L'INFINI DANS LE LIMITÉ


Celui qui est omniprésent ne peut pas être absent de l'icône ou du portrait qui Le représente! Nous ne limitons pas Dieu, nous ne L'enfermons pas dans une image de pierre quand nous Lui prêtons une forme. Nous affirmons au contraire qu'Il est présent dans l'icône, comme ailleurs. Nous sublimons ensuite cette représentation de la Divinité jusqu'à ce qu'elle atteigne les dimensions de l'Absolu.

L'image sort ainsi de son cadre restreint et grâce aux pratiques spirituelles, nous réalisons peu à peu que la représentation de l'Infini peut être extrêmement utile pour aider le mental à se dégager de ses limites. Un jour, le roi l'Alwar dans le Rajasthan, discutait avec le grand saint, Vivekananda et lui dit qu'à son avis il était impossible d'entrer en contact avec la Divinité par l'intermédiaire d'une image créée par un artiste. Pour lui prouver son erreur, Vivekananda donna l'ordre au premier ministre qui était présent, de décrocher du mur le portrait du roi et de cracher dessus! Il lui dit: « Ne craignez rien, allez-y, le Roi vient de nous dire que ce ne sont que des taches de couleurs sur une toile et que ce portrait n'a rien à voir avec lui. » Un frisson de peur parcourut l'assemblée car le portrait du roi était, pour les sujets, un objet de vénération.

Les seize méthodes de culte décrites par les Shastras pour aider le fidèle à réaliser la présence de Dieu à ses cotés et pour lui rappeler que chacun de ses mouvements doit être inspiré par une profonde dévotion, favorisent la purification du mental et le libèrent peu à peu de l’ego. On appelle ce processus d'épuration de la conscience, le « Chitta suddhi ». La conscience de base, la « Chitta », doit être débarrassée de toute impulsion d'ordre inférieur. A quoi cela sert-il de cuisiner un plat raffiné dans un récipient sale ou de planter une graine sur un sol rocailleux ?

Les cérémonies et les rites accomplis sans une épuration préalable sont une pure perte de temps. Mais un court instant de pratique intense, avec conscience de l'omniprésence de la Divinité que l'on adore est extrêmement bénéfique. Le grand saint Thiruthondar confessa qu'il adorait une idole du Seigneur pour purifier son mental; mais méfiez-vous de ne pas accorder plus d'importance au matériel qui est à la base de la statue par exemple, plutôt qu'à ce qu'elle représente, au risque de perdre tout contact avec la Divinité. On ne peut pas séparer la forme de la matière, mais le fidèle doit fixer son attention sur la forme qu'il souhaite voir apparaître dans toute sa splendeur plutôt qu'en la substance qui la compose. Il doit s'arrêter longuement et fixer son attention sur le fait que Dieu se trouve dans chaque atome de l'univers et qu'il n'est limité ni par le temps ni par l'espace.


Inspiré des enseignements de Sathya Sai Baba