LES TROIS SAGESSES


La grâce Divine et l’effort humain sont comme le positif et le négatif ; la grâce, aussi puissante soit-elle, ne donne aucun fruit sans l’effort humain. Donc, c’est seulement quand la grâce et la volonté de l’homme vont de concert, qu’elles mènent à la perfection.

Quel type de relation et de lien les unit ? Une branche ne peut être ôtée du tronc, étant une partie de l’arbre. Un enfant ne survit pas sans sa mère, car il fait partie de sa mère. L’individu ne peut vivre sans Dieu puisqu’il est une étincelle Divine. La relation existant entre Dieu et l’homme est semblable à celle unissant la parcelle et le tout.

Nous expérimentons la grâce Divine sur la base de nos propres mérites. Dieu sera vécu dans un rapport de cœur à cœur. Il fait rechercher la signification du permanent et de l’éphémère. Il existe trois sortes de sagesse : la sagesse de l’individu, celle de la société et celle de l’universel, suivant trois degrés : l’ignorance, la bonne connaissance et la Connaissance supérieure. La sagesse, même si elle est unique et identique à elle-même, élève l’humanité selon ces trois directions. La première sorte amène l’être à l’obscurcissement mental ; la seconde apporte la dévotion ou le religieux dans la société et la dernière conduit à l’immortalité selon une vision universelle.

La première sagesse est de nature physique et sert à se connaître. Ce type de sagesse est comparable à la luminosité d’une petite lampe enfermée dans une pièce, qui est invisible de l’extérieur. La deuxième, la sagesse sociale, serait semblable à la clarté lunaire, qui se voit aussi dans une pièce, qu’à l’extérieur, mais qui reste faible. La troisième, la sagesse universelle, est comme la lumière du soleil, bien visible de partout. C’est la Connaissance Infinie, la Connaissance du Divin, sans dualité, entière, la Divine Sagesse du Soi qui illumine tous les êtres ; elle fait resplendir l’énergie de l’intellect et le pouvoir de la conscience.

Actuellement la sagesse de l’individu s’implante de plus en plus, mais aussi l’homme se trompe lui-même. La sagesse de l’individu ou subjective n’est pas une noble sagesse et elle pousse l’homme vers une confusion et une ignorance toujours croissantes.

La sagesse de la société dite collective, c’est la voie médiane entre la lumière et l’ombre. Ce mode de connaissance conduit à la confusion. Les personnes parfois affirmeront et parfois nieront. C’est un ensemble de sagesse et d’ignorance.

Au contraire, la pleine sagesse, voyant le Divin, élimine tout élément de séparation entre Dieu et le Monde. Cette sagesse construit sur ce qu’elle a détruit.
Sathya Sai Baba. Discours avril 93.