant que je l’avais obtenu, j’avais peur et j’étais nerveuse. C’est alors que je décidais d’écrire à Swami tous les jours et Lui demandais de me donner la force de survivre sans mes parents.

De mon écriture toute de travers, penchée vers l’arrière, je demandais à Swami le courage d’être capable de vivre loin de mes parents. Chaque lettre que j’écrivais l’était du fond du cœur et était un véritable appel à Dieu pour qu’Il m’aide. Il était le seul qui puisse faire cela. Je ne connaissais personne qui puisse faire mieux, même encore aujourd’hui.

La réponse à un cœur déchiré

Chaque jour j’écrivais de courtes lettres à Swami, lui disant des choses comme « Baba, je t’aime à 100 % », et « s’il te plaît, donne-moi la force de vivre loin de papa et maman ». Chaque lettre était toujours accompagnée par des petits collages de photos de Baba, de mes parents, de moi-même et de ma cousine, ou parfois de fleurs. Swami se détournait toujours de Son chemin pour venir vers moi et prendre mes lettres. Ces lettres m’ont aussi donné une leçon. Swami ne regarde pas la longueur de lettre, ni le niveau de vocabulaire ou de grammaire. Tout ce qu’il veut, c’est que chaque lettre soit écrite avec dévotion.

Un beau jour, j’étais assise au second rang, attendant le darshan de Swami. Comme d’habitude, j’avais ma lettre placée visiblement sur mes genoux, attendant d’être prise par Swami. Swami arriva et commença à se diriger vers moi. Comme il s’approchait, il se tourna vers moi et me regarda fixement. Il me regarda avec une telle intensité, avec Ses yeux profonds, noirs et affectueux, touchant mon cœur profondément. C’était un échange de regards très puissant qui me remua intérieurement, et je commençai à pleurer.

Je ne savais pas pourquoi je pleurais, mais les larmes sortaient de mes yeux. Maman m’entendit sangloter, se tourna vers moi et me demanda ce qui n’allait pas, mais je ne pus lui répondre. J’essayais de retenir mes larmes, mais ne pouvais les contrôler. Après quelques minutes, je cessai de pleurer et réalisai ce qui s’était passé. Pendant ce temps,
Il avait aussi pris ma lettre, bien que je n’en aie aucun souvenir, étant trop immergée dans Sa grâce. Je le réalisai plus tard, quand maman me le fit remarquer.

Dans ce simple moment, Swami avait lu mon anxiété et répondu à mes prières en me donnant le courage et la force de vivre sans ma mère terrestre. Il avait exaucé ma prière de vivre avec ma divine Mère Sai, la seule qui veille sur nous à chaque moment de nos vies, où que nous soyons et quoi que nous fassions. Je sus cela alors, et je sais maintenant que je n’aurais jamais pu rester comme je l’ai fait pendant les cinq ans à l’école ?r? Sathya Sai de Prashanti

Nilayam si Swami n’avait pas répondu à ma prière en me donnant la force intérieure de le faire. En rejoignant Son école, je réalisai que la nourriture, les vêtements, tout était différent et j’eus du mal à m’y habituer. Mais, après quelque temps, j’oubliai toutes ces différences, grâce au bon accueil de mes camarades de classe et à l’amour qui souffle dans la brise de Puttaparthi. Occupée comme je l’étais par mes études et autres activités, je n’avais pas le temps de penser à mes parents. Je perdis bientôt la notion du temps, et ma première année à Parthi se termina.

Un souvenir que j’ai de ma première année ici est celui de ma cousine tombant malade. Comme ma cousine et moi étions devenues très proches pendant ces quelques mois, j’allais passer beaucoup de temps avec elle à l’infirmerie, et naturellement, je tombai malade aussi. Nous avions toutes les deux une forte fièvre. C’est à ce moment-là que Swami vint visiter l’école. Ses visites devenaient rares, aussi celle-ci était-elle une agréable surprise. De façon inattendue, Swami vint au dortoir et, quand Il nous vit, Il leva Sa main pour nous bénir. Après Son départ, nous nous sommes rendormies et, le jour suivant, nous nous sommes réveillées en pleine forme. Le souvenir de Swami nous bénissant, avec Sa divine main levée et Son effet curatif, est un souvenir que ma cousine et moi chérirons toujours.

Dieu répand la santé et le bonheur

Juste avant que je rejoigne Son école à Parthi, on diagnostiqua que je souffrais d’une maladie cardiaque mineure connue sous le nom d’« insuffisance mitrale ». Bien que cela ne signifiait pas grand-chose pour moi, mes parents étaient très inquiets à ce sujet parce qu’il devenait nécessaire que je prenne des antibiotiques en cas d’intervention provoquant des saignements. De simples soins dentaires devaient être précédés d’une médication, aussi mes parents étaient-ils toujours inquiets pour ma sécurité sur les terrains de jeux. Mais j’eus à nouveau l’expérience de la guérison par la main de Swami, le 11 janvier 1998, lors de la grande finale de notre Journée des Sports.

Il marcha vers l’endroit où j’étais assise et me demanda : « D’où viens-tu ? ». Je répondis que je venais du Canada, parce que, à cause de l’excitation du moment, je ne pus penser à une réponse plus spirituelle comme « de Toi, Swami ! ». Swami sourit alors et me donna une petite tape sur la joue. Cet été là, quand je revins chez moi au Canada pour les vacances d’avril et mai, j’allai chez le cardiologue pour ma visite annuelle. À la stupéfaction de tout le monde, mon cœur apparut parfaitement normal et mon corps avait apparemment surmonté l’insuffisance mitrale. Mon médecin n’avait aucune explication pour cela, mais je savais que c’était la tape de Swami.

À la fin de chaque année scolaire, je revenais au Canada, et deux mois plus tard, je regagnais Puttaparthi afin de poursuivre ma scolarité. Ce cycle continuait et je commençais à y prendre plaisir !

Arrivée à la fin de la 5ème (CM2), papa perdit patience lorsque je renouvelai ma demande de passer une année scolaire de plus à Parthi. Finalement, en 2001, je retournai au Canada pour de bon et y repris ma scolarité à partir de la 6ème.

Un impact indélébile

Cependant, le souvenir de ma divine aventure à Puttaparthi vit toujours en moi. Tout ce que j’ai appris là est devenu une part de moi. Je suis devenue plus indépendante grâce à ces expériences et, en tant que personne, j’ai grandi de différentes manières, trop nombreuses à décrire. Mon aventure prouve que vous n’êtes jamais trop
vieux ou trop jeune pour écouter votre cœur et vivre vos rêves !

Aujourd’hui, je suis étudiante en 12ème (terminale) dans un lycée catholique de Toronto, et je sais qu’à côté de la connaissance livresque il y a la connaissance de soi et la progression intérieure qui sont extrêmement importantes. Et je n’aurais jamais su cela s’il n’y avait pas eu la présence de Swami dans ma vie. Ma vie a été modelée selon ces fondamentaux, et je resterai toujours ainsi. En tant qu’adolescente, je suis confrontée à diverses questions et choix que je dois faire dans toutes les sphères de ma vie.

Je suis reconnaissante à Swami d’avoir assez de confiance en moi pour savoir comment choisir sagement et prudemment. Cet amour de la vertu et cette peur du péché sont un cadeau de Swami pour chacun de nous, Ses filles et Ses fils, qui sommes bénis de vivre dans Sa proximité physique. C’était une expérience étonnante pour moi de vivre avec Dieu comme voisin à Parthi pendant cinq années mémorables. L’impact de Sa compagnie est indélébile. Peu importe où je vais, ou ce que je fais, je sais qu’Il me guidera, car Il est Dieu, et qu’Il m’aime, et que je L’aime, et que rien ne pourra jamais changer cela !

Bhavani Munshi

Heart2Heart
Prema n°75