Carlos



Carlos est une histoire tirée du livre Dossier Extraterrestres de John E. Mack. Ce chercheur et psychiatre Américain a rencontré en thérapie plus de 200 personnes entre 1991 et 1994 sur le sujet des ovni et des « enlèvements ». Certains cas plus marquants que les autres ont retenu son attention. Carlos est un de ceux-là. Je présente ici un condensé de son histoire.


Carlos, donc, est un homme de cinquante-cinq ans, marié et père de trois grands enfants - deux garçons et une fille. Carlos exerce sa créativité d’une manière quasi quotidienne en s’adonnant au dessin, à la peinture, à la poésie, à l’écriture de pièces de théâtre, d’essais ou de romans. D’autre part, il participe à des créations théâtrales en tant que producteur et metteur en scène. Il enseigne également les arts plastiques dans un petit collège du sud où ses classes sont extrêmement populaires et n’hésite pas parfois à y organiser des stages spécifiques à la demande expresse de ses étudiants. On peut dire que Carlos a largement contribué à l’épanouissement culturel de sa région sans compter son bénévolat auprès des prisons et des établissements d’enfants handicapés, moteurs ou mentaux, ou de personnes âgées. Notons enfin qu’il milite volontiers pour des problèmes d’environnement.

Carlos m’adressa un courrier en juillet 1992 sur la recommandation de deux des personnes concernées par le rapport Allagash (Fowler 1993), où il était question d’un incident de « temps manquant » survenu le dimanche de Pâques 1990. « Six heures (ou plus) en plein après-midi disparurent dans le néant au cours d’une excursion en montagne » dans l’île de Iona (Nouvelles-Hébrides) située dans les détroits qui séparent l’Irlande de l’Ecosse.

Carlos avait déjà exploré ses expériences de rencontre au cours de plusieurs séances d’hypnose, en tout dix-sept heures de travail, avec le docteur James Ward, un psychiatre habitant près de chez lui et dont nous reparlerons. Carlos passa plusieurs jours avec moi au mois d’août. Nous eûmes ainsi le temps d’avoir de très longs échanges qui duraient parfois des heures, ainsi que deux séances d’hypnose qui totalisèrent six heures en tout. Même si, personnellement, je continuerai dans ce chapitre à utiliser le mot « enlèvement », je dois signaler que Carlos, de son côté, insiste pour nommer ses expériences des « rencontres », se qualifiant lui-même dans ces cas-là d’« interlocuteur » et non pas de victime ou de kidnappé. Il prétend que, dans une certaine mesure, il a été participant, co-capteur (plutôt que récepteur) du processus visuel et partenaire d’une expérience partagée. Carlos estime que ces différences subtiles de langage ont leur importance pour exprimer la manière dont un enquêteur-hypnotiseur va s’adresser aux autres en ufologie et celle dont un artiste-interlocuteur peut percevoir le phénomène de l’intérieur.

Le cas de Carlos aborde les frontières de plusieurs des grands mystères qui entourent le phénomène d’enlèvement. Tandis qu’elles jettent quelque lumière sur certaines dimensions du phénomène, ses expériences n’en débouchent pas moins sur d’autres interrogations et des plus essentielles. Comme pour beaucoup d’autres cas du même genre, les circonstances objectives sont très suggestives et provocantes — observations d’ovnis, traces de brûlis au sol où un engin est censé s’être posé, coupures et cicatrices diverses et inexpliquées apparaissant sur le corps après un enlèvement, et, surtout, des clichés photographiques spectaculaires de rayons lumineux plongeant du haut des nuages vers les eaux de la baie de Iona. Mais les pièces à conviction principales semblent se situer au niveau de l’expérience vécue et racontée sous hypnose. Or, nous disposons en Carlos d’un sujet très intelligent, sensible et sincère, ne souffrant apparemment d’aucun désordre mental ni d’aucune altération de la pensée ou de la perception, et qui met toutes ses capacités au service d’une meilleure compréhension des événements qui lui sont arrivés.


En 1970, Carlos se rend sur l’Île de Iona, dans une petite baie. C’était l’endroit où il était arrivé, le premier jour. Malgré l’obscurité et l’humidité « pénétrante », Carlos aperçut juste devant lui, au-dessus de la mer, une sorte de bulle rose faite de brume, C’était à environ quatre-vingts ou cent mètres de distance et on aurait dit que c’était « éclairé de l’intérieur ». Ce brouillard lumineux semblait se condenser devant lui comme un point qui prendrait forme et grandirait depuis son centre de vision. Il y eut comme un petit éclair et il se mit à se développer, juste devant Carlos, au-dessus des flots, dans le ciel nocturne, devenant même enveloppant. Carlos affirme n’avoir pris aucune boisson pendant les danses et que la bulle était tellement palpable que quiconque l’aurait accompagné aurait pu la voir de la même façon, réelle ou non. Puis, en l’espace d’« une seconde », il se retrouva dans la bulle et le décor changea.

Il n’était plus l’homme de trente-quatre ans qu’il était alors mais un jeune orphelin de douze ans sur une plage au bout de l’île, près de l’abbaye, c’est-à-dire éloignée des quais. Avec lui, il y avait un ami proche qui avait posé pour lui en saint Michel, en Adam pour une histoire de Paradis terrestre, et en ange déchu. Cet ami a « dans la vie réelle » douze ans de moins que Carlos, mais dans cette autre réalité que Carlos nomme « vision », il était orphelin comme lui et du même âge. La scène se situe au VIe siècle, l’époque de saint Columba, historiquement associé à l’île de Iona. Dans la vision, on trouvait encore deux moines de cette communauté qui élevaient les deux orphelins. Carlos reconnut l’un des deux moines: c’était aussi un jeune homme qui avait posé pour lui lorsqu’il avait exécuté des croquis de Dionysos et du Christ. En revanche, l’autre moine ne lui dit rien de précis.

Toujours dans cette vision, extrêmement réelle pour Carlos, un petit bateau accostait - dans une petite crique limitée par deux rochers qui en formaient en quelque sorte l’« entrée ». Cette barque arrivait d’un navire viking plus important amarré au large (en fait, ce n’était pas la première fois que les Vikings mettaient à sac la petite communauté de l’île). Le moine qu’avait reconnu Carlos s’écroula, mort, sur la plage, bientôt suivi de l’autre petit garçon: « Je me rendis compte tout à coup qu’il était mort. » Les événements furent tellement soudains que Carlos ne saurait dire très clairement comment ces deux-là avaient été massacrés, si par exemple ils avaient reçu une flèche. Le moine survivant se précipita vers Carlos, sauta sur la dune où l’enfant se tenait, lui prit la main et l’entraîna en courant le long du rivage. Ils ne s’arrêtèrent que près d’un de ces énormes rochers qui fermaient la petite baie. Ils s’écroulèrent d’épuisement. Le moine jeta sur l’enfant son manteau pour le protéger. (Carlos ne saurait ici affirmer s’il était mort ou vif.) Les Vikings, « pensant qu’on était tous morts », dépassèrent les deux fuyards et s’enfoncèrent dans les terres. La vision se termina sur un fondu au noir et Carlos se retrouva sur le quai de Iona, trempé jusqu’aux os. Il retourna à son petit hôtel où lui et le pasteur étaient descendus.

Le lendemain matin, avant de quitter l’île pour retourner à Edimbourg, Carlos se sentit poussé à revenir un moment à la baie des Phoques où il reprit son chant « rien que pour voir si le phoque revenait lui aussi ». Cette fois, la tempête faisait rage. Il avait plu toute la nuit et ça dégringolait encore. « Je traversai une péninsule traîtreusement mouillée, couverte de gros galets et de rochers, pour pouvoir contempler ces eaux noires qui bouillonnaient et mugissaient à mes pieds. J’envoyai dans le ciel d’orage mon Dies Irae et le Asperges Me empruntés au répertoire grégorien. C’est alors qu’un énorme lion de mer tout blanc aux défenses gigantesques émergea des eaux sombres en me flanquant une frousse de tous les diables. Je n’y ai rien compris. C’était trop d’un coup! »

Carlos retourna donc à Edimbourg pour parachever son projet, Le Triomphe de saint Michel, une série de peintures sur toile et dont la transparence devait rendre la lumière de l’île et décrire un passage de l’Apocalypse.


La première expérience de rencontre que fit Carlos se déroula à la fin de l’été ou au début de l’automne 1940, lorsqu’il avait trois ans et demi et qu’on put observer dans le ciel une immense aurore boréale. Un tel événement était assez rare en Pennsylvanie et Carlos se souvient de la panique qui avait saisi nombre de ses concitoyens en voyant un spectacle aussi insolite au-dessus de leur tête. L’incident frappa énormément le petit Carlos également et demeure encore aujourd’hui très vivant dans sa mémoire. Il affirme que ce spectacle grandiose de lumières colorées a influencé la manière dont il peint actuellement.

Le petit Carlos de l’époque avait été tellement intrigué par cette apocalypse céleste qu’il avait refusé d’aller se coucher. « J’étais très en colère parce que mes parents m’avaient tout de même mis au lit. Pour moi, c’était l’événement majeur de ma jeune existence et malgré cela, on m’ordonna d’aller passer mon pyjama et d’aller me coucher. Mais mon père travaillait alors sur la voie ferrée et devait se lever à quatre heures et demie du matin pour être sur place à six heures. Je ne suis pas allé au lit tout de suite. Je me suis mis à la fenêtre et j’ai continué à contempler ce spectacle ahurissant. C’est alors que je me suis mis à appeler mes parents: « Maman, papa, venez voir, il y a un ange! » Mon père me répondit de loin: « Très bien. Et à présent, dépêche-toi de dormir.» Le petit Carlos ne pouvait comprendre la réaction de ses parents alors qu’il vivait « le jour le plus important de toute son existence ». L’ange était apparu sous la forme d’« une lumière jaune ou d’une brume jaune » qui s’était approchée de lui et il fit tout de suite un rapprochement avec la statuette d’un ange blond et androgyne qui l’avait fasciné un soir sous le sapin de Noël. Il avait joué avec ce petit personnage comme avec un avion, le faisant décoller du pied du sapin pour lui faire traverser les airs à travers toute la maison avant de le poser au haut de la crèche. L’ange sera la figure la plus remarquable des remémorisations de Carlos durant toute cette saison.

Toujours sous hypnose, Carlos se souvint qu’en dehors de « la forme immobile de l’ange jaune » il émergea « une de ces petites créatures blanches qui ont de si gros yeux », un genre d’être extraterrestre qu’il reverra au cours de plusieurs séances de régression. « C’était une petite créature comme moi, à peu près de ma taille. Elle était très décharnée et avait une grosse tête par rapport au reste du corps et elle avait de grands yeux. Les yeux avaient un peu l’aspect de ceux des chats. Ils étaient parfois d’un bleu lumineux, comme s’ils étaient éclairés de l’intérieur... La créature était chauve, sans un poil sur le crâne, sans forme de corps. Je ne suis pas très sûr de moi concernant les mains. Je ne les ai jamais vraiment perçues comme des mains semblables aux miennes, bien que j’aie pu voir cette créature à plusieurs reprises. » A la place des doigts, il semblerait qu’il y ait eu « des serres ou des pinces ». « Je ne garantis rien sur le nombre de doigts, qu’ils soient deux, trois ou quatre, disons plutôt deux. » Plus tard, Carlos pensera qu’il devait certainement confondre les « mains » de diverses créatures qu’il avait pu rencontrer et qu’il situe au nombre de quatre races, types ou espèces. Il pense finalement que les mains auxquelles il vient de faire allusion doivent appartenir à d’énormes créatures robotiques dont les formes varient selon les fonctions qu’elles ont à remplir. Il pense également que toutes ces espèces sont liées d’une manière ou d’une autre et qu’elles se complètent en collaborant.

Puis Carlos se souvint comment, quand il était enfant, il s’envola « dans les airs en entrant dans le reflet d’une petite créature ». Il passa à travers la vitre de sa chambre et s’« envola » en compagnie de l’être. « Il m’emmena par-delà les collines et autour de la maison et j’ai trouvé ça fantastique. Je m’amusais comme un fou. Une fois même, je me suis mis à faire la planche et puis je suis revenu à ma position de vol antérieure. » Il volait à côté de la créature comme s’il était maintenu et propulsé par l’énergie de la lumière dans laquelle ils baignaient. « J’étais très conscient des distances. Et aussi du mouvement, des couleurs et des nuées épaisses qui planaient dans le ciel. J’avais conscience de la présence lointaine des étoiles. Il existait des lumières bien au-delà des étoiles et des planètes, bien plus loin que cela. » Carlos sent bien que parfois il mélange ses souvenirs de vol plané avec ceux où il est lévité et entraîné dans un tunnel lumineux qui le conduit d’un site à un autre, comme à l’intérieur d’un appareil. Voler dans les airs sera un thème répétitif et facteur de profondes émotions dans le monde onirique de Carlos.

Tandis qu’il « visitait ainsi les alentours et les fermes de ses voisins », Carlos avait la sensation que ce n’était pas la première fois : « J’ai déjà fait ça avant d’être un petit enfant, une pré-créature, (autrement dit avant qu’il n’investisse une apparence humaine). » Ce fut une « expérience impressionnante » (adjectif qu’il emploiera fréquemment avec moi) que de revenir ainsi « vers la lumière ». Carlos estime qu’il lui est difficile de décrire les aspects de cette expérience de métamorphose et de changement transsubstantiel du corps matériel dans sa forme et son énergie, expérience qu’il aura connue au cours d’autres rencontres. Il éprouve alors la sensation de littéralement « se dissoudre » ou de « se désagréger au niveau cellulaire » et ce à travers un processus extrêmement pénible où il doit « passer de la forme matérialisée à la pure énergie lumineuse », c’est-à-dire qu’il devient le ciel lui-même, la lumière « qui traverse toute chose ». La créature accompagne ce retour à la « lumière énergétique ». « Elle me ramène là d’où je viens — avant que je n’entre dans mon corps, avant que je devienne un corps - et qui était un endroit de lumière, un endroit où règne la lumière énergétique. » De la créature elle-même, il dit: « Ce n’est qu’une forme de lumière émergeant de cette même lumière. »

Même si cette expérience peut être qualifiée de relativement située « géographiquement », elle n’en demeure pas moins « hors de l’espace. Il n’y avait plus d’espace-temps ». Je demandai à Carlos où est-ce qu’il localisait alors sa conscience. « J’étais conscience; l’expérience était conscience, une pure expérience de l’âme. L’âme était l’infini lui-même », dit-il. « L’essence même de l’expérience, c’est celle d’une énergie d’avant la forme. » Carlos essaya également de me décrire la « beauté » du mouvement. Il parlait toujours de l’expérience vécue à l’âge de trois ans et demi, mais je le soupçonnai d’y avoir mêlé des éléments d’enlèvements ultérieurs. Carlos, quant à lui, est absolument persuadé que l’événement était bien tel qu’il l’avait décrit et que ce qui avait affleuré d’autre au cours de la séance n’était certainement pas des associations parasites avec d’autres expériences.

Carlos remarqua ceci: « Vous êtes au cœur de l’énergie universelle. Vous êtes le mouvement de l’énergie et de la lumière, mais vous êtes aussi conscient que tout cela ne se situe pas dans un espace quelconque. Le mot “non-spatialité” est ce que je trouve de plus proche pour exprimer le plus objectivement possible ce que je viens de dire... Je crois que j’ai essayé de peindre ce sentiment ou sensation sans même savoir ce que je faisais. C’est un peu comme nager sous l’eau. Vous voyez des formes, des distances, de la lumière. Mais vous ne pouvez pas percevoir votre propre corps. Votre corps se confond avec l’eau, aussi si vous pouvez voir au-delà de la perspective du corps, eh bien, c’est un peu ça... L’expérience était joyeuse, une de ces choses les plus époustouflantes qu’il m’ait jamais été donné de vivre. Il me semble en fait que j’ai essayé de peindre cette lumière toute mon existence. Je dis cela au sens littéral. » Carlos avait, en effet, souvent produit des œuvres de très grandes dimensions - huiles et dessins sur divers supports - où il s’attachait à représenter des ciels, des nuages, des perspectives, des paysages visionnaires. Ce travail de titan culmina lors d’une exposition intitulée Lightfall (Fontaine ou Cascade de lumière), inaugurée en novembre 1992; la première pièce offerte au regard du public était la photographie d’un crépuscule pris lors d’un second séjour sur l’île de Iona et durant un moment où sa conscience avait en quelque sorte « décroché ».

Sous hypnose en compagnie du docteur Ward, Carlos s’était souvenu de ce qui pourrait bien être une expérience de sortie de corps, ou dédoublement ou voyage astral, pendant sa maladie. C’est au cours de cet incident qu’il eut la visite, encore une fois, de trois ou quatre créatures aux larges yeux, comme celle qui était venue le voir à la maison alors qu’il avait trois ans et demi. Cette fois-là encore, donc, il était retourné à cet endroit de lumière, d’énergie, de puissance d’où il pouvait voir, tout en bas, son propre corps.

Carlos attribue sa guérison de la pneumonie au fait qu’il s’est retrouvé baigné d’une énergie lumineuse thérapeutique que lui avaient envoyée les créatures extraterrestres. Ecoutons-le nous décrire le processus: « Ce sont comme des rayons laser qui viennent pénétrer mon corps depuis la plante des pieds et les paumes des mains, rentrant peut-être même par le dessous des côtes, et qui irradient à travers tout le corps, s’infiltrant partout et changeant de couleur jusqu’à ce que la lumière ait rempli tout l’intérieur du corps et le guérisse. » C’est à ce moment-là que la fièvre brisa « le noyau central jaune, environné d’une masse orange puis d’un halo brumeux rouge-mauve-rose, et que la lumière de guérison se borda de bandes très nettes bleues et vertes à la surface interne de la peau. Le liseré bleu et vert marquait l’emplacement du point de rupture, de la soupape de refroidissement pour ainsi dire. Puis mon corps se remit à fonctionner après cette longue, longue maladie ». Finalement, les créatures « me ramenèrent: je retournai dans mon corps ».

Dans la transe hypnotique, comme dans l’expérience elle-même, Carlos manifestait une immense répugnance à « retourner » dans son corps. « Je criais et sanglotais pour ne pas retourner dans cette vie, dans cette conscience. Mais les créatures m’y ont ramené. »

Carlos ne parvient pas à se remémorer d’autres expériences de ce type qui dateraient de l’enfance ou de l’adolescence. Mais depuis qu’il est étudiant dans un collège de l’ouest de la Pennsylvanie qui forme des enseignants, jusqu’à aujourd’hui, il compte un certain nombre d’expériences qui se rapportent à des enlèvements. Alors qu’il était étudiant et qu’il assistait à une réunion familiale, il vit « un énorme engin volant - de la grosseur d’un terrain de base-ball - de forme ronde comparable à une soucoupe renversée surmontant une autre soucoupe, les deux éléments étant séparés par une espèce de bande métallique terne, des hublots, probablement, et ce à l’extérieur, tout autour. Excepté cette bande qui supportait les ouvertures, tout était extrêmement brillant et d’une teinte argentée. Presque tous mes parents étaient avec moi dans la cour. Seules ma mère, ma grand-mère et mes tantes étaient dans la cuisine. L’engin a gardé sa position dans le ciel pendant au moins vingt minutes, suffisamment longtemps, en tout cas, pour que tout le monde puisse bien le voir et pour que j’aille chercher ma mère et qu’elle s’avance, elle aussi, sur le pas de la porte pour le regarder à son tour. Puis l’engin a pris de la hauteur et a disparu en quelques secondes en suivant une trajectoire nette, droite et silencieuse ».

Un an plus tard, Carlos aperçut pendant une nuit, alors qu’il roulait en voiture et se trouvait à environ mille cinq cents mètres de chez lui, une boule de feu « plus grosse que ma voiture mais pas aussi volumineuse que l’engin spatial. La boule de feu volait parallèlement à ma voiture mais un peu éloignée et légèrement au-dessus des champs, puis elle fonça à travers les bois où elle éclata en quatre lumières plus petites qui partirent dans des directions différentes et disparurent ». Carlos crut d’abord qu’il avait eu affaire à un météore, mais un météore ne se manifeste pas de cette manière. De plus, son aspect avait laissé Carlos assez perplexe. Il ne se souvient pas de s’être arrêté mais il était arrivé tout de même deux heures plus tard chez lui.., alors qu’il lui restait, souvenons-nous-en, un kilomètre et demi à parcourir en voiture! Il a pu par la suite rassembler quelques vagues détails sur une expérience d’enlèvement en relation avec cet épisode.

Les souvenirs les plus oppressants que Carlos a pu retrouver concernant un « kidnapping », moments souvent accompagnés de nausées et autres symptômes physiques, sont ceux qui touchent à ses propres enfants - lui et son épouse ont deux fils qui sont âgés à présent de vingt-huit et vingt-six ans, et une fille de vingt-quatre ans qui vient de se marier. Carlos fondit en larmes dans mon cabinet en revivant le traumatisme qu’il subit le jour où il se rendit compte qu’il ne pouvait pas protéger la jeunesse de ses gosses. « Je suis paralysé et ils m’arrachent mes fils des bras », se lamentait-il, ne parvenant pas à contrôler le flot de ses émotions. Il hoquetait de chagrin. Il me confia aussi qu’il avait vu sa fille à bord d’un vaisseau: « C’était une petite fille qui essayait d’attraper un instrument et moi je ne voulais pas qu’elle s’amuse à ça. J’avais une telle peur qu’elle touche à ces trucs-là! » (...)

Lorsque Carlos est retourné à Iona vingt ans après sa première visite, autrement dit en avril 1990, il avait des raisons professionnelles pour cela - des recherches sur les hymnes chrétiens et la poésie de saint Columba ainsi que les éventuelles relations de cette imagerie avec la poésie druidique dédiée à la Terre et à la féminité dans la nature - mais son vœu secret était en fait de « valider ses expériences visionnaires ».

Le 15 avril, dimanche de Pâques, après trois ou quatre jours passés sur l’île, Carlos entreprit de traverser l’intérieur des terres, assez montagneux, jusqu’à la baie de Saint-Columba, ce qui représentait une balade de trois heures environ depuis le village en passant par la baie des Phoques où il comptait ramasser des galets verts pour ses enfants. Il partit vers midi afin d’être rentré avant la nuit. Il allait devoir grimper jusqu’au sommet qui s’élevait à l’ouest de l’île. Lorsqu’il atteignit un plateau qui formait la dernière marche avant d’arriver au sommet, il s’éloigna du chemin de quelques pas pour satisfaire un besoin naturel contre un rocher. En se retournant pour revenir sur ses pas, il se sentit étrangement perturbé et comme étourdi, à la limite titubant. Tout lui paraissait tout à coup différent et il ne reconnaissait plus rien même s’il savait parfaitement qu’il se trouvait sur l’île de Iona. D’abord, il ne put pas retrouver le sentier et lorsque enfin il y parvint, il ne savait plus où il en était.

De là-haut, Carlos pouvait embrasser toute la baie. C’est alors qu’il vit une immense et longue traînée de lumière rose orangé qui descendait des nuages épais jusqu’à la surface de la mer. Ce spectacle lui parut « miraculeux, époustouflant, impressionnant, inquiétant ». Arrivée au ras des vagues, la nuée ardente forma un cercle, toujours de cette même couleur pêche, d’où sortit un brouillard pareillement teinté. Il vit à l’intérieur et à l’extérieur de ce cercle des milliers d’étincelles qui «jaillissaient et retombaient sur l’eau comme ces feux de Bengale que les gosses utilisent le 14 Juillet ». Il parlera de « fontaine lumineuse », d’un « tunnel » menant à un vaisseau spatial. Se souvenant soudain qu’il avait autour du cou son appareil photo muni d’un objectif pour les plans rapprochés, il recula de plusieurs pas afin de prendre un maximum de distance et de fixer la scène d’une manière aussi large que possible. Carlos décrit cette féerie comme « l’événement naturel le plus incroyable qu’il ait jamais vu ».

Après qu’il eut pris la photo, la nuée lumineuse se rapprocha et enveloppa Carlos qui « ne se souvint plus de rien » et s’écroula sur le sol. Il ne peut pas affirmer avec certitude si c’était la même lumière ou si c’en était une autre mais la couleur était exactement la même. Lorsqu’il « se réveilla », il faisait déjà nuit et il était assis sur la plage « à une centaine de mètres de là et complètement sonné ». Le rayonnement lumineux avait disparu, mais il pouvait encore voir un nuage « qui rutilait et pulsait dans une luminosité orangée ». Le soleil s’était déjà couché. Carlos prit une autre photo (où l’on voit de petits traits de lumière descendre du nuage). Puis il rentra à pied dans le noir.

La rencontre effective, se souvint Carlos sous hypnose, avait débuté par une altération de la conscience au moment où il était allé uriner hors du sentier. Là il s’était senti grimper dans les airs et pénétrer par en dessous dans un vaisseau en passant par un tunnel de lumière comparable à un rayon laser. A bord, il se retrouva face à face avec « une charmante petite créature » qui l’emmena à travers tout le vaisseau. Au début de la rencontre, la créature paraissait entraîner Carlos d’un endroit à un autre simplement en tenant son bras. Plusieurs types d’extraterrestres semblent avoir été observés par Carlos au cours de cette rencontre. Il y aurait « de petites créatures graciles » comme celle qui l’avait amené au vaisseau et qui l’escortait tout du long. « Elles triment comme des esclaves et ne font pas attention à moi », une fois revenues à l’intérieur du vaisseau, elles remplissent diverses fonctions. Elles ont des têtes rondes et blanches, sans cheveux, « elles sont chauves ». Il observa que leurs yeux étaient « d’un bleu profond, brillant, lumineux » et non noirs, contrairement à ce que rapportent beaucoup d’autres « interlocuteurs » (kidnappés); mais Carlos expliqua que la couleur change et que ce n’est pas qu’une question de perception. « La couleur dépend de la communication et du contrôle. »

Carlos raconte que ces grands yeux semblent parfois être recouverts par des « lunettes », surtout quand c’est la nuit ou qu’on se trouve dehors, ce qui doit faire partie de leur structure propre ou en être un parallèle. « Je ne saurais dire si c’est vraiment de la « chair » ou bien si ce que je vous décris là (sous hypnose) sont des genres de lunettes, de masque ou de casque.» Il fut question de casque collant à la peau dans une séance ultérieure. Mais avant cela, je demandai à Carlos de me décrire encore les yeux: « C’est possible que je vous aie décrit soit les yeux, soit les deux. C’est comme si on regardait à travers des verres épais, mais j’arrive quand même à percevoir ce qu’il y a en dessous, de la chair visqueuse. Les globes oculaires et les pupilles sont transparents, c’est pourquoi dans le noir les gens les voient tout sombres. » Derrière les « lunettes », Carlos a pu apercevoir des pupilles verticales comme des fentes et il les a comparées à celles des chats; il vit aussi l’iris circulaire et large « où dansaient les bruns et les rouges », avec des mouvements de rétrécissement et d’élargissement, de contraction et d’expansion, « pas comme nous ». Les changements de coloration semblent « affecter l’ensemble de l’iris ».

Selon Carlos, les créatures ne sauraient répondre à une description stéréotypée, certaines espèces paraissant totalement androgynes. Au cours des expérimentations qu’il dut subir, il avait remarqué qu’il y avait souvent présente une entité de corpulence plus imposante, « d’apparence plus femelle », qui détenait les rênes de quelques-uns des programmes en cours (c’est ce même personnage femelle qui rassura et calma Carlos lorsqu’il se paniqua lors d’une séance). Il la décrit comme faisant partie des gris en ajoutant que la vapeur qui l’environne change souvent de couleur, « du rose irradiant, en passant par le mauve et les rose tendre pour aboutir à l’orangé ». Il y aurait « toujours une sorte de brouillard autour d’elle... Elle est mince, comparable aux autres plus petits; elle est plus grande et semble par conséquent plus élancée; elle possède les mêmes yeux et c’est à peine si elle a un nez et une bouche ».

Carlos donna aussi la description de diverses salles à bord du vaisseau, toutes avec des plafonds incurvés, ainsi que des couloirs qui les relient entre elles. Il nomma une de ces salles « la rotonde: elle est vaste ». Une autre était « pour moitié plus haute et pour moitié plus basse avec tout un enchevêtrement de fils électriques au plafond, comme les veines d’un cerveau. Sur le côté, entre ces deux parties de la salle, il y avait des ouvertures ou des écrans qui recouvraient tout l’espace central. Cela formait comme un balcon duquel on pouvait tout voir, un peu comme un miroir qui refléterait sur ses deux faces; on peut soit y projeter quelque chose, soit y voir quelque chose. On aurait dit que des fenêtres! Des écrans étaient fabriquées d’un mélange de métal, de cristal, de miroir et de verre ». Si on devait représenter la chose d’une manière graphique, Carlos pense qu’il lui faudrait peindre un paysage ou un ciel nuageux au-dessus de feuilles de plastique suspendues les unes en face des autres. Il avait déjà peint une toile avec de la peinture acrylique après avoir terminé sa commande pour Edimbourg, et il avait utilisé des matériaux comparables qu’il pensait avoir un certain rapport avec cette vision d’un écran qui se double d’une fenêtre. Laissons-le continuer: « Il y a un balcon, ou galerie, à ces fenêtres avec une rambarde. De là on voit des plans inclinés au-dessus de machines qui vont du sol jusqu’au niveau de ce balcon. En bas, il y a des bureaux, d’un jaune-beige, avec des instruments sur des panneaux de contrôle attenants. On voit plein de petites créatures qui s’affairent au sol, ou bien alors elles sont assises à l’aplomb des murs inclinés pour surveiller les appareils de contrôle. » Carlos se souvint qu’il avait arpenté le balcon et regardé par les fenêtres qui étaient à l’horizontale. (...)

Comme il grimpait le long de la nuée lumineuse, il aperçut « le bord du vaisseau au milieu des nuages et pénétra à nouveau dedans par en dessous ». Une fois à bord, il vit un petit groupe, entre cinq et neuf, de ces « petites créatures blanches ». Elles se tenaient « dans un brouillard blanc, brillant, lumineux ». « Je savais qu’elles essayaient de m’enseigner quelque chose. Les yeux sont les dernières choses que je vis, ces yeux bleus, puis elles disparurent complètement dans cette espèce de brume ou brouillard. Mais avant cela, elles passèrent par toutes les couleurs et c’était absolument prodigieux à voir. » La présence de ce brouillard me poussa à lui demander s’il se trouvait vraiment à bord à ce moment-là. « Oui. Le brouillard était dans le vaisseau lui-même. » Plus tard, Carlos eut la pensée que ces effets visuels impressionnants faisaient partie intégrante du message; durant toute sa carrière de professeur d’arts plastiques, il a toujours été attentif au fait qu’il était crucial de s’identifier à la nature subjective des « objets » que l’artiste devait « traiter » dans son œuvre.

Carlos se retrouva dans la « rotonde » du vaisseau, au niveau du balcon ou galerie. Il pense s’y être rendu tout seul, cette fois-ci, mais il perçut la présence d’une dizaine ou d’une douzaine de petites créatures blanches à bord. Puis il se vit dans la grande salle avec tous les instruments comme il l’avait déjà décrite, avec de nombreuses créatures affairées autour de lui. On aurait dit que sa présence à lui était passée inaperçue, aussi se sentit-il particulièrement anonyme, comme si rien n’avait été prévu à son endroit. Pourtant, il fut emmené par une des créatures à un niveau inférieur où il y avait une espèce de plate-forme noire, comme si elle était en marbre; un chemin circulaire courait autour d’une plate-forme centrale sur laquelle étaient installées toutes sortes de structures en cristal. Le sol ressemblait à un « parquet de danse » fait dans « une drôle de matière ». Ça ne paraissait pas vraiment très dur, mais on pouvait se tenir dessus. Carlos eut l’impression qu’en dessous il y avait carrément le vide, l’espace. Ce parquet circulaire était à la fois à l’intérieur de la salle et à l’extérieur de la plateforme. En dessous, il vit des « tableaux de bord » ou de contrôle avec plein de boutons comme des ordinateurs et qui étaient situés tout autour de cette salle au plafond très haut. Des petites créatures, assises devant, y travaillaient. Une galerie en hauteur avec des ouvertures courait aussi au-dessus de leur tête; cette galerie avait une rambarde et donnait vers l’intérieur de la salle en en faisant tout le tour. De là-haut, on pouvait aussi voir vers l’extérieur grâce aux ouvertures.

Il y avait une espèce de table qui était en même temps « un bloc de cristal » dans lequel ou sur lequel Carlos s’était retrouvé et qui serait, semble-t-il, aux investigations auxquelles il était soumis. La créature femelle décrite plus haut était présente, « tel un médecin spirituel », et dirigeait ces êtres au faciès de reptile et au corps d’insecte, ou ces entités robotiques, qui devaient à tour de rôle effectuer « une opération » extrèmement douloureuse avec un instrument spécial que Carlos décrit ainsi: « Quelle que soit la nature de ces cristaux, plus proche du métal que du verre, c’est lumineux. Je les vois bien (ces instruments de cristal utilisés dans les examens). C’est comme un tube de cristal coupé en biseau et dont la section serait octogonale mais dont la partie centrale serait plus renflée que les deux côtés. L’extrémité a elle-même la forme d’une pyramide à degrés. De là partent des rayons laser pour pénétrer dans le corps avec une sensation de piqûre d’aiguille qui fait assez mal. »

La “ table “ de cristal était utilisée au cours des expérimentations, du moins une fois, sinon à chaque fois. Il est possible que d’autres sujets parlent alors de table et même s’en souviennent parce que cela fait davantage référence à leur quotidien. Disons qu’ils interprètent le symbole comme si c’était effectivement une table... La grande structure de cristal, cependant, est installée au sol, au centre même de la rotonde, et il s’agit d’un mécanisme bien différent. Opérationnellement et fonctionnellement, ça n’a rien de commun avec les petits instruments utilisés au cours des auscultations. Cette immense structure de cristal intervient habituellement au moment de 1’“apprentissage “, mais cet enseignement est par nature métaphorique, par opposition à un enseignement traditionnel, verbal et explicatif. »

Carlos poursuivit cette clarification en y incluant des digressions destinées à mettre en évidence ou à compléter ce que le langage trop limité ne saurait offrir pour décrire les informations données sous transe hypnotique: «Je traversai ce corps - faisant éclater une expérience touchant à la lumière, qui n’est pas sans rappeler le moment où j’ai été guéri de la fièvre. D’abord la lumière est dans le corps. Elle a l’aspect d’un noyau doré qui grandit et s’étale en prenant des teintes jaunes et orangées... Le cœur central se retrouve à l’intérieur d’une aura (il prend place), à l’intérieur du corps. Il (le phénomène lumineux) continue (à envahir tout l’intérieur du corps - les muscles, les tissus, les organes, le sang, les nerfs, etc.) jusqu’à la surface même de la peau; c’est à ce moment-là que la peau se dissout, une sorte de dissolution de toutes les cellules anatomiques, puis apparaissent de minces pellicules bleues et vertes (à la surface du derme et de l’épiderme) et c’est alors qu’il (le phénomène lumineux de guérison) peut reformer la chair, la transformer. » On ressent généralement d’innombrables picotements. Carlos avait tendance, tandis qu’il racontait cela, à se frotter et à se gratter un peu partout. Puis il ressentit « une pression, une étreinte. Le corps se rétractait réellement tout en éprouvant une sorte d’expansion. Un effet de pompe ». « Je ne le ressens que modérément à présent, mais on dirait que ça augmente d’intensité. La lumière s’étend de plus en plus. Elle me remplit totalement. A la place du jaune, le centre est maintenant d’une lumière blanche en fusion. Je vois la lumière (diffuse) comme du jaune qui s’étend et devient (ou provient) de la lumière blanche au centre, la teinte jaune se répandant vers l’extérieur en même temps qu’une espèce de brume, et vous vous sentez le corps brisé et soudain totalement libre, et vous pouvez vous rendre à l’un des deux endroits. Cette fois-là, je suis de la lumière dorée, J’ai d’abord vu cette couleur à l’extérieur de moi. C’était interne. C’est le contraire de ce que nous faisons habituellement. Ce n’est pas moi qui du dehors observe l’intérieur; c’est plutôt moi qui vois mon (propre) intérieur (l’intérieur de mon corps) depuis cette coquille (la forme corporelle ou la structure physique vue comme une enveloppe transparente de la forme corporelle) qui est translucide et qui disparut au moment du passage... J’ai vu ma forme transparente comme le cristal. C’est cette image de fantôme à laquelle j’ai fait allusion auparavant (au cours de la séance), mais c’est translucide. »

Il est arrivé parfois que Carlos se ressente lui-même comme un extraterrestre dans ce sens qu’il se voit isolé, étranger et identifié à un être extraterrestre, existant « sur plus d’un niveau de conscience », perçu comme différent, « une hybridation ». Lui et eux sont « des intermédiaires entre la source de la connaissance de la vie dans l’univers » et les habitants de la Terre. Sa transmutation et la leur sont pour ainsi dire indissociables. (...)

Carlos est quelqu’un qui sait voir la beauté qui l’entoure, qu’il soit lui-même sous le casque d’une créature extraterrestre à bord d’un vaisseau spatial du côté de l’île de Iona, ou qu’il observe la planète comme le ferait un extraterrestre depuis les hauteurs du ciel. « Je vois apparaître les îles. Je vois la brume se lever, et aussi le soleil se coucher là-bas. Je vois les nuages se former. On se croirait au paradis... Je me vois moi-même (à présent comme et dans les aptitudes d’une) petite créature, mais j’observe... La Terre est un jardin, et les créatures en sont les jardiniers, au sens où nous l’entendons... Je suis un enseignant, capable de communiquer et d’agir. L’art est une réalité, une spiritualité, et qui fonctionne — et la Terre est vraiment aujourd’hui dans le besoin impérieux de connaître la signification profonde de l’art. »

En dépit de la grande détresse qui accompagnait le récit de cette rencontre, Carlos éprouvait le sentiment que l’expérience de Iona possédait un aspect purifiant, enrichissant et même extatique, paradoxe que l’on retrouve chez bien d’autres « enlevés » tout au long de leurs comptes rendus.

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