OFFRANDES À DIEU


«Ô Seigneur, mon corps est une feuille et je Te l’offre.
C’est la juste feuille à Te donner en offrande.
Je ne peux me contenter de T’offrir des feuilles de Bilva ou de Tulsi.
La feuille que je T’offre aujourd’hui ne sèche pas,
Ne pourrit pas, ne brûle pas.
Ô Seigneur, Tu m’as donné ce corps
Et je Te le restitue comme feuille rituelle.
Ô Seigneur, le cœur que Tu m’as donné,
Je Te le restitue. Que pourrais-je T’offrir d’autre ?
Je me prosterne à Tes Pieds divins. »
(Poème Telugu)

«Swami, par quelle feuille puis-je Te satisfaire ? Mon corps est cette feuille et je le dépose en offrande à Tes Pieds.»

Ensuite vient Pushpam, la fleur. De quelle fleur est-il question ici ? De la fleur du cœur. Il ne s’agit pas des fleurs que l’on achète sur le marché, comme les roses et le jasmin. Si l’on apporte ces fleurs au temple le matin, le soir elles sont déjà fanées. Elle émane une odeur enchanteresse. Mon cœur est débordant du nectar de l’Amour. Aussi, la fleur rituelle authentique est mon propre cœur.

Phalam , le fruit. Ô Seigneur, quel fruit désires-Tu ? Veux-Tu un guava, une pomme ou une mangue ? Non, Tu ne désires pas de fruits croissant sur les arbres. C’est mon esprit qui est le fruit véritable et je Te le donne en offrande.

Toyam l’eau. Que représente symboliquement cette eau rituelle ? S’agit-il de l’eau du robinet ou de l’eau de rivière ou encore de l’eau sacrée du Gange ? Non, Toyam n’est pas cette eau-là. L’eau dont il est ici question est celle qui s’écoule de mes yeux lorsque je Te contemple, lorsque je m’immerge joyeusement dans Ton infinitude et expérimente la perfection de Ton Amour. Ce sont des larmes de béatitudes. Toyam est l’eau de mes larmes de joie. Dieu a soif de cette eau et la reçoit de Ses fidèles. Dieu ne désire pas qu’on Lui offre des fleurs et des feuilles qui se flétrissent en un instant.

Aussi, dans notre vie, réservons la première place à Dieu. Lorsque nous considérons Dieu comme le premier et le plus important, nous pouvons nous engager dans la vie du monde. Si nous nions Dieu, comment pouvons-nous penser à l’existence d’un monde dépourvu de base ? Le monde existe à condition que Dieu soit présent. La création existe en fonction du Créateur. Sans Créateur, aucune création ne peut exister.

Dieu reste immuable et sans aucun changement. Lui seul est permanent. Lorsque nous cherchons refuge en Celui qui est permanent, nous profitons de Son statut de permanence et expérimentons la même condition.


Discours 19 mai 2000