PRATIQUEZ CE QUE VOUS PRÊCHEZ


Baba a souvent répété que l’élément central de la mise en application de ses enseignements était l’harmonisation de la tête, du coeur et des mains de façon à ce que, en toutes situations, nos pensées, nos émotions et nos actes aillent de pair. Il arrive très souvent que l’on s’aperçoive que ces trois fonctions sont en désaccord. Notre tête est pleine des paroles de Baba et nous pensons qu’elles sont merveilleuses.

Mais quand nous examinons ce que nous ressentons, il arrive que nous découvrions que nos sentiments ne correspondent pas à ce que nous pensons, et quand nous poussons plus en avant notre examen, il est possible que nous soyons surpris, et même horrifiés, de découvrir que nous agissons de manière complètement différent, et que nos actes sont même parfois contraires à nos attitudes mentales ou émotionnelles.

« Pratiquez ce que vous prêchez », nous a-t-on enseigné, et pourtant tellement peu le font. Il est facile de citer Baba, mais pour la plupart des gens, mettre ses paroles en pratique est beaucoup plus difficile. Nous menons des vies tellement occupées que nous oublions les enseignements de Baba, malgré le fait que notre esprit sait qu’il peut leur faire confiance et s’y conformer en toute sécurité. Mais cette connaissance ne s’est pas encore communiquée avec assez de force pour vaincre les multiples distractions et s’imprimer dans la mémoire comme une habitude.

Il faut de la pratique, de la patience et de la persévérance avant de parvenir à faire vraiment ce que Baba demande: alignez nos pensées, nos paroles, nos sentiments et nos actes sur son message. Cela semble une tâche si difficile qu’il nous en a donnée de plus petite pour nous préparer au travail principal, en sachant fort bien que nous devons procéder par petites étapes avant d’être prêts à nous lancer dans les plus importantes. Comme les bébés, nous devons ramper avant d’apprendre à marcher puis plus tard courir.

Il n’est pas possible de progresser à partir du stade où l’on souhaiterait être déjà arrivé, mais uniquement à partir du stade où l’on est réellement. Ainsi donc, il est nécessaire d’être honnête pour que le progrès soit possible, non par égard pour quelqu’un d’autre mais par égard pour soi-même.

Il existe un antidote à l’aveuglement: se rappeler que la seule personne dans le monde entier à qui l’on peut vraiment se comparer, c’est à soi-même tel que l’on était il y a une semaine, un mois, une ou quelques années plus tôt. Si nous sommes honnêtement capables de discerner une amélioration en nous, cette connaissance nous confirmera que nous progressons, que nous nous développons et que nous ne restons pas à stagner sur place. Se comparer à quelqu’un d'autres est de la pure sottise, car nous sommes tous différents, comme le sont aussi les leçons qu’ils nous sont assigné d’apprendre ici.

Ref, Singe Piégé de Phyllis Kristal