Peter




Peter est une histoire tirée du livre Dossier Extraterrestres de John E. Mack. Ce chercheur et psychiatre Américain a rencontré en thérapie plus de 200 personnes entre 1991 et 1994 sur le sujet des ovni et des « enlèvements ». Certains cas plus marquants que les autres ont retenu son attention. Peter est un de ceux-là. Je présente ici un condensé de son histoire.


Avant d’être diplômé d’une école d’acupuncture, Peter a d’abord été directeur d’un hôtel. Il avait trente-quatre ans lorsqu’un étudiant comme lui en acupuncture, qui m’avait entendu dans une conférence sur les enlèvements ovnis au Cambridge Hospital, lui parla de mon travail. «Cela pourrait bien me concerner aussi », pensa-t-il alors et il m’appela. C’était en juin 1992 et nous nous rencontrâmes pour la première fois le 23 de ce même mois.

Peter fait partie de ces kidnappés (contacté) avec qui j’ai travaillé et qui se sont découvert une double identité, à la fois humaine et extraterrestre. Avec son moi extraterrestre, Peter a pris conscience d’avoir participé de son plein gré à des programmes génétiques d’hybridation et son cas soulève, bien sûr, la question du statut ontologique d’un tel processus. Peter fait également figure de chef de file parmi les kidnappés dans la mesure où il a décidé de se manifester « publiquement », donnant soit des conférences, soit des interviews à la télévision ou à la radio dans le but avoué d’éduquer les masses sur tous ces graves problèmes. Entre février 1992 et avril 1993, nous procédâmes à sept régressions hypnotiques.

Peter a grandi dans une famille catholique romaine qui vivait à Allentown, une ville industrielle à l’est de la Pennsylvanie. Son père avait eu la poliomyélite à l’âge de deux ans et il lui en était resté des séquelles importantes (claudication, paralysie du côté gauche, faiblesse musculaire) mais il put travailler à peu près toute sa vie comme employé dans un garage de réparation de carrosserie automobile. Peter avait été au collège et était même entré dans une école de médecine où il suivit les cours pendant un an. Puis il se lança dans la vie active pour aider sa famille. Son père avait quatre-vingts ans lorsque Peter prit contact avec moi. Ils s’écrivent régulièrement. La mère de Peter est née et a été élevée en Angleterre. Elle travaille comme tricoteuse dans une fabrique de confection tout en s’occupant de sa famille.

Entre 1982 et 1984, il travailla dans un nouvel hôtel sur la grande île d’Hawaï, où il rencontra sa future épouse, Jamy, de trois ans son aînée. Jamy est une spécialiste du shiatsu, une technique de massage japonais en profondeur, et, comme Peter, elle travaille en tant que thérapeute et guérisseuse. Elle a elle-même un diplôme de psychologue conseil. Leur relation est très chaleureuse, intime et confiante. Ils peuvent aborder ensemble les sujets les plus délicats sans problème. Le couple a décidé de ne pas avoir d’enfant, du moins pour le moment.

Dès notre premier entretien, Peter affirma qu’il avait toujours su qu’« il y avait des anges gardiens ». «J’ai toujours su qu’il y a des êtres... J’ai toujours eu des tendances à la spiritualité et j’ai toujours su que je pouvais entrer en contact avec Dieu. » Il dit aussi qu’il avait toujours su « qu’il y avait des ovnis et des extraterrestres ». «J’ai toujours eu cela dans l’esprit depuis que je suis tout petit. »

À la sixième régression, il eut des visions de lui-même en tant qu’enfant de quatre ans jouant avec des enfants hybrides. Ces images perdurèrent alors qu’il se voyait à huit ou neuf ans. Dans ce premier entretien, Peter dit se souvenir consciemment d’avoir longé un long couloir dans la maison familiale, couloir qui menait à une pièce de rangement, et d’avoir eu peur de ce qui pouvait se trouver de l’autre côté de la fenêtre de cette pièce et près de laquelle il aimait s’asseoir. Il se souvient aussi des êtres qui le regardaient jouer avec d’autres enfants ou bien « se contentant de m’observer en tant que petit garçon ». Au début de la troisième régression, il se remémora avoir été heureux de pouvoir voir les extraterrestres, alors qu’il n’était qu’un gamin, d’avoir été choisi par eux et de « s’envoler à travers les fenêtres ».

Peter se revécut à l’âge de dix-neuf ou vingt ans, au cours duquel on lui préleva contre son gré des échantillons de sperme. Nos explorations révélèrent également qu’il reçut des « visites » durant son séjour à Hawaï, où lui et Jamy vivaient en pleine nature dans un endroit assez isolé de l’île. Peter se souvient d’avoir aperçu « quelque chose de l’autre côté des vitres » de leur maison. A l’époque, « il avait pris l’habitude de penser que c’était un hibou qui venait ainsi régulièrement lui rappeler que c’était « l’heure ». Mais à présent, Peter se rend compte que «ce n’était pas un hibou » mais un extraterrestre. « Je m’étais toujours senti, d’une certaine manière, en communion avec ce hibou. » (ndl. Un extraterrestre sous la forme d’un hibou fut observé dans d’autres cas.)

L’expérience la plus saisissante dont put se rappeler consciemment Peter avant notre rencontre se déroula aux Caraïbes en 1987-1988. A ce moment-là, il lui arrivait parfois d’aller se coucher tenaillé par la peur et d’être réveillé en sursaut avec la sensation qu’on le touchait ou que quelque chose « entrait en contact avec la base de sa colonne vertébrale ». A notre première conversation, Peter déclara qu’il avait senti la terreur fondre sur lui, ainsi que la fureur et la pénible impression de perdre tout contrôle tandis qu’une grande lumière envahissait la chambre et qu’il sentait une « présence » autour de son lit. « Je me souviens que tout mon corps vibra et trembla pendant peut-être une, deux ou trois secondes.

Une fois au moins, Peter put voir de petits êtres encapuchonnés dans la chambre et il se mit à les engueuler avec rage. Il se souvint aussi consciemment que sous leur influence il s’était dirigé vers le patio, qu’il s’était «baigné de lumière », qu’il s’était mis à « léviter » jusqu’à un « vaisseau circulaire avec un dôme à son sommet » et des lumières clignotantes blanches, rouges et bleuâtres « qui couraient tout autour » et que « c’était visible au-dessus de la ligne d’arbres derrière la maison ». A l’époque, selon les dires de Jamy, Peter avait donné cette description: « Ils ont un rayon laser qui a pénétré directement ici (il montre le milieu de son front) et c’était tellement brillant, vous savez, que ça m’en faisait mal aux yeux. » Pendant ces expériences, Jamy était en principe « sans connaissance ». Après un retour, Peter se souvient d’avoir découvert deux petites lésions rougeâtres derrière son oreille, comme deux boutons en train de guérir. La rapidité avec laquelle ils disparurent et leur étrange symétrie ne correspondaient en rien à ce qu’il connaissait en fait de piqûres d’insectes. Notre conversation progressant.

Peter sentit monter en lui une sourde terreur au point de s’arrêter de parler, complètement « choqué » tout d’un coup. Aussi décidâmes-nous d’explorer désormais ces expériences en profondeur et sous hypnose.

Dans un de ses rêves il communiqua « avec ces êtres » pour savoir comment « nous pouvons avoir la connaissance intérieure, et une connaissance et une puissance qui dépassent le simple intellect ». Il avait « le sentiment » que les êtres ont peur « des pouvoirs que nous pourrions posséder.

Peter choisit de travailler plus particulièrement sur un incident qui s’était produit aux Caraïbes, probablement en février ou mars 1988, et qui débuta par l’apparition au pied de son lit de deux êtres. Peter devint anxieux: «Comme si je voulais attacher ma ceinture de sécurité. » Ses pensées remontaient à cette période. Je l’assurai que je ne le laisserais pas tout seul et qu’en toute circonstance, je saurais intervenir. Il n’avait rien à craindre.

Sous hypnose, Peter redonna la configuration de la maison et de l’hôtel-restaurant où ils dînaient chaque soir; ce qu’il y eut au souper; comment il était allé se coucher en éprouvant des sensations de peur que « quelque chose arrivât ». Il se souvint alors de s’être levé tandis que Jamy dormait; avec l’impression de devoir se vêtir un peu (il dormait nu le reste du temps). Tout en se sentant angoissé et vulnérable, pour une raison inconnue, Peter se leva tout de même et se dirigea vers un divan qui se trouvait à l’autre bout de la pièce et c’est là qu’il vit: « ...Cette petite créature... Voilà que ça recommence. Ça remet ça, encore une fois. Je traverse la pièce et je me sens humilié. Voilà ce que je ressens principalement. Vous me regardez (en s’adressant à la créature) alors que je suis tout nu. » Il comprit aussi qu’il n’avait « plus le contrôle », qu’il se retrouvait en position d’« infériorité », impuissant, et cela le rendit fou de rage. « Je suis paralysé. Je voudrais l’aplatir et je ne suis capable de rien. » Toute volonté en lui était annihilée : « Ils m’ont mis K.O.»

L’être de plus petite taille tenait un instrument qui ressemblait « aux gyrophares des voitures de police ». Peter se mit à hurler et à pleurer: « Le voilà qui vient pour me frapper avec cette lumière! Le voilà !. L’autre être connaît ma conscience. Il sait ce que je ressens. Mais il est détaché et il ne veut pas que je sache ce qu’il va faire. » Cet être-là contrôlait le plus petit: « Sa réplique.., la petite merde qui fait le sale boulot pour lui. » Le petit être leva la lampe : « Il la maintient là et me la colle dans la tête. » Après cela, Peter se sentit glacé, grelottant et tremblant de tous ses membres, en proie à la terreur, « le contrôle de toutes ses fonctions ayant été interrompu ». Il se produisit alors un changement — à la fois dans le discours de Peter et dans la séance elle-même: Peter se détendit et devint plus serein. « Mon corps est comme court-circuité, coupé de mon cou, de ma tête. » En dépit du fait qu’il fut toujours complètement nu, la peur et la gêne avaient également disparu.

« Le petit bonhomme est alors venu près de moi. Il refait quelque chose avec son truc, comme des vagues au-dessus de moi et au-dessous de moi. Comment peut-il aller au-dessous de moi? « La lumière fit léviter Peter au-dessus du lit et il se sentit « vraiment tout léger ». Les bras mus et levés par une force inconnue, Peter se retrouva en train de se diriger vers la porte. Il regarda Jamy, toujours endormie: « Et je sais qu’il n’y a rien à craindre pour elle »; ce qui lui fut également confirmé par les êtres. Il regarda de plus près un des êtres (« C’est comme si maintenant c’était un copain. A présent, je n’ai plus peur ») dont la figure lui parut laide et difforme. « Je ne peux en voir que la moitié. Elle est toute ridée. On dirait un de ces personnages de Walt Disney... Avec ces gros sourcils. Oui, des sourcils énormes. » La peau de la partie supérieure de cette figure semblait épaisse, avec « des bosses » et « comme trois arêtes et trois sillons. Une véritable caricature comique ». Les yeux n’étaient pas trop grands mais très sombres, « à la fois bleus et noirs », et très enfoncés dans les orbites, «comme les yeux d’un animal, les yeux d’un raton-laveur ». Le nez était écrasé « et donc élargi ».

Ensuite, Peter fut emmené par la voie des airs et traversa ainsi la salle à manger et la cuisine; puis il passa la porte d’entrée pour arriver sur la galerie qui était éclairée par une douce lumière blanche qui laissait deviner les arbres alentours. En quittant la maison, Peter put voir que la source de cette lumière provenait d’un petit vaisseau spatial. Tandis que lui et les êtres « grimpaient en hauteur », Peter ne pouvait plus apercevoir que la lumière blanche en regardant vers le haut, mais il demeurait « conscient de la présence du reste de l’île dans le lointain », de l’océan et « de tous les arbres qui étaient là en dessous ». En plongeant son regard vers le bas, il put voir le petit toit de sa maison et se demanda comment cela se faisait qu’il n’avait pas peur alors que d’habitude il souffre tellement du vertige. A présent, il avait le sentiment que c’était une aventure et qu’il était vraiment content que Jamy aille bien. Il pénétra d’abord dans un petit engin qui à son tour entra « par une ouverture en dessous » dans un vaisseau plus important. Puis il se rendit compte de l’obscurité qui l’entourait « comme à l’intérieur d’une maison » lorsque les lumières sont tamisées. Tout était silencieux à l’exception d’une espèce de ronflement. Peter vit des bancs et des uniformes ou «combinaisons, comme portent les sportifs de compétition » qui traînaient là et il a pensé: « Pourquoi est-ce qu’ils ne les accrochent pas?... On aurait dit qu’ils m’avaient invité dans l’intimité de leur foyer. »

Peter put alors marcher tout du long d’un banc circulaire fait, semblait-il, d’une espèce de matière moulée et pourvu de cases ou compartiments; avec ce « tour de piste », Peter se sentit « très honoré... comme quelqu’un à qui on réserve un traitement particulier ». « Ils m’ont laissé regarder partout... Je voulais dire aussi qu’il y a également d’autres humains ici, mais je ne sais rien d’eux. » Il regarda par les ouvertures comme il l’aurait fait « depuis une tour de contrôle ». Il pouvait apercevoir l’île voisine : « C’est magnifique parce que le clair de lune éclaire toute la baie et qu’on voit toutes les petites lumières des autres hôtels. On peut bien les voir. » Peter vit « un autre être qui rejoignit une autre table de contrôle ou quelque chose du même genre », et il observa que des tenues étaient pendues à une barre. Le vaisseau prit alors de la hauteur et, en regardant par les ouvertures, « la Terre devenait un petit point minuscule ». Peter commença à s’affoler, l’esprit complètement troublé, se sentant perdu tout à coup. « Mais où suis-je donc? Où est la Terre? Vais-je seulement y retourner un jour? »

Peter demeurait incrédule sur ces souvenirs qui lui revenaient et s’interrogeait sur une telle expérience. Je l’encourageai à « s’exprimer sans réfléchir » et nous aurions ensuite tout le loisir d’analyser ce matériel. Curieusement, il ne ressentait plus le fait d’être sans vêtements. Il traversa une sorte de « porte coulissante » qui pénétra à moitié dans l’épaisseur de la cloison. Il descendit deux ou trois marches et se retrouva dans une salle basse où étaient réunis environ une centaine d’hommes et de femmes. « Je ne les vois pas comme s’ils étaient nus... Je les vois recouverts de quelque chose qui a la couleur de la peau, une sorte de combinaison couleur chair. » Il eut l’impression de participer « à un cocktail mondain où vous ne savez pas à l’avance qui vous allez rencontrer ». L’être de plus haute taille que les autres, et qu’il avait déjà vu au début, s’avança vers lui et lui communiqua télépathiquement: « Ce sont tous des habitants de la Terre. Vous pouvez faire connaissance avec eux. Ils sont tous là pour vous. » « Dans la mesure où ils avaient tous vécu les mêmes expériences que moi, sous-entendu », ajouta Peter. Peter eut envie de s’adresser à un homme de l’assistance qui était justement en train de converser avec une femme. Cet homme reconnut Peter mais lui dit: « Pas maintenant. Il faut que je m’en aille. Plus tard. »

Il tourna à droite et pénétra dans une autre salle où « un des êtres travaillait sur écran ou un truc comme ça ». « Je crois que je vais me mettre à pleurer, fit Peter, tellement j’ai la peur au ventre. J’ai l’impression d’être un petit enfant. Et que je vais subir un viol ou une chose du même genre. Ce n’est vraiment pas beau. Ni amusant. » J’encourageai Peter à prendre de profondes respirations. « Cette salle respire l’air stérilisé, quelque chose de médical, d’effrayant. » Le sol était noir, comme s’il était recouvert d’obsidienne, et il y avait un mur de verre avec des êtres humains suspendus, comme dans le film Coma, avec des casques sur la tête. « Deux êtres » manipulaient des boutons sur le « tableau de bord » ou sur un panneau mural. Ils voulaient que Peter monte quelques marches, ce qu’il fit, pour qu’un « casque » ou « dôme argenté » vienne lui emboîter le crâne tandis qu’il devait rester sur une table.

Peter refusa mais il se retrouva tout de même sur la table qui était « la plus confortable qu’il ait connue de toute son existence. Comme si elle avait été moulée sur les formes de son corps... C’était même la table d’auscultation la plus vaste » qu’il ait jamais vue. La table en question se pencha à quarante-cinq degrés tandis qu’un des êtres passait les commandes à un autre. « Je hais celui-là. Je déteste quand il passe ainsi les commandes car je sais que ça va faire mal », s’écria presque Peter. « Je ne vous dirai pas ce qui se passe à présent. » On lui maintint les jambes serrées et on l’attacha solidement tandis qu’un être femelle lui communiquait: « Tout va bien se passer. » Mais lui était conscient de ceci: « Je ne suis qu’un parmi des centaines de milliers d’autres. Je ne suis pas le seul. » Puis il sentit « que sa force vitale » était aspirée par le haut de son crâne. « Je ne sais plus rien de ce qui se passe ensuite... Je veux que ça s’arrête... Je veux me reposer. »

Dans le même temps, plusieurs êtres observaient de près Peter: « Pour voir comment je réagissais. » Puis on l’emmena sur une autre table: « Froide, glacée, en métal », qui épousait ses formes anatomiques, « une grande invention médicale ». Là on le mesura sous toutes les coutures, avec des tests, des essais d’« endorphines » ou « quelque chose qu’ils vous collent dans le cerveau ». Ensuite, à l’aide d’un instrument qui rappelait à Peter celui à fibre optique qu’utilisent les dentistes, les êtres explorèrent son aine « jusqu’à l’os » en perçant « directement la peau ». Bien que cet instrument ait paru s’enfoncer profondément dans la cavité abdominale, Peter, curieusement, ne ressentit pas de douleur. Ses parties génitales « étaient juste retombées sur le côté » et évidemment pas concernées par le processus. « Je suis étonné des techniques qu’ils possèdent et auxquelles nous n’avons pas encore songé », dira-t-il avec une relative sincérité.

Puis vint le moment le plus effrayant et le plus humiliant. « Ils me tripotent les jambes. » Puis les êtres font pénétrer dans son rectum une sonde afin d’effectuer un prélèvement de selles. « Ces types ignorent comment il faut manipuler les gens... Ils n’ont aucune technique d’infirmier. » La sonde pénétra très profondément et Peter eut la sensation qu’ils déposaient à l’intérieur de son corps « un implant » ou « une puce ». « Pourquoi devez-vous me faire cela? » cria-t-il. « Je vais me sentir traqué (il hurle presque), je ne pourrai plus me sauver. Voilà comment je vois les choses. Je suis coincé à vie. Comme un animal tatoué. J’ai la sensation qu’ils m’ont placé un énorme truc dans les boyaux, qu’ils l’ont ouvert et qu’ils y ont mis quelque chose d’autre dedans et qu’ils ont fixé le tout dans mon ventre. Et c’est profond en moi. »

Défait, abattu et humilié, Peter dit: « Ce qui m’emmerde le plus, c’est qu’ils m’avaient dit qu’ils allaient me faire ça. Ils me l’ont montré sous le nez... A présent, j’ai le sentiment de ne plus pouvoir aller nulle part. Je suis sous contrôle en permanence.

La séance arrivait à sa fin. Peter et moi parlâmes encore un moment des impressions pénibles de Peter qui se sentait humilié, violé. Et pourtant, malgré cela, il avait la sensation que, d’une certaine manière, il avait été « consentant, désireux d’aider ces gens à jeter un pont entre leur monde et le nôtre ». De plus, Peter entretient cette conviction : « Les autres gens, cette centaine d’êtres humains qui se trouvaient dans cette salle, devaient être aussi des volontaires. » Quoique traumatisé, avec le sentiment d’avoir été violenté, « à un niveau psychologique, à un niveau totalement différent, Peter comprenait que cela ne l’avait pas blessé ». Il comparait le processus à celui d’un accouchement pour une femme. « Elle accepte le phénomène et elle s’y soumet. Ça ne la rend pas cinglée d’accoucher; elle ne devient pas folle en voyant le bébé. Il y a des accès de colère. Des accès de haine, et toutes sortes de réactions du même genre. Mais cela fait partie du processus de la naissance. »

Peter n’était pas alors en mesure de dire clairement qui ou ce qu’il fallait servir. Peut-être était-ce le fait même d’« accepter des êtres venus d’une autre planète » afin de faire évoluer notre propre conscience. (...)

A présent, il était paralysé, conscient « des choses qui se produisaient » mais « sans aucun contrôle sur elles ». Les yeux fermés, Peter sentit pourtant « une présence ». « Alors j’ouvre les yeux. Il y a un être de l’autre côté du divan et je sais qu’il faut y aller. Je sais que je dois me presser. » Il se lève, la porte était grande ouverte. « Il y a un petit être juste en face de moi. Il fait partie du peuple bleu. C’est un homme bleu. Il est tout bleu. Il est très sombre. » Le vaisseau « ressemble à un soleil couchant » et Peter s’envole vers lui en compagnie d’un être « sur sa gauche, et le grand sur sa droite », en gardant les bras le long du corps. Une fois à l’intérieur, le vaisseau « se déplaça à une vitesse ahurissante

« On décolle. On s’envole, zoum! » Ensuite, Peter descendit le long d’une sorte de rampe et prit place dans ce qui pouvait s’apparenter à une chaise roulante. D’abord il eut assez peur puis, très curieusement, il commença à se détendre alors qu’un « bras rétractable comme ceux qu’on voit chez les dentistes » s’approchait de lui. L’instrument pénétra au-dessus de l’angle intérieur de l’œil gauche. « Ça me rentre dedans. Ça me rentre dedans. Ils y sont! Et ils fourragent là-dedans. Ça tourne dans tous les sens. Puis ça ressort. Voilà et ça les excite. Ils ont l’air tout content. Ils ont ce qu’ils voulaient... Je ne suis qu’un bout de viande pour eux, dit-il. Je les hais. Je déteste tout cela. Comment, bon Dieu, peuvent-ils donc se livrer à des choses pareilles? Aucune considération pour moi. Je déteste tout cela. » Il sentit qu’il avait des pulsions de colère envers eux: « Mais je ne pouvais pas. »

Ce que Peter comprit qu’ils avaient « obtenu », c’était de l’information. « Il y a quelque chose qu’ils ont placé à l’intérieur de moi pour observer en permanence comment les choses se déroulent et pour traquer ma mémoire... un truc qui, en quelque sorte, enregistre tout dans le cerveau. » L’idée de Peter était qu’ils devaient lui avoir placé dans le cerveau « une petite pastille noire », et cela peut-être au cours d’un enlèvement précédent, et que l’instrument flexible, fin et long, d’apparence métallique, « a pour fonction d’aller rechercher cet objet. Ensuite, sur « un panneau amovible », ils lisent ou déchiffrent les informations ainsi obtenues. Peter a le sentiment que les êtres étaient intéressés par ce qu’il venait d’apprendre au cours de son stage: « Ils veulent savoir si je peux être un meneur de jeu valable. Ce sont mes réactions aux situations qui les intéressent et qui sont inscrites dans mon cerveau, imprimées sur ce truc qu’ils m’ont implanté. »

À ce moment de la régression, le ton de la voix de Peter changea pour devenir plus monotone: il adoptait le point de vue des extraterrestres. « Nous désirons étudier les réactions chimiques du cerveau, dit-il alors, et comment les gens réagissent afin de déterminer quand il est opportun d’être présents... Car en mesurant les impulsions, nous saurons à quel niveau le choc s’effectuera, aussi serons-nous mieux à même de le contrôler et ainsi d’être sur la même longueur d’onde avec les êtres humains tandis qu’ils subissent ce choc de nous découvrir pour la première fois. » Puis Peter retrouva sa voix normale pour affirmer que les êtres travaillent avec nous, mesurant ce que contiennent nos cerveaux pour pouvoir définir comment nous réagirons lorsqu’ils se manifesteront devant nous.

Je ramenai Peter à l’expérimentation sur son œil. Il exprima à nouveau du ressentiment puis il dit qu’il se sentait « préparé à quelque chose ». « Cela dure depuis que je suis tout petit. » L’espèce de « puce » espionne dont il a été question serait, en fait, un engin de « détection » et « de mesure pour savoir jusqu’à quel degré la conscience peut devenir opératoire ». Les souvenirs concernant les expériences d’enlèvement reviendront à la surface, affirma encore Peter, à un rythme en accord avec le choc ressenti par lui et les autres devant l’évidence de l’existence des extraterrestres. « Ils étaient tout excités » à cette idée, dit-il, parce que « j’avais moi-même atteint un certain niveau ».

Peter ne se souvient pas des circonstances précises de son retour sur Terre. Il fut « redescendu » sur le terrain qui jouxtait la maison et, là, « le grand être » lui fit passer la porte en marchant. Peter se rassit dans sa chaise et ramena la couverture sur lui. « Je regardai l’être, et il me regarda. Je m’assis sur la chaise et je m’endormis. La chose dont je me souviens ensuite est que je me suis réveillé et que j’ai regardé l’heure à ma montre. » Après la régression, nous discutâmes du changement du timbre de voix qui s’était produit au cours du travail. Peter se souvenait que cela avait commencé quatre années auparavant lorsqu’il vivait dans les Caraïbes; il ressent cela comme un élargissement de sa propre énergie qui permet à l’« énergie extraterrestre » de passer à travers lui. Cela peut se produire lorsqu’il est apte à « commander à son esprit, à faire taire son ego ». « Un changement subtil était en train de s’opérer » sur cette planète et qui devrait changer le point de vue que nous avons de nous-mêmes et notre façon de vivre. « Quand ils se montreront, nous apprécierons mieux ce que nous avons. » Sa propre tâche, dit-il, consiste « à se soumettre au plan divin ». « C’est comme si les extraterrestres observaient les choses à travers moi. Ils ont un projet pour moi », conclut-il. Peter ne redoutait pas les changements qui allaient devoir advenir. Même si cela devait bouleverser sa propre existence, il était persuadé que cela allait également le « soutenir énormément, d’une certaine manière ». Sa conscience était en train de « se secouer », et « si cela peut apparaître certains jours terrifiant, certains autres on se sent parfaitement bien et en sécurité.

Peter est à présent plus âgé et la peur grandit en lui. Il sent qu’il « essaie d’éluder quelque chose qui ne demande qu’à jaillir à la surface ». Il parla de changements majeurs qui devaient s’effectuer « sur cette planète » d’après ce que lui avaient dit les extraterrestres. Ils peuvent voir l’avenir, dit-il, « et souhaitent nous aider à éviter ce qui devrait exsuder de... John, c’est trop étrange pour moi », dit-il tandis que d’autres images de possibles futurs affluaient dans sa tête.

Ce qui suivit est un des épisodes les plus troublants de ma carrière dons le domaine des régressions. Peter se mit à hurler de terreur et de colère en revivant un incident. Il avait dix-neuf ans et se trouvait sur une table d’auscultation, « simplement allongé là ». Une écuelle fut placée sous son pénis, il fut forcé d’éjaculer et du sperme fut prélevé. « Ils dominaient complètement mes réactions sexuelles, dit-il. Ils me vident. Je me détends. Ils sont contents. Ils ont eu ce qu’ils voulaient », s’exclama-t-il avec amertume. Je lui demandai si cela s’était produit d’autres fois. « Ils le font tout le temps. Chaque fois qu’ils viennent, ils font ça. Ils me prennent du sperme. Ils me prennent la semence. Puis ils me laissent m’en aller. » Je lui demandai si ce n’était pas les mêmes êtres qui jouaient avec lui lorsqu’il était enfant. « C’est différent, dit-il. Ils n’ont pas autant d’attentions... Ils ne me désirent pas. Ils ne veulent que ma semence. Ils veulent mon essence. » En pleurs et tout tremblant, Peter se souvint combien la pièce était froide et combien il se sentait seul et abandonné. « Toutes les cellules de mon corps sont en train de vibrer, dit-il. Tout remue là-dedans. Tout vibre. »

Peter se vit allongé sur une table, soumis à une procédure similaire à celle qu’il avait décrite dans la première régression. Une incision fut pratiquée à gauche des testicules: « Ils cherchent la cavité. » Un instrument semblable à une grosse seringue ou à un tuyau pompa le sperme. Un des êtres se pencha au-dessus de Peter et lui dit qu’« ils n’auront pas besoin de procéder ainsi de nouveau s’il se décontractait ». Mais qu’ils aient pris sa semence cette fois-là encore, ou non, par ce procédé quasi chirurgical, ce qui est sûr, c’est « qu’ils l’ont prise de l’autre manière » (c’est-à-dire par succion) « de nombreuses fois » durant toute la jeunesse de Peter.

Me faisant l’avocat du diable, je suggérai alors que peut-être les êtres n’avaient-ils en tête que le projet de lui voler son sperme afin de pouvoir repartir et se multiplier sur leur propre planète, et que ce n’était qu’une « vue de l’esprit » de penser qu’ils se sentiraient concernés par l’évolution de la conscience humaine. Il objecta avec véhémence: « Cela est impossible. Je sais qu’ils m’aident, qu’ils élargissent ma réalité, et qu’ils veulent que j’y arrive pour pouvoir communiquer avec moi... Ils ont besoin que ma conscience évolue. Ils ont besoin que mon cerveau se développe et se réveille.
- Dans quel but? demandai-je.
- Pour avoir une interaction avec notre planète. Et ainsi avoir une interaction avec notre force vitale.
- Mais dans quel but? insistai-je.
- Pour empêcher notre espèce de s’éteindre. »

La quatrième régression que nous avions prévue se déroula six semaines plus tard, le 14 mai. La dernière séance avait beaucoup aidé Peter à accepter ses expériences mais, en même temps, il se sentait plus isolé et solitaire. Pourtant, « plonger au plus profond d’une telle agonie » l’avait entraîné vers « le sentiment d’être heureux de vivre ». Il avait enfin accepté pleinement que « cela fût réel, et non plus des inventions de l’imagination », et en même temps il avait accepté qu’il n’était pas lui-même « un monstre ». Il se sentait davantage « complet » et ses expériences étaient une sorte de « cadeau » - « cela m’a ouvert sur moi-même ». Reconnaître le caractère unique de ce qu’il venait de traverser permit à Peter de mieux supporter son isolement moral. Avant, dit-il « il se sentait isolé et exclu du reste des gens. Ce travail m’a permis de m’en rendre compte...

Je demandai à Peter comment nos qualités d’ouverture et d’amour pouvaient servir les êtres dans leurs objectifs. « Ils sont aussi humains », suggéra-t-il, et dans leur évolution, ils ont « suivi la voie de l’intellectualisme rationnel ou peu s’en faut et perdu la plupart de leurs émotions, et c’est ce qu’ils cherchent à retrouver. Et cela se fera à travers notre espèce et notre planète... Ce sont des humanoïdes et nous venons de la même origine qu’eux, à cette différence que nous, nous sommes restés au cœur de nos émotions et que ce sont ces émotions qui ont régi notre planète... La façon dont nous réagissons en tant qu’espèce vient de nos émotions... Dans leur évolution, eux, ils ont choisi de réagir depuis l’intellect, le mental... Ils souhaitent partager cette croissance intellectuelle avec nous si dans le même temps nous pouvons partager nos émotions avec eux ». Mais parallèlement, ils redoutent notre aspect destructeur. «Cela pourrait faire un beau mariage en un sens », observa Peter. (...)

Dès juin 1992, Peter commença à jouer un rôle important dans la communauté des kidnappés, prenant souvent la parole en public et apparaissant à la télévision pour décrire ses expériences. Le 15 juin, il participa à un colloque de kidnappés, organisé par le physicien du MIT David Pritchard et moi-même. Dans une déclaration d’une dizaine de minutes, Peter donna le détail des expériences traumatisantes qu’il avait pu reconstituer au cours des séances de régression et expliqua comment il était parvenu « à une certaine compréhension après être passé par une rage indicible et un violent ressentiment ». Comme nous l’avions fait nous-mêmes quelque temps auparavant, il évoqua le grand intérêt que les êtres portaient à « notre capacité de ressentir, d’avoir des émotions, d’éprouver de la compassion et de l’affection, et de nous élever vers une fulgurante spiritualité, qualités qui nous rendent humains et qui sont partagées par toutes les races de cette planète ». Le fait que l’on soit obnubilé par les aspects traumatisants des procédures et expérimentations vécues au cours des enlèvements, ajouta-t-il, était dû à notre incapacité à « intégrer ces expériences dans notre entendement conscient de la réalité perçue tout simplement parce que l’on n’a pas pensé que cela soit possible ». Il s’adressa enfin aux chercheurs et enquêteurs présents dans l’assistance (au nombre de quatre-vingts environ) pour leur confier qu’il pensait sincèrement que les extraterrestres n’avaient aucune intention de nous faire du mal et que leur objectif était « de nous amener au niveau où nous pourrions avoir consciemment une interaction avec eux sans que cela nous paraisse terrorisant ».

Le 15 août, le producteur David Cherniack vint filmer Peter en conversation avec moi pour la chaîne publique canadienne; il s’agissait d’une émission d’une heure sur les phénomènes d’enlèvement intitulée Shy Magic (Ciel magique) dans la série Man Alive (L’Homme vivant). Dans cette discussion, Peter évoqua la manière « instinctuelle animale » avec laquelle il avait réagi à ses expériences, comment on se retrouve embarqué en un lieu où l’on est tellement « distendu que l’esprit manque d’exploser », les changements dans la qualité même des enlèvements, leur remémorisation au cours des régressions hypnotiques, la trouille de constater que tout ce qu’on a pensé est possible, et combien c’était «hallucinant » de « se heurter à une réalité tout autre », et divers autres sujets que nous avions abordés au cours de nos séances de travail.

Le 2 décembre, Peter et moi nous présentâmes devant un public de deux cents cinquante personnes à la Divinity School de Harvard pour parler des « Phénomènes d’enlèvement extra-terrestre ». Je fis d’abord un exposé général sur la question et montrai un passage de la cassette vidéo. Puis Peter prit la parole pour raconter ses expériences pendant une quinzaine de minutes. Suivait une heure de discussion avec l’assistance. Pour préparer notre prestation, Peter et moi avions discuté au préalable par téléphone quelques jours avant. Peter me disait combien il s’était senti « nu devant Dieu » quand il s’était trouvé au cœur même du cyclone de la terreur et de la désespérance, comme il avait dû abandonner tout contrôle et tout choix, et pourtant il était resté connecté à quelque chose de plus grand.

Dans son propre exposé, il déclara que ce « voyage » lui a permis de «trouver sa place dans l’univers ». Il avait cru être abandonné de Dieu et réduit « à un simple échantillon de sperme ». Pourtant, après les régressions hypnotiques, il avait acquis « la sensation d’un formidable élargissement ». Dans sa solitude, il avait découvert qu’il ne faisait qu’un avec Dieu et l’esprit.

(...) Plus tard, dans une autre expérience...

L’être femelle se révéla être son professeur. « Elle va être mon gardien, ou quelque chose du même genre. Elle va veiller sur moi. Elle est.., il y a quelque chose qui va apparaître... Oh! mon Dieu!
- Qu’est-ce que c’est? demandai-je.
- C’est qu’on va... on va baiser. » A ce moment-là, la peur, et non le désir, s’empara de Peter. « Je vais faire l’amour avec elle, dit-il. Je comprends tout maintenant. C’est ça qui se préparait », qui lui était communiqué principalement par l’être le plus vieux et que Peter appelait aussi « Monsieur Je-sais-tout » ou « Grosse-Bulle ».

« Je ne veux pas faire ça, dit-il. Je veux foutre le camp d’ici. » Peter reçut un choc quand on lui annonça que les bébés qu’il avait vus en entrant dans le vaisseau étaient ses enfants hybrides ou extraterrestres et qu’il « procréait avec des extra-terrestres ». « C’était à ça que servait mon sperme », dit-il. Sa peur augmentait de seconde en seconde tandis qu’il considérait les implications d’une telle révélation. Il se rappela qu’en effet il avait à maintes reprises copulé avec un extraterrestre femelle. «J’ai la drôle de sensation qu’elle est ma véritable épouse. C’est la personne à qui je suis le plus relié, et c’est elle que je vais retrouver ici, ou avec qui je suis, bref... » Cette information lui fut communiquée par « Grosse-Bulle » et la femelle en personne, et cela ne laissa plus aucun doute en lui. Tandis qu’il parlait de tout cela, Peter sentait que sa conscience était comme séparée de son corps physique, « comme si elle se trouvait sur des hauteurs d’où elle pouvait me percevoir en bas Peter assis sur cette table ».

C’en était « trop » pour Peter. « Ce n’est pas tellement la question de faire ou non l’amour, mais procréer avec elle!... dit-il. Oh! mon Dieu, John, le plus dur à avaler, c’est que cette femme est également humaine, et qu’ils lui ont pris des ovules et à moi mon sperme pour les mettre en contact et fabriquer des enfants ici. » En pensant à ce qu’il venait de déclarer, Peter ajouta: « Ça m’est difficile de trouver les mots pour exprimer à quel point je suis choqué, écœuré par ce que je viens de voir... La pensée qui m’horrifie le plus, c’est qu’elle pourrait bien être une pure extraterrestre et que moi je la percevrais comme une humaine, bref que j’aurais fait l’amour avec une extra-terrestre. » Je demandai alors à Peter ce que cela pouvait avoir de « si horrible ». « Ils voudraient que je l’aime comme on aime un être humain, répondit-il, et que je prenne autant de plaisir amoureux avec elle qu’avec ma femme... Le problème, c’est mon attachement et mon amour pour elle en tant qu’extra-terrestre. Parce que, dans ce cas-là, qu’est-ce que devient ma femme sur Terre, John? Hein? Qu’est-ce qu’on en fait? »

En outre, Peter avoua quelque répulsion d’ordre physique. « Je ne peux pas faire abstraction du fait qu’il s’agit de créatures d’une laideur effrayante qui m’ont terrorisé avec leur peau lisse et glacée et faudrait que je fasse l’amour avec ça... Je veux croire que je n’ai pas fait l’amour avec une extraterrestre. » Peter exprima encore ses craintes d’être coupé de la Terre et de sa « famille terrestre », de perdre le contact « avec tout ce qu’il aime ici ». Ses pensées tournèrent à la confusion lorsqu’il se mit à considérer «tous ces enfants » qu’il devait avoir, si l’on tient compte, en effet, de tous les prélèvements de sperme auxquels il avait été soumis.

En dépit de la détresse qui l’avait gagné, Peter estima que tout ce processus faisait partie d’un plan auquel il avait donné son accord. « La première étape consiste simplement à fabriquer des enfants, les zygotes, les petits. La seconde de regrouper les parents », un humain et un extraterrestre. Un lien «est créé entre les deux afin qu’ils élèvent les enfants d’une manière à la fois terrestre et extraterrestre ». Nous parlâmes un moment du choc que ça avait été pour lui d’apprendre qu’il était un « père d’extraterrestre » même s’il admettait que ces enfants hybrides avaient besoin comme tous les enfants d’« une mère et d’un père ». « Avec la perspective de la destruction de la planète comme on le sait », dit-il, cela signifiait que ce sont ces « enfants-là » qui repeupleraient la planète. « Un peu comme des graines de pavot.., des cosses disséminées un peu partout sur la Terre. »

Devant le caractère insolite d’une telle information, je demandai à Peter quel était alors son degré de conviction. « Un pour cent, dit-il. C’est quelque chose qu’il faut apprendre. C’est du futur dont il est question, c’étaient des impressions. C’était de la connaissance, mais c’était vrai, du ressenti. » Nous en revînmes à la scène précédente avec les trois êtres sur les trois chaises - le vieux chef qui sait tout, la femelle humano-extra-terrestre et le « pur extraterrestre » sur la droite. On aurait dit qu’ils réaffirmaient l’engagement de Peter dans ce qu’il vivait à ce moment-là, comme s’il s’agissait d’une espèce de « mariage arrangé » avec l’être femelle. « Ça ressemble à un lien noué pour des raisons supérieures aux individus, dit-il. Si je ne fais pas ça, mon espèce risque de disparaître. Cela va bien au-delà du fait de donner mon sperme. La question est celle qui consiste ou non à devenir père. Voulez-vous bien participer à cette procréation, oui ou non? » Cette décision a dû être prise « une bonne dizaine de fois au cours de ma vie », suggéra Peter.

Peter était convaincu que sa partenaire humano-extra-terrestre était cette femme qui s’était rendue chez lui à Hawaï. Elle était assez simple, avec des cheveux auburn, « pas commune, plutôt neutre dans son apparence. Pas laide. Je dois dire que je ne me souviens pas vraiment de son visage ». Ces réflexions le conduisirent à aborder le problème de sa propre lutte pour vivre « dans deux mondes parallèles ». D’une certaine manière, son vécu dans l’autre monde avait plus d’impact sur lui. « Je plonge beaucoup plus profondément dans ma propre réalité de ce côté-là », avoua-t-il. « Ce qui me fait le plus peur à présent, dit-il, c’est de retourner chez moi et de raconter tout ça à Jamy. Imaginez un peu: « Alors, chéri, comment s’est déroulée ta séance aujourd’hui? » - « Bien. Alors voilà, j’ai revu ma femme extraterrestre et mes enfants...» !



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