LA MISÉRICORDE DU SEIGNEUR


Le Seigneur Sai est toujours miséricordieux. Il veut donner à ses dévots l'expérience de Sa grâce, mais à condition qu'ils adoptent un total abandon et une attitude dénué de tout ego. Parfois les gens ont l'impression que c'est seulement quand ils sont dans l'adversité et qu'ils souffrent que Bhagavan Baba vient à leur aide au moyen de miracles. Mais il n'en est rien. Même dans la prospérité et dans la joie, Bhagavan peut remplir votre vie de miracles, pourvu que vous ayez développé le non-attachement vis-à-vis de la joie comme de la peine et que vouS receviez tout comme un cadeau de Dieu.

Dans le Marsandeya Purana, ce point a été expliqué de la façon suivante: L'adversité n'est pas adversité et la prospérité n'est pas prospérité: Ces deux états sont étroitement lié < notre rapport avec Dieu. Si nous l’oublions c’est l’adversité, si nous en souvenons c'est la prospérité et la joie. En d'autres termes si la piété et l'innocence font parti intégrante de notre vie, la vie elle-même devient un enchaînement d'expériences spirituelles que nouS appelons d~s miracles.

Il y a des exemples tirés des vies de Tulsidas, de Sri Ramakrishna Paramahansa, Sri Ramana Maharshi, et Sri Aurobindo qui vont a apporter la preuve que l'on doit intégrer au fond de soi le sentiment de divinité pour faire l'expérience de la Nature Bienheureuse de Bhagavan. Tulsidas a donné une indication claire de la grâce de Rama quand il dit: Seul Rama prendra soin de moi à la perfection, ce Rama dont l'amour et la compassion sont si infinis que la compassion elle-même n'atteindra jamais le point de satiété. Dans le royaume de Rama personne ne souffrait d'aucune sorte de misère s'il était relié au corps, à l'âme ou à quelque chose de céleste...

Mais ici le poète s'exprime par un paradoxe. Pourquoi? La raison en est simple dans le Kali Yuga même si un homme souffre et implore Dieu de le délivrer de sa souffrance, la pauvre créature devient victime de son ego et se met à croire que ce n'est pas le Seigneur, mais ses propres efforts qui ont contribué à l'affranchir de la misère. Ainsi l'amour et la compassion du Seigneur ne sont pas reconnus comme un jeu généreux et le point de satiété n'est jamais atteint.

Dans le Gitanjali de Tagore, le même sentiment a été exprimé. Dans un poème il est dit que lorsqu'une personne prie Dieu elle a toujours peur que Dieu exauce sa prière. Lorsque le Seigneur l'exauce le dévot regrette d'avoir fait une telle prière et implore de nouveau le Seigneur en lui disant: O Seigneur ayez la bonté de retirer ce bienfait, je n'ai pas vraiment voulu dire que vous pouviez emportez tout ce que j'ai. C'était une formalité pour vous plaire. Il est courant de parler ainsi tous les jours et je pensais que vous le prendriez aussi de la même manière. Voilà pourquoi la miséricorde et la compassion n'atteignent jamais le point de satiété, à cause de nos ptopres défaillances.

-Sai Baba et Nara Naryana Gufa ashram de Swamj Maheshswaranand, pages 138, 139, 140
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