GRANDE ASSEMBLÉE DES QUATRE PATTES



Il était une fois, une forêt terrifiante peuplée d’un grand nombre d’animaux. Dans la plupart des forêts où vivent les lions, on ne trouve pas d’éléphants et si les éléphants y rôdent, on n’y trouve aucun lion. Mais toutes sortes d’animaux vivaient dans cette forêt, des lions, des éléphants, des chacals, des chiens ; tout le royaume des animaux y était représenté.

Un jour le rusé renard se dit : «Les êtres humains prétendent que leur nature a quelque chose de particulier et d’unique. Ils disent qu’il est pratiquement impossible d’obtenir la naissance humaine. Il décida de faire la preuve qu’il n’y avait pas de différence entre l’homme et l’animal. Il fit part du problème a tous les hôtes de la forêt. Il leur expliqua pourquoi devrions-nous accepter l’état actuel des choses. Les gens considèrent la vie animale comme inférieure à la vie humaine.

Le renard décida d’organiser une grande assemblée pour discuter de la question. Des points spécifiques y seront discutés. Les humains prétendent être dotés de sagesse et que les animaux ne le sont pas : En quoi l’homme est-il supérieur en sagesse par rapport aux animaux ?

L’homme est considéré comme un animal qui parle alors que nous sommes muets. Il paraît que cela constitue pour nous un grand désavantage et une différence importante. Même si nous sommes muets, que nous manque t-il ? L’homme a la faculté de parler et il a appris à parler. Quel bonheur extraordinaire en retire-t-il ? Proposons de mettre le mutisme et la parole sur un même pied »

Le renard se rendit dans une grotte ou il vit un sage en méditation. Il s’en approcha avec respect et le pria : nous avons décidé de tenir une assemblée très importante nous souhaitons que vous la présidiez. Le Rishi voyait la Divinité en toute chose et accepta.

Chaque animal de la forêt du plus petit au plus grand se rendit à la réunion avec ses enfants.

Le Mahârishi était lui aussi très enthousiaste et ne manifestait pas la moindre crainte vis-à-vis du lion assis à ses côtés. Le renard qui assurait le rôle de secrétaire leur souhaita la bienvenue. Il dit : Vous avez délaissé bon nombre d’activités et avez libéré un temps précieux pour participer à cette réunion. Permettez-moi d’exprimer ma gratitude a chacun d’entre vous.

Sachez donc que ces grandes qualités que vous possédez comme la valeur et le courage l’homme n’en a pas de pareilles. J’en suis la preuve vivante. Réfléchissez un instant à mon courage, à ma valeur, à mes prouesses, à ma force, où pourriez-vous trouver un homme qui soit mon égal ? Bien que je sois le roi des animaux, je ne fais pas de mal ni ne commet aucune action injustifiable. Je ne tue pas un animal sans raison. Je mange seulement quand j’ai faim. Je ne tue pas les animaux pour mon plaisir ni pour le sport. Je ne gaspille jamais de nourriture. Considérez notre courage, notre code moral, notre niveau de moralité. Pouvons-nous trouver de telles qualités aussi nobles chez l’homme ? Non pas le moins du monde. Pourquoi donc devrions-nous le craindre ? Pourquoi serions-nous inférieurs à lui ?

L’éléphant se leva et dit : L’homme n’est pas plus grand que la moitié de ma patte. Ma forme fait que je suis sans aucun doute le plus puissant et le plus magnifique. Quand à l’intelligence, la mienne est d’une grandeur proverbiale. Des rois, des empereurs, d’éminents leaders ont développé une grande foi en moi. Les cérémonies de couronnements sont postposées si je ne suis pas là pour y participer. Si je suis si grand, comment pouvez-vous dire que l’homme m’est supérieur. Mon intelligence est extraordinaire. Même si vous ne tenez compte que de ces deux éléments, mon intelligence et ma forme physique, vous devez conclure que l’homme ne pourra jamais m’égaler.

On demanda au chien sauvage de s’adresser a l’assemblée. Il dit : Je suis petit et faible mais pour ce qui est de la foi, je ne dois rien a personne. Ma foi est inébranlable et ma loyauté illimitée envers celui qui m’a élevé et prend soin de moi. Je suis toujours reconnaissant même si cela doit me coûter la vie. Même si mon maître me bat ou me blesse, je ne me retourne pas contre lui. Tout le monde sait que les hommes n’ont pas ce sens de loyauté que nous avons, nous les chiens.

En ce qui concerne cette qualité, je ne suis en rien inférieur à l’homme. Souvent celui-ci en vient à causer des ennuis à ceux qui ont pris soin de lui avec tant d’attention et l’on guidé dans la vie comme ses propres parents ou ses maîtres. L’homme rend le mal pour le bien qui lui a été fait. Il n’hésitera pas a critiquer et à comploter pour nuire a ceux qui ont pris soin de lui. L’homme ne fait montre d’aucune gratitude. Il n’a pas de loyauté. Il fait semblant d’obéir uniquement lorsque cela sert ses intérêts et quand ses intérêts ont été servis, il cause des ennuis a son maître. Dans ces conditions, pouvons-nous être considérés comme inférieurs à l’homme.

Toutefois, je me dois(Le Rishi) de souligner une particularité unique à l’être humain qui fait qu’il ne peut être comparé aux animaux, c’est que les humains peuvent se transformer complètement s’ils en font l’effort, ce que les animaux ne sont pas en mesure de faire. Mais s’ils n’en font aucun usage méritent-ils ce statut élevé qui est le leur ?

Le président déclara : Si quelqu’un à la capacité de se transformer mais n’en fait pas usage, il est pire qu’un animal.



Sathya Sai Baba
Discours sur la Bhagavad Gita, chapitre 28


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À suivre…